Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 00:01

 

 

Sabah n’est pas un documentaire, c’est une fiction.
Ou alors, un documenteur comme aime bien dire son réalisateur, Farid Lozès.

Sabah n’a jamais existé, mais elle aurait pu.
La ville où vit Sabah n’existe pas non plus, et pourtant, on a l’impression d’y être déjà passé. Elle ressemble à mille autres villes, mais elle n’est aucune d’entre elles. Ou alors toutes à la fois.

Et l’histoire est celle du tournage d’un documentaire en banlieue, incroyablement réaliste.
Une vraie leçon faite aux vrais documentaires… L’angle choisi n’est pas celui – attendu, souvent - de la délinquance, mais de la culture, à travers le portrait de Sabah, responsable d’une association de quartier.
On devine que son regard sur le monde et les gens est un peu celui de Farid Lozès… créatif, enthousiaste, généreux, et obstinément citoyen.

Le talent de Farid Lozès a été avec Sabah de contourner tous les clichés inhérents au sujet, avec un casting et des rôles d’une justesse étonnante. Sans outrance et sans complaisance non plus.
L’histoire de Sabah invite à réfléchir.
La solidarité, la responsabilité, l’engagement, le rôle des médias quand il s’agit pour faciliter les discours de placer des étiquettes indélébiles sur les uns et sur les autres, beaucoup de sujets d’autant plus essentiels que cette fiction deviendra une tragique réalité, un an après le tournage du film.

 

 

 

 

scénario et réalisation : Farid Lozès
production : AS DE PIC

Sabah est la fondatrice de l'association Malices qui dynamise un quartier autour de projets culturels. Une équipe de journalistes vient faire un reportage. Sabah accepte d'être filmée et interviewée dans le quotidien de l'association. A travers son portrait, on découvre une banlieue qui bouge et l'existence d'une jeunesse en demande de moyens culturels et artistiques.

Tourné en 2004, diffusé sur France 2 en 2006, 2007 et 2008, ainsi que sur TPS STars, TV5, Sabah est régulièrement diffusé en salle pour des débats à travers toute la France, y compris dans des établissements scolaires. Il sert aussi de support pédagogique pour animateurs et professeurs, et d'outil d'échange avec des policiers, pompiers, élus, et journalistes.

Sabah

Published by bénédicte desforges - dans télévision et cinéma
commenter cet article
7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 00:38

 

tomb raider

 

   Ça sort aujourd’hui, c’est tout neuf, tout beau, tout propre sur soi, et ça vous est vendu comme un film qui enfin met des gardiens de la paix en vedette. C’est sûrement pour ça qu’ils sont en civil sur l’affiche.
   Ce film, j’ai pu le voir l’autre jour, en avant-première chez Gaumont avec d’autres fonctionnaires de police. Que des fonctionnaires de police. Une avant-première pour flicards. C’est peut-être pour ça qu’on n’a pas pu discuter avec l’équipe du film après la projection. Ils n’étaient plus là.
   Juste avant, on nous a présenté la productrice et le réalisateur. Il m’a dit qu’il avait donné mon FLiC à lire aux deux comédiens pour qu’ils en inspirent leurs personnages. Vous m’en voyez très flattée, je lui ai dit. Mais je le savais déjà, j’avais lu et vu des interviews où mon livre était cité (une révélation, oui, on y lit que les flics ont un petit cœur sensible qui bat sous le gilet pare-balles). Mais ce n’est pas tout. Ils se sont également préparés à endosser le rôle en faisant des séances de tir (à balles réelles, précise-t-il), en observant la gestuelle du gardien de la paix dans son milieu naturel, et en se baladant pendant deux mois avec une carte de police sur eux - ça le fait marrer d’insister sur ce détail. Pourquoi pas, après tout. J’en suis presque à souhaiter qu’ils s’en soient servi pour éprouver la brème-power...
J’étais donc plutôt curieuse de voir le film.
   La communication autour de la promotion de Gardiens de l’ordre semblait être basée sur cette particularité, la descente aux enfers de deux gardiens de la paix, avec insistance sur le grade, l’uniforme, et tout le tralala.
   Il s’agissait sans doute de faire la différence avec les polars à la française, de se distinguer des styles dominants de Melville et de Marchal, et leurs sombres héros de police judiciaire. Et pourquoi pas - sans finir par un suicide ou tragiquement, dans le whisky-prozac - louer les rustiques qualités des flics de base, ces mal-aimés, pour attirer un public séduit par la dimension réaliste de ces gens simples à qui tout peut arriver, bref un bon public formaté à la sympathie pour l’ordre plus que la paix, et les métiers prolo-insignifiants. Le tout assaisonné d’une étonnante insistance sur le titre de mon livre – FLiC, requalifié d’autobiographie d’une gardienne de la paix – en guise de notice d’emploi du flic avec intense imprégnation de réel, comme s’il s’agissait de clamer cette caution de crédibilité empruntée malgré moi, sans avertissement et sans sommation.
   Bref, qu’importe. Les acteurs sont beaux l’un et l’autre, on n’allait pas devoir entrer en empathie avec un Pinot, flic simple et bedonnant, et c’était plutôt de bon augure.

   Ça commence fort. Tapage nocturne, ouvrez, c’est la police ! en restant bien devant la porte pour se prendre la balle là où ça fait 10 points cash (révoquez-moi ce moniteur de tir) et boum ! un flic meurt sous le coup de feu d’un jeune homme de bonne famille, sous amphétamine phosphorescente non répertoriée au catalogue. Le gardien de la paix Cécile de France riposte mais ne le tue pas, ce qui permet au gugusse de prétendre qu’il n’a pas tiré le premier. Pas de chance, l’IGS au grand complet fait une grève du zèle ou s’est tirée en pique-nique, et le commissaire peut donc, tout seul et sans enquête, conclure qu’il y a bavure parce que le type en question est fils de député, et ça ne se passera pas comme ça.
   Les deux gardiens de la paix, au lieu de s’émouvoir de la mort de leur collègue que personne n’a pensé à ramasser sur le palier et dont tout le monde se fout, ou de faire appel au Canard Enchainé pour dévoiler le scandale, décident de se métamorphoser en James Bond et Tomb Raider pour choper eux-mêmes le gros narcotrafiquant (les stups sont à la plage) et sauver non pas la pension de reversion et la mémoire de leur collègue qui est toujours sur le paillasson, mais leur boulot. On ne va pas se laisser révoquer comme ça, nonméooo !... boudiou, que c’est mesquin. Ils n’auront revêtu l’uniforme de gardien de la paix que les vingt premières minutes du film, le pari était trop dur à tenir jusqu’au générique de fin.
   On ne peut décemment pas infiltrer la pègre de la nuit et de la came avec un uniforme de gardien de la paix, faut pas que déconner.
   Ni en habitant un HLM pour flics, non, il est préférable d’aller péter les scellés d’un appartement cossu, ça va mieux avec une robe Prada, et ni vu ni connu je t’embrouille, nous voilà dans un trip typiquement marchalien, à savoir des flics ténébreux dans un habitat incompatible avec leur paye, qui vont résoudre seuls contre tous, un truc énorme avec leurs petites mains.
   Alors stop les incantations au réalisme et au charme du flic de base.
   Surtout qu’on s’en tape un peu du réalisme, voyez-vous, c’est bien une fiction qu’on regarde, pas un documentaire.
   Ce n'est pas que ça manquait de police-secours ou de timbre-amendes, de routine anxiogène ou de malfrats sans envergure, il ne fallait juste pas qu’il y ait cette image du personnage ordinaire qui, comme une larve maladroite sort de son moche cocon bleu marine, pour devenir un merveilleux papillon de nuit en robe noire et escarpins ou en costard sur mesure. Inexploitable, l’uniforme, pas moyen d’en faire une sape de héros, il n’est ici qu’un titre et un prétexte de marketing supposément original.
   Je t’en foutrais du flic de base, du gardien de la paix ou de l’ordre, quand il flingue tout et n’importe quoi à longueur de film, laissant des cadavres de dealers derrière lui pour finir comme dans un jeu vidéo, avec un big boss à effacer, dernier survivant du massacre d’un scénario anémique.
   Il me fait rire le gardien de la paix qui prend cent fois la pose pour tirer, tête légèrement penchée et maquillage en vrac, robe sexy cela va de soi, mais tout le monde n’est pas Nikita pour rendre une tuerie sublime, et un coup de feu émouvant.
   Le pari est raté encore une fois.
   Deux flics banalement borderline trainent le long d’une histoire prévisible leurs caricatures de gentils justiciers aux yeux tristes, face à des méchants qui ont des vraies têtes de méchants, et tout le monde tire sur tout le monde à la moindre contrariété.
   Affaire suivante.

 

 

28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 16:52

 

 

  Comme je n’ai pas vu Braquo, j’ai décidé d’interviewer un capitaine de police qui avait tenté l’aventure. Pour lui permettre de garder l’anonymat et d’échapper aux caméras de vidéosurveillance, je ne dévoilerai pas son identité.

BD : Donc, vous avez Canal+.

Capitaine X : Oui. Mais je n’ai regardé que deux épisodes. Après j’ai dormi.

Pas grave, on fera avec. En préambule, j’aimerais en dire un peu plus sur vous. Vous travaillez dans les quartiers sensibles d’un département dont le numéro commence par 9 et finit par 3, est-ce exact ? Et vous avez commencé votre carrière comme gardien de la paix.

J’en ai un peu honte, mais oui je fus gardien de la paix.

Je dois vous poser une question avant toute autre, et ce afin de vérifier que nous n’allons pas parler d’une contrefaçon : Est-ce que l’histoire commence mal ?

En effet, ça commence très mal.
Mais il y a un générique juste avant. Des images floues en noir et blanc, des voitures de police, des calibre douze, des têtes patibulaires mais presque, au son d’un riff de guitare basse invitant à une marche funèbre.

Donc, c’est bien du Marchal. On nous avait prédit un Shield à la française, la série a-t-elle tenu ses promesse ?
Je précise au passage que j’ai beaucoup aimé The Shield, sauf la dernière saison bien trop morale à mon goût. En effet, les méchants meurent tous, et Vic Mackey finit en costard cravate dans un bureau de la Préfecture de Police escalier C.


C’est une sorte de Shield yes, mais version lourdingue, noir et rock’n roll. J’en ai renversé un bol d’olives sur la moquette.

Expliquez-nous.

C'est l'histoire d'une brigade "de choc" (but you can call it groupe VP in french) dirigée par un commandant qui s’appelle Caplan comme dans La Mort aux Trousses avec un C à la place du K, qui boit du JB et habite sur une péniche comme dans Les Ripoux.
Autour de lui, il y a des flics habillés en jeans et cuir, dont un vrai aspirateur à coke qui sniffe à toute heure du jour et de la nuit, et roule sur une grosse moto avec le flingue bien visible à la ceinture. Et il y a aussi un chauve qui ressemble évidemment à Vic Mackey et qui roule en 4x4 noir.
Le proc ressemble à Torquemada, un autre magistrat est le clone de Rachida Dati, et le commissaire ne sait pas faire les nœuds de cravate mais c’est plus hype comme ça, et il doit être muté à Montpellier comme dans Adieu Poulet.
Les flics ne font jamais de procédure parce que c’est carrément pas assez cinégénique.
La première scène, première bavure, un collègue un peu énervé plante un stylo dans la gorge d’un violeur présumé innocent, pendant qu’une équipe va braquer un avocat en pleine séance de bondage. Et après, c’est le drame dans un bureau de l’IGS.
Là, j’ai repris des chips, et j’ai dû dire à ma femme que ça ne se passait pas du tout comme ça dans la police.
Le commandant de l’IGS est une caricature. Un mélange d’homosexuel refoulé et de Matrix en simili skaï, avec une coiffure de chanteur des années 80 et une boucle d’oreille pour faire plus déjanté. Bœuf-carottes totale fiction, quoi.
Ah, et il y a un flic femelle ! Un lieutenant qui vit avec un photographe beaucoup plus vieux qu’elle, dans un loft du tonnerre bien sûr. Mignonne, sauvage, j’ai tout de suite pensé à vous bien sûr.

Ah ? Faut pas vous gêner dites donc !


J’ai toujours grave kiffé les femmes flics, et là j’imagine bien une scène… version Marchal.
Gros plan sous la douche sur une superbe fille. Les carreaux sont verts crade, on a mis un filtre bleu sur l'objectif pour rendre les couleurs encore plus fades. L'éclairage est au dessus avec une température de couleur bien froide pour marquer les cernes. La fille ne porte aucun fard, ni même rien d'autre. C'est une brune à la peau blanche et l'on devine qu'elle n'est pas allée voir l'esthéticienne depuis plus d'un mois.
C'est du vrai ciné, merde quoi ! Du vrai ciné, sans complaisance !
Gueguedian n'a qu'à bien se tenir avec sa bouillabaisse du Panier.
L'eau chaude crée de la vapeur qui enveloppe cette héroïne forcément fragile et bien foutue. Elle a les pointes des seins tendues et se racle la gorge bruyamment, crachant ses dernières clopes. Aujourd'hui elle a auditionné plusieurs crevures mais rien à faire. Pas moyen de savoir ou ils ont planqué leurs poppers. Ils n'ont pas arrêté de l'insulter lors des auditions. Sales couilles molles !
Il y a un tabouret en formica rouge à coté de la douche, et une bouteille de sky est posée dessus. C'est pas une pub pour Evin quoi ! Merde !
Y'en a marre des séries fadasses. On veut du réel, du quotidien bien glauque. Et du sky sous la douche pour rendre la scène bien crédible.
Navarro peut s'accrocher, Marchal peut faire bien pire...

Ça vous ennuierait de sortir de la douche et revenir à nos moutons ? J’ai du mal en placer une, là...

Je m’en voudrais de déflorer l’anémie du scénario.

Détendez-vous, respirez par le nez, expirez par la bouche.

Notre héroïne fait un long monologue. Elle picole à en perdre haleine... PUTAIN ! Quelle vie de flic... La fille a dû sortir la boite à baffe aujourd'hui, et un avocat véreux (pléonasme), lui a craché à la gueule que son client trouvait le pavé de biche sauce grand veneur trop cuit ; il a renvoyé le plat au chef de poste. Putain de métier....
Le dealer se nomme Momo. Évidemment.
Marchal a peur du 93, il n'ose même pas le nommer alors il le transfère sur le 92.
Il termine avec un hommage à Damien, un collègue de la BAC 93 qui est mort au boulot. Mais qu'est ce que cet hommage vient faire là ? Putain de scénario… Voila. Marchal est égal à lui même, tout est égal, partout égal...

Le quota de collègues issus des diversités a-t-il été respecté ?

Affirmatif. Le "copain noir" est sagement rangé dans le porte-flingue de Bruce Willis, pas le genre qu'on enfile après dix minutes de lutte et qui laisse le gun tomber dès que l'on enlève la pression. Sinon, aucun collègue des îles ou du bled. Dommage.

Mais pourquoi avoir pondu un truc pareil ?

C'est The Shield à la française, ma pov’ dame.
Vic Mackey commettait ses pires péchés dans une église. Dans Braquo, on n’a pas évité l’entrepôt crade. C’est artificiel. C'est pingre. On aurait pu le faire dans une ancienne synagogue ou une vieille mosquée désaffectée, non ? Marchal, t'es pas joueur.
Les héros sont forcément fatigués, forcément alcooliques, forcément fumeurs, et se font casser la gueule avec le même plaisir qu'ils cassent la gueule des dealers. Les coups, quand ils vous arrivent… oh oui ! Oh ça fait mal ! Allez Johnny, la même s'il te plait...
Là, j’ai fini le paquet de chips, bu tout le whisky et pissé dans le ficus. Ensuite, j’ai renversé la table, et j’ai foncé chez mon voisin pour lui coller des grosses baffes et violer son épouse.

Pensez-vous que l’on soit dans une fiction réaliste qui puisse servir l’image de la police ?


(Capitaine X essuie une larme) La police est décrite comme pourrie, à l'image de la société. Le héros se plaint que le métier a changé, genre "on ne peut plus rien faire, alors on en a rien à faire". Tous les coups sont permis. Petit raisonnement…
Le Proc on l'emmerde, le patron on l'emmerde, les flics se mettent des rails de coke dans le nez. Ils roulent dans des 4x4 noirs comme Vic et pleurent au volant dès qu'ils comprennent qu'ils ont fait de "grosses bêtises".
Ils ont des spasmes dans la mâchoire en gros plan. C'est du grand ciné ça, coco. Et ils ne pleurent pas aux enterrements mais chialent comme des hyènes en garde à vue dès qu'on leur pose une question trop pointue.

Le flic borderline à la française manque décidément d’envergure. Pathologiquement égocentré, et jamais complètement méchant. Quelle misère… Sinon, Marchal a-t-il allumé la lumière ?

Négatif.

Regarderez-vous la saison 2 ?

Joker. Mais putain que cette série me fout les boules ! En filmant sans véritable intrigue, on fait un gros navet. Tapageur certes, mais rien de plausible.
Le commissaire Moulin, c’est du grand documentaire à côté !
Je regrette déjà l'histoire de Tchoupi que je viens de raconter à ma fille. Au moins on y apprend qu'il ne faut pas faire du vélo sans les mains.
De Julie Lescault à Marchal, on a oublié le principal. Il doit bien y avoir quelque chose au milieu.

Une dernière question avant de vous laisser repartir vous faire caillasser. Dans les épisodes que vous avez vus, représente-t-on d’une façon ou d’une autre la cheville ouvrière de la police, plus communément appelée gardiens de la paix ?

Les quoi ?

Merci d’avoir accepté cet entretien.

 

Interview réalisée sans trucage

 

5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 01:01

 

 

  La semaine dernière, j’étais invitée à une avant-première.
  J’aime beaucoup être invitée aux avant-premières.
  Si un réalisateur passe par là, il peut consulter mes p’tites chroniques ciné-télé-polar, et m’envoyer un p’tit mail pour m’inviter, c’est toujours un plaisir.

  Avant le générique, il y avait un petit aréopage très select de blogueurs dits "influents". (Toujours les mêmes, ils doivent payer en fait, ou être livrés en kit avec le champagne). Alors j’ai sauté sur l'un d'entre eux et je l’ai tapé pour le mettre dans l’ambiance. Et puis j’ai eu une discussion à l’eau de rose avec Fred de Mai qui n’a pas toujours eu toute sa tête, surtout quand il me chiait dans les bottes pour avoir écrit et publié un recueil de chroniques de  flics à l'eau de rose, mais comme il l’a très courtoisement admis, et qu’on a fait connaissance avec plein de pipeules du chobiz, maintenant avec Fred on est super copines.
  Bref, on a des blogs lus par des milliards de gens à travers l’univers, il est normal que les sociétés de production fassent appel à nous, et que nos avis vous soient imposés avant tout autre. Faut pas déconner. Et puis pour l’image du blog, les comptes-rendus d’avant-premières, c’est toujours mieux que la pub, vous savez, ces fameux billets sponsorisés écrits avec les pieds pour le plus grand discrédit des marques (vous fâchez pas les modasses, cinquante euros, c’est cinquante euros, le trip julot casse-croûte, on peut comprendre…)

  J’ai donc assisté à l’avant-première de Flics. C’est une série policière conçue pour TF1 à partir d’un scénario d’Olivier Marchal.
  Précision utile, et pour la petite histoire : il parait qu’Olivier Marchal a très vite quitté le projet de cette série, estimant que son idée avait été trahie. Il aurait filé à la chaîne un scénar bien noir où il pleut beaucoup, bien marchalien et dramatique, où à la fin tout le monde est flingué avant de mourir d'une cirrhose, mais pour que la chose plaise aux ménagères de moins de cinquante ans, le document serait passé entre les pattes d’un scénariste de Joséphine Ange Gardien. Et puis finalement, ça lui plait plutôt à Olivier... Alors que moi je croyais qu’il n’était pas content, et qu’il avait boudé l’avant-première pour pas qu’on lui jette des strapontins à la figure. Mais il y avait Catherine, normal, elle est commissaire au moins divisionnaire, pendant quatre fois 52 minutes. Alors elle est venue avec les autres comédiens. Ah oui, Catherine, Catherine Marchal hein, mais je dis Catherine parce que c’est ma copine d’abord puisqu'on se tutoie, même que la semaine prochaine on déjeune avec Jean-Paul Belmondo. Et vous seriez bien naïfs de ne pas le croire.

  Le sujet de la série est sensiblement le même que celui du long métrage 36 Quai Des Orfèvres (Olivier Marchal 2004). Deux flics, frères ennemis, passé fumeux, des morts, des fantômes, des femmes de leur vie très certainement mais on n’a vu que deux épisodes sur quatre, l’un à la tête de la Brigade de Répression du Banditisme, l’autre à la Brigade Criminelle, se tirent la bourre, se tirent dans les pattes, et se tireraient bien les deux petites stagiaires OPJ fraichement sorties d’école qu’on leur a malicieusement affectées dans leurs services. Une blonde et une brune qu’on dirait qu’elles viennent d’obtenir le brevet, tellement qu’elles ont des têtes à couettes à jouer dans Hélène Et Les Garçons. Bref.
  Il y a Frédéric Diefenthal en chef de la BRB qui s’est déguisé en Capitaine Haddock, avec une barbe et un bonnet marin pour passer inaperçu en filature, caricatural à un point que le cliché en est attendrissant. À un moment quand même, il humilie une bimbo rousse, officier de l’IGS, c’est marrant comme tout. Il dit ce qu’on a toujours voulu dire à l’IGS mais dans les films on ne passe pas en conseil de discipline pour si peu, c’est cool. Du coup, après la projection, je suis allée le féliciter pour son rôle dans Taxi que j’avais beaucoup aimé.
  Et puis il y a une scène dans un bistro où un OPJ roule une pelle à une stagiaire pour faire diversion. On pourrait croire que c'est ce qui m’est arrivé, et que je raconte à la page 189 de Flic, Chroniques De La Police Ordinaire, mais si la scène ressemble beaucoup, il faut reconnaître que ce n’est pas du tout le même texte.
  Moi je dis : « T’étais pas obligé de mettre ta langue ! »
  Et pour TF1 : « Maieuuuuu ! T’étais pas obligé de mettre ta langue ! »
  On ne va pas en faire un plat, hein, c’est la rançon de mon succès interplanétaire, déjà éprouvée dans le navet dont j’avais parlé, où une scène montrait des flics dansant en uniforme dans un bar arabe, et dans une autre, un flic en garde statique tirant sur un spif. Mais tout ça doit être tellement banal, n’est-ce pas, qu’il fallait bien que je m’attende à des coïncidences. Ça ira pour cette fois, mais pour l’avenir, je signale aux scénaristes à l’imagination anémiée que mon avocat est d’une cruauté inouïe quand il est démuselé. Coup de chance, contexte procédurier, il se trouve qu’il a assez mangé cette année, et que je le mets à la diète. Quoique...

  Pour pas que vous soyez venus pour rien, je m’en vais vous conter quelques trucs rigolos.
  J’ai adoré l’autopsie. Le cadavre est un type qui a été cramé lors de l’explosion de sa voiture. Mort carbonisé, quoi. Le voilà donc tout grillé allongé sur l’aluminium. La stagiaire blonde quitte la pièce avec les dents du fond qui baignent dedans, c’est juste une image du métier qui rentre, et de la fin de son innocence. Le médecin légiste s’affaire sur le corps, et d'une seule voix, les OPJ lui demandent :
  « Alors ? Alors ??
  - Il est brulé au troisième degré sur tout le corps.
(standing ovation pour le légiste, s’il vous plait)
  - Avez-vous trouvé quelque chose ?
  - Oui, un passeport albanais. »
  Et là, je me penche vers mon flic de voisin, et je lui demande si pour trouver un passeport ignifugé lors d’une autopsie, ça pourrait signifier que le type l’ait mangé. Mais pour qu’il mange un passeport suspect, ça voudrait dire qu’il savait que sa bagnole était plastiquée, ce dont il ne pouvait se douter puisque ça se passe à Paris et pas en Corse. Et s’il s’en était douté, il aurait pris le métro. Et donc, ça complique prodigieusement l’enquête, d’où l’intérêt de trouver un passeport au cours de l’autopsie pour simplifier la compréhension de l’intrigue. (Vous me suivez ?)
  J’ai aussi beaucoup aimé l’intervention, solitaire et hors service, d’un flic de la Crim allant contrôler une voiture aux vitres fumées stationnée dans la nuit, dont on sait que ses occupants viennent de faire un carnage. Lui : « toc ! toc ! Youhou ! Y’a quelqu’un ? » Et paf, il se fait fumer, c’est ballot mais quel con toud’même, jamais, jamaiiis on fait des choses comme ça.
  Et le meilleur pour la fin. Quelques jours après son affectation la jeune stagiaire blonde se fait draguer par son chef. Il l’emmène sur les quais de la Seine, c’est super romantique, il regarde le ciel étoilé, marque un temps de silence, et d’une voix grave et profonde, il lui dit : « Tu vois les étoiles là-haut. Et bien il parait que quand quelqu’un meurt, une étoile de plus s’allume dans le ciel. »
  Et oui.
  Pour avoir osé dire un truc pareil, et si le personnage de la fille avait été crédible, ou titulaire de son grade dans la fonction publique, elle aurait très certainement jeté le commandant dans la Seine.

 

 

bande annonce de Flics, premier épisode le 9 octobre 20h45 sur TF1

 

 

audience
jeudi 9 octobre : 
 Le premier épisode a été suivi par 7,1 millions de téléspectateurs, soit 27.7% de part d'audience (32.3% sur les femmes de moins de cinquante ans).
 Le deuxième épisode accuse une chute d’audience de 1.2 millions de téléspectateurs, soit 26.4% de part d'audience (30.0% sur les femmes de moins de cinquante ans).

jeudi 16 octobre :
  Troisième épisode vu par 6.4 millions de téléspectateurs, soit 25.3% de pda (30.7% sur les femmes de moins de cinquante ans).
  Quatrième et dernier épisode : 5.5 millions de téléspectateurs, soit 24.7% de pda (28.9% sur les femmes de moins de cinquante ans).

source : TF1 / Médiamat Médiamétrie 

 

 

(image : Frédéric Diefenthal et Sami Naceri dans Taxi)

20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 14:30

 

 

 

scène1

« J’ai adoré votre livre. A-doooo-ré !
Tellement, tellement… émouvant. Et votre façon d’écrire, de raconter, de voir les choses… Tellement, tellement… humaine. Oui, humaine, c’est ça. Ce métier difficile… Mais humain, très humain… Pénible, oui… Comment faites-vous… comment peut-on supporter cette misère… le pire de l’humain… la violence… la mort...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

rechercher

 

 

 

undefined

banner Banksy ©