Le criminel, c'est l'électeur !

29 Décembre 2011

urne


C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ?
Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien. Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, - et que tu nous imposes par ton imbécillité.

C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action.

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement du pourras vivre pleinement.

Albert Libertad

1er mars 1906
[texte publié dans le journal l’Anarchie]


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Guilaume 25/08/2012 22:38

En lisant ce texte, j'ai immédiatement pensé à la chanson "L'Hexagone" de Renaud.

http://www.youtube.com/watch?v=d8SH0DHKV1I

Et à ton chapitre "Collegue" de FliC.
En aparté: pas d'arrières pensées de ma part, simplement un "tiens-ça-me-fait-penser-à..."

bénédicte desforges 26/08/2012 01:54



Merci pour la chanson !



Gérard Caramaro 03/03/2012 16:26

Bon, d'accord. 1 à 0.

http://www.musikiwi.com/paroles/georges-brassens-epave,32261.html

bénédicte desforges 03/03/2012 17:52



Brassens qui pouvait chanter aussi bien L'Épave qu'une Hécatombe à
Brive-La-Gaillarde...

Aujourd'hui, le pauvre, pour l'une et l'autre chanson, il aurait été trainé devant les tribunaux de la bien-pensance...


 






Gérard Caramaro 03/03/2012 13:03

Bénédicte, je constate que le débat sur ton blog à propos du texte de Libertad est bien plus élevé que sur Fesse-Bouc. Sauf les quelques remarques étroites en passant sur l'anarchie, "la plus haute
expression de l'ordre", ou "l'ordre moins le pouvoir". La belle utopie ! C'est-à-dire l'irréalisé, pas l'irréalisable.
Chapeau, tout de même, à ces policiers qui cogitent, mieux sans doute que ce lecteur, vieux stal qui ne me connaît pas, et s'est contenté d'une pique "ad hominem" sur FB parce que ce texte ne lui
convenait pas.

bénédicte desforges 03/03/2012 15:19



Parce que tu essayes d'avoir des débats d'idées sur facebook ?? 
Et Twitter, t'as essayé ? 



Denis 05/01/2012 08:10

Hi!
Voilà qui recolle les morceaux. Et puisqu'il faut souhaiter en cette nouvelle année commençante : "Anarchie en Utopie"!

Koltchak91120 02/01/2012 16:13

Visiblement ce texte a été repris par les auteurs de "V pour Vendetta".

Dans le fond, ce n'est pas faux. La démocratie, enfin telle qu'elle est comprise de nos jours, n'est qu'une parodie et le suffrage universel une vaste et sinistre blague. Et je parlerais pas de la
république.

Vous pourriez proposer quelques pistes de lectures fructueuses pour étayer ce texte, qui bien que je ne fasse pas partie de l'anarchie fan club est intéressant. Je pense, entre autres, à la note de
Simone Weil sur la suppression définitive des partis politiques.

non 31/12/2011 00:05

Je ne dis pas que j'aurais aimer quoi que ce soit, je fais juste remarquer que contrairement a ce que vous dites, on ne baratine personne pour aller voter ou s'inscrire sur les listes
électoral.

Ensuite, vous sauriez probablement étonnée de voir le nombre de personnes pas inscrite par peur de la paperasse et qui sont surprise de la simplicité de la chose en réalité quand on leur en
parle.

L'argent économisé de l'État, vous en etes encore là?

Mon "discours" "pourrait etre" frontiste?
Hun hun, ca reste a prouver.
Et tant bien même, j'ai envie de vous dire : Et alors?

J'ai mieux même, je retourne la question, un frontiste pourrait avoir un discours de gauche?

Ouai ouai, vous le savez très bien, en temps de crise l'ED ratisse large et n'hésite pas a employer les mots qui peuvent la servir, fussent ils de gauche.

L'histoire est là pour vous le rappeler si vous avez la mémoire défaillante.

Mais sinon, vous avez une/des solution(s) vous?
A par "jouer a l'anar crétin" donc je parlais qui se contente de cracher sur tout mais ou quand il faut proposer quoi que ce soit il n'y a plus personne et est accessoirement le parfait idiot utile
du systeme pour le coup?
Un peu facile non?

bénédicte desforges 31/12/2011 01:58



Coté lieux communs, c'est le haut-débit chez vous.
Si vous ne pigez pas ce texte (personne ne vous demande de l'approuver) ne commentez pas.



Nocif 30/12/2011 12:13

... ce soir là, à table, les jeux étaient faits, rien n'allait plus... faire place aux gagnants, la mort aux perdants qui pris de soubresauts désarticulés jusqu'au trou, s'agrippaient encore entre
eux espérant trouver une réponse avant la fin.

B.P. 30/12/2011 11:59

"Ok, vous n’avez vu personne parler de la date limite d’inscription sur les listes électorales, et vous auriez aimer voir les pouvoirs publics rappeler les droits qu’offrent la majorité civile ou
la naturalisation. Parce qu’à 18 ans bien sûr, on ne sait rien, on est un irresponsable, infantile, écervelé, on est en attente d’autorité et de paternalisme… Tant pis pour les oublieux, à l’âge de
raison on se gouverne soi-même au moins pour ces menues prérogatives citoyennes. N’en faites donc pas toute une affaire, le pognon du contribuable s’épargne d’une inutile campagne de plus."

Le gouvernement fait campagne pour l'exercice du droit de vote, quasi-exclusivement auprès des Français expatriés (c'est l'unique raison de l'existence du secrétariat d'État qui leur est dédié),
après avoir remodelé la carte électorale en leur faveur (sièges parlementaires), fait des cadeaux coûteux (gratuité de la scolarité dans les lycées français quoique certaines mauvaises langues
insinuent que c'est pour éviter au 1er des Français de payer pour le petit Louis). Il n'est pas surprenant que le gouvernement axe sa communications sur son électorat mais là la ficelle est très
tirée.

"Si l’Anarchie est une utopie, la démocratie est un leurre.
Être consulté une fois tous les cinq ans pour déterminer qui va prendre le manche d’un même système, ça ne me fait pas rêver."

C'est l'inconvénient des démocraties (très) indirectes. Ceci-dit la faible implication des Français dans la vie politique y-joue. Peut-être est-ce un Ouroboros ?

Ne pas voter équivaut, pour moi, à ne pas s'en soucier. Voter blanc ou nul marque clairement le refus des choix proposés ou de la légitimité du scrutin. Idéalement, je reconnais qu'il serait
judicieux que les votes blancs, nuls, non-exprimés ou quel que soit le nom qu'on leur donne soient intégrés dans les pourcentages. Une organisation se bat exclusivement pour cela :
http://www.parti-du-vote-blanc.fr/ .

oh? 30/12/2011 00:34

http://insecurite.blog.lemonde.fr/2011/12/29/faut-il-supprimer-les-bac-brigades-anti-criminalite/

bénédicte desforges 30/12/2011 03:01



Eh bien va commenter là-bas si le sujet t'inspire.



Nocif 29/12/2011 23:49

Bien intéressant ce texte, de constater que rien ne change... "tout est affaire de décors": disait le Celinovitch...
Mais avec la génétique, le fossé qui sépare les classes se transformera bientôt en canyon.

nom 29/12/2011 23:23

«Ne le prenez pas mal, mais où donc est le problème à faire connaitre ce texte précisément en ces jours où beaucoup, comme des bons petits soldats, dogmatiquement, presque religieusement,
s’appliquent à rameuter les foules vers les mairies et les listes électorales ?»

Étrangement je n'en ai pas beaucoup vu perso, pas de campagne gouvernementale non plus d'ailleurs.

J'ai comme dans l'idée que certains voudraient bien qu'une certaines partie de la population ne vote pas, ca les arrangerait.

Le truc qui m'énerve avec les nanar en général c'est le tout ou rien.
On peut très bien voter(intelligemment) et vouloir changer le systeme.

Pour le dire comme je le pense, voter pour le FdG est un moindre mal par exemple en attendant "le grand soir", l'insurrection qui vient toussa toussa.

Parce que en attendant que ca bouge un peu de manière significative dans ce pays (et encore, même ceci une fois là on aura pas encore le cul sorti des ronces), j'ai bien envie, comme beaucoup,
d'éviter d'en arriver a des extrémités juste pour que les gens se bougent enfin le cul (ce qui peut se traduire en bien comme en très pas bien).
Et que ce soit le hollandreou ou merkozy, ils nous y conduiront.

Non avec le FdG on aurait au moins déjà de quoi souffler un peu.
Dans leur projet il y a l'implication populaire devant déboucher sur une constituante.
C'est dit, c'est écrit, si les gens ne suivent pas ils ne pourrons s'en prendre qu'a eu même dans ce cas là...

Mais le fait est que cette situation aurait l'avantage de permettre aux gens de sortir un peu la tête de l'eau tout en gardant la rage de se battre contre, contre qui?
Les salauds des pays qui comme a chaque fois n'aimeraient pas que les frenchy se rebellent, et puis, bien évidemment, nos propres salauds a nous et l'effondrement de leur joli systeme.

Bref, a neuilly ils sont inscris et iront très certainement voter.

Ps: chouard dit des bonnes choses mais il traine a priori beaucoup trop dans le domaine des fana de la conspi pour que je puisse m'appuyer sur lui.
Ya bien mieux comme sources.

bénédicte desforges 30/12/2011 03:33



Ok, vous n’avez vu personne parler de la date limite d’inscription sur les listes électorales, et vous auriez aimer voir les pouvoirs publics rappeler les droits qu’offrent la majorité civile ou
la naturalisation. Parce qu’à 18 ans bien sûr, on ne sait rien, on est un irresponsable, infantile, écervelé, on est en attente d’autorité et de paternalisme… Tant pis pour les oublieux, à l’âge
de raison on se gouverne soi-même au moins pour ces menues prérogatives citoyennes. N’en faites donc pas toute une affaire, le pognon du contribuable s’épargne d’une inutile campagne de plus.

Maintenant, de dire que certains aimeraient que d’autres ne votent pas (et vice versa ?) c’est comme cracher en l’air. Comme d’attendre une insurrection en France d'ailleurs (indignez-vous).

Pour le reste votre discours promélenchonien n’a rien de bien original, au point qu’il suffirait de remplacer un nom pour en faire, mot pour mot, une parade de séduction frontiste.



Alianirah 29/12/2011 21:33

Woow, magnifique texte.

Dommage qu'il site "l'anarchie", sans quoi l'extrait s'applique parfaitement à la situation que nous vivons actuellement.

En histoire, à intevalle de temps régulier, il y a une grande guerre, une épidémie ou une révolution... Enfin en tout cas un grand changement d'esprit.
Espérons que son faconnement sera égalitaire.

A.P. 29/12/2011 21:24

Je ne connaissais pas ce texte. Merci pour la découverte. On ne peut lui dénier force et puissance, mais aussi un côté élite auto-proclamée avec tout de même une légère tendance à la morgue.

Cela dit, on ne peut pas dire que rien n'a changé depuis lors. Tout a changé, au contraire.

Le niveau de vie s'est considérablement élevé depuis l'époque de ce texte pour la grande majorité de la population. L'électeur moyen n'est plus le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité, le sans
pain, le sans soulier, le sans demeure que décrit ce texte.

Oh, certes, c'est loin d'être parfait ! Et la tendance n'est pas excellente. N'empêche : a posteriori, je ne donnerais pas raison à l'auteur.

(Voilà, ma propension à l'utopie et la rébellion est faible. J'espère que vous me pardonnerez.)

NIchevo 29/12/2011 20:57

Mélenchon peut aller se rhabiller....
Le chien léchant le fouet....
Mouaahaha !

Bernard 29/12/2011 17:22

Je tiens à préciser que le lien de la conférence que je vous ai soumis ci-dessus n'est pas hors sujet. Le passage lié à ce billet démarre vers la 59ème minute : monsieur Chouard revient sur la
notion de démocratie et cela mérite votre attention, je crois.
De même que les interventions des autres participants concernant la crise actuelle !

bénédicte desforges 29/12/2011 18:05



Merci Bernard, voilà le lien-clic :
«L'État et les banques, les dessous d'un
hold-up historique»


 



giraudet 29/12/2011 15:37

Une grande pensée qui fait réfléchir et me fait aussi penser à celle du philosophe Max Stirner , je vous remercie pour ce beau texte réellement décapant voir salvateur !? Bien cordialement ,
Dominique

Bernard 29/12/2011 15:29

Un débat intéressant :
http://www.youtube.com/watch?v=TLjq25_ayWM

Philippe GALIBERT 29/12/2011 14:50

Je vous trouve bien noire ces derniers temps ; à vous lire, on finirait par déprimer et aller se pendre !
Par ailleurs, l'idéologie que véhicule ce texte purement anarchiste, ne fait certainement pas du peuple des gens libres. L'anarchie est, in fine, le pire des esclavages. Tout individu, que cela lui
plaise dans certains cas, ou pas dans d'autres, est intimement lié à l'autre qui n'est autre que son frère, voire son jumeau. Tout cela appellerait, bien évidemment, beaucoup plus de réflexion que
ce simple et court commentaire. Je vous envoie un peu d'énergie et un rayon d'espoir pour entrevoir ce qu'il y a encore de beau dans l'humanité. Bien à vous.

bénédicte desforges 29/12/2011 16:47



Ne le prenez pas mal, mais où donc est le problème à faire connaitre ce texte précisément en ces jours où beaucoup, comme des bons petits soldats, dogmatiquement, presque religieusement,
s’appliquent à rameuter les foules vers les mairies et les listes électorales ?

Où il faut entendre ce discours redondant, banal, chiant et creux à force d’avoir été répété, entendu, selon lequel des gens seraient morts pour qu’on ait le droit de vote - oubliant d’ailleurs
qu’ils sont morts aussi pour qu’on ait le choix de voter ou non.

Désolée, je n’ai pas envie de participer aux incantations et louanges du suffrage universel.

Si l’Anarchie est une utopie, la démocratie est un leurre.
Être consulté une fois tous les cinq ans pour déterminer qui va prendre le manche d’un même système, ça ne me fait pas rêver.

C’est pour ça que ce texte d’Albert Libertad est beau.
Parce qu’il ne sert à rien, et parce qu’il a raison.
Et que ça ne sert à rien d’avoir raison.

Rien n’a fondamentalement changé depuis ce temps.
Pour la plupart des Français, on vit mieux, mais on vit à crédit.
Le modèle social est le clone du modèle mondial. Les puissants et les autres. Et une démocratie qu’on sert aux peuples à coups de bombes.
Alors après, voter… c’est presque du cynisme.