“actu police”

16 Juillet 2017

rafle du vel d'hiv

Il y a 75 ans, les 16 et 17 juillet 1942, eut lieu à Paris la rafle du Vel' d'Hiv d'épouvantable mémoire.
Voilà la copie de l'original du texte qui en ordonne les modalités :

Circulaire n°173-42 de la Préfecture de Police du 13 juillet 1942  ►  pdf2

Là, une retranscription plus lisible de cette même note  ►  pdf2
 

rafle du vel d'hiv

Extrait d'une chronologie comparée de la Shoah (d'après doc ©Mémorial de la Shoah) pour se figurer l'environnement législatif et réglementaire en France pour les Juifs sous l'occupation et le régime de Vichy :

• 16 juillet 1940 : les Allemands expulsent des Juifs lorrains et alsaciens vers la zone non occupée (ZNO)

• 22 juillet : loi française imposant la révision des naturalisations (7000 Juifs perdent la nationalité française)

• 30 juillet : loi française imposant la “ francisation de l’administration ”.

• 27 août : loi française annulant le décret-loi Marchandeau (du 21 avril 1939) qui interdisait et sanctionnait la propagande antisémite.

• 27 septembre : première ordonnance allemande définissant les Juifs et imposant leur recensement en zone occupée (ZO).

• 3 octobre : premier statut des Juifs adopté à Vichy et publié au JO le 18 octobre. Pour la première fois une loi française définit juridiquement les Juifs, leur interdisant la fonction publique et diverses professions.

• 4 octobre : loi française autorisant les préfets à interner les Juifs étrangers dans des camps spécifiques.

• 7 octobre : abrogation en Algérie du décret Crémieux.

• 31 octobre : seconde ordonnance allemande imposant le recensement des “ entreprises juives ” en ZO.

• 7 novembre : les Allemands commencent à expulser les Juifs du Luxembourg en ZNO

• 20 mars 1941 : ouverture du camp de Drancy en région parisienne.

• 29 mars : création du Commissariat Général aux Questions Juives (CGQJ) dirigé par Xavier Vallat qui revendique un “ antisémistisme d’Etat ”.

• 26 avril : troisième ordonnance allemande donnant une nouvelle définition juridique des Juifs et imposant la nomination d’administrateurs provisoires pour les “ entreprises juives ” en ZO.

• 14 mai : premières arrestations massives de Juifs étrangers. 3 700 hommes convoqués par un “ billet vert ” pour “ examen de situation ” sont arrêtés par la police parisienne, puis internés à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande dans le Loiret.

• 2 juin : second statut des Juifs de Vichy ; nouvelle définition juridique et nouvelles interdictions professionnelles.

• 13 août : 4e ordonnance allemande imposant la confiscation des postes de radio appartenant aux Juifs.

• 20-25 août : nouvelles arrestations massives de Juifs étrangers à Paris. 4 232 hommes sont internés à Drancy par la police française, à la demande des Allemands.

• 5 septembre : inauguration de l’expo “Le Juif et la France” au Palais Berlitz à Paris.

• 28 septembre : 5e ordonnance allemande visant les “ entreprises juives ”.

• 19 octobre : création d’une police aux Questions juives par Vichy.

• 29 novembre : loi française instituant l’ “ Union Générale des Israélites de France ” (UGIF). Elle regroupe obligatoirement toutes les associations culturelles et cultuelles.

• 12 décembre : les Allemands, assistés de policiers français, arrêtent 743 Juifs français à Paris et les internent au camp de Royallieu, près de Compiègne.

• 14 décembre : après un attentat, les Allemands imposent aux Juifs une “ amende ” de 1 milliard de francs et décident d’exécuter 100 otages juifs.

• 7 février 1942 : 6e ordonnance allemande interdisant aux Juifs de quitter leur lieu de résidence entre 20h et 6h du matin.

• 10 février : loi française interdisant les changements de noms.

• 24 mars : 7e ordonnance allemande définissant les Juifs.

• 27 mars : le premier convoi de Juifs déportés “ vers l’est ” quitte la France.

• 18 avril : Pierre Laval revient au pouvoir et nomme René Bousquet au secrétariat général à la Police.

• 6 mai : Louis Darquier de Pellepoix remplace Xavier Vallat au CGQJ.

• 29 mai : 8e ordonnance allemande prescrivant le port de l’étoile jaune aux Juifs de plus de 6 ans, en ZO, à partir du 7 juin 1942.

• 8 juillet : 9e ordonnance allemande interdisant aux Juifs de fréquenter certains lieux publics (restaurants, cafés, bibliothèques, concerts, cinémas, piscines, squares et parcs...)

16-18 juillet 1942 : rafle du Vel d’Hiv’ : 12 884 Juifs arrêtés à Paris.

• juillet-août : multiplication des rafles en ZNO et des convois vers les camps de mise à mort.

• août 1944 : le dernier convoi de déportés quitte Drancy.


rafle du vel d'hiv

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2 Janvier 2017

(publié le 30 avril 2012)

greve-du-zele
banksy©

mode d’emploi pour les fonctionnaires de police qui s’interrogent
explication pour les passants qui passent

En fait, c’est assez simple : laisser le flic de coté et devenir pleinement fonctionnaire.
Il s’agit de grève du zèle, pas d’une grève.
Doucement le matin, pas trop vite le soir.
Pour ça, il suffit juste de suivre à la lettre des règlements, notes de service et consignes que l’on a tendance à négliger.

Éléments de réponse pour gérer efficacement son zèle :
À chaque prise de service, faire soigneusement le tour du véhicule, et procéder à un certain nombre de vérifications. Prendre son temps, c’est important pour la sécurité des effectifs.
Contrôler tout ce qui pourrait occasionner une panne, et qui du coup nuirait à la continuité du service public (niveaux, etc) En cas de doute sur un point particulier, demander à collègue d’y jeter un œil à son tour.
Vérifier évidemment, tout ce qui serait susceptible d’être verbalisé s’il ne s’agissait pas d’un véhicule de police (clignotants, feux, pneus lisses, etc), et qui représente donc un danger pour soi-même et autrui.
Si la constatation est faite que quelque chose n’est pas conforme, rédiger aussitôt un rapport détaillé. Les services techniques auront besoin d’un maximum de précisions pour entreprendre les réparations adéquates.
Prendre son temps, on ne rigole pas avec la sécurité,
Ne pas hésiter à immobiliser le véhicule, et s’en faire attribuer un autre.
S’il reste un véhicule de remplacement disponible, réitérer les vérifications de la même façon sur celui-ci en application des notes de service et consignes en vigueur.

Quand tout est fait, prendre éventuellement la route pour patrouiller tranquille pépère, et respecter le code de la route comme un jour d’examen du permis de conduire.

Et bien sûr, respecter à la lettre et à la virgule tous les règlements d'emploi et consignes concernant les effectifs et la composition des équipages.

Ne pas prendre d’initiative particulière.
Pas de contrôles routiers, ni de contraventions.
Au pire, faire cesser l’infraction sans verbaliser, saluer aimablement le contrevenant, et passer son chemin.

N’intervenir que sur appel, et conformément au règlement, ne faire usage du gyrophare et du deux-tons qu’en cas d’attaque thermonucléaire, s’arrêter au feu orange, ne mettre une roue ni sur une ligne blanche, ni dans un couloir bus. Aucune urgence ne saurait justifier la mise en danger des fonctionnaires de police et des citoyens. 50 km/h en ville.

Pas de contrôles d’identité non plus.

Pour les fonctionnaires des services dédiés à l’anti-criminalité, ne partir en aucun cas à la chasse au délinquant, attendre qu’il vous tombe dans les bras.
N’intervenir que sur appel, ou si un flagrant délit a lieu dans le périmètre visuel de l’équipage.

Voilà. Ce n'est pas plus compliqué que ça.

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Bénédicte Desforges

#actu police

1 Janvier 2017


Coup de gueule de Marc la Mola.
Je partage son avis critique et lucide, que je n’aurais pas mieux exprimé.

   On pourrait croire que tous les maux de la corporation se sont envolés, qu’ils ont trouvé spontanément une solution tant les témoignages de policiers satisfaits inondent la toile.

Le Papa Noël vient de leur apporter, dans sa hotte, un cadeau inespéré tant il était surréaliste de l’envisager il y a encore quelques mois. Mais les échéances électorales ont aussi leurs impératifs et donner satisfaction à la corporation policière et par-delà à tout un pan de la société, pas le plus sage et le mieux informé d’ailleurs, était devenu une évidence. Cela allait être un os à ronger pour ces manifestants transformés dernièrement en pitbulls ou en roquets arrogants oubliant même qu’ils étaient au service d’une société malade et qu’il ne s’agissait pas de défendre leurs intérêts mais ceux d’une population pour laquelle les soucis de sécurité culminaient au deuxième rang du palmarès de leurs inquiétudes.

Mais apparemment après avoir, durant plus de quinze années, appliqué une politique dévastatrice les policiers parvenaient à regarder uniquement leur nombril et même à s’y focaliser …
Les policiers pourront donc utiliser leurs armes comme peuvent le faire leurs homologues gendarmes. Quelle victoire en effet … ! Il y a vraiment de quoi être satisfait, heureux même de porter une arme à la ceinture, ou plutôt à la cuisse maintenant, comme si le fait d’avoir descendu l’étui donnait plus de légitimité, leur octroyait plus de compétences et de professionnalisme. Ridicule !

Jusqu’alors l’usage des armes, pour les flics, était « limité » à la légitime défense de soi même ou d’autrui et … C’était déjà pas mal me semble-t-il ! ...
 

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