“actu police”

6 Novembre 2018

PCP
 

Le collectif PCP, ce sont des policiers et des gendarmes, en activité ou non, qui forts de la pratique de leur métier et de leur expertise de terrain, et réunis par le même constat, témoignent de l’inefficacité de la prohibition et de la répression de l'usage de stupéfiants, et militent pour une réforme de la loi et des politiques publiques en matière de drogues.

Leur métier les investit de missions et pouvoirs essentiels - les libertés fondamentales, la sécurité publique, l’application de la loi - et ils ont à coeur de ne pas être des exécutants passifs quand ils servent un système incohérent.
 

Vous, collègues, qui en avez assez d'appliquer une loi qui ne sert à rien, qui n'a fait baisser ni la consommation de drogues, ni la criminalité et l'insécurité liées au trafic et au marché noir. Une répression que vous savez au service de la politique du chiffre et des taux d'élucidation, qui prend un temps fou de votre activité, alors que vous savez qu'il y a délinquant plus dangereux qu'un fumeur de shit. Vous qui n'êtes pas entrés dans la police ou la gendarmerie pour partir à la chasse à l'insignifiance et aux délits sans victime, qui préféreriez avoir les mains libres pour consacrer du temps à la vraie criminalité de vos secteurs. Vous qui êtes persuadés que la consommation de drogues, licites ou non, relève de la santé publique et non de la répression pénale, et qu'au fond ce n'est pas votre problème dès lors que la sécurité d'autrui n'est pas en jeu, rejoignez notre collectif, soutenez notre démarche, et lisez nos arguments.
 

Le site : Police Contre la Prohibition
la page facebook du PCP
et twitter @collectifPCP

lire les commentaires sur facebookPour la dépénalisation de l’usage des drogues

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Bénédicte Desforges, ex lieutenant de police

#drogues & législation, #actu police

23 Mai 2018

 

Mai 1968 - mai 2018, les époques se ressemblent presque.
Dans cet intervalle de cinquante ans, violence et maintien de l’ordre ont toujours été associés, il suffit d’un petit tour dans les archives vidéo de l’INA pour s’en persuader.
Manifestations, débordements, dégâts, police, force légitime, violence illégitime, casseurs à qui chaque époque donne un nom différent, médias et opinion, dans un scénario qui se répète.

En mai 68, les manifestations ont été aussi violentes que la mobilisation était massive, déterminée et intense.
Ce printemps-là, en proie à une crise sociale, culturelle et politique, qui en même temps touchait d’autres pays,, la France a connu la grève générale la plus importante de son Histoire, c’est dire à quel point ce mouvement de protestation a été rassembleur et populaire. À deux doigts d’une vraie révolution.

C’est précisément en mai 68 que le Préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, a décidé que le maintien de l’ordre ne devait pas anéantir des vies.
Il succédait à ce poste à Maurice Papon qui, à chaque manifestation ou rassemblement, avait donné l’ordre d’une répression implacable, carte blanche et tirs à balles réelles, dans le cadre d’un maintien de l’ordre inconséquent et meurtrier.

Maurice Grimaud sait bien que le maintien de l’ordre est un exercice extrêmement compliqué, que ce soit sur le terrain ou dans sa gestion. Et ça l’est toujours aujourd’hui. Mais il ne veut ni bain de sang, ni morts. Quitte à préférer des dégâts ponctuels à une intervention risquée en termes de vies humaines. C’est un reproche qui a d’ailleurs perduré, formulé par des policiers eux-mêmes, ou par des commentateurs qui y voient une forme de laxisme, ou de collusion de la police ou ses donneurs d’ordres avec les manifestants, voire avec les casseurs.

C’est donc le préfet Grimaud qui a initié la pratique d’un maintien de l’ordre d'un genre nouveau, adapté au contexte urbain, moins guerrier que citoyen, et responsable. Responsable de ses réussites mais aussi de ses travers, ses écarts et ses conséquences. C’est l’objet de la lettre du préfet envoyée individuellement à chacun des 25000 policiers parisiens en mai 1968.

Cette lettre est intéressante à plus d’un titre.
Grimaud rompt le tabou des excès dans l’emploi de la force.
Il n’accuse pas, il reconnaît la grande difficulté de ce qui est demandé à la police et les risques encourus, il a entendu les insultes et vu l'agressivité qui cible les flics, à l’époque mal équipés et très peu protégés.
Il sait que ces violences sont le fait d’une minorité de policiers, mais au-delà de ce qu’il reprouve humainement, il sait aussi que ce sont sur ces violences que va se concentrer l’attention de la presse et de l’opinion. Tout comme il sait que la police doit avoir une bonne image pour travailler sereinement
Il aime ces flics, humains donc faillibles, avec leur vulnérabilité et leurs limites, cette police, service public peu aimé à qui il affirme son admiration. Alors il les met en garde, il touche leur conscience, et avec intelligence, il parle de faute sans évoquer la sanction.

Et pour ça, il s’adresse de la même façon à tout le monde dans la Maison police, Une Maison avec un M majuscule et des vrais gens dedans.
Dans la police du préfet Grimaud, il y a des responsabilités que l’on partage entre tous les grades. La lettre s’adresse à tous, et n’épargne ni les officiers ni les patrons. Chacun reçoit les mêmes mots, et à parts égales en partage le poids et l’implication. C’était alors une autre idée de la hiérarchie... Pour Grimaud, personne n’a à se défausser sur personne.

Être en charge de la force publique et dépositaire de la violence légitime de l’État, faire usage de sa force physique pour maintenir l’ordre public, ce n’est pas rien, c’est une très lourde responsabilité. Un exercice très délicat qui met en jeu les libertés fondamentales, la déontologie et la conscience.

C’est ce que Maurice Grimaud exprime avec gravité et simplicité, s’adressant directement à ses troupes.

 

Lettre du Préfet de police de Paris Maurice Grimaud, envoyée le 29 mai 1968 à chacun des policiers placés sous ses ordres :
 

 
  « Je m'adresse aujourd'hui à toute la Maison : aux gardiens comme aux gradés, aux officiers comme aux patrons, et je veux leur parler d'un sujet que nous n'avons pas le droit de passer sous silence, c'est celui des excès dans l'emploi de la force.

   Si nous ne nous expliquons pas très clairement et très franchement sur ce point, nous gagnerons peut-être la bataille dans la rue, mais nous perdrons quelque chose de beaucoup plus précieux et à quoi vous tenez comme moi : c'est notre réputation.

   Je sais pour en avoir parlé avec beaucoup d'entre vous que, dans votre immense majorité, vous condamnez certaines méthodes. Je sais aussi, et vous le savez comme moi, que des faits se sont produits que personne ne peut accepter.

   Bien entendu, il est déplorable que, trop souvent, la presse fasse le procès de la police en citant ces faits séparés de leur contexte et ne dise pas, dans le même temps, tout ce que la même police a subi d'outrages et de coups en gardant son calme et en faisant simplement son devoir.

   Je suis allé toutes les fois que je l'ai pu au chevet de nos blessés, et c'est en témoin que je pourrais dire la sauvagerie de certaines agressions qui vont du pavé lancé de plein fouet sur une troupe immobile, jusqu'au jet de produits chimiques destinés à aveugler ou à brûler gravement.

   Tout cela est tristement vrai et chacun de nous en a eu connaissance.

   C'est pour cela que je comprends que lorsque des hommes ainsi assaillis pendant de longs moments reçoivent l'ordre de dégager la rue, leur action soit souvent violente. Mais là où nous devons bien être tous d'accord, c'est que, passé le choc inévitable du contact avec des manifestants agressifs qu'il s'agit de repousser, les hommes d'ordre que vous êtes doivent aussitôt reprendre toute leur maîtrise.

   Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. Il est encore plus grave de frapper des manifestants après arrestation et lorsqu'ils sont conduits dans des locaux de police pour y être interrogés.

   Je sais que ce je dis là sera mal interprété par certains, mais je sais que j'ai raison et qu'au fond de vous-mêmes vous le reconnaissez.

   Si je parle ainsi, c'est parce que je suis solidaire de vous. Je l'ai déjà dit et je le répéterai : tout ce que fait la police parisienne me concerne et je ne me séparerai pas d'elle dans les responsabilités.

  C'est pour cela qu'il faut que nous soyons également tous solidaires dans l'application des directives que je rappelle aujourd'hui et dont dépend, j'en suis convaincu, l'avenir de la Préfecture de Police.

   Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu'une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n'a pas de limites.

   Dites-vous bien aussi que lorsque vous donnez la preuve de votre sang-froid et de votre courage, ceux qui sont en face de vous sont obligés de vous admirer même s'ils ne le disent pas.

   Nous nous souviendrons, pour terminer, qu'être policier n'est pas un métier comme les autres; quand on l'a choisi, on en a accepté les dures exigences, mais aussi la grandeur.

   Je sais les épreuves que connaissent beaucoup d'entre vous. Je sais votre amertume devant les réflexions désobligeantes ou les brimades qui s'adressent à vous ou à votre famille, mais la seule façon de redresser cet état d'esprit déplorable d'une partie de la population, c'est de vous montrer constamment sous votre vrai visage et de faire une guerre impitoyable à tous ceux, heureusement très peu nombreux, qui par leurs actes inconsidérés accréditeraient précisément cette image déplaisante que l'on cherche à donner de nous.

   Je vous redis toute ma confiance et toute mon admiration pour vous avoir vus à l'œuvre pendant vingt-cinq journées exceptionnelles, et je sais que les hommes de cœur que vous êtes me soutiendront totalement dans ce que j'entreprends et qui n'a d'autre but que de défendre la police dans son honneur et devant la Nation. »

Maurice Grimaud  


  L'original de la lettre du préfet Grimaud  ►  pdf2
 

en plus, à voir et à lire :

(article augmenté : j'ai déjà publié cette lettre en février 2011)

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Bénédicte Desforges

#actu police, #au jour le jour

29 Décembre 2017

Acte 1


• Le décor : l’hôpital Saint-Jacques de Rézé (44) qui comprend entre autres services, ceux de psychiatrie et d’addictologie.

• Le scénario :
- Septembre : un trafic a lieu au sein de l’hôpital, d’après le personnel soignant il s’agit essentiellement de cannabis mais aussi de Subutex (traitement de substitution aux opiacés)... prescrit en addictologie soit dit en passant.

- Novembre : une agression à l’arme blanche est commise par un patient sur un autre malade, rien ne la relie toutefois au trafic dénoncé. L’auteur et la victime quittent le service de psychiatrie, l’un pour la garde à vue, l’autre la réanimation.

- La direction de l’hôpital souhaiterait l'aide de la police pour régler cette affaire de trafic. La police n’est pas favorable à intervenir dans l’enceinte de l’hôpital (les interventions dans certains établissements sont soumises à des règles très strictes). Le directeur départemental de la sécurité publique indique que les patrouilles sont renforcées dans le secteur mais que la police ne peut pas se substituer à la sécurité interne de l’hôpital.
"Cela fait des années que cela dure et tout le monde se renvoie la balle" s’énerve le délégué CFDT du CHU de Nantes.

- Finalement, sur réquisition de la direction du CHU et du procureur de la République la police mène une "opération de sécurisation et de recherche de stupéfiants" le 21 décembre.

- Bilan : 7 grammes de shit et un tweet pour le moins surréaliste.

Dans un premier temps, je me suis dit qu’il fallait interner les flics dans les lieux mêmes de leur intervention et mettre le rédacteur du tweet dans une chemise qui s’attache dans le dos avec les manches.
Parce que claironner qu’on a débarqué à 24 flicards et deux chiens stups, qu’on a trouvé une boulette de 7g de shit dans la piaule d’un malade, et que tout ça résulte d'une belle collaboration avec le CHU, il faut quand même le faire.

Ceci dit, tout est possible, mais bon, on aime croire que non.
Et il y a le petit clébard qui m’a mis la puce à l’oreille. Ce petit chien-là :

Un vrai foutage de gueule ce petit chien stups. Le truc de trop. Comme le reste ?
Hypothèse... N’y a-t-il pas une lecture subliminale à faire de ce tweet, un autre sens à lire entre les lignes ? jusqu’à cette "belle collaboration" ?

Après avoir longtemps insisté pour avoir le concours de la police, le CHU a obtenu gain de cause (réquisition de la direction du CHU et du proc) et l’opération a eu lieu. Et elle n’est donc pas de l’initiative de la police. Ça n’a rien donné (sans vouloir froisser les prohibitionnistes, on va dire que 7g de shit c’est rien). Peut-être que les uns et surtout les autres s’attendaient à une saisie significative. Saisie qui aurait permis au CHU de justifier ses sollicitations d'intervention, et peut-être s'assurer d'un dispositif pour la suite. Parce qu’à présent, ça va être un peu plus compliqué de faire tenir la thèse d’un grand marché de la drogue qui ne peut pas être réglé par les effectifs de la sécurité de l’hôpital, et mobiliser la police suite à ce fiasco.

Mon hypothèse est donc que cette communication désastreuse repose sur un tweet volontairement outrancier et cynique, et que les flics ont été les premiers à se dire Tout ça pour ça, une saisie de 7 grammes de shit, la consommation personnelle d’un seul et unique patient, c'est tout de même minable... Et qu’ils se font un petit plaisir, certes ambigu, de tacler le CHU de Nantes qui souhaitait cette "belle collaboration", qui est passé en force avec le procureur de la République, et à qui s'adresse le tweet.
Va savoir…

Je ne sais même pas si on peut mettre cette affaire dans la liste des échecs de la guerre à la drogue, parce que pour ça encore faut-il qu’il y ait de la drogue...

Mais c’est toutefois une démonstration supplémentaire indiquant qu’il y a urgence à revoir la loi de 1970 qui réprime l’usage de drogues, et accessoirement considérer les vertus thérapeutiques du cannabis, déjà en pharmacie dans plusieurs pays.
Quelques explications là : La dépénalisation pour les nuls
 

Acte 2


• Le décor : Les réseaux sociaux.

• Le scenario :
- Le tweet est lu et pas approuvé du tout. Ça se passe dans un hôpital, il y a des chiens dans les chambres des malades, effectivement c’est brutal. La disproportion entre moyens mis en œuvre et résultat choque, et il y a de quoi.
Tout le monde s’énerve, et il se passe de façon très prévisible ce qui constitue l’essentiel des échanges sur les réseaux sociaux : insultes et invectives.

- Mathieu Kassovitz n’est pas le seul, loin de là, mais il se distingue parce qu’il est Mathieu Kassovitz.

Mathieu Kassovitz n’aime pas les flics et les flics n’aiment pas Mathieu Kassovitz.
Je ne connais pas l'origine de ce désamour, et je dois reconnaître que ça m'indiffère complètement.

- Et voilà que la tragédie prend de l’ampleur.
Sur les réseaux sociaux, on passe vite à autre chose, l’essentiel est de pouvoir gueuler en utilisant le minimum de matière grise disponible.
On ne parle plus que de ça, et plus du tout des tenants et aboutissants de cette opération anti-drogue. Et encore moins des incohérences de la législation.

Non non, le sujet est Mathieu Kassovitz, ses tweets, et les plaintes qui ont été déposées contre lui. Et vas-y que ça disserte sur la définition de l’outrage, l’insulte, l’injure, l’écrit répréhensible, etc. Tout le monde y va de sa petite contribution.
L’idiot regarde le doigt quand on lui montre la lune ?

Les réseaux sociaux sont un immense cloaque, un magma numérique puant, un brouhaha dégueulasse. Quand il en émerge une initiative, un mouvement collectif, quand ça fédère autre chose que la haine, que ça n’appelle pas au lynchage numérique pour un oui pour un non, ça tient du miracle.

Je n’aime pas la plupart des pages et groupes de flics. Ces espaces clones qui empilent les faits divers crasseux et ne parlent jamais de ce qui est utile ou positif, qui accueillent sans scrupules toutes les déclinaisons de la détestation, à croire que c’est fait pour. Ça se plaint d’avoir un devoir de réserve, et ça n’en a aucune quand il s’agit de s’exprimer sur un réseau social. Au mépris de l’image d’une profession qui n’a de cesse de se plaindre d’un manque de considération à son égard, c'est paradoxal. On dira que c’est l’expression de l’opinion, que c’est une "liberté", soit. Gaffe quand même, les mots ont un sens.
Jusqu’ici tout va bien. Mais l'important n'est pas la chute, c'est l'atterrissage.

Voilà plus de 48 heures que Mathieu Kassovitz s’en prend plein la gueule, en flux continu sur le réseau social flic dans son ensemble, au point que son "Bande de batards" peut être relégué au rang du piaillement inaudible et insignifiant.
Après l’inévitable bobo-gaucho-collabo-toxico, tout y passe. Les insultes, raclure, fils de pute, sac à merde sans couilles, enculé, mérite une balle dans la tête, suceur de racailles, aussi pourri que X le bougnoule, les menaces, on sait où t’habites, ne pas se presser pour intervenir chez lui au cas où, sur son physique, gueule de camé, tête de fion, son métier, cinéaste raté, ses origines juives, etc. Par centaines...
Le tout étant tout ce qu’il y a de plus public et accessible.

C’est tout de même surprenant de reprocher les écarts langagiers d’autrui quand on fait ou laisse faire dix fois pire, cent fois plus ordurier, non ?

Ce qui est plus ennuyeux, c’est que ces espaces en free-style constituent pour quiconque, curieux ou intéressé, un accès direct aux échanges avec des fonctionnaires de police, et qu’on a vite fait de penser qu’ils y sont représentatifs. Que la police peut se résumer à ces grotesques cohortes d’anonymes pseudos éructants et agressifs, déguisés en templier ou en Dirty Harry, et qui se satisfont du renfort dans le même état d’esprit, de groupies en pâmoison devant les uniformes, de "fans" des forces de l’ordre et des armes, de nostalgiques des guerres coloniales et des croisades, et autres débiles bruyants.

Tout ça pour dire qu’à ce jeu-là, Mathieu Kassovitz a une concurrence très sérieuse. Et que si son propos n'est pas fin et d'autant plus blessant que cette bande de bons à rien - qui a certes commis un tweet incompréhensible - n'a rien décidé de cette opération, les réactions idiotement corporatistes qu'il a suscitées gagnent haut la main la bataille de l'abjection.

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Bénédicte Desforges

#drogues & législation, #actu police