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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 21:45

 

police-gendarmerie1

 

 

Je me fais le relais d’un jeune homme à qui tout réussit, mais qui ces temps-ci, se colle des migraines à force de succès aux concours, et… de ne pas savoir choisir entre la police et la gendarmerie.
Il a besoin de conseils, des avis éclairés des uns et des autres, et il attend vos remarques avec intérêt et impatience. Voilà ce qu’il nous dit :

 

« Je vous écris car je suis dans ce que l'on pourrait appeler une impasse.
Je suis actuellement gendarme-adjoint dans une brigade territoriale.
J'ai réussi le concours de sous-officier de gendarmerie, et je viens d'apprendre que je suis également reçu au concours de gardien de la paix, affectation île de France.
Soit dit en passant, ce concours-là me crée l’obligation de passer un minimum de 8 ans à Paris.

Pour ce qui en est de l’avenir immédiat et de la scolarité, si je choisis la filière gendarmerie, je rentrerai en école de sous-officier dans quelques mois. Mais si je choisis la police, je devrai encore attendre environ un an et demi avant l'incorporation dans une école de la paix.

Ensuite, je sais que chacun des choix qui s’offrent à moi présente des avantages et des inconvénients.
Par exemple, coté police, il y a beaucoup de postes en DOPC en première affectation, coté gendarmerie, les horaires sont souvent lourds, le risque d'être affecté dans un coin perdu n’est pas négligeable, avec tous les problèmes de vie de couple et vie de famille, changements de mode de vie que cela suppose. Et j'en passe.

De plus, tout ce qui précède, c’est sans parler de la fusion et de l’avenir de ces deux institutions, qui ont autant de dénominateurs communs (prévention, répression, ordre public, et tutti quanti) que de différences (civils et militaires…)

Voilà où j’en suis de ma réflexion sur ma carrière professionnelle, je tourne en rond, et je n'arrive pas à déterminer si je dois lier mon destin à la police ou la gendarmerie…
Et là, je dois faire un choix rapidement !

Quel est votre avis sur la question, et que feriez-vous à ma place ? »


Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 21:02

 


 

Quand il est arrivé au cours, il ne devait pas avoir plus de sept ans.
Il ne savait pas se servir de son corps, de ses poings, de ses pieds. L’espace lui semblait étranger, il ne savait pas se l’approprier, il était incapable de bouger sans penser à ses gestes. Il était lent, il n’osait pas, s’épuisait de trop de retenue. Il n’aimait pas que je lui montre comment serrer le poing, sa main dans la mienne pour placer son pouce sous ses petits doigts repliés. Il n’aimait pas une main sur l’épaule ou dans le dos pour l’aider à une technique. Il n’aimait pas le combat parce qu’il n’aimait pas qu’on le touche, mais quand ça arrivait, il se fichait d’avoir mal. Il n’aimait pas les katas, parce qu’il n’aimait pas qu’on le regarde. Alors il regardait par terre et se perdait. Il ne savait plus où il était, ne savait plus ou aller. Il s’immobilisait en se mordant la lèvre, essayait de se rappeler s’il devait avancer ou reculer. Il perdait l’équilibre à force de se demander comment rester debout.
Il n’était jamais tout à fait là, le regard vers nulle part, il paraissait s’absenter de lui-même.
Il ne disait jamais rien.
Un jour, je lui ai passé une médaille de bronze autour du cou, et je l’ai embrassé comme les autres enfants, pour lui souhaiter de bonnes vacances. Il a eu un frisson, il n’aimait pas qu’on l’approche.
Mais il ne disait rien.
Les enfants sont partis. Le prof et moi on a rangé la salle. On s’est dit qu’il avait changé, qu’il évoluait tout doucement, et qu’un art martial c’était bien pour lui.
Et on a fait le calcul des années de prison qui restaient à purger à son père.
Peut-être encore dix ans.
Et on s’est demandés s’il serait capable de lui casser la gueule à sa sortie.


26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 16:14

 

 

Par SOLIDARITÉ avec les collègues du 93 :
Appel national à ne plus faire d’IRAS et de contraventions,
afin qu’ils puissent ENFIN se faire entendre.


Faire suivre à tous vos contacts policiers.(*)

 

 

manifestation-policiers-Noisy-le-Sec avril2012 1

manifestation-policiers-Noisy-le-Sec avril2012 2

 

(*) texto à diffusion massive reçu aujourd'hui.

 

et enfonçage de clou par Marc Louboutin à midi sur Radio France :

 

 

manif DDSP93 24avril2012
Bobigny DDSP93 - 24 avril 2012

 

revendications-avril2012

 

manifestation-service-minimum-avril2012

manif Nice 27avril2012
Nice - 27 avril 2012 [video]

 

manif Montpellier 27avril2012
Montpellier - 27 avril 2012 - opération gyrophares [lien]

 


Bordeaux - 28 avril 2012

 

 

RASSEMBLEMENTS PRÉVUS :

. lundi 30 avril, 15h : Bobigny à l'ancienne DDSP93
mise à jour : Plus de 300 collègues étaient sur place (78, 75, 92, 93, 94, et aussi des policiers municipaux) Le collectif a été reçu par le préfet du 93. Une commission constituée de collègues sera mise en place. Les syndicats présents mais en retrait ne sont pas intervenus, laissant "le collectif 93" gérer.
. mardi 1er mai, 18h : Nice, 3ème mobilisation ! [Nice Matin] [France 3]
. mardi 1er mai : Evry devant la pref 91 [NouvelObs]
. mardi 1er mai : Lyon place Bellecour [NouvelObs]
. mercredi 2 mai, 13h : Nanterre devant la préfecture
. mercredi 2 mai, de 12 à 14 h : Marseille devant la préfecture
 --- rassemblement en civil et sans gyrophare---
. mercredi 2 mai, 22h30 : Toulon place de la Liberté
. jeudi 3 mai, 13 h : Bordeaux devant le commissariat

 

Merci à Police-info pour son flux d'infos en temps réel !

 

Je complèterai cet article rapidement, et y rajouterai les compléments d'information nécessaires.
Les collègues sont évidemment libres s'ils le souhaitent, d'apporter les infos dont ils disposent, ou d'exprimer leur opinion dans les commentaires.


Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 15:05

tweet-Trierweiler

 

* avec quelques raisons de ne pas y croire.

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 21:08

Mohamed Merah

 

Quand ça a commencé à flinguer, ils ont attendu le néonazi. Un nostalgique, un tueur d’Arabes et de Juifs qui aurait été élevé à l’hideuse mamelle de la sale Nation française. Et bercé tout contre le mur au chant de l’hymne raciste. Et qui aurait appris à parler avec un ministre de l’Intérieur. Ah ça ! On peut dire qu’ils l’ont espéré de toutes leurs forces, de toutes leurs intimes convictions ! Ça aurait été une affaire tellement simple à raconter, et des responsables si évidents à accabler. Un décryptage presque enfantin. La première balle n’était pas encore engagée dans le canon qu’ils savaient déjà tout de lui.
À ce moment de l’affaire, chacun était déjà expert en profilage criminel.

Et puis, méchant coup de théâtre dans les crânes, rétropédalage et tragédie à Boboland, le néonazi s’est effacé sur la pointe des rangers pour laisser toutes les scènes de crime à Merah, un garçon au sourire ahuri qui aimait bien faire des dérapages contrôlés en BMW. Wesh wesh et vos races, bande de blaireaux, vous ne l’aviez pas vu venir celui-là.
Il a fallu faire la bascule du 3ème Reich au djihad en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Mais suffisamment de temps pour que chacun devienne comportementaliste et expert en psychologie, capable d’expliquer comment la société, la politique, la télé-réalité, les boissons gazeuses et les jeux vidéos, avaient pu engendrer un tel monstre.

Pendant ce temps, le RAID tentait d’attraper cette raclure vivante et consentait, le jour passant, à ses ultimatums successifs. En fait, tout le monde était très impatient qu’il se fasse refroidir. La presse attendait la bonne nouvelle au fond d’une rue de Toulouse, et nous autres sur BFM-TV qui tuait le temps en invitant des gens qui n’avaient rien à dire. À un moment de la nuit, on y a cru. BOOOM ! Le journaliste qui était en train de meubler l’attente avec des considérations météorologiques a disparu de l’écran, on a cru qu’il était mort, mais en fait non, il avait plongé à terre au son d’une grenade à bruit du RAID. Le cameraman est resté debout, lui.
La matinée suivante, une trentaine de petites heures après que Merah se fut retranché, le RAID a donné l’assaut. Et a liquidé Merah qui leur tirait encore dessus tout en sautant par la fenêtre. À moins qu’il n’ait été jeté par-dessus le balcon par des flics d’élite, c’est vrai quoi, on ne sait jamais avec ces gens-là.
À partir de là, tout le monde est devenu spécialiste en techniques de police et interventions.

Le gendarme Prouteau, riche de ses souvenirs des Irlandais de Vincennes - ce bon vieux temps où il suffisait aux pandores de planquer armes et indices chez des gens pour en faire des terroristes - des écoutes illégales de l’Élysée, et des condamnations en justice que tout ça lui avait coûté, le gendarme de circonstance donc, est aussitôt venu claironner qu’il aurait fait bien mieux que le RAID à coups de grenades lacrymogènes et de sabre laser. La seule performance de Prouteau est d’avoir assuré le baby-sitting de la fille cachée de Mitterrand pendant les deux septennats du boss. Depuis, il fait le meuble dans tous les salons du livre avec le récit de cette belle aventure. Mais bon, il était content Prouteau, has-been mais comblé, ça faisait longtemps qu’il n’avait pas fait de télé, et c’était une aubaine pour se placer en pole position de la liste des innombrables opportunistes et experts du jour.
Après lui dans les médias et au-delà, une génération spontanée de petits gendarmes Prouteau sont venus à leur tour donner des leçons de police et expliquer à quel point les effectifs du RAID sont des baltringues qui ne connaissent rien du job.
Si ces bleu-bites avaient été aussi solidement burnés que leurs détracteurs et autres commentateurs frénétiques, ils seraient entrés chez Merah par la cheminée, une bonne tarte dans sa gueule, et hop ! menottes-police-prison.
Un expert israélien a aussi ramené sa science, mais c’est vrai qu’après avoir fait mai 68 à Gaza, tous les coups sont permis, phosphore blanc, uranium appauvri, etc, mais pourquoi diable n’a-t-on pas balancé une bombe sur l’immeuble de Merah, quels petits bras ces Français, j’vous jure.
Mais bon, comme tout ça avait été assez brutal, et Merah terriblement seul, sans gaz ni électricité contre la horde noire cagoulée, certains scrupuleux ont mis un point d’honneur à se la jouer procédurier dans le texte, et le terroriste mort est devenu un tueur présumé. Pendant que d’autres, très émus, transcendaient leur humanité dans le culte du bad-boy victime, efficacement servis par la monomanie des médias qui n’ont trouvé qu’une image pour illustrer la série de massacres, celle du sourire crétin du tueur, une valeur ajoutée au matraquage pleine de sensibilité.

Et puis, est venu le temps du doute.
Le père ne peut pas y croire, forcément il nie l’implication du fils. Puis arrive l’avocate en charge de déposer plainte contre le RAID pour assassinat, et qui se livre à un enfumage de presse derrière une table couverte à ras bord de codes pénal, civil, code du travail, code de la famille, des ponts-et-chaussées, etc, pour faire plus vrai, et dit avoir toutes les preuves d’un complot.
Mais en fait, si tout n’était qu’une machination policière ? Et si Momo était un copain du squale, un agent double, triple ? Et si la DCRI passait son temps à organiser des tournois de tarots avec la DGSE plutôt qu’aller à la chasse aux renseignements ? Et si dans tout ça, Merah n’y était pour rien ? D’ailleurs, j’vous pose la question, est-ce que Merah a une tête de terroriste ?
Alors bien sûr, tout le monde est devenu spécialiste en renseignement, sécurité intérieure et terrorisme.
À ces gens-là, il ne fallait surtout pas dire que ce sont des actes qui définissent le terrorisme, que suspicion et présomption ne sont simples que sur le papier, et que tant qu’il n’y a pas d’acte, il est relativement délicat de capturer un non-coupable de rien, et qu’un terroriste, ce n’est pas visible à l’œil nu.

Alors forcément, est arrivé le temps de la peur.
Si les services de renseignement et la DCRI, les incompétents de la veille donc, n'ont pas les moyens d'arrêter tous les terroristes avant qu’ils ne passent à l’action, s’il n’y a pas de phénotype unique dans cette catégorie criminelle, pas plus que de mode opératoire standard, alors c’est qu’il faut à tout prix abaisser le curseur du risque à zéro en menant une révolution sécuritaire.
Quand cette cause a été entendue, la trouille au ventre, l’opinion publique est devenue fasciste. D’une seule voix citoyenne, bien plus fort qu’un Patriot Act à la française, elle a réclamé l’instauration d’un état policier. Et alors quoi ! Les caméras de vidéosurveillance, c’est pas fait pour les chiens ! et puisqu’elles sont là, qu’attend-on pour leur demander la détection par reconnaissance faciale ? Fermeture des frontières dans les deux sens ! Flicage général ! Et puisque des gens pensent mal, parlent mal, ont de sales fantasmes, pourquoi ne pas inscrire le délit d’opinion au code pénal ?
Une fois le concept lancé, et acceptant tacitement qu'un totalitarisme, par définition, s’applique à tous, beaucoup de gens étaient devenus des gymnastes de compétition à force de grands écarts idéologiques entre l’avant et l’après Merah.

Dans le même temps, quelques spécialistes en pompes funèbres transméditerranéennes ont estimé que l’idée d'envoyer Merah moisir sous la terre de ses ancêtres était une intention délicate. À ça l’Algérie a fait sobrement savoir que ce type étant français, eh bien, chacun sa merde.

Et ici ça parle, et ça parle encore.
Ça bavasse, ça jacte, ça critique, ça expertise, ça s’interdit l’humilité. Les mots se sont empilés en montagnes de conneries, d’indignations extravagantes, d’explications péremptoires, de circonstances atténuantes, de faux procès, de conspirations, d’opportunismes indécents.

S'ils pouvaient seulement devenir, maintenant, des virtuoses du silence.

 

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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