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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 12:00

 

Je ne change pas une ligne entre celui de l’année dernière et le Sidaction 2012.
C’est le grand show, la piste aux étoiles.


 

sidaction2011

 

 

Ils sont bien jolis, ces ambassadeurs d’un jour de la lutte contre le Virus.
Tous, ils sont allés, haute couture et très basse cour, défiler sur les écrans, avec leur ruban rouge par-dessus leur cœur sec, et leur mine compassée, pour délivrer leur message d'amour capoté au bon peuple de télédécérébrés.

Pécho c’est bien, se protéger c’est mieux.

Ils se sont réunis, la caste séronégative du marketing humanitaire, autour de Pierre Bergé et Line Renaud, les maîtres de cérémonie à l’occulte rémunération. Et ils ont bu du champagne, et ils se sont fait tirer le portrait, fardés et sapés. Egos turgescents devant des gros noeuds rouges. Interviews et nouvelles stars. Comédie et comédiens. Chanteurs, fausses notes et fautes de goût. Indécence. Ils se sont fait héros, en lutte contre le grand ravage. Certains les ont même trouvés émouvants.

Sortez couverts. De honte.

J’avais vomi le baiser de Clémentine Célarié au séropo. Avec la langue. Pour mieux voler l’âme de la maladie et la revendre. À son compte. Fatalement.
Pour en faire du clip, du making-of de Sidaction, de la chanson et du slogan, de l’égérie, d’un seul coup de bouche hypocrite, du fric et de la renommée.

Ne laissons pas gagner la maladie. Combien gagne-t-on à la rejouer ?

Elle, héroïsme factice et simulé sous des applaudissements bien portants,
Et lui, pestiféré, désigné intouchable par cette démonstration, avec son mauvais sang, et sa tête d’exploité ébahi qui aurait gagné au loto salivaire de la star en mal de scènes.
Mise en scène.

Le Sida tue encore.

Ils sont venus, ils sont tous là, à la fête du Virus-prétexte.
Des VIP pour le VIH.
Le Sida, c'est ta secret-story ou pas ?
Ils sont tous là, le créneau Sida affiche complet.
Et tous, ils sont plombés. Syndrome d’Immuno Décadence Artistique.
Les autres n’avaient rien à dire, rien à déclarer, rien pour la télé, rien à faire briller.
Anonymes. Ils n’ont pas reçu de carton.

Le Sida ça plombe l’ambiance.

Le virus du Sidaction, il faut qu’il soit mignon comme une microscopie électronique, petit oursin piquant et même pas mal, glamour à fond, lisse et vernis, il faut qu’il soit désincarné, sans biologie, ni anatomie. Sans sérologie. Le VIH du Sidaction, il se chante, il se rigole, il se trinque.
Les malades, les séropositifs, les médecins, les chercheurs, les associations, ne sont pas en prime time, ils reviendront un autre jour. Peut-être. Le prime time, c’est fait pour rigoler. Pour oublier.
À force d’être pris pour des cons, on le devient.
On se prête au jeu. On finira par trouver ça normal de jouer au con.
On ne parle plus sérieusement des choses sérieuses.
Plus rien ne vaut un peu de rigueur. Plus rien n'est vraiment grave.

Dans le monde, une personne meurt du Sida toutes les 10 secondes.

Il parait que le compteur à fric ne tourne pas si vite qu’il le faudrait.
Il parait que c’est bien ennuyeux parce que l’État a des oursins dans le porte-monnaie.
Charity bizness, frais de fonctionnement, salaires trop gras, the show must go on, mais il parait que ça s’est su.

Mais alors, qui va gagner des millions ?
- Il y répond à la question ? Il prend un joker ce crétin à paillettes ?
- Il a tout faux ! C’est foutu.
- Ton sort était entre ses mains. Célèbre et inculte.
- C’est vraiment foutu. Éliminé.
- Ah le con ! il veut donc que je meure !

Sidaction 2010



Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 12:38

 

JJ.Urvoas

 

 

Jean-Jacques Urvoas, député, vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, et secrétaire national du PS chargé de la sécurité :

"Si je comprends bien le RAID n'est donc pas capable en 30 h d'aller chercher un individu seul dans un appartement ?"

Non monsieur, vous ne comprenez pas, vous ne comprenez rien, et ce que vous avancez est scandaleux.
Et vous seriez bien inspiré de vous en expliquer auprès des fonctionnaires de police du R.A.I.D.
Mais bien sûr, vous êtes un spécialiste de la sécurité...
Allez, bon tweet.


BRAVO et MERCI à tous les collègues intervenants à Toulouse, et au RAID en particulier. Et prompt rétablissement aux blessés.


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 23:55

Moebius1

 

Merci pour tant de talent,
pour le rêve, pour la couleur bleue, pour la magie,
et tous les voyages avec les grands oiseaux de Métal Hurlant.


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 01:30

chiottes

 

Il y a un mois,  FAFWATCH publiait un certain nombre de captures d’écran présentant sous toutes ses coutures idéologiques et... difficilement plastiques, Sidany Doutch, une candidate investie par le Front National pour les élections législatives 2012, dans les Hauts-de-Seine.

Deux jours plus tard, je reprenais tout ça ici-même, me souvenant au passage que si Marine Le Pen avait été extrêmement choquée, oulalalaaaa! par la photo d’un ambassadeur de France en maillot de bain, quelqu’un de son staff serait peut-être sensible aux images mises en ligne par sa candidate, et que du coup il pourrait joindre l’utile à l’agréable et prendre tout son temps pour découvrir le lot d’insanités que Sidany Doutch avec sa bande d’abrutis sympathisants décérébrés et de minables groupies, érige en argumentaire pour combat politique.

Je ne vais pas à nouveau reporter d’extraits ici, on les assez lus.
On se rappellera juste qu’au-delà de l’énoncé consternant de leurs vérités sur le monde, de leurs intelligences anémiques indignes d’un pissenlit en échec scolaire, leur vulgarité galvanisée par la surenchère, il y a lieu de se demander si le suffrage universel n’est parfois pas un fléau, et que s’il restait une discrimination à plaider dans cette société où merdalors, madame Michu, si on peut même plus dire c’qu’on pense ! ce serait bien de reconnaître qu’il existe tout de même des gens incroyablement plus cons et pourris que d’autres. Avec lesquels on n’a aucune envie de débattre, tant leur idiotie est rédhibitoire, et à qui on démonterait volontiers la face à coups d’outils agricoles.
Oui, je sais, c’est mal.
Mais le bien le mal, le mal le bien, madame Michu, aujourd’hui c’est très flou…

D’après le site officiel du Front National, et également mentionné ailleurs, Sidany Doutch ne s’est pas vue retirer son investiture.
Je n’ai d’ailleurs pas eu de réponse des responsables du Front National que j’ai contactés, ce que je considère comme du mépris pour la citoyenne contribuable que je suis qui se retrouvera à raquer comme tout le monde pour le financement des partis politiques qui auront saturé leurs listes de crétins encartés pour ramasser le plus possible.

En revanche, j’ai trouvé par terre - un distrait l’aura égaré – la capture d’écran du mail que Rémi Carillon, responsable de la fédération FN 92 - et donc de Sidany Doutch - a envoyé à ses adhérents suite au coming-out sauvage sur Fafwatch, et 3 jours après mon enfonçage de clou.

Screens + copie :

 

rcarillon-1
Il est évident que la menace que représente Marine pour le pouvoir en place allait avoir pour conséquences les pires ignominies, dignes de régimes d’une autre époque. Les médisances, les calomnies sont en cours : c’est une guerre qui nous est déclarée (au delà des difficultés à obtenir nos parrainages). Écoutes téléphoniques, passage au crible de nos mails, sms, coups de fil, sites (blogs, face book, etc.) : tout y est.
Nous devons donc veiller à avoir une attitude irréprochable, nous mêmes, et avoir une vigilance accrue dans les échanges de toutes sortes. Je vous demande de bien vérifier vos blogs et pages internet et, au besoin, de les fermer. Les profils FaceBook de certains de nos adhérents montrent qu’ils ont perdu le sens commun, et ne se rendent visiblement pas compte qu’ils véhiculent l’image du Front National : on ne mélange pas politique et vie perso.
Outre le but clairement exprimé de déstabiliser Marine, il y a aussi celui de nous diviser et de jeter l’opprobre sur des membres de notre équipe : ne tombons pas dans le panneau et au contraire, faisons preuve d’une solidarité essentielle entre nous et avec Marine.
Je vous recommande, d’abord et avant tout, beaucoup de calme, de sang froid et de recul. En cas de doute, pas de réaction isolée, intempestive et épidermique : tenez moi au courant d’abord.
Restons strictement sur le plan politique, sans pour autant nous censurer : nous n’avons rien à nous reprocher. Ayons toujours en tête que des taupes sont présentes chez nous (y compris chez les jeunes) et que nos propos seront analysés et, évidemment, honteusement déformés.
Alors pas de paranoïa, mais un sens des responsabilités plus que jamais nécessaire. Tout ce que nous disons, faisons, écrivons, peut être écouté, vu et lu : ayons toujours cela en tête.
Cordialement.

rcarillon-2

 
Après lecture attentive, on observe qu’il n’est nulle part question de condamner quoi que ce soit, ou de se désolidariser de qui que ce soit.
C’est tout le contraire qui est dit.
Le recadrage se fait autour de conseils de prudence, mais absolument pas sur le fond, sur la manière de dire ses idées ou sur les idées elles-mêmes. Rien n'est disqualifiant.
L'ignominie, les médisances, la calomnie (le tout assorti d'une inévitable allusion aux z'heuresombresdelhistoire) n'existent que hors du FN.
L’important est bel et bien l’image, et la dédiabolisation que l’on attribue au FN de deuxième génération n’est qu’un vernis et un concept de marketing.
Sidany Doutch a fermé sa page facebook, elle figure toujours sur la liste des investitures pour les législatives 2012 des Hauts de Seine, tout ça n’est pas bien grave, c’est une affaire classée.

Le Front National a décidément mis la barre très haut.

 

épisodes précédents :



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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 14:12

lettre ouverte à Claude Guéant, Ministre de l'Intérieur

 

 

 

zamours

 

 

Objet : demande d'indulgence.



Monsieur le Ministre,


Nous venons d’apprendre par la rumeur, qui décidément ne cesse de surprendre, qu’un de nos ex collègues, le lieutenant de police Y. exerçant en banlieue parisienne, venait de tomber dans une drôle d’affaire, et faisait l’objet d’une procédure disciplinaire.

Ce fonctionnaire de police n’a pourtant pas volé, pas davantage commis de violences policières interdites par les conventions de Genève, il n’a pas non plus insulté sa hiérarchie, ou pire un ministre, pas plus qu’il n’a participé à des viols collectifs entre policiers.
Non, monsieur le Ministre, il s’est bêtement fait détroncher alors qu’il participait avec son épouse à une émission de divertissement sur France Télévision - affligeante, on vous l’accorde - sans en avoir préalablement demandé une autorisation qui ne lui aurait peut-être pas été accordée.

La demande d’indulgence que nous vous adressons aujourd’hui aurait pu avoir un autre goût, du panache, de l’envergure, un retentissement médiatique international, si seulement Y. n’avait pas eu l’extravagance d’aller se vautrer administrativement sur le plateau de Les Z’amours, une misère télévisuelle qui logiquement provoque un effet immédiat sur toutes les télécommandes bien portantes.

Le lieutenant Y. aurait pu aller pérorer sur un plateau à audience, en prime time, galvanisé par des présentateurs de renom, il aurait raconté des histoires invraisemblables, en aurait même inventées, il se serait pris pour la star d’un soir, et se serait imaginé une influence majeure sur la marche du monde. Il aurait pu recommencer le lendemain, rejouer la même, et puis encore le lendemain, et ainsi de suite… Là bien sûr, une sanction impitoyable aurait été justifiée, et une supplication d’indulgence aurait été sans effet.
Mais voilà, ça n’a pas été le cas. Y. a joué petit. Tout petit. Une minuscule prestation sans conséquences dont personne ne se souviendra.

L’image de la police nationale et le respect de l’obligation de réserve sont des concepts sérieux, et n’importe qui ne peut pas en faire n’importe quoi sans répondre de ses écarts et les assumer.

Mais pour Les Z’Amours, Monsieur le Ministre, saurez-vous être magnanime avec le pauvre lieutenant Y. dont la circonstance atténuante est d’avoir eu de mauvaises fréquentations quand il était affecté à la PAF Orly, et peut-être par mimétisme ou par naïveté, imaginer que tout fonctionnaire de police en activité pouvait impunément aller faire son show à la télévision ?

C’est parce que nous avons entière confiance en votre sens de l’équité, Monsieur le Ministre, et qu’il ne peut pas y avoir, comme disait Nicolas Sarkozy pas plus tard qu’hier soir, deux poids et deux grosses mesures, que nous vous demandons de bien vouloir considérer le cas du lieutenant Y. avec indulgence et compréhension, et l’acquitter pour son insignifiante transgression.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, l'expression de notre respect et sincère considération.

 

 

 

Bénédicte Desforges et Marc Louboutin
auteurs et ex lieutenants de police

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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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