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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 14:44

 

 

 

 

- TO18H de TN18 ?
- Transmettez TN18.
- Vous avez une défenestration au x rue Doudeauville, SP sur place.
- J’y vais TN18, on n’est pas loin.
(1 minute)
- TN18 de TO18H, je suis sur place.
- Reçu à TN18.
(2 minutes)
- TN18 de TO18H, SAMU sur place. Cause de défenestration suspecte. Un témoin sur les lieux.
- Reçu à TN18. J’avertis la PJ.
(2 minutes)
- TN18 de TO18H, le SAMU réclame une équipe moto pour un transport de poches de sang pour transfusion. Urgent.
- Attente TO18H.
(10 secondes)
- TO18H de TND2, je vois avec TNZ1.
(1 minute)
- TN18 de TO18H, PJ sur place.
- Reçu à TN18.
(10 secondes)
- TO18H de TND2, aucune équipe moto disponible.
- …
- TO18H de TND2, c’est reçu ?
- Oui D2, c’est reçu cinq sur cinq pour TO18H.
(5 minutes)
- TNZ1 de TO18H, URGENT!
- Transmettez TO18H !
- TNZ1... pour une défenestration... quatre étages... rue Doudeauville... le SAMU a besoin d’une équipe moto pour du sang... Insiste... Victime intransportable. Urgent.
- Attente TO18H.
(20 secondes)
- TO18H de TNZ1, toutes les équipes sont engagées sur une escorte officielle, pas de moto disponible.
(17 minutes)
- TN18 de TO18H, on quitte les lieux, victime delta-charlie-delta.
- Reçu à TN18.


 

 

TN18 : 18ème arrondissement
TND2 : district
TNZ1 : état-major
TO18H : indicatif officier

 

31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 02:42

 

 

  Un dimanche en fin d'après-midi, nous venions de finir l’appel, et étions prêts à partir chacun vers nos secteurs, quand soudain...
  « Changement de programme ! Tout le monde en tenue de maintien de l’ordre, casque, grande trique et tout le merdier, vite !
  - Et bien, mais que se passe-t-il ?...

 

 

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 18:40

 

 

  Ça m’est revenu en quittant le ministère de l’Intérieur hier après-midi.

  J’y étais allée pour rapporter un dossier de candidature pour l’accès au grade de capitaine, que j’avais reçu vendredi. La date limite étant le lundi suivant, hier donc, je n’avais d’autre choix que d’oublier la poste et le rapporter moi-même, et très vite, tout en me disant que si l’administration avait voulu que je ne fasse pas partie de la liste, elle n’aurait pas pu mieux s’y prendre.
  J’ai reçu un accueil conforme à ce que j’attendais. Froid...

 

 

à suivre dans Police Mon Amour

 

15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 00:03

 

 

  Il avait pour habitude de débarquer dans les postes de police par surprise. Il dédaignait de s’annoncer, et prenait tout le monde au dépourvu, c’était sa façon de faire. Une sorte de ruse, il était connu et redouté pour ça. On s’était dit qu’il aimait probablement observer in vivo les poulets en liberté dans leur habitat naturel, avant que le coq de la basse-cour n’ait pris soin de les aligner, vérifier la couleur de leurs chaussettes, les plis de chemise, et donné les recommandations d’usage.
  Il faut bien dire que ce n’était pas monsieur-tout-le-monde, et que la perspective de le voir débarquer n’importe quand, provoquait des sueurs froides à quiconque avait une responsabilité sur l’ordre, la discipline, ou du moins les apparences.
  Ce soir-là, il avait décidé de rendre visite aux effectifs du poste des G.C. Peut-être même allait-il y rester le temps de boire un café, et fumer une cigarette. Car il fumait beaucoup, on le savait aussi. Il avait donc laissé sa voiture en haut de la rue qu’il avait descendue seul, les mains dans les poches de son imperméable, et une cigarette aux lèvres.
  Le planton, qui avait aussi les mains dans les poches et qui fumait de même, l'avait d'abord regardé venir sans trop y prêter attention. L’homme était assez grand, il avait le pas de celui qui sait où il va, et une belle assurance se dégageait de lui.
  Il s’était arrêté devant la porte du poste de police.
  « Bonsoir.
  - Bonsoir monsieur. » avait répondu le gardien de la paix.
  Et puis il avait regardé cet élégant quinquagénaire aux boucles grises qui n’avait pas vraiment le style du quartier, et son visage s’était fendu d’un immense sourire. Il s’était alors retourné vers l’intérieur du poste et avait crié en direction de ses collègues.
  « Ho les gars ! Venez voir ! Il y a Darry Cowl qui vient nous rendre visite ! »
  Et se retournant vers l’homme :
  « Quelle bonne idée vous avez eue de passer cette nuit, monsieur Cowl ! J’adore votre humour, passez-moi l’expression, mais vos films me font pisser de rire ! »
  L’homme le regardait d’un air imperturbable, et restait silencieux.
  « Hé les collègues ! Il nous reste bien un fond de whisky pour trinquer avec Darry, bougez-vous, c’est pas tous les jours qu’on a la visite d’un comique ! »
  Le chef de poste était alors apparu sur le seuil, et d’une voix blanche s’était adressé à l’homme :
  « Mes respects monsieur le Ministre, si vous voulez bien vous donner la peine de rentrer... »
  Et il avait hurlé :
  « Fixe ! »
  Et monsieur Joxe, Ministre de l’Intérieur, était entré dans le poste de police.

 

 

Toute ressemblance ou similitude avec des faits et un ministre ayant existé, n’a rien d'une coïncidence fortuite. Messieurs Joxe et Cowl se ressemblaient pas mal. Surtout de nuit.
Récit tiré d’une histoire vraie.

 

 

récit tiré de Police Mon Amour

 

5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 01:01

 

 

  La semaine dernière, j’étais invitée à une avant-première.
  J’aime beaucoup être invitée aux avant-premières.
  Si un réalisateur passe par là, il peut consulter mes p’tites chroniques ciné-télé-polar, et m’envoyer un p’tit mail pour m’inviter, c’est toujours un plaisir.

  Avant le générique, il y avait un petit aréopage très select de blogueurs dits "influents". (Toujours les mêmes, ils doivent payer en fait, ou être livrés en kit avec le champagne). Alors j’ai sauté sur l'un d'entre eux et je l’ai tapé pour le mettre dans l’ambiance. Et puis j’ai eu une discussion à l’eau de rose avec Fred de Mai qui n’a pas toujours eu toute sa tête, surtout quand il me chiait dans les bottes pour avoir écrit et publié un recueil de chroniques de  flics à l'eau de rose, mais comme il l’a très courtoisement admis, et qu’on a fait connaissance avec plein de pipeules du chobiz, maintenant avec Fred on est super copines.
  Bref, on a des blogs lus par des milliards de gens à travers l’univers, il est normal que les sociétés de production fassent appel à nous, et que nos avis vous soient imposés avant tout autre. Faut pas déconner. Et puis pour l’image du blog, les comptes-rendus d’avant-premières, c’est toujours mieux que la pub, vous savez, ces fameux billets sponsorisés écrits avec les pieds pour le plus grand discrédit des marques (vous fâchez pas les modasses, cinquante euros, c’est cinquante euros, le trip julot casse-croûte, on peut comprendre…)

  J’ai donc assisté à l’avant-première de Flics. C’est une série policière conçue pour TF1 à partir d’un scénario d’Olivier Marchal.
  Précision utile, et pour la petite histoire : il parait qu’Olivier Marchal a très vite quitté le projet de cette série, estimant que son idée avait été trahie. Il aurait filé à la chaîne un scénar bien noir où il pleut beaucoup, bien marchalien et dramatique, où à la fin tout le monde est flingué avant de mourir d'une cirrhose, mais pour que la chose plaise aux ménagères de moins de cinquante ans, le document serait passé entre les pattes d’un scénariste de Joséphine Ange Gardien. Et puis finalement, ça lui plait plutôt à Olivier... Alors que moi je croyais qu’il n’était pas content, et qu’il avait boudé l’avant-première pour pas qu’on lui jette des strapontins à la figure. Mais il y avait Catherine, normal, elle est commissaire au moins divisionnaire, pendant quatre fois 52 minutes. Alors elle est venue avec les autres comédiens. Ah oui, Catherine, Catherine Marchal hein, mais je dis Catherine parce que c’est ma copine d’abord puisqu'on se tutoie, même que la semaine prochaine on déjeune avec Jean-Paul Belmondo. Et vous seriez bien naïfs de ne pas le croire.

  Le sujet de la série est sensiblement le même que celui du long métrage 36 Quai Des Orfèvres (Olivier Marchal 2004). Deux flics, frères ennemis, passé fumeux, des morts, des fantômes, des femmes de leur vie très certainement mais on n’a vu que deux épisodes sur quatre, l’un à la tête de la Brigade de Répression du Banditisme, l’autre à la Brigade Criminelle, se tirent la bourre, se tirent dans les pattes, et se tireraient bien les deux petites stagiaires OPJ fraichement sorties d’école qu’on leur a malicieusement affectées dans leurs services. Une blonde et une brune qu’on dirait qu’elles viennent d’obtenir le brevet, tellement qu’elles ont des têtes à couettes à jouer dans Hélène Et Les Garçons. Bref.
  Il y a Frédéric Diefenthal en chef de la BRB qui s’est déguisé en Capitaine Haddock, avec une barbe et un bonnet marin pour passer inaperçu en filature, caricatural à un point que le cliché en est attendrissant. À un moment quand même, il humilie une bimbo rousse, officier de l’IGS, c’est marrant comme tout. Il dit ce qu’on a toujours voulu dire à l’IGS mais dans les films on ne passe pas en conseil de discipline pour si peu, c’est cool. Du coup, après la projection, je suis allée le féliciter pour son rôle dans Taxi que j’avais beaucoup aimé.
  Et puis il y a une scène dans un bistro où un OPJ roule une pelle à une stagiaire pour faire diversion. On pourrait croire que c'est ce qui m’est arrivé, et que je raconte à la page 189 de Flic, Chroniques De La Police Ordinaire, mais si la scène ressemble beaucoup, il faut reconnaître que ce n’est pas du tout le même texte.
  Moi je dis : « T’étais pas obligé de mettre ta langue ! »
  Et pour TF1 : « Maieuuuuu ! T’étais pas obligé de mettre ta langue ! »
  On ne va pas en faire un plat, hein, c’est la rançon de mon succès interplanétaire, déjà éprouvée dans le navet dont j’avais parlé, où une scène montrait des flics dansant en uniforme dans un bar arabe, et dans une autre, un flic en garde statique tirant sur un spif. Mais tout ça doit être tellement banal, n’est-ce pas, qu’il fallait bien que je m’attende à des coïncidences. Ça ira pour cette fois, mais pour l’avenir, je signale aux scénaristes à l’imagination anémiée que mon avocat est d’une cruauté inouïe quand il est démuselé. Coup de chance, contexte procédurier, il se trouve qu’il a assez mangé cette année, et que je le mets à la diète. Quoique...

  Pour pas que vous soyez venus pour rien, je m’en vais vous conter quelques trucs rigolos.
  J’ai adoré l’autopsie. Le cadavre est un type qui a été cramé lors de l’explosion de sa voiture. Mort carbonisé, quoi. Le voilà donc tout grillé allongé sur l’aluminium. La stagiaire blonde quitte la pièce avec les dents du fond qui baignent dedans, c’est juste une image du métier qui rentre, et de la fin de son innocence. Le médecin légiste s’affaire sur le corps, et d'une seule voix, les OPJ lui demandent :
  « Alors ? Alors ??
  - Il est brulé au troisième degré sur tout le corps.
(standing ovation pour le légiste, s’il vous plait)
  - Avez-vous trouvé quelque chose ?
  - Oui, un passeport albanais. »
  Et là, je me penche vers mon flic de voisin, et je lui demande si pour trouver un passeport ignifugé lors d’une autopsie, ça pourrait signifier que le type l’ait mangé. Mais pour qu’il mange un passeport suspect, ça voudrait dire qu’il savait que sa bagnole était plastiquée, ce dont il ne pouvait se douter puisque ça se passe à Paris et pas en Corse. Et s’il s’en était douté, il aurait pris le métro. Et donc, ça complique prodigieusement l’enquête, d’où l’intérêt de trouver un passeport au cours de l’autopsie pour simplifier la compréhension de l’intrigue. (Vous me suivez ?)
  J’ai aussi beaucoup aimé l’intervention, solitaire et hors service, d’un flic de la Crim allant contrôler une voiture aux vitres fumées stationnée dans la nuit, dont on sait que ses occupants viennent de faire un carnage. Lui : « toc ! toc ! Youhou ! Y’a quelqu’un ? » Et paf, il se fait fumer, c’est ballot mais quel con toud’même, jamais, jamaiiis on fait des choses comme ça.
  Et le meilleur pour la fin. Quelques jours après son affectation la jeune stagiaire blonde se fait draguer par son chef. Il l’emmène sur les quais de la Seine, c’est super romantique, il regarde le ciel étoilé, marque un temps de silence, et d’une voix grave et profonde, il lui dit : « Tu vois les étoiles là-haut. Et bien il parait que quand quelqu’un meurt, une étoile de plus s’allume dans le ciel. »
  Et oui.
  Pour avoir osé dire un truc pareil, et si le personnage de la fille avait été crédible, ou titulaire de son grade dans la fonction publique, elle aurait très certainement jeté le commandant dans la Seine.

 

 

bande annonce de Flics, premier épisode le 9 octobre 20h45 sur TF1

 

 

audience
jeudi 9 octobre : 
 Le premier épisode a été suivi par 7,1 millions de téléspectateurs, soit 27.7% de part d'audience (32.3% sur les femmes de moins de cinquante ans).
 Le deuxième épisode accuse une chute d’audience de 1.2 millions de téléspectateurs, soit 26.4% de part d'audience (30.0% sur les femmes de moins de cinquante ans).

jeudi 16 octobre :
  Troisième épisode vu par 6.4 millions de téléspectateurs, soit 25.3% de pda (30.7% sur les femmes de moins de cinquante ans).
  Quatrième et dernier épisode : 5.5 millions de téléspectateurs, soit 24.7% de pda (28.9% sur les femmes de moins de cinquante ans).

source : TF1 / Médiamat Médiamétrie 

 

 

(image : Frédéric Diefenthal et Sami Naceri dans Taxi)

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

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