Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 14:33

Smilflic

 

---- info / dernière minute ----
samedi 13 février 2010 - 14h50 GMT



Des gardiens de la paix du XVIIIème arrondissement de Paris auraient effectué
des contrôles d’identité aux alentours du boulevard Barbès.

Sous couvert d’anonymat, l’un d’eux a avoué que cette pratique avait cours depuis toujours dans la police nationale.

Ces faits se seraient répétés à plusieurs reprises
dans la même semaine.


Alertez Rue89 et Amnesty international !


C’est du lourd ! 

 

23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 10:15

 

 

Le Taser, j’avais réussi à ne pas en parler.
Et puis la question est arrivée ici en commentaire :

« Que pensez-vous de la polémique sur le Taser ?
Vous l'employez ?
Citoyennement vôtre. »


Très courageusement, je réponds :

« Ni pour ni contre, bien au contraire. »


Là-dessus arrive le rouquin, celui qui a des cheveux qu’on dirait qu’il a mis les doigts dans une prise électrique :

« Moi le Taser, j'adore ! J'aime hurler avant son emploi : "Par la foudre de Zeus !"
Ça donne un élan tragique qui apporte un certain cachet à l'intervention. Parfois nous passons dans la foule avec nos casquettes pour quelques pièces en échange de nos qualités de dramaturges. Et puis, à force d'entendre "Va niquer ta mère", on finit par se croire dans la tragédie d'Oedipe Roi de Sophocle.

Sinon dites-vous bien que l'alternative au Taser, c'est le 9mm Parabellum. Alors outre le fait d'être potentiellement plus mortel que notre gégène mobile, ça n'exclue pas en plus une contamination au plomb... Et filer le saturnisme à un mec qu'on tue, je trouve ça limite sadique :D

Alors comme on nous retape de la modernité à toutes les sauces, voilà donc un exemple de modernité. À l'âge du tout électrique et bio, vaut mieux un coup de Taser qu'un polluant défouraillage...
Et puis c'est devenu d'un vulgaire l'arme à feu... »


Forte de ce témoignage d’un gardien de la paix de terrain (quand j’étais GPx, on n’avait pas l’électricité) je me sens obligée d’en rajouter :

« J'ai croisé les doigts pour que tu viennes en renfort sur ce sujet qui t'a toujours inspiré :D
Le Taser foudre divine, j'adore !
Ceci dit, on ne peut pas en vouloir à ceux qui se fient aux videos américaines et canadiennes, où on voit les collègues autochtones faire un usage du Taser par rafales. Forcément, les cibles de faible constitution lâchent côté palpitant...
Quant à confier des Taser aux polices municipales, je suis contre parce que je suis pour la dissolution complète, définitive, et sans retour de toutes les polices municipales. Je sais, l'argument est léger, mais c'est comme ça. »


Et heureusement, il y a un moment où son discours devient rationnel et réaliste.
Paroles d'un flic (roux, gaucho et lettré, rendez-vous compte...) :

« Je rajouterais et clôturerais mon propos sur la foudre divine à dotation administrative collective (nom administratif de la foudre de Zeus portative) qu'il s'agit aux USA notamment, d'un outil de soumission de l'individu récalcitrant. En gros, dans certains états, le simple refus de se soumettre à une injonction d'un policier, et c'est plus physique mais électrique pour périphraser un chanteur québécois.
En France, le Taser est une arme qui se plie comme toutes les autres au cadre de la légitime défonce... Défense pardon !
En gros, le Taser est utilisé contre un individu pouvant blesser sérieusement un policier ou (surtout) autrui.
Or, avant le Taser, il y avait le tonfa, le gaz lacrymo (qui scotche autant le flic que le "fouteur de trouble" :P) et enfin le plomb. Du coup, je trouve le débat en France sur le Taser complètement con, démago voire d'un populisme (de gauche cette fois) du plus bel effet. Parce que face à un individu armé et instable, nous avons maintenant l'alternative du Taser pour faire cesser l'agression. Avant, c'était une bastos et généralement le mec à la morgue ou avec des séquelles définitives.
À moins d'utiliser un flashball à quasi bout portant, ce qui fait franchement plus mal qu'un Taser.

Le Taser en France est utilisé pour neutraliser l'individu dangereux. Une fois neutralisé, il est menotté et basta.
Alors qu'une infime partie de la population délinquante voulant porter atteinte à l'intégrité d'autrui puisse mourir d'un coup de Taser, je dirais que c'est balot madame Michu, mais le parabellum est probablement plus létal, donc à choisir...

Ce que je trouve désolant, c'est d'entendre un leader d'un parti politique extrêmiste dire tout et n'importe quoi, alors qu'il ne s'est même pas renseigné sur le cadre d'utilisation de cette arme. Le drame étant qu'il est écouté par certains journalistes également mal informés (pour des journaleux, ça la fout mal).
Les morts par Taser rejoindront les faits divers nécrophiles à l'instar des accidents de bus, des enfants crevant abandonnés dans les bagnoles, et des épidémies de chutes dans l'escalier... Ce ne sont que des microphénomènes qui cachent des faits bien plus importants dont on ne parle jamais. C'est l'information "moderne" ! »



Le truc en plus :
J’apprends à l’instant (source : France-info) que les polices municipales vont pouvoir se doter du Taser. Je suis contre.

 

 

What else ?

 

26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 15:01

Vous reprendrez bien un petit peu de Chiffre ?...

 

Je laisse la parole à cet ex-collègue.
J’ai découvert son interview il y quelques mois, et j’ai entendu tout ce que j’étais incapable de formuler avec autant de justesse.
Chiffre, instrumentalisation, manipulation,
tout me parle, tout parle à beaucoup d’entre nous.
Écoutez ce témoignage de flic. Il met les points sur les i sans détour, il dérange.
21 minutes pour comprendre.
Le Chiffre, c’est ça et pas autre chose :



L'intégralité de l'interview et la version longue sur Regarde à Vue

13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 13:12

 

 

   Jy ai repensé l’autre jour dans un embouteillage boulevard Saint-Germain. Je ne passais pas loin de ce souvenir désagréable et d'un spasme de honte que je m'étais infligé.
  C’était au mois d’avril et à ce moment-là, par pur opportunisme, je me suis dit qu’il ne fallait pas que je le raconte tout de suite. Il y avait des échéances à tenir, des susceptibilités à ménager, et du sang-froid à garder et ma grande gueule à fermer.
  J’avais été invitée à participer à un forum organisé par le magazine Elle. Ce jour-là, les journalistes allaient recevoir successivement tous les candidats aux élections présidentielles dans le grand amphi de Sciences Po, en présence d’invités triés et scrupuleusement contrôlés à l’entrée. Chaque candidat allait devoir répondre à des questions concernant son programme, préalablement soumises aux organisateurs du forum qui disaient souhaiter que chaque thème puisse être abordé au cours de la journée. J’étais invitée à boxer en catégorie VIP, ma question avait été retenue, et je devais la poser à N.Sarkozy.
  J’ai pris le RER avec la France qui se lève tôt car il était le premier à passer, et il fallait être très en avance. Aux abords de Sciences Po, service d’ordre et de barrières important, il faut montrer patte blanche. Moi, je montre du bleu blanc rouge aux collègues qui étaient en cours de cryogénisation depuis plusieurs heures dans le froid, et on discute un petit moment. Je leur fais lire ma question pour N.Sarkozy et ils me disent être curieux de connaître la réponse. Je reviendrai leur dire en sortant tout à l’heure. Je franchis encore quelques barrages et j’entre dans le grand amphi déjà plein de beau monde, de micros et de caméras. On me désigne une place vers le bas à proximité d’un micro. Je m’installe et j’attends, mon bouquin et ma question posés devant moi.
  Soudain, tonnerre d’applaudissements et de cris, N.Sarkozy fait son entrée avec beaucoup de monde autour, et va se poser sur l’estrade avec une journaliste. L’ambiance est bien à droite même sur ma gauche (oui je sais, elle est limite celle-là…) Les questions se succèdent, et je guette le signe qui m’indiquera que c’est mon tour. J’écoute ce qui se dit et je regarde le temps passer sur l’horloge. Il y a un truc qui déconne, ça aurait dû être à moi. Je fais signe à un organisateur avec greffe d’oreillette : « vous êtes sûr que je suis sur la liste ?
  - Oui, oui, sûr ! »
  Mais N.Sarkozy se lève, salue la foule (en délire) et amorce sa descente de l’estrade. Je prends mon bouquin, je descends vers le bas de l’amphi en courant, puis je le traverse d’un bout à l’autre en criant : « Monsieur Sarkoziiiiiiiiiiiiiiiii ! Je voudrais vous donner mon liiiiiiiiiiiiiiivre ! » (j’avais mis ma question pliée en deux dedans) et bing je me cogne dans un men in black qui me fait non non non avec la tête et des kalachnikovs dans les yeux. J’étais à un mètre de N.Sarkozy et je retente : « Monsieur Sarkozy ? » Tu penses bien qu’il ne m’a pas jeté le moindre regard... bienveillant. Je suis repartie vers l’estrade où la journaliste se préparait à recevoir le candidat suivant et je me suis énervée :
  « Qui m’a shooté ma question ? Pourquoi ? Qui a estimé que la seule et unique question concernant la police était inutile ? Je vous ai bien entendus consacrer de longues minutes au statut des prostituées et aux modes de garde d’enfants de Saint-Germain-des-Prés, par exemple… Mais, et nous ? ET NOUS ? On est à ce point quantité négligeable pour ne jamais être entendus qu’à travers les filtres institutionnels ? Les flics, on est des outils et les outils ne posent pas de questions, c’est ça ? » et, naîve que j'étais, je continuais en tapant sur l’estrade avec le livre, avec mon FLiC, sans même m’en rendre compte. Je rouspétais tout en ayant conscience que tout ce que je voulais signifier tournait autour du mot à ne pas dire.
  Tout ça pour ça. J’aurais voulu avoir une réponse, même une non-réponse, mais par principe. Parce que c’était prévu comme ça et qu’au tout dernier moment ma question avait été dégagée, avec toute la charge de mal-être partagé qu’elle contenait. Parce que cette question, si ce jour-là j'étais seule à la poser, la réponse en intéressait plus d'un.
  J’ai récupéré mon blouson et une journaliste très prout-ma-chère m’a dit « Vous pââârtez déjà ? » J’en aurais chialé de rage, de ma putain de question qui avait fait poche restante. La seule question évitée, la journaliste qui faisait semblant de ne pas savoir, N.Sarkozy qui ne s’était même pas retourné, rien. Pas de caméra, pas de sourire. Le mépris. Je me suis tirée vers la sortie en croisant Ségolène Royal, et je n’ai pas revu les collègues dehors, la relève avait eu lieu.  C’était mieux, après tout.
  Hier soir j’ai retrouvé ma question dans mes affaires classées sans suite :

La politique dite « du CHiFFRE » c’est :
- une délinquance programmée et prédéfinie avant qu’elle ait eu lieu,
- des quotas imposés,
- la prééminence du quantitatif sur le qualitatif du travail policier,
- le temps passé à remplir des tableaux statistiques et faire des additions,
- l’amalgame de toutes sortes d’infractions diluées dans la même comptabilité,
- une pression permanente et handicapante pesant sur tous les effectifs de police,
- la priorité de la répression sur la prévention,
- la rupture entre la population et sa police,
- la confusion entre insécurité et sentiment d’insécurité, générée par un gavage de chiffres propulsé par les media,
- la dégradation de l’image de la police nationale perçue comme une institution inhumaine, menaçante et sans discernement.

La sécurité, c'est avant tout une réponse à des faits, à des situations réelles.
Le chiffre devrait être un outil et non un but. Il devrait constituer un indicateur, un thermomètre social et sociétal et non une donnée statistique de production.

Si vous êtes élu président de la République, êtes-vous disposé à faire confiance à une police républicaine, à vous reposer sur ses compétences et son savoir-faire professionnel comme garants de son efficacité, et faire enfin cesser ce culte du chiffre ?

 

 

 

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

rechercher

 

 

 

undefined

banner Banksy ©