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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:36

 

 


Mise à jour :

Le cas des frénétiques débordements xénophobes et autres joyeusetés de Sidany Doutch, investie par le Front National pour les élections législatives 2012, repris par le Lab d’Europe 1, qui a pris contact avec le Front National, et a reçu des réponses pour le moins étonnantes...

Tous les interlocuteurs qu’Europe1 a eus au FN nient l’investiture de Sidany Doutch pour les législatives 2012.
Et ce, malgré la mention qui en est faite, entre autres, sur FN Infos, figurant dans la liste des sites officiels du Front National.
Mais aussi, comme l’indique Europe1, malgré la lettre d’investiture rédigée par Rémi Carillon, secrétaire départemental FN des Hauts-de-Seine, mise en copie sur la page facebook de Sidany Doutch et publiée par Fafwatch (si les instances du FN disent vrai, et vu leurs ardeurs procédurières, ils devraient déposer une plainte pour faux et usage de faux pour ce courrier à en-tête du Front National ?)
Et également, malgré sa précédente investiture aux cantonales 2011, ce qui témoigne que Sidany Doutch n’est pas totalement inconnue au Front National, et que la confiance de son parti lui a déjà été accordée dans le cadre d’une élection.

L’effet immédiat des frasques verbales de Sidany Doutch a donc été une négation collective de cette investiture, et un grand nettoyage (en cours, mais le cache de google est notre ami) des sites mentionnant son nom (le site mis en lien par Europe 1 hier a entre-temps été expurgé).

Mieux que ça, le site de la fédération Front National des Hauts de Seine, s’est vidé de tout son contenu (avantaprès) Il faut dire que ces temps-ci, les militants et candidats FN du 92 sont sous les feux de la rampe et mis à mal par le livre d’une journaliste infiltrée, laquelle d’ailleurs, s’était très vite vue confier des responsabilités, mais aussi proposer, dit-elle, une investiture dans le département.
Comme quoi ces investitures sont accordées n'importe comment à n’importe qui, avec un discernement très relatif…
Une taupe d’une part, une hystérique ordurière et raciste de l’autre.
Un électeur, fusse-t-il du Front National, peut tout de même rêver mieux que ça…
Mais aussi, et quoi qu’il vote, n’importe quel contribuable :

Une explication à ces investitures irresponsables, faites en dépit du bon sens et d’une essentielle discipline, à la va-vite et sans le minimum de vigilance nécessaire, est peut-être la course au financement des partis politiques [lien]
Les subventions publiques sont accordées à hauteur de 1.63 euros par suffrage obtenu, à la condition de présenter des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés au premier tour de la législative dans au moins 50 circonscriptions.
Sans oublier qu’une sanction financière est appliquée en cas de non respect de la parité hommes-femmes.
Bref. Il y a depuis cette loi, une débauche de candidats aux élections législatives, lesquelles se jouent à guichets fermés, avec beaucoup de figurants simplement là pour faire du chiffre.

Tout ça pour dire que ça me chagrine de n’avoir pas reçu de réponse de madame Arnautu, vice présidente du Front National et secrétaire régionale Ile de France, à qui j’ai adressé un mail la semaine dernière.
Mon message se terminait par une question simple :
« j’aimerais savoir si Sidany Doutch verra son investiture maintenue dans les Hauts-de-Seine. »

Je me fiche de connaître son avenir au Front National, c’est plutôt l’affaire de ceux qu’elle engage par ses propos et ses insultes, et il m’intéresse modérément de savoir si elle sera sanctionnée par son parti. À cet égard, j’ai juste l’impression de l’application stricte d’un "pas vu-pas pris"… pas vu médiatiquement, s’entend. Ça passe ou ça casse.
Ou en dernier recours, ça s'efface...

En revanche, savoir que l’argent public sert au financement de partis sur la base de tels petits arrangements entre amis, et qu'il existe quelque part en France des gens investis par un parti officiel, et assez abrutis pour s'imaginer une sorte d'immunité les autorisant à proférer de manière accessible des propos ignominieux, et de s'en féliciter, est bien plus dérangeant et signe de la très mauvaise santé de la sphère politique.

Alors, Madame Arnautu répondant aux  Inrocks peut bien noyer le poisson, mettre en garde, et s’émouvoir de la possibilité de personnalités fragiles ou borderline parmi ses ouailles, il m’est avis que tout électorat a droit au respect, et qu’au lieu de prendre le problème à l’envers, il appartient aux responsables du FN d’opérer des choix fiables, de les assumer, et au cas où, de se souvenir de l’invariable trajectoire du boomerang.

 

Ailleurs :

Europe1-LeLab

Les Inrocks 2012

Express

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 20:21

BleuBlancRouge

Vive Marine, vive la France mort aux rats !

Ce genre de race a tendance à durer, ils sont résistants c’est comme toute les raclures et les parasites tu t‘en débarasse jamais !!!

Sarko n’est même pas français, sa femme est la honte de la république, c’est une vrai trainée qui n’a aucun égard vis à vis des Français !!!

« On te parle pas parce que t’es conne et ça risque de t’instruire déjà enlève ta cape à moins qu’avec ça tu t’envoleras plus vite dans ton pays.
Maintenant dégages !!! »
(à une "muzz")

Ho la sale gueule
(en parlant d’Eva Joly)

Tu veux dire une suceuse de première la Carla


Etc.
Le reste, les images et les réparties des bons amis sont sur FAFWATCH qui a fait là une pêche miraculeuse, et a bien voulu nous faire partager sa nausée, en mettant en ligne d’incroyables captures d’écran.
Ces extraits proviennent de la page facebook de Sidany Doutch, investie par le Front National pour les élections législatives 2012, sur la 8è circonscription des Hauts-de-Seine.

Il y avait la droite décomplexée, eh bien maintenant il y a Sidany Doutch et ses copains d’une droite extrêmement désinhibée.

Les commentaires et propos de Sidany Doutch et de sa clique se résument à une avalanche de propos orduriers, racistes, et déluge d’insultes ad hominem dès que l’occasion se présente sous la forme de tout ce qu’il y a à haïr et agonir pour ces militants et sympathisants FN.
Tout y passe…
Il y a potentiellement un procès en diffamation et injure publique toutes les deux lignes.

C’est ce qu’ils appellent la liberté d’expression, et cette liberté n’a pour eux aucune limite. Ni celle de la sphère privée, discrète, et inaccessible, ni celle de la loi.
Ils ne réalisent toutefois pas, qualitativement, de grandes prouesses d’expression, car une fois qu’ils ont clavioté et psalmodié leurs rengaines du saucisson pinard burka peine de mort quelle honte et pauvre France, il ne reste plus grand-chose du débat d’idées, sinon à s’adonner à l’injure et à l’outrance jusqu’au dernier pixel.

Tout ça est pourtant banal sur internet, les crétins incultes et haineux sont légion.
Ce qui l’est moins est que Sidany Doutch est officiellement investie par son parti pour les législatives de 2012 - ce qui, aussi insignifiante et pitoyable soit-elle, est tout de même une particularité qui fait envisager ces propos et "dérapages" différemment - et qu’elle semble se foutre de ce mandat comme de sa première nuisette.
Ou alors, tout ça fait partie du discours et de l’argumentaire fourni par le parti ? du folklore du FN ? Ou bien, le Front National permet des écarts, et octroie une marge de tolérance à ceux et à celles à qui est donnée une investiture, et la responsabilité de séduire un électorat ? Et là, c’est pas gagné…

Sidany Doutch prend aussi la pose devant l’objectif. En sous-vêtements. Et quand bien même, les photos ne seraient pas si glauques, vulgaires, et explicitement racoleuses, la candidate FN aux législatives 2012 ne semble pas se rendre compte de l’effet que tout ça produit. En tout état de cause, un effet bien plus consternant que celui que pouvait susciter la photo de l’ambassadeur de Tunisie que Marine Le Pen avait été débusquer sur le site Copains d’Avant.
« Pour l’honneur et pour la dignité des Français » avait alors dit Madame Le Pen ce jour-là, la photo à la main, en réclamant la démission du diplomate. [vidéo]


Pour l’honneur et la dignité des Français, pour le respect du suffrage universel, des électeurs, et des institutions de la République, pour l’image de la politique et de tous les engagements militants, Marine Le Pen saura-t-elle faire preuve de discernement et de cohérence, et renvoyer Sidany Doutch à ses dentelles et son Bescherelle, pour qu’accessoirement elle puisse se livrer à ses dérives insultatoires loin de la vie politique française ?

C’est une affaire à suivre.

[suite ]

source : FAFWATCH

 

d'autres commentaires sur AgoraVox [lire]

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 14:01

urne


C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime.

Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ?

Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries.

Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ?

Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, - par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, - par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ?

Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales.

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ?
Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien. Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage. Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, - et que tu nous imposes par ton imbécillité.

C’est bien toi le Souverain, que l’on flagorne et que l’on dupe. Les discours t’encensent. Les affiches te raccrochent ; tu aimes les âneries et les courtisaneries : sois satisfait, en attendant d’être fusillé aux colonies, d’être massacré aux frontières, à l’ombre de ton drapeau.

Si des langues intéressées pourlèchent ta fiente royale, ô Souverain ! Si des candidats affamés de commandements et bourrés de platitudes, brossent l’échine et la croupe de ton autocratie de papier ; Si tu te grises de l’encens et des promesses que te déversent ceux qui t’ont toujours trahi, te trompent et te vendront demain : c’est que toi-même tu leur ressembles. C’est que tu ne vaux pas mieux que la horde de tes faméliques adulateurs. C’est que n’ayant pu t’élever à la conscience de ton individualité et de ton indépendance, tu es incapable de t’affranchir par toi-même. Tu ne veux, donc tu ne peux être libre.

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action.

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement du pourras vivre pleinement.


Albert Libertad

1er mars 1906
[texte publié dans le journal l’Anarchie]

 

il vous reste 12 minutes pour vous inscrire sur les listes électorales

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 22:26

hache

2012 sera l’année des sales cons.
En 2012, c’est certain, on sera nous aussi des sales cons. Y’a pas de raison.
Pour commencer, on va casser nos jouets de 2011.
Parce qu’on est capricieux, qu’on en a déjà marre de jouer avec la grosse poupée qui dit oui oui oui à tout le monde, et avec les petits soldats et leurs pistolets en plastique qui tirent du vent. Et puis on a envie de bâtir des tas de châteaux de sable. Non, des châteaux de cartes plutôt, la mer c’est trop loin, et les plages de Normandie, ça pue la mort et la décadence.
Et ensuite, on ira mater la grande partouze politico-médiatique des apparatchiks.
Les auto-proclamés indispensables de la presse libre et démocratique, les arrogants mini-prédicateurs de la télé alignée, so funny ! les gras du bide ignares de la radio bruit de fond, et autres ectoplasmes merdiatiques et nano-gourous d’internet.

J’aime beaucoup ce que tu fais. Complètement d'accord. J’aime j’aime j’aime. Laisse-moi te flatter avec application, te courtiser, être ton friend, ton follower, laisse-moi être d’accord avec ce que tu postillonnes, enfin, laisse-moi espérer que tu me remarqueras et m’accorderas un lol. Juste un petit lol de rien du tout.

On ira au bal des normopathes, on s’assoira au bord de la piste aux étoiles, et on les regardera gesticuler sur ce tout petit tapis qu’est même pas volant.
Et on se dira des horreurs.
Ils ne servent à rien.
Nous non plus, mais nous on le sait et on s’en fout.

BD & ML

C’est Marc Louboutin qui commence :

 

Chronique de l’inutile

 

L’approche de l’échéance présidentielle réveille une race de "journalistes" particulièrement insupportable : les "chroniqueurs politiques".
Nous les croisons partout, oh, pas seulement les invités perpétuels des plateaux télévisés, mais aussi les autres dont le terrain de chasse préféré pour accéder à la lumière médiatique à la force du clavier sont les réseaux sociaux, les blogs, et évidemment Facebook et Twitter, surfaces sur lesquelles la courbe ascendante de leur nombre d’amis et de followers est sans doute la cause de leur "demi-molle" au réveil.
Ils se battent dur, pour une matinale radiophonique, une invitation régulière sur une chaîne d’information en continu, pour quelques citations publiques de leur nom.
Ne soyons pas dupe, c’est leur première et seule motivation.
Car pour le reste qu’ont-ils à révéler ?
Rien la plupart du temps.
Quelques faux scoops négociés en sous-main, une impertinence de façade qui nous masque qu’ils sont copains comme cochons avec de nombreux politiques, une bonne conscience bourgeoise drapée, au choix, d’un semblant de tricolore, de rouge tout court ou plus souvent d’un rose qui n’a rien de populaire.

Les élections majeures sont leur nirvana, cela déploie de l’énergie à revendre pour trouver le bon mot, l’humour plus ou moins habile présenté comme un acte, là aussi de manière optionnelle, militant ou de résistance.
Parmi ceux là, ceux qui se réclament de la gauche (l’un d’eux s’est même pris pour l’esprit de Mitterrand, c’est dire…) sont les plus précieusement ridicules à bien les entendre, à les décrypter…
Leur caution est la pression énorme que le gouvernement ferait (conditionnel affirmé) peser sur eux.
Ben ouais les louloutes, pour exister il faut résister au péril de sa vie.
Stéphane Hessel, sortez vite de ces corps médiatiques !
C’est oublier, vite que ces gaillards qui mettent, n’en doutons pas à les écouter, leurs existences mégalomaniaques dans le pire des périls, voient régulièrement leurs ennemis politiques dans leur vraie vie (pas celle qu’ils nous racontent) qui sont justement ceux dont ils aiment à nous faire gober qu’ils diffuseraient des avis de recherche les concernant, façon "Wanted Dead or Alive" d’un montant à faire chevaucher nuit et jour un Josh Randall ressuscité.
Qu’ils sont magnifiques, ces chroniqueurs futiles, que l’on imaginerait presque, à les entendre, préparer leurs éditoriaux au fond d’une cave clandestine avec la même ferveur que les fondateurs du journal Combat sous l’occupation…

Mais leurs bons mots, leur quête de la phrase assassine autopsiée au détour d’un article, leurs analyses méprisantes pour le commun des lecteurs, sont le plus souvent négociées entre deux plats ou un verre sur une table à la mode derrière laquelle s’asseoir une fois dans sa vie contenterait les envies de luxe de la plupart d’entre nous…
Leur bâton de Maréchal est l’entretien d’une rumeur selon laquelle ils seraient « écoutés » par les grandes oreilles du gouvernement, espionnage fictif en forme d’assaisonnement pour épicer leur autopromotion.
Alors même, écoutons les bien, que dans quelques mois ils se vanteront d’avoir The contact à la DCRI qui leur permet, branlette de l’extase médiatique suprême, de connaître les résultats des deux tours bien avant même le commun des mortels, suspendus au moindre indice (c’est bon pour l’audience coco !) sorti du clavier ou des lèvres de ces demi-dieux de carton pâte.

Voilà donc des preux chevaliers de l’indiscrétion politique qui arrivent à faire gober à leurs fans énamourés qu’ils seraient "pourchassés" dans leur quête solitaire de la vérité, qu’ils sont évidemment les seuls à maîtriser, par ceux là même qui leurs donnent des informations en sous-main…
Il y a quelque chose de l’humour absurde à la Sacré Graal des Monthy Python dans ce story-telling les concernant (exactement le même qu’ils dénoncent chez les politiques) dont ils vont, encore, nous abreuver avec suffisance durant toute l’année 2012.
Mais si nous faisons leur bilan, qu’y trouve t’on ? Une seule information sérieuse et exclusive sur un dysfonctionnement grave ? Un vrai secret d’État ? Une enquête un peu fouillée ? Les trouvera-t-on à dénoncer avec force un mensonge ou une manipulation ministérielle ?
Jamais.

Inutile d’ailleurs de les mettre sur ces pistes, si vous en connaissiez une par extraordinaire, cela ne les intéresse pas.
Ils ne tirent jamais les premiers, c’est une règle.
Ils connaissent par cœur les non-dits de la République, mais ne comptez pas sur eux, jamais, pour les révéler en premier, c’est une règle. Une fois le scoop sorti ailleurs, avec un mépris de Cardinal, ils vous diront, tous : « Je le savais depuis des mois… »
Juste histoire de vous prouver leur connaissance pointue des secrets d’alcôve de la politique.
Reste une question essentielle que leurs groupies (Justin Bieber est sans doute leur modèle non avoué) ne leur posent jamais tant les verres fumés obligatoires pour supporter l’éclat de ces stars artificielles du commentaire politique semblent les aveugler.
Pourquoi n’ont-ils pas balancé l’information avant, nos admirables maquisards de l’opinion ?
Simplement parce que tout cela n’est que business et non pas du journalisme.
Ces icônes du potin calculé, du trait d’esprit acéré qui n’est que coup de poignard de théâtre, sont simplement des figurants actifs du back room d’accès à la grande partouze médiatique que sont les élections.
Pas question de mordre vraiment pour ces Yorkshire de concours de beauté qui se rêvent loups des steppes.

L’un d’eux, se voulant une des têtes de file d’une intelligentsia de gauche, me confia un jour que son minimum vital de survie financière se chiffrait à 4000 €uros, rentrée mensuelle minimum dont il estimait qu’elle représentait la précarité… À mon étonnement légitime la réponse fut spontanée et sans appel : « Nous n’avons pas les mêmes besoins…»
J’ai mieux compris ce jour-là les limites imposées de l’exercice du jeu de rôle de ces impertinents en creux, de ces Ethan Hunt de la main dans la culotte.
Jouant le même rôle, avec les mêmes techniques d’acteurs et de semblables motivations que les politiques, nous allons devoir supporter leur cirque au moins jusqu’en juin.
Ne nous y trompons pas.
Ces chroniqueurs de l’inutile ne sont pour les meilleurs que l’orchestre du bal électoral jouant des ritournelles à la demande. Les autres passent servilement les plateaux de coupes de champagne, ou servent avec humilité les petits fours.
Mais tous ne sont que du personnel de maison qui bande dur d’avoir obtenu le droit de partager un coin du parquet, quelques rayons des lustres en cristal ou juste avoir le droit de sauter sur le gravier de la cour d’honneur pour réussir à apercevoir à travers les fenêtres trop hautes pour leur taille quelques passes des quadrilles.
Ces chroniqueurs, ces éditorialistes, ne sont utiles, finalement, qu’à ceux qu’ils font mine d’égratigner pour mieux les servir…

ML

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:25

 

EricLales

 

Quelle tristesse…
Quelle banalité aussi.
Une patrouille, une chasse, et ça défouraille.

Ce sont des mecs tellement cons qu’ils en ont tué un de leur bande avant de toucher Éric Lales. Et des mecs tellement nazes qu’ils braquaient des surgelés.
Mais tellement fous, tellement déterminés, tellement des pourritures d’humanité, que c’est à la kalachnikov qu’ils l'ont eu.
Et ce n’était pas d'une balle perdue, chargée de circonstances atténuantes et de hasard, c’était une balle pour tuer un flic. Pour des surgelés.

Alors, Éric Lales est mort une première fois dans les lignes d’un grand quotidien, très peu de temps après la fusillade. Eric Lales avait un tel trou dans la tête qu’on aurait pu y glisser un poing, mais il s’accrochait diablement, il commençait son éphémère survie malgré l’avis des médias.

Mais c’était un impossible combat, et la vie a fini par l’abandonner dix jours après.
Deux fois à quelques heures d’intervalle...

Et la seconde fois, on a entendu un bruit terrible sous la terre, partout en France.

C’était le bruit que font les flics morts quand ils se retournent dans leur tombe.



 

  • Lire l'autre histoire sur PLUME DE PRESSE  :

(1) Le policier était en état de mort cérébrale avant la visite présidentielle : l’ignoble mascarade funèbre de Sarkozy

(2) Sarkozy au chevet d’un mort : la suite

  • ...et comment se géolocalise une opération de communication :

Policier décédé, Foursquare : morbide indécence de Sarkozy

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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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