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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 03:19

 

 


  Je ne me souviens pas de ce qu'on faisait dans ce secteur, mais ce n'était pas du tout nos terres de chasse habituelles. Nous étions banlieusards, et je nous revois sortant d'un tunnel non loin de la gare Montparnasse. Et moi, disant à mes collègues que j'adorais la Bretagne, mais juste celle qui est coincée entre les bars à chouchen de la rue de l'Arrivée, et la crêperie de la rue du Départ. Celle du bord de mer du bout du monde, je ne lui trouvais pas le charme qu’on lui prétendait. Le vent breton, très peu pour moi, je préférais ne pas m’éloigner du périphérique...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

Par souci de discrétion, nous nommerons le collègue Helmut. En fait il s'appelle Bernard.
Quant à Jean-Marc, il s'appelle vraiment Jean-Marc. Mais il est mort.
Paix à son souvenir et à ses excès de vitesse qui n'ont jamais bénéficié d'aucune indulgence.

 

18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 21:58

 

© Only Photo (Henri)

 

  La justice a parlé.
  La justice a tranché dans le vif. Et dans le mort.
  La justice, reine des institutions, avec sa belle gueule d’innocente, et sa petite balance dans sa main blanche…
  La balance du pour et du contre, du bien et du mal, des vies qui comptent et de celles qui ne valent pas grand-chose.
  Six mois ferme pour la mort d’un flic. 

  « violences volontaires sur agent de la force publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner. »
  Le jour des faits, l’administration police avait déjà conclu - avant le début du commencement de l’enquête, avant que soit entendu le premier témoin - à un accident.
  Les violences étaient délibérées, intentionnelles, mais il fallait déjà minimiser.
  Pour la sanction minimaliste, la justice a suivi.

  Et pourtant,
  Des violences volontaires sur agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions...
  De vagues souvenirs de droit pénal m’indiquent que ce détail constitue une circonstance aggravante. Mais ça, c’est la théorie du droit. Et le droit n’est juste que dans les livres.

  ayant entraîné la mort sans intention de la donner...
  Sauf que là, face à cette nacelle de manège pour débiles, Reynald Caron n’avait aucune chance. On vous épargnera les détails de son état quand on l’a ramassé.
  Mort sur le coup.

  La peine encourue pouvait aller jusqu’à vingt ans.

  Six mois ferme.
  Triste camouflet.
  Ou déni de justice.
  Les six mois était déjà accomplis en préventive, le jeune Kevin est sorti libre.

  Pardon, je ne m’attarderai pas sur la personnalité de Kevin, je m’en contrefous. Rien ne peut m’émouvoir dans l’idée de sa conscience chargée à mort jusqu’à la fin de ses jours.
À la surenchère des victimes, il n’est sûrement pas le dernier.
  Mais ô scandale, aujourd'hui, je suis partiale et corporatiste : il n’y a qu’une victime dans cette affaire, et c’est Reynald Caron.

  La justice n’est pas une vengeance, me souffle-t-on. Je le sais. Et je ne l’entends pas comme telle.
  Je tente simplement d’interpréter ce verdict honteux, et de lui trouver un sens.

  Quelle est la nature de cette quasi immunité pénale ?
  Qu’est-ce que ça veut dire ?

  Une famille prend acte que la vie d’un homme, d’un fils, d’un époux, d’un père, vaut six mois de mise à l’ombre pour le meurtrier, pas un de plus. Et qu’on peut ressortir libre d’un tribunal après un homicide.
  C’est symboliquement honteux.

  L’autre famille - la police - se pose bien des questions sur le sens de son métier, de ses risques, et de la reconnaissance qu’on lui accorde rarement.
  La mort de Reynald Caron vient tristement de donner un prix à nos vies.
  Que dalle.

  La mort de Reynald Caron a été moins punie qu’un petit braquage sans butin et sans blessés.
  Ça vous parle, ça ?

  Comment ne pas se poser de questions sur les conséquences de ce verdict quand on est flic ?
  Comment, sans aucune velléité de justicier, peut-on ne pas être scandalisé par ces six mois ferme, et se dire que ce verdict constitue une porte-ouverte à une violence facile et admise, vers laquelle on ne veut pas regarder, et nous transforme en cibles low-cost à la seule vue de notre uniforme ?

  Comment ne pas dire haut et fort que les policiers sont partagés entre la tristesse et la colère ?

  Et comment ne pas être effleuré par l’idée que tout ça fait terriblement penser à un permis de tuer ?

 

 

24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 03:34

 

  La voiture bouge dans tous les sens.
  D’abord, de loin, on a cru qu’il y avait eu un accident, le pare-choc était collé contre un arbre, entre le bois et la route.
  Et puis on a vite compris, parce que par là, ça tapine sévère...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 03:06

 

Non, le fatal de l’arme plutôt...


  Collègue gendarme,

  Toi l’auteur malgré toi de cette œuvre d’art post-contemporain, de cette destruction ô combien involontaire de matériel administratif, de cette atteinte définitive à l'intégrité physique de ton pétard,
  Toi qui voulais bien faire et qui t’es laissé distraire, homme insouciant que tu es,
  Toi qui as vraiment un putain de four de compétition à flinguer les flingues, et qui ne dois pas cuisiner bien souvent pour à ce point ignorer le temps de cuisson des choses simples de tous les jours,
  Toi gendarme, dont l’existence vient de rentrer dans l’histoire des forces de sécurité intérieure (comme ils disent) de ce pays, toi dont le numéro de série de feue ton arme est marqué en rouge dans ton dossier administratif, 
  Sache que tu as mon soutien dans l'épreuve, et toute ma fraternelle sympathie.
  Parce que quand même, c'est drôle, quoi.
  Et moi, je ne trouve pas ça si grave que ça.

  Mes sincères condoléances au Sig.
  (même s'il n'a pas dû souffrir longtemps)

 

 

Merci à Philippe Sage pour cette très jolie photo.

 

8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 13:27

 

 

  Commencer la journée par un suicide sous le train, il y avait mieux.
  Il faisait un sale temps d’hiver, le jour n’était pas encore parvenu à se lever de ses draps sombres. Le ciel était gris, et un vent glacial soufflait fort.
  Il leur avait fallu parcourir à pied les derniers mètres jusqu’au train arrêté en plein champ, et les deux policiers pressaient le pas sur l’herbe râpée et au-dessus des flaques d’eau gelée. Le conducteur du train les attendait à coté de la locomotive, les yeux rougis par le froid et la mine hagarde...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

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