Interviou
Mélina Loupia est l’auteur de deux livres parus aux éditions Le Manuscrit, Zette and The City en juillet 2007, et Brèves de Tiroir en librairie ce mois-ci. Elle
tient également le célébrissime blog Zette and the City http://www.zetteandthecity.com/
Bonjour Mélina Loupia, nous allons parler un peu de vous, et puis nous évoquerons plus particulièrement votre dernier livre, Brèves de Tiroir.
Bonjour gnagnagna. Je suis mère, maire, animatrice radio et écrivain. J'ai survécu à Jésus grâce aux progrès de la médecine.
Pour commencer Mélina, pourquoi avez-vous choisi ce pseudonyme pour publier vos deux ouvrages ?
Je suis partie de l'idée toute simple qu'un nom et un prénom aussi immondes que
ceux que j'ai empruntés ne pouvaient que susciter du mépris pour les trolls et les spammers, et je m'a pas trompée, loin s'en faut, peu m'en chaut (vive).
Plus sérieusement, Mélina LOUPIA, je trouvais une certaine poésie et une musicalité propre à ce Sud qui m'est si cher.
(NDR : Mélina Loupia nous a avoué hors antenne qu'il s'agissait bel et bien de son véritable état-civil...)
Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre envie de publier des livres. Êtes-vous autiste, ou bien votre accent épouvantable et votre défaut de prononciation vous obligent à
préférer l’écrit à l’oral ?
Quel est le nom de l'acteur qui a joué en première base? Oh-ow.
C'est en fait mon entourage qui m'a poussée en piquant mon orgueil au bon moment et au bon endroit. Un défi lancé par celles et ceux qui vous aiment, rien de plus motivant.
Votre production littéraire est frénétique, dites donc. Avez-vous un nègre ?
Jamais de la vie, un, c'est pas assez pour apaiser ma soif de faim de reconnaissance. Et comme je
dispose d'une fortune personnelle que je ne sais plus compter tellement que je n'ai que vingt doigts, je m'offre actuellement les services de dix petits nègres.
En qualité de fille, j'assure la réputation de cette fonction, à savoir plus j'écris, moins je parle et plus la sérénité de ma famille ne s'en porte que mieux. J'aime parler et écrire, j'ai
choisi de parler en silence.
Mélina, vous qui êtes une blogueuse reconnue depuis maintenant longtemps, avez-vous pensé à prendre des cours de HTML et de CSS, et vous a-t-on déjà dit que votre blog est carrément moche
?
En fait, j'ai suivi dans le temps une formation accélérée auprès d'un ancien gardien de la paix reconverti depuis en blogueuse influente. Mais comme cette blogosphère là est morte, et elle avec,
je me retrouve fort dépourvue, quand la bise fût de bière.
Mais au-delà de la présentation d'un blog, par son côté purement esthétique, j'estime qu'un blog doit être avant tout apprécié et jugé pour son contenu, non pour son contenant, dès lors qu'il
s'agit d'un blog à vocation hautement littéraire, comme le mien présentement.
Vous êtes mère de trois jeunes garçons, que vous n’hésitez pas à pasticher de façon drôle et réaliste dans vos chroniques. Ils sont une source d’inspiration inépuisable.
Ont-ils déjà songé à fuguer ou à intégrer une secte ?
Ces enfants m'ont été gentiment prêtés par une société buzz de comm dont je tairai le nom, des négociations pour traiter avec l'étranger sont en cours.
Mais je peux assurer qu'ils sont bien traités, et qu'aucun animal n'est mort ni décédé durant la période du contrat. Car ils mettent à disposition des chats, des chiens et des personnes âgées.
Même des Vélibs dans les cas extrêmes.
Pour autant, et tous les médias se joindront à moi pour répondre en écho que les enfants sont une source d'inspiration intarissable. Surtout quand c'est les siens.
Vous êtes mariée à un copilote. Avez-vous peur en avion ?
Oui, j'ai le mal de mer.
Je voulais le pilote, mais il était livré dans une hôtesse de l'air, je n'ai pas osé.
Mais je n'ai jamais pris l'avion.
Dans un court-métrage qui vous est consacré, vous dites que vous avez 33 ans comme Zézu. Que vouliez-vous dire par là ?
Par là, pas grand chose. Mais quand Zézu, Zépusoif.
Vous avez récemment accédé aux plus hautes fonctions municipales de votre commune. Vous avez indéniablement de multiples talents (écriture, code civil, règlements de voirie, cuisine,
lancer de chat et chant grégorien, entre autres…)
Votre mari est-il fier du maire de ses enfants ?
« Je suis très fier de ma mémaire. » m'a-t-il confié un soir de grande détresse affective alors que les rumeurs, que nous recevons à
dîner de plus en plus fréquemment, au point que nous leur avons édité un carnet à souche de tickets-repas, nous voyaient divorcés, comme Michel et Delpech.
Blague chantée à part, il se trouve que tout est arrivé un peu en même temps, et alors que j'étais dans une période d'oisiveté aride, j'avoue que la suractivité m'a fait le plus grand bien.
Parlons à présent de votre dernier livre. Brèves de Tiroir est un ensemble de chroniques issues de votre expérience de caissière. Vous êtes donc restée en embuscade derrière une
caisse de supermarché pendant quatre ans, et rien ni personne qui a eu l’heur de passer devant le tapis roulant n’a échappé à votre regard. Vous nous rapportez de succulents petits portraits
pris sur le vif des uns et des autres, leurs attitudes et leurs manies, leurs habitudes de consommation qui les racontent si bien, malgré eux.
Vous nous dites le regard qu’eux-mêmes portent sur vous. Vous avez croisé l’humour des clients, leurs mots gentils et leurs mots de travers, et aussi l’indifférence et le mépris.
Vous avez lu en eux comme sur un ticket de caisse, alors que vous étiez transparente à leur yeux.
À travers ces récits, nous percevons ce que peut être la journée d’une caissière, et toutes les pensées et réflexions qu’elle peut déposer dans son caddie avant l’heure de fermeture. Tout ce que
vous rameniez chez vous Mélina, pour le transformer à coup de talent en livre à savourer sans modération.
Votre style est vif et enlevé, avec vous on ne s’ennuie jamais. Vous faites bien plus que raconter, vous écrivez, vous avez un style, une véritable plume.
Mélina, changez de travail et contez-nous encore tout ce qu’on ne voit pas.
J’ai bon là ?
Pardonnez-moi, mais je n'ai pas saisi le sens de votre question. Avez-vous notre carte de fidélité? SBAM (NDR : sourire bonjour au revoir merci)
Je n'en ai pas encore terminé avec
l'écriture, au même titre que je ne me souviens plus avec précision du début de cette passion. Je pense que dès l'instant qu'on est épris de sa vie et de tout ce qui la remplit, on ne peut
l'écrire que de la même façon qu'on la vit. Je tente de transcrire ma vie, pour ne pas l'oublier.
Mélina, merci de m’avoir accordé ces quelques instants. Jamais deux sans trois dit-on… Vivement une trilogie de Zette :o)
C'est en cours de fabrication, j'aime assez l'idée d'avoir autant d'enfants que de livres à mon actif.
Mais tout dépend désormais du bon vouloir de mon éditeur, de sa capacité de soutien, du résultat des référencements de mes ouvrages chez alapage.com, chapitre.com et des commandes générées à
l'espace culturel de Leclerc Carcassonne.
Et les bizettes, on en parle pas? Je veux voir la responsable de ce torchon infâme, quant à vous, jeune impudente des faubourgs parisiens, rassemblez vos breloques en plastiques et vos arbres
fruitiers dans un carton. Remi, couché ! J'ai dit couché !
Quelle chagasse...
bande annonce du
livre
http://www.zetteandthecity.com/









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