Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 23:03

 

 

  Impatient de rentrer chez lui après cette longue matinée d’hiver au travail, il presse le pas entre les flaques d’eau gelées.
  Ce matin, il a pris le premier métro, comme toujours. Ce métro d’habitués de la première heure, encore un peu ensommeillés, qui sentent le café, le savon ou la sueur, toujours les mêmes ou presque. Celui qui lit le journal de la veille, et le froisse bruyamment avant de descendre sur le quai, celui qui s’endort sitôt installé sur un siège, celui qui rêve en souriant aux anges, le front appuyé à la vitre, et cet homme qui ne s’assoit jamais et reste debout près de la portière en dévisageant tout le monde. Les stations ont défilé, il les a comptées à rebours, comme d’habitude, et a regardé machinalement sa montre...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 02:54

 

 




C'est alors que se connecta le renard.

- Kikou, dit le renard.
- Kikou, répondit poliment le petit prince, qui actualisa mais ne vit rien.
- Je suis , dit la voix, dans le cache de Google.
- Qui es-tu ? asv ? dit le petit prince. Tu as un bien joli design...
- Lol, je suis un renard, dit le renard.
- Viens bloguer avec moi, lui proposa le petit prince. J’ai si peu de visites et de commentaires...
- Je ne puis pas bloguer avec toi, dit le renard. Tu ne m’as pas linké.
- Ah! pardon, fit le petit prince. Mais, après réflexion, il ajouta :
- Qu'est-ce que signifie "linker" ?
- Tu n'es pas de la blogosphère, dit le renard, que cherches-tu ?
- Je cherche les blogueurs, dit le petit prince. Qu'est ce que signifie "linker" ?
- Les blogueurs, dit le renard, ils ont des classements mensuels et ils chassent. C'est bien gênant ! Ils élèvent aussi des copiés-collés. C'est leur seul intérêt. Tu cherches à être dans le Top100 de Wikio ou bien ?
- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "linker" ?
- C'est une chose très convoitée, dit le renard. Ça signifie "créer des liens"...
- Créer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi, qu'un petit blogueur tout semblable à cent mille petits nolifes. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu me linkes, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi utile à mon référencement. Je serai pour toi un avantage pour tes statistiques...
- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une putafrange... je crois qu'elle m'a linké...
- C'est possible, dit le renard. On voit dans la blogosphère toutes sortes de choses...
- Oh! ce n'est pas dans la blogosphère, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
- IRL ?
- Oui.
- Il y a des trolls, sur cette planète-là ?
- Non.
- Ça, c'est intéressant ! Et des influents ?
- Non.
- Rien n'est parfait, soupira le renard...

 

 

 

26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 18:43

 



Vidéo dédiée aux saisonniers de la bien-pensance, à ceux qui pensent que c’est fashion d’être bouddhiste, et aux amis d’«Ingrid» parce que si elle s’appelait Maria-Dolores, et qu’elle n’avait pas fait Sciences Po, il y aurait moins de bobos sur la Place des Droits de l’Homme.

 

Published by le flic - dans trucs en vrac
commenter cet article
22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 23:01

 

 



  Cet instant dont il ne restera rien.
  Qu’on confondra et qu’on noiera dans le temps, parce qu’il appartient à l’avant et à l’après. Cet instant entre l’avant et le rien. Entre le bruit et le silence. Entre le cri et le silence...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 23:41




 
  Vite fait en passant, je voulais contredire une idée reçue.
  Non, le métier de policier n’est pas un psychodrame perpétuel…

  J’étais alors jeune officier.
  J’avais abandonné ma condition de gardien de la paix pourtant si chère à mon cœur, au prix d’un an de scolarité à Nice, rendu particulièrement pénible par les nombreux allers et retours à la plage qui nous étaient imposés après les cours, dès le début du printemps. Il fallait qu’on ait meilleure mine que les inspecteurs de police de l’époque, qui passaient leur année de formation dans l’Yonne, dans une école qui ressemblait à un HLM rural échoué dans les champs de betteraves.
  La guerre des polices n’était alors qu’une simple affaire de géographie et de météo. Pluie et boue pour les civils, soleil et mer pour la tenue. Par la suite c’était bureau et chauffage pour les civils, et pluie et rue pour la tenue, mais bon…
  J’avais été affectée exactement où je voulais exercer, le 18ème arrondissement de Paris, et forte de mes nouveaux galons blancs et droits, en lieu et place des chevrons, j’avais désormais des exigences de cadre. Il me fallait un chauffeur pour tous mes déplacements, même dans les locaux du commissariat central. C’est pas qu’il était immense et qu’on s’y perdait, il n’y avait qu’une seule grande salle, et c’était ma foi bien pratique. Dans un petit périmètre on pouvait y trouver le chef de poste qui était également chargé de l’accueil du public, quelques tables avec des bécanes pour faire rapports et procédures, des bancs aux pieds assez solides pour supporter une extrémité de menottes, la garde à vue, et les poubelles. Au milieu il y avait une colonne. Quand les Anciens passaient à coté d’elle, ils la caressaient affectueusement en disant « Ah si la colonne pouvait raconter tout ce qu’elle a vu… » Et un petit bout de couloir plus loin, il y avait une douche sans eau, des toilettes bouchées, et un réduit qu’il était convenu d’appeler vestiaire.
  Alors un chauffeur, c’était une question de prestige dont je ne pouvais faire l’économie au vu de la lourde tâche de commandement qui m’attendait. Une centaine de gradés et gardiens de la paix était aux aguets de mes premiers bafouillements confus. Il y avait plein de choses que je découvrais. Je venais d’une unité départementale d’anticriminalité, et un certain nombre de rapports dits « de service général » relevait pour moi de la haute-voltige rédactionnelle. En clair, j’allais devoir faire semblant de savoir faire en attendant de savoir faire. La formation d’officier avait passé ce genre d’exercices sous silence, préférant d’obscurs cours sur l’art de commander, avec schémas géométriques à l’appui.
  Bref, je devais asseoir mon autorité sur autre chose que la compétence universelle que je n’avais pas. D’où l’idée géniale du chauffeur qui allait détourner l’attention de mes effectifs loin de mes inaptitudes.
  Le scooter volé était un parfait compromis pour me faire trimballer jusqu’à la cafetière. Petit, maniable et peu bruyant, je pouvais demander à mon chauffeur que j’avais emprunté à la BAC, de faire le tour de la colonne sans troubler la quiétude des gardés à vue. Les scooters volés étaient en principe garés en consigne devant le commissariat, mais il était arrivé qu’ils y soient à nouveau volés. Même si l’on s’y fait moins égorger et détrousser qu’avant que le baron Haussmann ait fait installer l’éclairage public dans Paris, les rues ne sont pas si sûres que ça. Hé oui… Il y a des kamikazes de l’audace.
  Mais quand on quittait ce petit huis clos que je viens de vous faire partager, ils avaient intérêt à courir beaucoup plus vite que nous.

 


Avertissement :
Il est bien évident que cette scène fait authentiquement partie de mon vécu policier, que tout est vrai, que la photo n’est pas truquée, que je ne suis pas truquée non plus, que l’individu qui pilote le scooter est un vrai flic et pas un action-man, et que j’ai obtenu le grade d’officier de façon régulière.
En conséquence et en accord avec moi-même, sachant que ce récit fait l’objet d’un copyright dont je suis l’exclusive détentrice, je dépose un brevet sur le principe de la libre circulation des deux-roues volés dans les locaux de police, pourvu qu’ils soient montés par des fonctionnaires de police, titulaires ou non dans leur grade.
Il va donc de soi que s’il s’avérait qu’un producteur ou un réalisateur de fictions policières me pique cette idée et la mette en scène sans que je lui aie chèrement vendu les droits qui me sont inaliénables, je lui mettrais illico mon avocat (qui est très méchant) au cul.

 

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

rechercher

 

 

 

undefined

banner Banksy ©