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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 21:02

 

 

Mille bravos, et merci à tous nos collègues, RAID, GIGN, BRI, et tous les autres, qui ont préparé et donné l’assaut au cours des deux opérations d’aujourd’hui ! Bravo pour leur courage, et leur admirable professionnalisme.
La fierté que nous avons tous - flics et citoyens de France, n’en doutons pas - est à la mesure des risques qu’ils ont pris au péril de leurs vies.
Une énorme pensée et une reconnaissance particulière aux blessés, puissent-ils rejoindre rapidement leurs proches, et leur autre famille… la police.
Restez vigilants, dans ce monde de fous, tous n’ont pas la même soif de démocratie et de liberté que nous tous.
Et aujourd’hui plus que jamais, chacun peut comprendre qui est en première ligne pour protéger nos valeurs.

FB flic

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 13:01

 

 

Ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant : Faites attention à vous, vous êtes des cibles. Des cibles faciles et visibles, et tellement symboliques... Aujourd’hui encore la police a payé le prix fort pour que vive la démocratie. Faites gaffe, on n’a pas du tout envie de vous offrir des fleurs…
Attention aussi aux infos qui circulent. On a tous reçu des messages, des mails, des textos. Des infos qui souvent ont précédé ce qui est paru dans la presse. On imagine bien que les services intervenants intègrent au mieux le fait qu’il faut tenir compte du brouhaha numérique, de cette maladie du scoop et de l’exclu, et que l’enquête s’efforce d’avoir un temps d’avance sur la diffusion sauvage, mais il n’en reste pas moins que cette manie est gravement préjudiciable. A l’enquête en cours, au déroulement d’interventions et à la sécurité de ceux qui sont sur le terrain. Il n’y a rationnellement aucune utilité à rendre public ce qu’on sait ou croit savoir. C’est dangereux. Ou de se faire mousser en laisser à penser qu’on est dans le secret des dieux. C’est ridicule. Pas plus d’intérêt à diffuser des rumeurs en singeant une presse en quête de buzz et de scoop.
N’allons pas lire et ne donnons pas d’écho aux messages de haine, de provocation de ceux qui se satisfont du massacre d’hier, ça pourrait les réjouir. Ils ne sont que la gangrène d’une religion défigurée et éreintée par des dingues.
Gaffe aussi aux théories conspirationnistes débiles qui inévitablement circulent déjà. Notre collègue n’est pas mort, la video est un fake, les meurtriers sont téléguidés par l’occident, les Illuminati, Obama, le Mossad, etc. Pas la peine de perdre son temps là-dessus, ni d’y répondre, on se fait du mal pour rien, et pour des crétins. L’homme n’a pas marché sur la lune, parait-il…
Soyez prudents.
Tous ceux qui aspirent à la paix et la liberté sont derrière vous.

FB flic

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 18:45

élections professionnelles police 2014

 

Il y a habituellement une sorte d’alternance syndicale. L’ensemble des syndicats de sensibilité de gauche est majoritaire sous un gouvernement de droite, et vice versa. Ce n’est pas une révélation d’affirmer que les membres des bureaux nationaux des syndicats sont très proches d’élus et décideurs politiques de leurs bords respectifs, et souvent encartés et engagés dans des partis. Bien qu’ils clament leur indépendance politique à qui veut bien les entendre…
Il est donc logique que les syndicats ne soient pas trop offensifs quand leurs amis sont aux affaires, et surtout, tout aussi logique que les syndicats adverses se positionnent comme un contre-pouvoir, promettant énormément de choses puisqu’ils n’auront pas l’occasion de tenir leur engagements, et qu’en outre, ceux-ci sont souvent irréalisables. Mais malgré ça, leur discours séduit, donne de l’espoir, et ils engrangent des suffrages.
Il suffira pourtant d’attendre l’élection professionnelle suivante pour s’en rendre compte, et observer que la soumission au pouvoir politique est bien partagée.

Pour les élections professionnelles 2014 des représentants des gradés et gardiens de la Paix, on peut observer une autre tendance :
- D'abord, un taux de participation, stable en 2006 et 2010 à plus de 82%, qui tombe à 68%,
- Les deux syndicats majoritaires voient tous les deux leurs scores baisser par rapport à 2010,
- L’alternance habituelle ne suit plus la même règle puisqu’à eux deux, Unité-SGP-FO et UNSA font un score supérieur à celui d’Alliance (ce qui n’engage pas à grand-chose puisque ces syndicats - marqués à gauche, quoiqu’ils en disent - se tirent volontiers dans les pattes).
- On aurait pu attendre qu’Alliance soit mathématiquement le contre-pouvoir syndical, c’est loin d’être le cas avec pas même 2% d’avance.
- Des syndicats minoritaires voient leurs scores augmenter (sauf la FPIP qui, malgré ses gesticulations guerrières plafonne depuis des années, et compte ses adhérents sur les doigts d’une main)

Si la police veut continuer à se situer parmi les professions les plus syndicalisées, et ainsi garder la main autant que faire se peut sur son évolution, il est nécessaire de faire des constats rationnels, avec honnêteté intellectuelle, et que les « représentants du personnel » (guillemets volontaires) se remettent en question.

Il n’est pas question ici de mettre en cause le travail effectué par les délégués syndicaux de terrain, leur dévouement et leur abnégation. Ils sont plus que quiconque capables, pour une cause collective, d’accorder leurs violons avec leurs collègues des syndicats opposés, et ils sont les premiers à souffrir des postures et comportements de leurs bureaux nationaux, et par procuration, en récolter toutes les critiques.

Le leitmotiv de plus en plus assourdissant, d’année en année, dit des syndicats majoritaires « tous les mêmes », « bonnet blanc et blanc bonnet », « s’il n’y avait des demandes de mutation et les dossiers d’avancement, on ne voterait pour personne » etc.
Le découragement et l'aigreur  prennent racine, bien davantage à l'intérieur que dans la rue.
Aujourd’hui, les syndicats majoritaires perdent du terrain, et on vérifie mieux que jamais ces affirmations, ces résignations à cautionner un système qu’on exècre.
À ce jeu, tout le monde y perdra. L’abstention compréhensible ira grandissant, et la police tombera dans les seules mains de l’administration. Les syndicats demeureront vraisemblablement des petites tours d’ivoire, mais ne serviront plus à rien, sinon qu’à eux-mêmes.

Comme à l’accoutumée à l’approche des élections, il y a eu un regain d’agitation syndicale, une manifestation, et des déclarations d’intention.
Ces derniers jours, en une semaine, les fonctionnaires de police ont reçu pas moins de 40 mails de la part des syndicats. Jurant avec un quasi silence radio entre les élections professionnelles, nonobstant la mise à disposition sur leurs sites de rafales de tracts sous forme de pdf, lapidaires, hystériques, tous plus colorés les uns que les autres, de mauvais goût équivalent, illustrés de figures ridicules, et semblant avoir renoncé à regret aux gifs animés. Les fonctionnaires de police méritent mieux que ça. Ils sont capables de comprendre autre chose que des slogans. Les syndicats sont censés représenter le personnel et leur doit de se mettre à leur hauteur, ne pas les prendre pour des attardés crédules, disposés à jouer inlassablement leur jeu de bastons récurrentes.
Les flics attendent mieux en terme de politique syndicale, que d’être gavés jusqu’à l’asphyxie de critiques visant bien plus le syndicat d’en face, que l’administration, qui doit se frotter les mains de voir tout ce monde-là s’occuper à des micro-conflits stériles et démoralisants, pendant que la police cesse doucement d’être une vocation.

La raison et la décence ne semblent plus être des qualités inhérentes au syndicalisme. Des petits détails suffisent à le rendre détestable et sa représentativité irrecevable.
Les membres des bureaux nationaux devraient mettre un point d’honneur à ne pas réclamer, ou ne pas accepter, des avancements supersoniques. Un flic « de base » (bien plus « flic » que ses représentants, ça va sans dire…) ne pourra jamais le comprendre autrement qu’une forme de corruption tacite. Lui, ne bénéficie d’aucune accélération et attend son tour.
Les mêmes syndicalistes devraient considérer comme une hérésie de se voir accorder le grade de RULP - Responsable d'une Unité Locale de Police, faut-il le rappeler - c'est-à-dire un grade réservé aux majors exerçant un commandement (et les responsabilités qui vont avec, et qui ne sont pas des moindres) Un non-sens pour un permanent syndical…

Dans le même registre, il est scandaleux de voir les têtes de syndicats se faire décorer du Mérite National ou de la Légion d’Honneur (quel mérite ? quel honneur ?) dont on peut légitimement se demander ce qu’elles récompensent, quand des fonctionnaires de police attendent, ou ne la voient jamais venir, la médaille du courage et du dévouement. Et doivent payer de leurs deniers ladite médaille. Par respect pour cette police laborieuse et déconsidérée, par respect pour ces décorations, ils devraient se faire un devoir de les refuser.

Les syndicats perçoivent chaque année une dotation de l’État, dont le total dépasse 1,5 millions d'euros. C’est de l’argent public. Le service public et les policiers adhérents-cotisants apprécieraient un retour sur investissement limpide et manifeste.

Les fonctionnaires de police n’auront jamais d’autres moyens de sanctionner les syndicats, à défaut de pouvoir les contraindre à faire du syndicalisme efficace et à la mesure de leurs attentes, que celui de bouder les élections professionnelles.
Ils ont l’utopie d’un syndicat unique, parce que l’utilité et la nécessité du débat contradictoire de syndicats opposés n’existe plus.

Il est temps que l’oligarchie syndicale se reprenne, ouvre les yeux, et fasse le constat que le désamour des fonctionnaires de police tient à peu de chose : le sens des réalités, l'autonomie, et le désintéressement, seuls préalables à l'action et à l’efficacité.



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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 00:36

Police suicides

 

article du 6 novembre 2014 de Louis Martin du Gard, officier de police

 

Depuis le début de l'année, il y a eu plus de 40 suicides de fonctionnaires de police (1), soit autant que pour toute l'année 2013 (2). La reconnaissance de la responsabilité de l'administration par le Tribunal Administratif de Nice, le 10 octobre dernier, dans le suicide de Nelly Bardaine (3) n'est pas une première puisque en mai dernier déjà, le Tribunal Administratif de Poitiers avait rendu un arrêté similaire concernant le suicide d'un brigadier chef qui s'était donné la mort en 2004. Mais ces décisions sont suffisamment rares pour être soulignées et c'est ce qui aurait décidé le Directeur Général de la Police Nationale, Jean-Marc Falcone, à convoquer les syndicats de police le 05 novembre prochain autour d'une table pour en discuter (4). Lors d'un discours devant les responsables de la police et de la gendarmerie le 29 septembre dernier, il a annoncé vouloir analyser les causes des suicides des policiers et tenter de définir des solutions. Car si l'administration a mis en œuvre des mesures particulières depuis quelques années (5), elle semble malgré tout impuissante à enrayer de manière significative le nombre de passage à l'acte. Et encore, ne sont recensés que les suicides constatés et non les tentatives de suicide, ce qui serait intéressant à relever...

lire la suite sur le site de Laurent Muchielli

 

 

Précédentes publications du même auteur :

Vers une véritable prise en compte des risques de suicide dans la police ? (20/02/2013)

La prévention du suicide chez les policiers (03/11/2013)


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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 03:48

 

 

  Ils ont pris le petit passage, la voie pour piétons qui longe l’arrière des bâtiments de la cité, celle qu’on prend à chaque fois que ça bouge un peu pour les coincer coté jardin, tous les flics la connaissent, juste assez large pour la voiture, mais là il m’a dit que c’était tout calme, c’est l’été, les gens ne partent pas là-bas, mais ils sont plus détendus, ça doit être le soleil, et pourtant dès qu’il fait chaud ça pue sur les trottoirs à cause des poubelles, mais à la longue on doit s’y habituer quand on y vit, alors les vieux descendent des chaises dehors, comme au bled, et ils papotent comme s’ils étaient en terrasse, ils sont marrants, ils ont de l’imagination, enfin c’est ce que je me dis, et puis il faut dire qu’ils ont souvent de la visite de la famille du bled justement, les enfants sont en vacances, ils peuvent en profiter un peu, faire connaissance, remarque ces mômes-là ne parlent pas l’arabe, c’est pas évident, mais aller là-bas c’est risqué, ma voisine m’a raconté qu’un matin, sa belle-mère avait trouvé la tête décapitée de son fils sur le balcon, elle ouvrait les volets et elle voit ça, la tête de son fils, à Alger en pleine ville, alors tu penses que les gens d’ici ils n’ont pas trop envie d’emmener leur gamins là-bas, ils préfèrent payer le charter à la famille, du coup ils disent qu’ils sont immigrés là-bas et ici, le cul entre deux chaises, en plus au bled, ils pensent qu’ici ils vivent comme des princes, tu parles, t’as vu le château, enfin voilà, ils patrouillent dans la cité qui est toute calme, le clébard à l’arrière qui roupille, eux les fenêtres ouvertes, ils n’y croient pas trop qu’ils vont faire une affaire, à cette heure-là il n’y a rien, et puis là, avec les vieux dehors à l’ombre, les mômes qui jouent au ballon, les mamans qui se promènent avec les poussettes, la cité ressemble à un village de vacances, enfin, en rêve, pas un arbre, pas une aire de jeux, le panier de basket a été volé, démonté et volé, mais qu’est-ce qu’on peut faire d’un truc pareil, de l’art moderne peut-être, il y aurait bien un abruti pour trouver qu’un panier de basket au plafond c’est artistique, surtout si ça vient d’ici, le grand frisson, peur sur la ville, de l’art urbain avec du matos volé, alors voilà, les mômes ils tournent en rond, ils font des conneries avec ce qu’ils trouvent, ils trainent, et les autres avec le chien, ils tournent aussi, et comme ils avaient fait une belle prise de poudre trois jours avant, ils se sont dit qu’ils en avaient peut-être oublié quelques grammes, ou que le juge avait relâché le type, toujours la même histoire, on travaille, on fait des belles procédures bien carrées, les stups prennent l’affaire, le défèrent, et le gars nous rigole au nez, libre deux jours après, on peut se demander à quoi on sert, mais ils s’en fichent, ils ne se rendent pas compte, ils ne peuvent pas, ils n’habitent pas là, ils ne travaillent pas là, ils n’ont jamais vu un tox en manque se pisser dessus, ils ne craignent rien pour leurs gamins, ils sont dans des quartiers tranquilles, l’autre soir dans mon immeuble, une gamine de quinze ans a fait une overdose en faisant du baby-sitting, quand les parents sont rentrés, ils ont trouvé la fille raide dans son vomi, et le bébé qui braillait tant qu’il pouvait, ça les juges ils ne connaissent pas, ils n’ont pas ça dans leur salon, et ils ne passent pas l’été dans une cité, alors un dealer de plus ou de moins dehors, ils s’en moquent, c’est pas chez eux, mais celui-là qu’ils avaient interpellé l’autre soir, avec toute sa dope, c’était un sérieux, pas d’ici en plus, mais c’est là qu’il vendait, et c’est pour ça qu’ils sont revenus voir, dans le petit passage derrière les immeubles, c’était tout paisible, ambiance d’été, odeurs de cuisine et musique par les fenêtres, tout le monde ouvre en grand les carreaux par cette chaleur, ils ont entendu des enfants rigoler, et puis un bruit énorme, sur le toit de la voiture, un craquement, de la carrosserie déchirée, et d’un coup le toit s’est affaissé à la limite de leurs têtes, en même temps le chien s’est mis a aboyer comme un fou, et ils ont vu entre eux, entre les deux sièges, une sorte de pieu en métal qui s’était planté, qui avait traversé le toit de la voiture, et s’était fiché exactement au milieu, entre eux, un montant d’échafaudage qui avait été transporté là-haut, par on ne sait pas qui, par on ne saura jamais qui, et ils ont eu de la chance que ça ne les touche pas, vraiment une bonne étoile ce jour-là, mais évidemment quand il y a eu l’enquête, le truc venait de nulle part, et puis comme il n’y a pas eu de blessé ni de mort, dans le fond, le juge s’en foutait un peu.

 

 

extrait de Police Mon Amour

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 01:23

 

gender flic studies

 

 

Je ne compte pas le nombre de fois où la question m’a été posée…
« Un métier d’homme, ce n’est pas trop dur ? »
— Il arrive que ce soit dur, parce que les situations sont dures, non pas parce que je ne serais pas à ma place dans la police. Quand c’est dur, c’est dur pour tout le monde.
— Oui mais quand même, une femme n’est pas faite pour ça.
— Pas faite pour quoi au juste ?... »

Et là, s’ensuit généralement une énumération de lieux communs et de présupposés.

Je réponds alors que, rationnellement, les qualités d’un bon flic sont asexuées.
Avoir une bonne connaissance de la loi et de la procédure, être intègre et juste, faire preuve de patience, de rigueur, persévérance, diplomatie, sang-froid. Être ferme mais objectif, avoir ce qu’il faut d’empathie, ni trop ni trop peu, mais une écoute sincère et sans jugement. Être solidaire dans les moments difficiles. Savoir s’adapter rapidement, surmonter et mettre de coté l’émotion, la colère, le dégoût. Etc, etc.
(de même que les défauts des mauvais flics sont tout autant asexués. Lâcheté, manque de fiabilité, arrivisme, etc.)

Immanquablement, c’est prévisible, arrive l’argument supposé mettre à mal mon argumentaire.
« Et la force physique ? Ça pose un problème tout de même…
— On ne peut pas résumer le métier de policier à la force et aux muscles. C’est totalement réducteur.
— Et quand il le faut ? Si vous devez maitriser un type très énervé de cent kilos, vous êtes dans la panade, non ?
— Dans ce cas de figure, tout le monde l’est.
— Mais dans une situation d’affrontement physique, vous êtes plus vulnérable qu’un homme...
— Pas forcément. Il y a des hommes plus faibles que certaines femmes. Il y a des hommes peureux aussi. Et d’autres qui seraient enclins à envenimer des situations. Globalement, plus puissants musculairement, mais aussi moins souples et moins agiles que les femmes. Mais tout ça est pondéré par le fait que la police de terrain est un travail d’équipe. »

Soit dit en passant, à propos de l’agressivité (au sens large et non péjoratif) que l’on a tendance à associer à la virilité et à la biologie masculine, voilà déjà plusieurs années que les endocrinologues ont établi qu’elle n’est pas une incidence de la testostérone. Au contraire, cette hormone mâle (mais que les femmes produisent naturellement en plus faible quantité, tout comme les hommes produisent des œstrogènes) tiendrait un rôle dans l’aptitude à gérer le lien social.

« Enfin, c’est indéniable, si vous portez un uniforme, une arme, vous devez bien mettre votre féminité de coté…
— Qu’entendez-vous par féminité au juste ?
— Hé bien par exemple, dans ce métier vous ne pouvez pas vous habiller "en femme", vous maquiller, porter une jupe, des talons hauts… être féminine.
— Bien évidemment, mais cette définition de la féminité est réductrice elle aussi. À mon sens les gestes que vous citez relèvent de l’image, voire de la séduction. Objectivement, ce sont des artifices qui n’ont pas nécessairement leur place dans l’exercice d’une profession, à moins de considérer que la féminité se résume à une apparence. »

Dans le discours commun, le mot féminité est très souvent associé à l’image, laquelle image est une sorte de caricature essentiellement à l’usage des hommes. Ce concept est ensuite décliné sous forme de comportements et de tâches prétendument dédiés au genre féminin.

« Heureusement tout de même qu’il y a des femmes dans la police. Vous tenez certainement un rôle privilégié quand il s’agit d’intervenir sur des différends conjugaux, des femmes battues, des victimes viols, des enfants en détresse…
— Cliché. Dans ces situations qui nécessitent beaucoup de tact et d’écoute, voire de la douceur, ce ne sont pas nécessairement les femmes flics qui sont les plus à l’aise et efficaces. Dans l’absolu, c’est bien davantage une question de ressenti, d’expériences, de situation familiale ou d’âge. Dans la pratique, femme ou homme, chacun fait au mieux.
— Une femme ne se confie pas plus facilement à une femme ?
— Pas forcément, mais une victime peut en formuler le souhait si c’est son cas. »

Lors d’une intervention, l’expérience ou la situation (généralement désagréables) d’autrui peut faire écho au vécu de l’interlocuteur policier, et le rendre à même ou difficilement capable d’avoir l’attitude attendue. Être femme ou homme ne fait pas la différence. Dans le domaine de la compétence policière, il y bien plus de différences d’atouts ou d’entraves, à prendre en compte que la différence de genre.

« De toutes façons, il y a une application de quotas au recrutement dans les écoles de police.
— En effet, mais ça ne présume en rien des aptitudes des uns et des autres. Un recrutement sans quotas pourrait d’ailleurs réserver des surprises.
— Plus de femmes ?
— Non, mais peut-être une parité naturelle… Quand je suis entrée dans la police, les quotas étaient très défavorables aux femmes. Du coup, au concours de gardien de la paix, toutes épreuves confondues, les femmes ont été reçues à partir de 17/20 et les hommes 9/20. En revanche, à la fin de la scolarité, la tête de promotion était constituée de 5 femmes et 5 hommes. »

Ce n’est pas parce que la police a été un bastion masculin très résistant à la féminisation de ses effectifs – Police nationale, un métier d’homme - qu’elle devait arbitrairement rester un domaine réservé.
Les hommes l’ont néanmoins plutôt mal vécu au début, et ont longtemps couiné à l’aberration de cette mixité. Un peu comme si leur virilité s’en était trouvée affectée, puisque du jour au lendemain, ils s’étaient retrouvés à ne plus exercer... un métier d'homme.

Objectivement, aujourd'hui beaucoup de métiers d’homme ne le sont plus, et beaucoup de métiers dits pour femmes, de façon similaire, le sont uniquement en application d’un conformisme social et culturel et de prédispositions supposées.

Une femme qui envisage de devenir flic, pompier, mécanicienne, chef d’orchestre, pilote de ligne ou astronaute n’usurpe la place de personne. Pas plus qu’un homme qui souhaiterait faire de la puériculture son métier, ou devenir danseur classique. La bonne place est celle que l’on choisit hors du carcan de conventions qui n'ont pas ou plus de sens.

Au nom de quel aveuglement hors d'âge faudrait-il qu’on tolère encore d'entendre parler de sexe fort et sexe faible ? et que perdurent des stéréotypes sans autre fondement que le dictat d’une phallocratie devenue sans objet ? si tant est qu’un jour, elle en ait eu un…

Si l’école enseigne que des nations se sont émancipées, que le temps de l’esclavage et de la ségrégation est révolu, que le racisme n’a aucun sens, que la colonisation était inéquitable, invivable – et pourtant, dans ces époques-là, tout le monde trouvait ça parfaitement normal et cohérent – s'il est démontré que l'héritage du passé n'est pas toujours beau à voir et qu'il faut en tirer des leçons, mais encore, si l’éducation civique et les Droits de l’Homme font partie des programmes scolaires, si le mot discrimination est dit et expliqué, alors il est logique que le sexisme et tous les déterminismes abscons qui lui toujours sont liés, soit abordé, expliqué et démonté, tant le principe du stéréotype justifie une approche intellectuelle.

L’égalité n’est pas synonyme d’uniformité, et dégagés du poids des clichés et préjugés, de Vénus et de Mars, féminité et masculinité trouveraient enfin un sens qui ne soit pas synonyme d’entrave sociale. Et la seule parité acceptable, qui aurait un sens authentique, serait celle qui, non contrainte par des textes inefficients et à courte portée, se construirait hors de tout stéréotype.

Alors ne vous moquez pas des fillettes qui jouent au cowboy, trouvent qu’en rose elles ressemblent à une fraise tagada, ou se rêvent dans un 38 tonnes. Ou au volant d’une voiture de police.
Plus le garçon est manqué, plus la fille est réussie.


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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 00:11

Nique La Police

 

  On peut se dire collègue sans faire de ce mot une complicité factice. Juste un trait d’union.
  On ne se connaît pas, mais on a souvent les mêmes souvenirs, et on se comprendra à mi-mots quand on évoquera ce qu’on sait des caves et des caniveaux.
  Quand on se dira ce que personne ne veut croire, mais jouit d’entendre.
  Parce que même les scénaristes n’osent pas, ne savent pas, et laissent au secret de nos mémoires les images les plus troubles. Mise en scène impossible.
  Il faut quand même qu’il y ait des gentils ou des circonstances atténuantes dans les histoires. Il faut pouvoir s’endormir après le générique.
  Rappelle-toi, collègue, ce que tu ne peux pas oublier.
  Ces femmes qui ont la tête comme un compteur à gaz, le nez plaqué sur une pommette par un coup de poing de leur mari, qu’on veut emmener déposer plainte, et qui refusent... Et leurs mômes en pyjama, les yeux cernés, pétrifiés à la porte de la chambre, incapables de pleurer.
  Tous ceux qui n’osent pas, les lâches, traverser un palier et aller calmer leurs voisins eux-mêmes, préférant nous appeler pour se rincer l’œil de nos pourparlers.
  Et ceux qui en profitent pour jouer les balances, glisser une petite dénonciation médisante, en imaginant qu’on va leur filer la médaille de la Police, et leur taper sur l’épaule.
  Les bagarres d’ivrognes, où c’est toujours l’autre, bien sûr, qui est bourré, qui a commencé, qui a mis le premier coup…. et les dégueulasses qui se pissent dessus de trouille.
  Les cartons en voiture, quand ils ont tous le même râle, avec le moteur sur les genoux et vingt centimètres de tôle dans le flanc.
  Les cadavres puants, décomposés qu’on ne sait pas par où attraper. Et le fils ou la mère à la porte. Mais c’est quoi cette odeur? Une fuite de gaz?... Comment leur dire que mémé ne sent plus l’eau de rose, ou que papa se balance au bout d’une corde… Et il faut bien finir par le dire.
  Et les témoins d’agression qui oublient de se souvenir… J’habite le quartier, vous comprenez, je ne veux pas d’ennuis…
  Les intimités qu’on est obligés de pénétrer en franchissant des portes anonymes, qui nous forcent à voir comment les gens vivent, survivent, se haïssent et meurent.
  Et la crasse, toute cette crasse qui n’est pas que misère. Et des gens et des choses qui puent à en vomir, qu’on va toucher ou prendre par la main parce que la solitude ne connaît que l’odeur de la souffrance.
Le sacrifice de l’innocence des enfants quand arrive l’horreur, et que l’adulte ordonne le silence, étouffe les cris sur l’autel de son vice. Jusqu’à nier la maltraitance, nier l’inceste, nier le sang, nier la merde que le petit ne retient plus.
  Et quand on se dit : s’ils avaient osé douter, s’ils avaient osé parler, ces voisins muets qui n’ont pas osé imaginer...
  Souviens-toi, ça peut partir de peu de chose. Les pompiers réclament notre présence, parce qu’un enfant qui avait mal au ventre, a en fait mal aux fesses, et effectivement il saigne comme un bœuf. Empêcher la conspiration du silence. Pulvériser le huis clos. Envoyer le monstre dans l’engrenage judiciaire. Mais la parole d’un enfant, la parole d’un enfant qui ne sait pas encore parler… Tout le monde sait que ça existe, bien sûr…
  Et les préjugés qu’on renverse. L’ethnique, le tribal et le franchouillard. Le noir, le blanc, le jaune. Le vieux, le jeune, le voyou. La femme, la pute, la mère, et les trois à la fois. Tout ce qu’on sait pour l’avoir vraiment compris, et que le ghetto bien pensant prétend nous apprendre à coup de thèses et de slogans. Parce que bien sûr, le flic n’est pas très fin, dit-on.
  Et pourtant… On voit la société à poil. On la renifle, on la tripote, on la regarde les yeux dans les yeux, et on est payés pour ça. On a cette chance, collègue, alors ils peuvent dire ce qu’ils veulent.
  Parce que si on sait une chose, sans jamais se tromper, c’est que le plus haineux, le plus conformiste de la critique, celui qui ne veut rien savoir… Sale flic… Celui-là, quand il lui arrivera quelque chose qui le mettra en face de ses limites, il n’appellera pas sa mère, mais comme les autres, il fera le 17.

 

 

extrait de Flic, chroniques de la police ordinaire

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Published by Bénédicte Desforges - dans chroniques d'un flic ordinaire
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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 00:01

 

J'ai repensé à ce texte après avoir discuté avec un collègue de ses déboires, et puis sa descente aux enfers, l'injustice, Kafka au boulot, sans qu'aucun syndicat n'ait levé le petit doigt pour lui, eux qui sont si prompts, les trémolos dans le tract, à disserter sur le malaise et le suicide dans la police.
Je me suis souvenue d'un certain nombre de planqués, de nuisibles, de balances, d'incapables, qui font la pluie et le beau temps, et détruisent des carrières par caprice ou par négligence.
Il y en a des bons me direz-vous. Très bien, mais ils ne font pas le poids. Ceux-là ne décident rien.
Je ne changerais pas grand chose à ce qui suit. Sauf peut-être qu'à présent, ils commentent les faits divers à la télé.

 

alouette

 

  Il paraît qu’il y en a des sérieux, mais je ne les ai jamais rencontrés.
  Dans la police, la coutume veut que l’on dise d’eux que la seule chose qu’ils aient arrêtée au cours de leur carrière policière, est leur montre. Voire le bus pour les plus courageux.
  L’idéal d’un syndicaliste est de devenir permanent de sa structure le plus vite possible, et d’aller le moins possible sur la voie publique exercer le métier de policier. Ce qui lui permettra d’en parler d’une façon très détachée.
  D’ailleurs, un syndicaliste a souvent été un flic quelconque, et un mandat syndical est toujours le bienvenu pour masquer des carences professionnelles.
  Un syndicaliste perd très vite la fraîcheur, la couleur et le naturel du flic de base qu’il n’a pas été longtemps. Il prendra vite goût à se déguiser en commissaire de police avec des costards mal taillés, et des chaussettes blanches dans des mocassins noirs. Leurs vestes sont toujours trop petites, à moins que ce ne soit l’effet produit par un embonpoint précoce dû à une sédentarité mal maîtrisée. Mais cela n’a guère d’importance, car une veste de syndicaliste de la police doit pouvoir être retournée dans tous les sens jusqu’à en perdre les coutures.
  C’est un carriériste né, et la rapidité de son avancement tient du miracle.
  Un jour, j’étais allée rendre visite à un syndicat d’officiers dans le but de pleurnicher sur une épaule compréhensive. Ma hiérarchie me faisait des misères et je voulais en faire état à mes pairs, qui à coup sûr – j’étais presque parvenue à m’en persuader – s’insurgeraient et défendraient mon bon droit dans un fougueux élan corporatiste. Peine perdue. Je suis arrivée en plein débat d’une importance majeure. Les officiers s’indignaient de la matière de la doublure de leurs casquettes. Il se trouve qu’elles étaient synthétiques à l’identique de celles des gardiens de la paix. Le psychodrame des couvre-chefs de la catégorie B, qui n’accepte pas et se sent humiliée d’être coiffée comme la catégorie C. Ils revendiquaient donc auprès des autorités compétentes, le droit à une dotation de casquettes à doublure en cuir comme celles des commissaires. Enchaînant dans le sujet des signes extérieurs hiérarchiques, sur lesquels repose leur autorité pour la plupart, ils ont évoqué avec beaucoup d’émotion et le plus grand sérieux le droit à porter un sabre ou une épée aux cérémonies du 14 Juillet.
  Ce jour-là, j’ai compris que mon tragique contentieux – qui allait ruiner ma splendide carrière dans un imbroglio de recours – était dérisoire au regard de l’urgence et du bienfondé des affaires en cours, et qu’il était inutile que je tente de les attendrir sur mon destin de flic contrarié. Je les ai salués bien bas et j’ai quitté leur local en ne me privant pas de leur piquer un joli cendrier à titre de dédommagement de mon inutile visite.

 

Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé n’est absolument pas fortuite. Si ça a l'air d'une coïncidence, c’est que vous les connaissez aussi.

 

extrait de Flic, chroniques de la police ordinaire

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 23:19

menottes

 

Il n’y a pas si longtemps, que n’entendait-on pas sur les traitements de faveur accordés aux "fils de", qu'ils soient ceux de Nicolas Sarkozy - ministre ou Président, avec une mention spéciale à la tragédie du jet de tomate, ou de Frédéric Péchenard, alors DGPN.

La presse, galvanisant les bonnes âmes offusquées, hurlait des jours durant au "fait du prince", au détournement de la police et de la justice, à la rupture d'égalité entre les citoyens face à la Loi, au comportement "monarchiste" du pouvoir.

Chacun dénonçait évidemment une injustice dans le traitement judiciaire dérogatoire d'indulgence pour les "enfants du pouvoir". Seule la gauche - c'est à dire le PS - allait permettre de revenir aux fondamentaux du Droit. Mais ça, c'était avant...

Où sont-ils aujourd'hui, les moralisateurs de comptoir, les indignés à la petite semaine, les révoltés du clavier, les bobolutionnaires de la morale, quand c’est le fils de la concubine officielle du Président qui bénéficie des stupéfiantes mêmes largesses pénales à chaque récidive ?

Et la ministre de la justice, d'ordinaire si prompte à empoigner l'étendard de l'égalité, à monter sur la barricade médiatique, et clamer à l’application d’une même Loi pour tous ? Qu'en pense t'elle des oukazes présidentiels autorisant l'impunité pénale au "fils de la dame de" ? Rien peut-être, elle regarde ailleurs, se rappelant qu’il y a quelques années, elle avait cherché à faire annuler purement et simplement la condamnation de son fils pour complicité de vol. Laxisme pour tous ? Pas tout à fait…

Pendant ce temps-là, le pétillant ministre de l'Intérieur communique à tout-va sur le nouveau Code de Déontologie de la Police Nationale. Et, telle une démonstration par l’absurde, il ne le respecte pas lui-même en permettant formellement que "le fils de" échappe en toute illégalité à une procédure pénale qui aurait dû être diligentée par ses propres services de police...
Il va sans dire qu’un gardien de paix lambda qui interviendrait pour minimiser la mise en cause judiciaire d'un de ses gamins - ou de celui d'un de ses proches - serait immédiatement sanctionné sans état d'âme, suspendu dans l'heure sans doute, puis trainé dans la boue médiatique avant d’être lapidé sur l’autel de la morale socialiste... Avec son Ministre en première ligne dénonçant avec la plus grande fermeté une conduite inacceptable.

La "déontologie" c'est bon uniquement pour les simples flics. Quant à l'application stricte de la Loi, c'est juste pour les simples citoyens.
Le pouvoir, l’animal politique, il s'en contrefout de tout cela : les règles communes ne valent jamais pour lui...

Quant à la gauche, une fois encore, une fois de trop, elle apporte la preuve qu’elle n’existe pas. Le parti socialiste est un parti imposteur qui n’a plus rien à voir avec les valeurs fondatrices de la gauche des grands principes. Le parti socialiste est un parti bourgeois qui fonctionne en caste et pratique le privilège, le passe-droit et le mépris de classe.
La Loi, prétendument pour tous dans les discours propagandistes, mais bien plus certainement, pour tous selon la Constitution, pour eux, se décline selon la position statutaire de l’auteur ou de la victime de l’infraction. Comme dans le Droit médiéval.

Et à moins qu’il soit le lobby ou la communauté du jour - éphémère électorat à caresser dans le sens du poil - le peuple n’a aucune sorte d’importance. La caste politique peut s’en moquer avec application - même si elle se prétend socialiste - et il ne leur importe pas du tout de faire de leurs cas personnels des exemples de probité. Non, ils n’ont pas même cette sorte d’amour-propre, pas plus qu’ils n’ont de respect pour leur mandat et leur électorat. Pour eux, joindre l’acte à la parole est sans objet. Donner des leçons de morale à longueur de micros et d’incantations est plus facile et n’engage à rien. Inventer chaque jour une nouvelle disposition liberticide ou autre interdiction qui pourra être transgressée à coups de petits arrangements entre amis politiques, se fait sans états d’âme.

Le Code de déontologie est assené aux policiers comme si le postulat de l’exercice de leur métier était la suspicion, le Code de déontologie des journalistes n’a jamais vu le jour, quant à la déontologie du milieu politique, il n’en a jamais été question. Alors les fils de…

 

Marc Louboutin et Bénédicte Desforges

 

 

source : Passe-droit pour le fils de Valérie Trierweiler ? [Le Point 7 décembre 2013]

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 08:56

 

En hommage à Philippe Cardon

 

Philippe CardonPhilippe Cardon 1991 Goutte d'Or ©photo JMG

 

  Un jour, nos conviviaux locaux de police eurent à accueillir en leur légendaire garde à vue, un fort bel individu. Trentaine athlétique, élégamment habillé, belle gueule et tout et tout. Il avait dans la vie deux passe-temps, le premier servant au deuxième. Il était marathonien, et parfois courait aussi de bureau de poste, en banque, pour y détrousser des vieillards impotents, de leurs minables pensions, dont le retrait constituait la balade mensuelle.
  Il avait pris goût à cet argent facilement gagné, et on le recherchait activement.
  Il a finalement été arrêté sans heurts. Mes collègues avaient réfréné des envies de gifles sur la tronche de bellâtre de celui qui n'avait, malgré son talent, jamais réussi à voler sans blesser, estropier ou invalider un pauvre vieux. Il était enfin là parmi nous, et en attente d'être transféré devant un juge, pour y plaider sa bonne cause.
  Durant sa garde à vue, il demande à aller pisser, un collègue l'accompagne, le type le bouscule, et file comme un pet sur une toile cirée vers la porte, bref s'évade.
  Le hasard fit que se trouvait aussi là un homme, trentaine pas vraiment athlétique, gueule parfaitement quelconque, habillé banalement de bleu marine avec une étiquette marquée police, mais... marathonien à temps perdu. Réflexe de compétiteur, il se lance à sa poursuite.
  On n'a eu aucune nouvelle pendant trois quarts d'heure. C'est une police secours qui nous les a ramenés, d'un arrondissement éloigné.
  Ils avaient couru trois ou quatre kilomètres dans Paris. Les passants s'étaient aimablement écartés pour les laisser passer, et ils n'avaient pas été gênés dans leur course. Ils cavalaient au même rythme, l'un derrière l'autre, à foulées égales. Je crois que mon collègue en a eu marre, et voyant l'heure de fin de service se rapprocher, il a brusquement décidé d'abandonner l'idée des quarante-deux kilomètres. L'autre voulait manifestement relever le défi, et ne semblait pas vouloir s'arrêter de courir. Le collègue a alors sorti son flingue de l'étui, et le lui a lancé très adroitement sur la tête. Le bel athlète tout estourbi, a dû déclarer forfait.
  On ne dira jamais assez le danger des armes à feu.


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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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