Patrice Point est mort le 30 décembre 2009 des suites de blessures provoquées par un véhicule qui l’a volontairement écrasé contre un
mur. Le véhicule était volé et conduit par des délinquants surpris en flagrant délit de cambriolage.
Patrice était un fonctionnaire de police compétent, loyal et intègre.
Et je ne dis pas ça parce qu’il est mort, mais parce que c’était vrai.
Il était à quelques mois d’une retraite bien méritée.
Les risques du métier, me direz-vous. C’est exact. Et vous aurez raison de le penser puisque tous les jours, nous y pensons aussi.
On prend notre service, on va à l’appel, et on ne peut jamais jurer que quelques heures plus tard, aucun nom ne manquera. C’est ainsi et on le sait.
Mais notre problème n’est pas vraiment celui-ci, voyez-vous. Notre problème est que tout le monde s’en fout.
La mort d’un flic semble inutile, insignifiante, tant l’écho qui y est fait est inexistant. Tant ça semble faire partie d’un jeu de société. Ou de rôles.
C’est consternant, absurde, mais l’unité de mesure de la valeur des vies humaines, l’ordre de priorité des faits quotidiens supposés intéresser, l’importance donnée à l’un de ces faits, eh
bien c’est la presse qui la définit. Et la presse, elle ressemble à l’opinion publique. Elle est là pour la satisfaire, lui plaire, et lui servir ce qui la met en appétit. On ne peut même pas
accabler les médias en fait, ils ont une mission d’audience, la distorsion de l’information à caler entre deux plages de pub, n’est pas vraiment leur problème. C’est la loi la plus souveraine qui
soit, bien au-delà du bon sens, de la pédagogie, de l’information authentique et utile, qui dicte tout. La loi du marché.
Et puis, la mort - donc la vulnérabilité - d’un flic, c’est anxiogène pour une population qui a déjà peur de son ombre, et il ne faudrait pas que l’audimat déserte vers des programmes
encore plus creux et dissimulateurs que la messe quotidienne de l’information.
La mort de Patrice a monopolisé moins de temps d’antenne radio ou télé, moins de lignes dans la presse que la météo. Là ! Ça vous parle, ça ?
Et je ne vous dis rien de Johnny Hallyday et de ses petits bobos de star shootée et expertisée, un flic ça ne chante pas.
Je ne vous parle pas non plus des sportives milliardaires qui prennent leur retraite à vingt-cinq ans, à grand renfort d’interviews pour décérébrés. Un flic attend la date limite de
péremption - quand il y arrive – et il y va avec ses séquelles de blessures en service, et ses petites arthroses d’avoir trop bossé dehors et dans le froid. Mais il est content quand il y arrive,
oui !
Rien non plus sur la grippe H1N1 qui risque bien moins de vous tuer qu’un accident de la route. Là, c’est nous qui vous ramassons.
Et encore moins de ces micros-trottoirs qui vous racontent la version mongoloïde débilisante de l’actualité à longueur de journaux télévisés, jusqu’à une exaspérante saturation, et qui
pourtant recueillent toute votre empathie, tant la médiocrité devient le langage universel. Il neige en hiver, qu’en pensez-vous ? Noël est en décembre, c’est sans précédent depuis l’année
dernière, rendez-vous compte…
Patrice, rien. Sa mort qui a duré trois jours s’est comptée en secondes dans la somme de ce qui est censé vous informer.
Personne n’y a trouvé un sens particulier, ou quelque chose à redire. Une fatalité. Une insignifiance médiatique. À classer dans les pertes et profits de la République.
On en a assez.
Des morts de flics, on en a tous plein le cœur et les tripes, vous ne savez pas ça, vous qui n’êtes pas confrontés à la violence. Et à la mort des autres.
L’intégrité physique d’un flic est exposée en permanence.
La mort d’un flic, c’est un sacrifice.
Pour vous. Pour votre sécurité.
Pour que vous dormiez tranquille, sans forcément investir dans une porte blindée, sans milice ou vigiles à chaque coin de rue, parce qu’on est jamais loin. Parce que ce pays sur lequel on
chie au quotidien, il n’est pas si mal que ça. La violence et l’insécurité y sont bien moindres qu’ailleurs. Grâce à nous et grâce à la Loi. La police est républicaine, et il se pourrait
que ça ne dure pas, et que vos gardiens de la paix et autres Compagnies Républicaines de Sécurité, vous les regrettiez quand le privé s’en mêlera.
Je vous vois venir, là. On n’est jamais là quand il faut, c’est ça ? Et toujours là quand il ne faut pas, aussi ? Facile. Un grand classique de la rhétorique anti-flic culturellement
correcte.
Vous me faites rire. Si nous cessions le travail ne serait-ce que quelques heures, vous resteriez calfeutrés chez vous, morts de peur. Mais par défaut, vous auriez une juste mesure de
notre rôle. Ça n’arrivera jamais, rassurez-vous, il ne vous reste qu’à l’imaginer. Si vous pouvez. De notre côté, on a le sens du service public. Et du service rendu.
On ne demande pas grand-chose.
On ne fait pas ce métier pour être aimés, c’est impossible.
Mais si le respect... le respect...
Les policiers ne l’attendent raisonnablement pas des délinquants. Ni même des petits merdeux des cités qui expriment violement leurs crises d’adolescence et autres révoltes de futurs
petits beaufs consuméristes. À cet âge là, on est toujours plus ou moins con et colérique, même si ces temps-ci on approche les très hautes fréquences.
Non, le respect et la reconnaissance, on l’attend de tous les autres. Ceux qui ne nous voient pas, ne nous remarquent pas, et trouvent tout à fait normal de vivre en sécurité dans un pays
libre. Ceux que l’on indiffère parce qu’on fait partie d’un système. Ceux dont le manque de considération n’est rien moins que du mépris.
Ceux-là, c’est vous et vos médias.
Vous devant vos télés et vos journaux, qui n’avez pas cherché à savoir pourquoi, comment et pour qui, un flic peut mourir écrasé par des malfrats, vous qui avez eu une phrase idiote et
prévisible sur l’insécurité, et qui êtes vite passés à autre chose. Qui avez oublié que quand la sécurité est un dû pour certains, elle demeure un devoir pour d’autres.
Vous qui ne comprendrez jamais que la sécurité a un prix, et que ce prix c’est du matériel humain qui s’abime, qui se fêle, qui se casse ou qu’on démolit.
Le 30 décembre, le prix de la sécurité, c’était la mort d’un flic.
Victime du devoir, comme on dit.
Et ça, vous avez le droit de ne pas l'oublier.
Henri Jeanson, pataphysicien
France info Le livre du jour :
et ailleurs :
Pour la mémoire et le repos de notre collègue.
Merci.
Alors oui, si je n'étais pas dans tes contacts et dans ceux de Marc, je n'aurais pas entendu parler de la mort de Patrice Point.
Cela fait des mois maintenant que je vois s'égréner les morts de flics dans vos update, et que je me rends compte qu'on n'en parle pas, ou peu, et que, comme tu le dis, cela s'efface le plus souvent d'un "les risques du métier", "le champs d'honneur" ...
Pour autant, je ne me sens pas coupable de la mort de ces fonctionnaires.
Pour autant, je ne les respecte pas moins.
Pour autant, je sais que, comme tout, la sécurité n'a pas de prix, mais qu'elle a un coût. Et que chez vous ce coût se règle en vie.
Comme chez les soldats en théâtre de guerre.
Je vous rejoins dans votre demande : justice, châtiment des coupables; et reconnaissance de votre courage par votre hiérarchie; de même qu'humanité dans votre traitement, même quand vous êtes morts (je pense à cette malheureuse jeune femme dont la famille ne pouvait toucher la prime qui lui revenait, puisqu'elle n'avait plus d'existence dans la police, c'est lamentable), que la bureaucratie imbécile ne vienne pas rajouter du déshonneur à la peine.
Et puis je te dis une chose Bénédicte, je te la dis à toi, comme à Marc, comme à tous les fonctionnaires de police, en dispo ou non, qui vous exprimez en votre nom de flic ou d'ancien flic : continuez à le faire, continuez à vous exprimer, à faire connaître votre métier, à le rendre plus humain.
C'est par vous, et par vous seuls, et ensuite par nous qui vous lirons, que le regard changera sur vous, et qu'il arrivera un jour où la mort d'un flic fera plus de secondes au JT que la neige en décembre.
Difficile pour moi d'être la première à commenter ici.
Mais c'est le moins que je vous doive.
Tout est dit, magnifiquement dit....
C'est sur béné, mon coeur sera avec vous mercredi.
Que Patrice soit en paix, Que son fils, sa famille et ses amis soient assurés que, nous, nous n'oublierons pas. Jamais.
Il appartient à ceux qui, invisiblement les tiennent en haute estime, de faire en sorte qu'ils ne meurent qu'une fois... c'est à dire survivent moralement dans le su d'autrui.
Sincères condoléances aux proches et collègues de Monsieur Point.
Il ne s'agit pas de faire de la "concurrence de victime" et ça n'enlève rien aux problèmes spécifiques des policiers, cependant tout est relatif, seule la mort reste une donnée inadmissible dans tous les cas de figure.
Sincères condoléances à la famille.
Non, on ne s'en fout pas. Et oui, c'est anxiogène, comme tu dis ! Et oui, les choix des médias sont à hurler.
Toutes mes condoléances à sa famille, à ses amis, à ses collègues
Je vous souhaite à tous beaucoup de courage.
Amitié Stéphane
certains font encore leur boulot ponctuellement, voilà un article de Libé sur la course au Chiffre.
http://www.liberation.fr/societe/0101611992-la-course-au-chiffre-echauffe-la-police
Merci...
Pour votre dévouement, pour consacrer votre vie à vos citoyens, pour aider avec vos moyens une justice dans un monde qui perds ses repères et en arrive à glorifier ses délinquants, pour remonter le courant malgré une antipathie affichée et imméritée de certains de ceux que vous protégez.
Tout vos concitoyens ne sont pas ingrats. Il y a juste beaucoup de boue à nettoyer autour des pépites d'or cachées.
Je compte les authentiques flics dans les pépites.
Avec tout mon respect.
Je serais avec vous demain, par la pensée, même si je ne fais pas partie de la "famille", pour présenter tout le respect et le soutien que j'éprouve vis-à-vis de votre profession, de l'admiration face à ce que j'estime être un vrai sacerdoce au service d'un public ingrat. Mais tout le monde n'est pas comme ça, loin de là...
Demain, Toutes mes pensées iront pour lui, sa famille, ses amis, ses collègues!!
Ne baissons jamais les bras, gardons la tête haute pour fabrice et tous les autres!!
Meme si nous n avons pas la reconnaissance, un sourire ou un merci venant de nos concitoyens lors de nos divers interventions, ca suffit pour me réconforter sur la nécessité de notre travail!!
La France, avec un grand F, Le pays des droits de l'Homme, un des pays les plus développés...
voici le mois de janvier arrivé, et ma dispo qui débute...je vais vivre en amérique du sud, vous savez quelle est l'image de la France là bas??
un grand pays m'a t-on dit, moderne, envié de tous, en avance sur beaucoup d'autres, mais quand je vois les moyens attribués à la police en équateur pour ne pas citer ce pays, la considération, la reconnaissance et le respect dont font l'objet ces policiers, dans un pays où la France est tenue en exemple, culturel, historique etc...
Les gens ne me croient pas quand je leur raconte l'envers du décor, "ça ne peut pas exister dans un grand pays comme la France"...
La France n'est grande que par son passé, tant que la population n'ouvrira pas les yeux, de gré ou de force, les collègues continueront de mourir dans l'indifférence, pour rien, et sans que ça ne change quoi que ce soit, ci ce n'est renforcer l'amertume des collègues.
Je souhaite que le temps d'une journée, tous les policiers restent chez eux, et que ça se sache à l'avance...
Ce pays ne se réveillera pas tant qu'il ne se prendra pas une bonne claque.
Un jeune ancien collègue qui ne fera pas de vieux os dans ce pays...("la France on l'aime ou on la quitte"...)
D'autre part, je suis convaincue que les "opinions publiques" sont aussi amorphes et indifférentes partout.
S'il semble que la police est dotée de moyens et de lois plus coercitives qu'ici, l'explication est aussi dans le contexte. On n'en est pas là et ne souhaitons pas y arriver. Il faut comparer ce qui est comparable.
(Un jour, j'ai discuté avec des collègues vénézuéliens qui m'ont demandé combien de personnes j'avais déjà tué en manif. Eux, ils ne les comptaient plus.)
La police doit induire davantage le respect que la peur, et c'est dans ce sens qu'il faut oeuvrer.
Que les auteurs de cet homicide soient rapidement interpellés
Tous mes condoléances à sa famille, à ses amis et à ses collègues.
J'ai l'impression qu'il reste kelekes énergumènes de ton style, vous n'avez pas la "majorité" car vous dérangez trop ces manges merdes ! Mais il ne faut que tu deviennes DONA QUICHOTE ! Car visiblement c'est dans cette voie de garage qu'ils veulent vous installer.......... Bises à Toi JOJO
je suis juste un sympathisants des forces de l'ordre! je trouve abjecte ce meurtre!!!
Repose en Paix Patrice, et sois en sur tes collegues et amis(es) feront le necessaire pour te faire justice !!!!
Laurent de Lyon
En tant que journaliste, je suis sensible au désarroi que vous éprouvez face au traitement médiatique de cet événement. Les rédactions, de plus en plus coupées du terrain, ne prennent plus la mesure des choses. On suit l'AFP, la concurrence pour être dans la course à l'audience et garder des recettes publicitaires.
Rares sont les rédactions qui peuvent se permettre d'avoir des journalistes qui peuvent prendre le temps de fréquenter régulièrement les policiers et autres acteurs locaux, et rendre réellement compte de l'émotion, sans impudeur, lorsque de tels drames surviennent.
C'était par exemple le cas en juin, dans le quotidien régional Presse-Océan, après la mort brutale d'une figure de la police à Nantes : http://www.presseocean.fr/actu/actu_detail_-A-Nantes-la-mort-d-un-grand-flic-_9182-973243_actu.Htm
Les médias devront forcément retrouver à un moment à un autre une forme de proximité.
Bien à vous.
Je ne crache pas sur les flics, loin de là. Le policier, c'est un être humain qui s'est engagé et fait son travail.
Il n'est pas moins humain que le boulanger, mais il souffre malheureusement d'une sale réputation qui suscite mépris, crainte et manque de respect chez certains.
Que cette réputation soit justifiée par des exactions et des bavures dans l'actualité, c'est possible, mais doit-on pour autant stigmatiser toute une profession dont le devoir est de maintenir l'ordre et la sécurité ?
D'une certaine façon, ça me rappelle une planche de monsieur le chien sur les différences entre le rapport à l'autorité en France et en Angleterre. En Angleterre, on a Oui-Oui, le gentil garçon qui aide le gentil policier. En France, on a Guignol qui cogne les gendarmes et, plus récent, certains films qui donnent vraiment une image médiocre du policier (s'ils sont produits ou réalisés par Luc Besson, c'est 100% sûr qu'il y aura des flics cons et/ou racistes).
D'un autre côté, c'est aussi une question de culture et d'éducation. M'occupant de collégiens afin de les aider et n'étant pas particulièrement méchant ou autoritaire de nature, c'est dur de s'imposer et de leur faire comprendre qu'on n'est pas là pour qu'ils se foutent de nous.
En somme, je respecte sincèrement cette profession. Cette mort est regrettable est c'est une injustice au même titre que toutes les morts injustes, que toutes les autres victimes de délinquants et de criminels (car vous citiez des délinquants, mais ils sont devenus des criminels). Le fait qu'il s'agisse d'un flic mort dans l'exercice de ses fonctions n'atténue pas la gravité.
Je vous présente donc toutes mes condoléances.
suis "femme de flic" et fière de l'être et fière de tous les policiers de France, et je les défends chaque fois que l'on m'en donne l'occasion !
pensées affectueuses à nos chers disparus, plein de courage à leurs conjoints et enfants...
que sera la police dans 10 20 ou 30 ans ?
sera t-elle respecté?
Courage a toutes les forces de l'ordre. au proches et aux commissariat de Chessy
un habitant du val d'europe.
C'est bizarre mais quand j'ai entendu l'annonce de cette mort sur le poste de radio je me suis it 'Chierie, et ils vont nous rabbatre du Johnny Hallyday alors que ce pauvre flic est mort en service pour defendre un pavillon bourgeois'.
Alors moi que l'on parle de Johnny plus que Patrice evidemment ca me fout les boules c'est injuste.
En attendant la seule chose que je puisse faire c'est penser a la famille et leur adresser mes condoleances, c'est bien peu au vu de ce que nous tous devons a Patrice et tous les officiers de Police de France. Si tu es la ce jour pourrais tu peut etre dire a sa famille qu'en France il y a bien des gens qui pensent a eux ce jour la? Que le temps d'antenne n'est pas proportionnel au temps de coeur? Merci. Bon vent Monsieur l'officier de Police.
M. E
Une fois de plus merci à vous Bénédicte pour nous tenir informés. Merci à Serge qui lui aussi nous a informé, nous a parlé de ce fonctionnaire de Police qui est mort pour la sécurité de tous.
Nous sommes nombreux à respecter la Police, à savoir que si nous pouvons vivre sereinement la plupart du temps sans crainte d'agression c'est grâce à vous.
Alors ce matin à 10h je fermerai ma gueule et mes yeux en pensant à votre collègue et à tous ceux qui encore vivants prennent des risques pour nous tous.
Une énorme pensée à la famille et aux collègues du Major.
Un flic écoeuré.
Oui bien sur , désolé de cette emportement verbale de ma part...
l'émotivité a pris la part de la raison !!!encore mille excuse ...
Laurent de Lyon
Le type de population auquel nous devons faire face ne nous donne pas la liberté de lui "induire" le respect, mais nous force à lui imposer
Triste, cette tristesse sélective.
Il faut bien en parler de la rage, il faut dire ce qu'on a sur le coeur et il faut que ceux qui nous l'ont donnée la reprennent en pleine gueule. Comme Patrice a pris cette bagnole en pleine gueule.
On ne peut pas faire comme si personne n'était responsable. Il y a des coupables au sens de la loi, ceux qui ont volontairement et impunément désarticulé Patrice. Ceux qui ne le paieront jamais assez cher et qu'on aimerait voir aussi agoniser sur un trottoir.
Et puis il y a tous les coupables par lâcheté, opportunisme, carriérisme, ceux qui pensent que c'est quand même moins grave que le contraire et que mieux vaut Patrice qu'une vilaine bavure au 20 heures.
Parce qu'il faut imaginer ce qui se serait dit si Patrice avait tiré et tué, de pauvres jeunes en mal de reconnaissance, de gentils gamins qui aimaient bien jouer au loup quand ils étaient petits, en un mot des victimes.
Patrice aurait été désarmé, placé en garde à vue, suspendu, mis en examen, expertisé, muté, livré à la vindicte judiciaire et oublié.
Patrice aurait été lâché par ceux qui devraient le défendre et qui sont payés pour ça.
A ceux-là je dis tout mon mépris, sans accabler l'opinion publique qui nous serait plutôt favorable si elle savait tout, je leur dis : "Regardez-vous et baissez les yeux. Vous ne méritez pas notre protection et notre engagement."
Et sans en rajouter, c'est vrai que la tentation est de dire "vous ne méritez pas..." parce que franchement... une vie pour un casse de pavillon... bref... on rêve aujourd'hui que Patrice ait été mauvais en topo et soit arrivé deux minutes trop tard.
Rien de la part des médias. Je suis mal à l'aise. Sans vouloir heurter, je pense etre à l'instar de la profession, attentif, les nerfs à vifs, en attente d'un petit signe en notre direction. Mal à l'aise, parce que les seules occasions qui sont celles ou nous occupons le devant de la scène sont celles ou une bavure est commise ou que l'un d'entre nous décède en service. Je tends à penser qu'hier, le silence de la classe Politique était celui du peu de cas qu'elle faisait d'un matricule. Aujourd'hui, je pense au contraire , que meme si la considération à notre égard est la meme, le soucis de murer dans le silence la colère et la rage muries de ces années à éprouver le dédain et à sentir l'insignifiance du regard porté sur notre sacerdoce va croissant avec l'inquiétude qui s'installe durablement avec la crise.
J'ai l'amère sensation que l'on m'a confisqué ma République et que l'on installe, tantot sournoisement, tantot de force quelque chose qui ne me plait pas du tout..
Nous sommes la Nation. Citoyens, Policiers, Policiers-Citoyen. La mort d'un Flic dans l'indifférence, c'est la mort de tous. Ceux qui cherchent à ce que l'on s'y résigne ont une piètre idée de l'Amour que nous avons de notre Pays, de ceux qui y vivent.
Sincères condoléances à la Famille de Monsieur Patrice Point.
Repose en Paix Patrice
J'ai une pensée pour la famille du Cdt Point.
Commandant à titre posthume. C'est la première fois; c'est aussi grâce à votre mobilisation, les collègues, et peut être un peu à cause de votre raz le bol que je partage entièrement.
Je défends votre profession chaque fois que j'en ai l'occasion.
J'adhère totalement au commentaire "42" posté par "peu importe".
Comme beaucoup je pense que vous n'êtes pas totalement soutenus et reconnus par votre hiérarchie dont certains pensent trop à leur "carrière" en oubliant leurs effectifs.
Courage à vous tous que je respecte et que j'ai en haute estime.
Prenez soin de vous chaque fois que vous partez en intervention. C'est ce que je dis à mon fils chaque fois que je l'ai au téléphone.