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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 14:19

 

 

  On nous a prévenus quelques minutes avant. 
  Et on nous a indiqué que sans délai, il nous faudrait disperser tout ça.
  C’était un mouvement spontané, sans autorisation, un grand coup de gueule, un coup de colère, un coup de poing rageur sur le bitume de Paris.
  On est donc allés les attendre...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 00:26

 

 

  Il est resté longtemps derrière la porte. Il grattait tout doucement, comme un animal, il grattait le bois du bout des doigts, en gémissant des mots flous, en pleurant en silence. Il a dû rester là toute la nuit, debout devant cette porte, à la caresser dans l’obscurité en murmurant sa prière.
  « Ouvre-moi. Ouvre-moi. Ouvre-moi... »...

 

 

Récit tiré d'une histoire vraie

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 11:36

 

 

  Un Procureur voudrait savoir lequel des quatre services luttant contre la délinquance dans sa circonscription, est le plus efficace.

  Pour ce faire, il décide de faire procéder à un test « grandeur nature » : 
il fait lâcher un lapin dans les bois de son ressort, à charge pour chaque service de retrouver le lapin.

  La S.R. (Section de Recherches de la Gendarmerie) vérifie que le lapin figure sur la liste des espèces non protégées, réclame un renfort en personnel, crée une cellule de travail, place des caméras, engage des lapines bien roulées, soudoie des renards, filoche des belettes, truffe les carottes de micros, fait de l'intox dans les clairières, et interroge les plantes et les cailloux.
  Après trois mois d'enquête, le PV remis au magistrat conclut :

  « L'affaire est close, le lapin n'a jamais existé.»

  Le P.S.I.G. (Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie) arrive, encercle le bois, fait une sommation rapide, mitraille tout, met le feu et saccage toute trace de vie.
  Deux heures après, les Ninjas arborent le cadavre carbonisé du lapin et déclarent :

  « Mission accomplie.»

  La B.T. (Brigade Territoriale, la plus petite unité de la Gendarmerie) prétexte ne pas savoir ce qu'est un lapin, n'en ayant jamais vu, et propose que la B.R. locale (Brigade des Recherches, unité d'investigation de la Gendarmerie) soit chargée des recherches, puis envoie une patrouille en direction du bois.
  Le soir même, les gendarmes établissent un bordereau de transmission directe qui précise :

  « Le lapin a quitté la circonscription. Il se trouve maintenant dans le bois situé en zone Police.»

  La Police arrive enfin avec son panier à salade, fait une rafle dans une clairière et le lendemain présente au parquet un blaireau salement amoché qui dit :

  « OK, d'accord, je suis un lapin.»

 

 

Published by le flic - dans trucs en vrac
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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 15:31

 

 

  J’ai fait la connaissance de Julie Rubino sur un blog qui proposait sans malice un petit débat tout gentil et objectif sur la police.
  Julie Rubino est jeune-et-journaliste, donc pleine de spontanéité et de bonnes idées qu’elle résume en commentaire de ce blog de la façon suivante :
  Extraits :

Je ne mettrai certainement pas le fait de dévaloriser les gendarmes et les policiers, ce à quoi je m’adonne très volontiers...

(...) et le caillassage des camions de pompiers (que je trouve honteux et complètement irresponsable)

(...) les flics passent désormais plus de temps à faire chier les délinquants du dimanche plutôt que d’aller traquer les vrais.

(...) [le shit confisqué et fumé par les flics] …ce n’était certainement pas une pratique isolée de son commissariat, mais bel et bien quelque chose de très répandu…

(...) Je pense qu’en France, le problème n’est pas qu’on devient dépressif une fois rentré dans la police, c’est que la police embauche des dépressifs… on voit ce que cela donne après...

(...) Les pompiers forcent mon admiration, les employés du milieu médical aussi, mais franchement, non, pas les flics !!


  Ce à quoi, moi, flic-et-préjugée, je réponds sommairement avant d’y revenir :

(…) Je suis auteur de FLiC, Chroniques De La Police Ordinaire (éd. J’ai Lu) pour ceux qui veulent en savoir plus sur tous les vices et tares de la police en uniforme (dont je fais partie) qui boit, se drogue, et se prostitue quotidiennement.
Et je reviens tout à l’heure expliquer à Julie pourquoi son commentaire est débile.


  Pourquoi je vous propose la lecture des fadaises de Julie Rubino ?
  D’abord parce qu’elle est une caricature tristement banale. Parce que des Julie Rubino, il y en a à chier partout, plein les rues, plein les bistros, plein internet. Ça pullule et ça pollue, ça parle fort, c’est fort en gueule. Ça a un avis sur tout, ça désinhibe sa bêtise crasse derrière un écran, et ça doit piailler et pérorer furieusement in real life.

  Les Julie Rubino aiment bien se mettre en scène dans des postures de rebelle contre les pouvoirs en place, les institutions, les lois et toutes ces vilaines choses, parce que ça donne une jolie image et que ça ressemble à la liberté. Sauf qu'il n'y a pas plus conformiste, mais ça, il y en a qui mettent des vies entières à le piger.

  Les Julie Rubino, ça connaît tout sans avoir rien vu. Ça a entendu une petite anecdote une fois, un jour, et ça l’érige en doctrine, en vérité définitivement établie.
  Les Julie Rubino, c’est nombreux, c’est une armada de moulins à paroles, c’est un peu tout le monde qui parle de n’importe quoi.
  Alors consacrant ce billet à Julie Rubino, vous comprendrez que je ratisse large.

  J’aurais pu lui répondre sur ses allégations, lui expliquer pourquoi par principe, il est idiot de s’adonner à dévaloriser flics et gendarmes, parce que ce jeu ne donne pas l’air très futé, passée la dernière crise d’acné.
  J’aurais pu lui parler des soldats du feu qui sont une plus belle expression que forces de l'ordre, et la prier d’expliquer avec des arguments intelligents et intelligibles pourquoi il est plus légitime de caillasser du flic que du pompier. Lui rappeler qu’à cause de caillassages, des gens - qui ne sont pas des Julie Rubino - qui avaient demandé des secours, ont attendu des flics qui ne sont jamais arrivés.
  J’aurais aussi pu lui demander ce qu’est un délinquant du dimanche, j’avoue que je ne saisis pas bien. Un curé peut-être, ou un pêcheur à la mouche.
  J’aurais pu lui dire que s’il m’est arrivé de faire chier des délinquants du dimanche, c’est que précisément je bosse les dimanches pendant qu’elle se tape un brunch en écoutant Vincent Delerm.
  J’aurais pu lui demander ses sources quant au recrutement de dépressifs dans la police nationale, mais je n’ai pas osé voyez-vous, ça me déprime.
  Et enfin, j’aurais pu lui dire que les flics ne demandent pas l’admiration de leurs concitoyens. Les flics, ils veulent juste que, de temps en temps, les Julie Rubino et ses clones ferment leurs grandes gueules, parce que la connerie ça fatigue les fonctionnaires qui travaillent le dimanche.

  Mais tout ça, c’est du déjà dit et cent fois répété, par tous les flics de France aux Julie Rubino de leur entourage.

  En revanche, la Julie Rubino du jour et qui nous intéresse, est jeune-et-journaliste et ça change un peu la donne.
  On eût été en droit d’attendre de sa part au moins une sorte de recul sur la chose, et au mieux un argumentaire un peu construit, un peu étayé, un peu documenté, histoire de faire honneur à sa profession.
  On aurait aimé qu'elle fasse montre d'un minimum de maturité intellectuelle, qu'elle s'exprime correctement et posément.
  Mais Julie Rubino, elle s’en fiche. Ce qui lui importe c’est de parler, parce que comme elle est jeune-et-journaliste, sa parole est légitime. Qu'importe d'avoir l'air pro quand on a déjà le pedigree...
  Alors, elle s’exerce à l’art de la rhétorique à défaut d’avoir compris que la discussion est une méthode.
  Et les flics, c’est un si bon sujet... des boulevards de bien-pensance sont tracés devant elle. Et Julie Rubino, elle fonce. Et d’un coup :

Et merde, si ce n’était pas déjà le cas, je suis désormais fichée sur Edvige… vive la France !


  Et là, pleinement consciente que je vais la décevoir, je lui réponds :

Je ne pense pas que ton cas de normopathe soit assez intéressant pour qu’EDVIGE te fiche.


  Je ressors bien sûr de ce non-débat chargée de tous les défauts énoncés par le dogme de départ, et plus encore, de la rancoeur à l'arrogance. J’ai dû abuser de méthodes policières… Mais comprenez-moi, avec le temps et l’ancienneté, le savoir-faire a vite fait de devenir un savoir-être. On ne se refait plus. À mon âge...
  Mais Julie Rubino, plaidant que si elle est journaliste, elle est tout de même jeune et insouciante, a quand même trouvé tout ça comique. Donc tout va bien.
  Elle attend juste un peu plus de subtilité et d’écoute, probablement les atouts dont elle a fait preuve, en préambule, en balançant son pétard mouillé.

  Mes chers collègues, bande d’abrutis congénitaux, toxicomanes du dimanche, boulimiques du prozac, fascistes et matraqueurs compulsifs, si vous aussi voulez faire preuve de subtilité et d’écoute avec Julie Rubino, la ligne est ouverte.

 

c'est cadeau...

 

4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 14:44

 

 

 

 

- TO18H de TN18 ?
- Transmettez TN18.
- Vous avez une défenestration au x rue Doudeauville, SP sur place.
- J’y vais TN18, on n’est pas loin.
(1 minute)
- TN18 de TO18H, je suis sur place.
- Reçu à TN18.
(2 minutes)
- TN18 de TO18H, SAMU sur place. Cause de défenestration suspecte. Un témoin sur les lieux.
- Reçu à TN18. J’avertis la PJ.
(2 minutes)
- TN18 de TO18H, le SAMU réclame une équipe moto pour un transport de poches de sang pour transfusion. Urgent.
- Attente TO18H.
(10 secondes)
- TO18H de TND2, je vois avec TNZ1.
(1 minute)
- TN18 de TO18H, PJ sur place.
- Reçu à TN18.
(10 secondes)
- TO18H de TND2, aucune équipe moto disponible.
- …
- TO18H de TND2, c’est reçu ?
- Oui D2, c’est reçu cinq sur cinq pour TO18H.
(5 minutes)
- TNZ1 de TO18H, URGENT!
- Transmettez TO18H !
- TNZ1... pour une défenestration... quatre étages... rue Doudeauville... le SAMU a besoin d’une équipe moto pour du sang... Insiste... Victime intransportable. Urgent.
- Attente TO18H.
(20 secondes)
- TO18H de TNZ1, toutes les équipes sont engagées sur une escorte officielle, pas de moto disponible.
(17 minutes)
- TN18 de TO18H, on quitte les lieux, victime delta-charlie-delta.
- Reçu à TN18.


 

 

TN18 : 18ème arrondissement
TND2 : district
TNZ1 : état-major
TO18H : indicatif officier

 

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

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