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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 00:36

Police suicides

 

article du 6 novembre 2014 de Louis Martin du Gard, officier de police

 

Depuis le début de l'année, il y a eu plus de 40 suicides de fonctionnaires de police (1), soit autant que pour toute l'année 2013 (2). La reconnaissance de la responsabilité de l'administration par le Tribunal Administratif de Nice, le 10 octobre dernier, dans le suicide de Nelly Bardaine (3) n'est pas une première puisque en mai dernier déjà, le Tribunal Administratif de Poitiers avait rendu un arrêté similaire concernant le suicide d'un brigadier chef qui s'était donné la mort en 2004. Mais ces décisions sont suffisamment rares pour être soulignées et c'est ce qui aurait décidé le Directeur Général de la Police Nationale, Jean-Marc Falcone, à convoquer les syndicats de police le 05 novembre prochain autour d'une table pour en discuter (4). Lors d'un discours devant les responsables de la police et de la gendarmerie le 29 septembre dernier, il a annoncé vouloir analyser les causes des suicides des policiers et tenter de définir des solutions. Car si l'administration a mis en œuvre des mesures particulières depuis quelques années (5), elle semble malgré tout impuissante à enrayer de manière significative le nombre de passage à l'acte. Et encore, ne sont recensés que les suicides constatés et non les tentatives de suicide, ce qui serait intéressant à relever...

lire la suite sur le site de Laurent Muchielli

 

 

Précédentes publications du même auteur :

Vers une véritable prise en compte des risques de suicide dans la police ? (20/02/2013)

La prévention du suicide chez les policiers (03/11/2013)


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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 14:00

MISE À JOUR

 

suicide paris 2


suicide avignon


suicide paris

 

Aujourd’hui 24 décembre, à Paris, la semaine dernière à Avignon et à Paris. Il y a trois semaines, à Paris aussi.
Tous avec leur arme, tous sur leur lieu de travail.

Qu’on ne vienne pas prétendre que, dans ces drames, l’environnement professionnel n’a rien à voir puisque c’est précisément au travail, et avec un outil de travail, qu’ils ont mis un terme à leur vie.

Le message est si inaudible que ça ?

Il est plus que temps, il est urgent, que l’administration police regarde ce qu’elle fait de ses flics.

Il est temps que ministres et élus considèrent ce qu’est devenu ce service public, au lieu d’instrumentaliser la police, nationale et républicaine, et en faire le terrain de manœuvre d’ambitions électorales ou de caprices associatifs.

C'est intenable !

Quand la police aura les moyens de travailler correctement, mais surtout, quand on cessera de considérer les flics comme du mobilier urbain ou un joker idéologique, et quand ils ne seront plus les arbres qui cachent la forêt des incompétences et des échecs politiques successifs, ça ira certainement mieux. Pour tout le monde.


Marc Louboutin avait rédigé, il y a un bout de temps déjà, des préconisations pour la prévention des suicides dans la police. Je vous invite à les (re)lire et à les relayer. Elles sont simples, efficaces, faciles à mettre en œuvre, peu couteuses en effectifs et quasi néant en terme de budget.

 

 Prévention des suicides dans la police


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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 15:43

 

Message laissé par un commandant de police avant une tentative de suicide avec son arme de service.
Il est actuellement encore à l'hopital, hors de danger d'après ce que je sais.
Je choisis néanmoins de publier ici son message, que beaucoup ont déjà pu lire, car il est symptomatique, entre autres hypocrisies, de celle qui consiste à vouloir à tout prix distinguer les raisons professionnelles et personnelles d'un tel geste.
Et j'en profite pour lui souhaiter de se rétablir vite et de retrouver paix et sérénité dans sa vie (personnelle et professionnelle...)

 

 

Je suis le Commandant de Police Fonctionnel X.

Quand vous lirez ce mail je serai déjà mort... ou en route vers ma destination finale... je pense que sa symbolique vous parlera !

Il sera donc trop tard, inutile de vous culpabiliser. Inutile de foncer chez moi, et de retourner le quartier, je n'y serai pas.

Si vous voulez honorer ma mémoire assurez-vous que le contenu de ce mail soit le plus possible diffusé.

Je ne veux pas qu'on puisse dire que ma mort a des causes personnelles, elles sont uniquement professionnelles.

Jusqu'en 2010 tout allait bien. Un dossier parfait. Des policiers placés sous mes ordres que j’appréciais et qui m'appréciaient et une mission qui me plaisait.

En 2010, tout a basculé.

Une vieille histoire que je croyais réglée. Une manifestation où des magistrats ou des avocats avaient dérapé. Malgré trois ans d'instructions en ma faveur (y compris un témoignages de journalistes de TF1), malgré le soutien de mon DDSP, du Préfet, du Procureur, et de l'IGPN, un magistrat qui venait de récupérer le dossier m'a mis en examen, me faisant comprendre que j'allais payer pour avoir osé me mettre en travers de magistrats et d'avocats qui manifestaient illégalement.

C'est là que la nature humaine est surprenante.

Je suis passé trois fois près de la mort en service (1998, 2001, et 2005) et j'ai tenu le choc. La dernière fois à (---) en 2005 en éteignant un feu dans un camion de transport de matières dangereuses dans une nuit d'émeutes.
Des milliers d'habitants étaient menacés et ne l'ont jamais su.

Et, là me retrouver attaqué par des gens que je suis sensé défendre... je n'ai pas supporté. Même moi je n'arrive pas encore à comprendre pourquoi.

Malgré le non lieu, j'ai suivi deux ans de psy.

Fin 2011, j'ai accepté une mutation sur un poste prestigieux. Responsable du service étude et prospective du Centre Civilo-Militaire de Formation et d'Entrainement Nucléaire Radiologique Biologique Chimique et Explosif.

J'ai mené en parallèle une scolarité du Mastère NRBC de l'Université de (---) qui m'a pris tout mon temps libre. J'ai eu mon diplôme il y a deux semaines.

J'ai voulu donner une bonne image de la police dans cette institution interministérielle... mais voilà, l'emballage ne correspondait pas au contenu.

Il s'agissait en fait d'une structure de préfiguration précaire, dans laquelle les deux responsables travaillaient surtout pour leur carrière.

Un an après toujours pas de décret de création.

Mon épouse se faisait une joie de me rejoindre à (---) Elle a initié une demande de rapprochement d'époux.

Mais voilà, en juin, quand nous avons du prendre la décision de faire descendre les enfants, nous avons préféré renoncer. Si la structure où j'étais affecté devait disparaître, je serai automatiquement réaffecté près de mon épouse à (---), après avoir vendu ma maison, racheté une autre dans le sud, et avec mes enfants seuls dedans.

Un risque inacceptable que nous n'avons pas pris.

Je me suis résolu à rester deux ans de plus célibataire géographique. Dur, mais tant pis.

Les choses ont alors empiré. La ligne Air France low cost entre (---) et (---) a été supprimée.
Mes frais (hébergement et transport) ont explosé pour atteindre 1 000 euros par mois.

En interne, le directeur de centre (---) m'a signifié que je ne bénéficierai plus de la tolérance pour arriver le lundi en fin de matinée. Certainement en représailles de mes multiples et insistantes demandes de voir mon service enfin créé.

Je vais donc avoir des frais énorme, pour avoir des week-ends raccourcis.

J'ai à nouveau craqué.

Je suis chez moi en CM pour des motifs psychologiques depuis deux jours.

Étant affecté sur une affectation qui n'existe pas, j'ai demandé l'annulation de ma mutation.

La DGPN sait que je suis psychologiquement affaibli. Elle m'a gentiment proposé de revenir à (---) en me rétrogradant de Commandant Fonctionnel à Commandant.

Cette injustice là ne passera pas.

Je me suis investi à 100 %, ça m'a couté cher (et pas qu'au figuré). La DGPN veut garder le poste de fonctionnel pour un autre.

Des manœuvres lamentables qui terminent de me dégouter du fonctionnement de l’État alors que je suis au bord du précipice.

J'ai un minimum d'honneur.

Je me suis engagé à 18 ans dans l'armée, et j'ai toujours servi le pays.

Je ne peux pas accepter une dégradation que je considère comme injustement infamante. Je ne vais pas imposer à mes proches une lente dégradation psychologique et finir comme
une larve sous psychotropes.

Je partirai debout, en rendant service à mes compagnons de route, ces policiers dévoués et courageux qui ont plus peur des juges et de leur administration que des truands contre qui ils risquent pourtant leur vie. J'en viens à me dire qu'une partie de la population ne les mérite pas.

Je tiens à ce que ma mort rende une dernière fois service à ceux que j'ai eu le privilège et le bonheur de commander.

J'aimerai finir par un palmarès, celui des petits et grands salopards.

Sur le podium :

Le gagnant est sans contestation possible le juge X qui exerce maintenant à (---) Un juge idéologue qui a bien faillit réussir à se faire un flic à lui tout seul... il y sera finalement arrivé avec retard et avec d'autres.

Ensuite (mais très loin derrière) X, qui a misé sur ma fragilité actuelle pour essayer de grappiller un poste de fonctionnel sans doute pour un commandant bien placé près du bon Dieu.

Enfin le X responsable de l'équipe (---) qui m'a fait basculer une seconde fois en faisant pression là ou cela faisait mal... certainement d'ailleurs sur les conseil de son adjoint le X Pour mes deux directeurs, c'est plus par incompétence, que par méchanceté.

Pardon à mes proches.

Veillez sur eux.

Pardon à ceux qui m'ont soutenu, vous ne méritez pas ce que je vais faire.

Merci pour votre attention.

P.S. : Ne reprochez rien au SSPO.
La psy locale (---)a pris contact et a pris de son temps, mais quand on est déjà passé par là, on sait exactement ce qu'il faut dire pour rassurer un pro. Le SSPO a démontré son utilité mais n'est pas formaté pour déceler des gens aussi déterminés que moi.

P.S. : J'aimerai aussi éviter la boucherie d'une autopsie. Un prélèvement sanguin démontrera que je n'ai pris aucun produit et que donc aucun tiers n'est responsable.

Commandant Fonctionnel X

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 16:45

suicide-77 conseil-de-discipline

 

La semaine dernière, il y a eu deux suicides dans la police nationale.
Arme à feu et médicaments. Suicides qui intéressent la presse et l’opinion. Ou pas.
La précarité de la vie d’un flic est un sujet anxiogène.
Qu’il s’abîme ou s’ôte la vie lui-même, ou que la délinquance s’en charge, c’est à chaque fois la sécurité publique et ceux qui la font qui en souffrent.

Le contexte de la disparition tragique d’un fonctionnaire de police ce week-end, dont il y a lieu de penser qu’il était à plus d’un titre fragile et vulnérable, indique une fois de plus à quel point la prévention est essentielle.

Il faut absolument éviter de résumer le suicide dans la police au débat de sa justification.
Tenter d’y distinguer des motifs personnels ou professionnels est un faux débat. Un débat malsain. Un débat qui prend la fuite sur des postulats de base erronés quand on sait à quel point, dans la police en particulier, l’exercice du métier peut gangrener la vie privée, et que dès lors, il peut parfois devenir compliqué d’identifier l’élément déterminant d’un suicide, et quel événement de la vie d’un flic a pu entraîner sa descente aux enfers.

D’ailleurs, Le Livre Blanc Sur La Sécurité Publique remis le 26 octobre 2011 au Ministre de l’Intérieur suggère dans son premier chapitre consacré aux "principales propositions" d’unifier les régimes sociaux de prise en charge familiale en cas de suicide de policier ou de gendarme, en abolissant la distinction entre motifs rattachables à l’activité professionnelle et motifs rattachables à la vie personnelle.

Dans ce métier, il n’est pas simple du tout de laisser son uniforme au vestiaire. Quoi qu’on fasse, et même si on s’en défend, chaque jour rapporte un peu plus de bleu à la maison.


Voilà la lettre que nous avons fait parvenir aux élus et à la presse en septembre dernier :

 

 

Lettre ouverte aux élus et aux médias

 

 

Bonjour,

Depuis des années, l’un comme l’autre, lors de nos carrières respectives de policiers puis au cours de nos activités d’auteurs de livres spécialisés sur la police, nous n’avons eu de cesse de nous préoccuper de manière active du phénomène des nombreux suicides dans l’institution policière.

Nous avons tous les deux écrit de nombreux articles et participé à de multiples interviews pour alerter publiquement sur ces décès dont la moyenne reste désespérément stable (entre 45 et 50 par an) malgré la mise en place après le pic de l’année 1996 du Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO).
Notre but n’est pas la polémique partisane, une telle utilisation serait indécente pour la douleur des familles et des proches des victimes qui, même des années plus tard, reste vive.

Les quatre suicides du 22 septembre dernier sont un nouvel appel, terrible par sa répétition, à une réaction la plus déterminée et prompte possible.

L’urgence pour les policiers, mais aussi, nous en sommes persuadés, pour la majorité des citoyens, n’est plus au constat mais à une recherche volontaire de solutions novatrices de prévention, attendues depuis des années par les effectifs, pour endiguer enfin de manière sensible cette hécatombe.

Nos ouvrages, nos contacts quotidiens avec les milliers de policiers qui font partie de nos réseaux, nous ont permis, avec eux, de rédiger une série de propositions pertinentes pour agir avec volonté et plus d’efficacité dans la prévention des suicides qui endeuillent trop souvent la Police Nationale.

Merci à vous d’en prendre connaissance, de relayer ces préconisations, complémentaires au dispositif existant, peu onéreuses et faiblement mobilisatrices en personnel, et de rejoindre les policiers dans cette volonté de préserver des vies, la leur comme celles de leurs collègues.

Marc Louboutin et  Bénédicte Desforges  

 

 

PRÉCONISATIONS POUR LA PRÉVENTION DES SUICIDES
DANS LA POLICE
:



- Engager, par le Ministère de l'intérieur, dans ses indicateurs de suivi des unités une démarche de mesure qualitative des relations d’écoute et d’échanges entre les personnels de tous grades et la hiérarchie, intermédiaire ou sommitale, dans les différents services. La prise en compte en temps réel de problèmes personnels ou familiaux, souvent passagers, peut désamorcer un sentiment (réel ou supposé) “d’abandon” ou de mépris par les fonctionnaires. Une recherche d’humanisation optimisée du commandement, sans en perturber la pertinence ni la performance, pourrait court-circuiter certaines démobilisations génératrices de tendances dépressives.

- Recentrage du SSPO sur sa mission initiale (et non comme élément intégré, trop souvent, à la chaîne hiérarchique). Retour aux consultations uniquement sur volontariat (et non comme devenu parfois sur saisine du commandement) Réaffirmation d’une confidentialité stricte des entretiens et saisine de la hiérarchie du problème rencontré avec accord express de l’intéressé(e). Possibilité de consultation d’un(e) psychologue extérieure à l’administration. Recherche de solutions graduées d’aide ne déqualifiant pas d’emblée les fonctionnaires requérant parfois un simple soutien moral.

- Immersion régulière obligatoire des psychologues de soutien du SSPO avec les services actifs pour les imprégner de la réalité du métier, leur permettre d'avoir une analyse pertinente des stress rencontrés dans les missions, d’être plus accessibles, et renouer un lien de confiance (et de confidences) parfois dissous avec les effectifs de leurs zones de compétence. La possibilité de constatation “de visu” des situations possiblement traumatisantes (lorsque c’est possible et sécurisé) ne pourrait de plus qu'accroître la compétence de ces professionnels reconnus et leur appréhension des effets possibles.

- Mise en place d’un réseau de cellules de veille et d'écoute par fonctionnaires référents volontaires (avec expérience de services actifs et élus par l’ensemble du personnel du service concerné, bénéficiant d’une formation adaptée) dans les services et de détection et d'alerte aux psychologues professionnel(le)s du SSPO et/ou de relais avec des structures sociales ad hoc. Il ne s’agit pas de créer des “inactifs” mais des personnels en activité détachables en fonction de l’urgence de leurs saisines de cas préoccupants. Affichage de ce recours d’écoute dans les services. Là également, confidentialité stricte des entretiens et avis à la hiérarchie du problème abordé avec accord express de l’intéressé(e).

- Mise en place d’une écoute nationale permanente, centralisée (par téléphone, mails, intranet et sms), permettant d’optimiser le recours à un soutien même la nuit, une autre voie de saisine du référent sectorisé, éventuellement de prendre des mesures d’urgence motivées. Cette cellule centraliserait et d’analyserait les retours d’expérience des dossiers traités par les référents de service. Mise en place d’un réseau Intranet des réactions et commentaires des personnels de service ayant connu un suicide d’un de leurs collègues. Analyse (éventuellement extérieure pour plus de crédibilité) de ces témoignages et des enquêtes de faits de suicide. Personnel bénéficiant d’une formation adaptée, d’une expérience de terrain préalable significative et recruté après un sérieux entretien de motivation.
(cela fonctionne, nous avons testé avec succès de telles écoutes aux policiers en difficultés psychologiques affirmées lors "d'appels au secours", qui effectivement se confient avec beaucoup plus de spontanéité à des collègues "comprenant" et appréhendant totalement leur univers. D'une part par les centaines de courriers reçus par l'un et l'autre d'entre nous, suite à la visibilité conférée par notre expérience éditoriale, puis via nos sites et pages internet, notamment "Le blog de police" depuis deux ans - avant que la direction de FaceBook ne supprime les groupes de plusieurs milliers de policiers à trois reprises. L'utilisation, comme personnes ressources de policiers ayant surmonté de telles difficultés est un plus.)

- Meilleure affirmation, appréhension et règlement des enquêtes internes pour harcèlement.( Il semblerait apparemment - de source syndicale - que l'un des fonctionnaires s'étant donné la mort s’était déclaré victime dans une telle procédure en cours.)

- Enfin, reconnaissance de possibilités d'états de stress post-traumatique (ESPT) à court (événement exceptionnel), moyen ou long terme (par répétition des situations) et possibilité d’adoption sur dossier médical d'un statut de reconnaissance de maladie professionnelle. L'ESPT s'ajoute à des traumatismes extérieurs à la fonction, de même que certains syndromes possible dits de "Burn out" (usure professionnelle), et même sans les admettre de manière dogmatique comme une cause primordiale ou essentielle dans la mortalité par suicide dans la police, il est difficile d'en contester la part, souvent rajoutée à des traumatismes personnels (divorce, difficulté familiales, endettement...etc etc...)

- Debriefing systématique du personnel concerné par un suicide dans un service et association de celui-ci aux mesures locales de prévention*, de même qu’association du référent élu “prévention suicide” du service à l’enquête interne, avec communication par la hiérarchie des conclusions au personnel concerné. (*Le retrait systématique de l’arme en fin de service à tous les fonctionnaires d’un des services concernés par les suicides du 22/09/2011, dérogatoire à l’article 8 du Code de déontologie entendant une obligation d’intervention en flagrant délit hors service, est considéré par eux comme une infantilisation et une déqualification par suspicion générale de faillibilité)

- Présentation d’un bilan qualitatif annuel des interventions nationales de prévention et de celles du SSPO, du nombre de suicides et du décryptage (anonymisé) technique de leur causalité en association avec les centres d’aide aux policiers (ex : centre du Courbat de l’ANAS) et mise en place d’une journée nationale de consultation des personnels dans chaque service sur le “malaise” éventuel des effectifs, l’importance locale des ESPT et du “burn out”, et des solutions préconisées par le personnel, de même qu’un état de la gestion locale des interventions (anonymisées) du référent sus-mentionné. Retour qualifié de ces réunions à la cellule centrale, et affichage au personnel dans chaque service de ce bilan local, de même que de celui qualitatif et quantitatif national. Définition d’objectifs pour l’année à venir.


Le 24 septembre 2011,


Marc Louboutin
Journaliste et auteur de “Métier de chien” et “Flic c’est pas du cinoche”


Bénédicte Desforges
auteur de “FLiC” et “Police Mon Amour”

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 20:10

Strasbourg-3suicides
.../...



Le secrétaire général de l’organisation syndicale majoritaire – celui qui promet des grosses colères policières à intervalles réguliers - a déploré (si déplorer est la seule chose qu’il aime faire, on peut objecter qu’il le fait avec à-propos et dès que la situation l’exige.)
Il a en outre effectué un rapprochement éminemment clairvoyant entre ce qu’on appelle pudiquement le malaise dans la police et les suicides.

Cette série de suicides (pour raisons personnelles) est dramatique, et je crois bien, chers collègues, qu'il n'y a plus qu'une chose à faire :
Ne pas bouger. Obéir.
Faire comme si de rien n’était.
Gratter. Interpeller. Garder à vue.
De plus en plus.
S’optimiser. Obéir encore.
Se syndiquer.
Obéir encore.

Surtout ne changez rien.

Les suicidés de demain vous en seront éternellement reconnaissants.


 

Merci de poster vos remarques, si vous en avez, sous l'article du suicide de Nice.

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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

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