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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 11:17

 

 

 

 

« Quand l’atmosphère générale est mauvaise, le langage ne saurait rester indemne. »
George Orwell, 1946.

3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 00:00
eblogs  e-GBe-DEe-FRe-ESe-IT

 

  On contrôlait des voitures le long d’une avenue assez large pour qu’on puisse en faire stationner deux ou trois sans gêner la circulation. Chacun d’entre nous s’occupait de la sienne et de son conducteur, c’était une tâche tout à fait routinière qu’on accomplissait de façon presque mécanique. Permis de conduire, carte grise, attestation d’assurance, quand tout était en règle, la vérification était rapide. Parfois un petit rappel à l’ordre pour des ceintures de sécurité oubliées, et tout de même quelques contraventions quand il le fallait.
  Je vérifiais donc les papiers d’un automobiliste quand mon attention s’est attardée sur mon collègue qui contrôlait la voiture qu’il avait arrêtée à quelques mètres devant moi. Il était étonnamment immobile, les bras ballants devant la vitre baissée. Il ne bougeait pas du tout, comme tétanisé, ne parlait pas non plus, et il avait un air complètement ahuri.
  J’ai fait un pas de coté, toujours avec les papiers et mon carnet de PV à la main, pour essayer de voir et de comprendre la situation. J’ai vu ses sourcils en forme d’accent circonflexe et son regard écarquillé en direction de l’habitacle de la voiture, et une inquiétude un peu floue m’a saisie. Aussitôt suivie d’une sourde angoisse. En un quart de seconde, mon imagination a élaboré toute une série de scénarios terribles. Le conducteur était mort. Il y avait un mort à coté du conducteur. Il y avait quelque chose d’effrayant dans la voiture, un animal peut-être, un reptile probablement pour être capable de mettre mon collègue dans cet état de cataplexie. Un énorme reptile. Ou alors il était en proie à un malaise, debout, foudroyé par une sorte de crise paralysante, et il allait s’effondrer comme un pantin. Ou bien, il était en train de se faire braquer, discrètement, sournoisement, par une arme que je ne pouvais pas voir. Et c’est ce pressentiment qui s’est imposé à mon esprit quand j’ai commencé à marcher lentement vers la voiture, le cœur battant la chamade, et la main sur la crosse.
  Il ne fallait surtout pas que le conducteur puisse me voir, et je me suis arrangée pour avancer dans l’angle mort du rétroviseur. Mon collègue avait toujours les yeux fixes et l’air hébété, et il ne me voyait pas. Et moi, je ne pouvais toujours pas voir le conducteur à cause des reflets sur les vitres, et je n’osais pas parler à mon collègue de peur de déclencher je ne sais quoi.
  Et puis j’ai fini par voir. Une scène à laquelle il eut été étonnant que je puisse assister un jour... Une femme, la jupe relevée très haut sur ses jambes, et qui, d’une main experte, se caressait la cuisse avec application jusqu’à disparaître sous le tissu à chaque va-et-vient.
  « Aaaaah ! » j’ai crié.
  Les deux ont sursauté comme si un obus venait de tomber entre eux, et mon collègue m’a regardée avec l’air de celui qu’on vient de réveiller avec un seau d'eau froide.
  « Heu... c’est un défaut d’assurance... m’a-t-il dit d’une voix qui ressemblait à un miaulement.
  - Ah bon ? Un défaut d’assurance ? Et elle tente de frauder le trésor public ? »
  Elle avait en effet tenté un coup de séduction à l’arraché, à la « M’sieur l’agent, on peut s’arranger. » Ça arrive parfois. Et elle avait presque réussi. Presque... 
  « Tiens, s’il te plait, tu pourrais aller récupérer mon carnet de PV dans la voiture garée là ? Je le lui ai jeté sur le tableau de bord par mégarde, et j’ai gardé ses papiers. Tu peux y aller sans crainte, ce n’est pas un piège. »
  Et j’ai repris son affaire à lui au commencement.
  « Bonjour madame, police nationale, pouvez-vous me présenter les papiers afférents à la conduite du véhicule s’il vous plait. »
  Quelques instants et quelques grincements de dents plus tard, elle a une nouvelle fois relevé sa jupe, mais afin de mieux s’accroupir derrière sa voiture, pour nettoyer sa plaque d’immatriculation.

 

 

récit extrait de Police Mon Amour

13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 13:13

cible

 

   Omerta dans la police est d’abord un coup d’éditeur.
   Une couverture rouge, un titre putassier, et un auteur bankable.

   Omerta dans la police, c’est ensuite un règlement de comptes qui n’en finit pas, au prétexte de dénoncer racisme, homophobie, sexisme, et abus de pouvoir dans la police (zoophilie et cannibalisme, c’est pour le tome 2)
   Du moins c’est comme ça qu’est présenté ce livre par son éditeur, et donc par la presse souvent plus prompte à lire les quatrièmes de couverture que les livres, et charognarde dès qu’on lui présente un os de flic à ronger.

   Omerta dans la police est le produit honteux de magouilles et exactions de quelques flics, couvertes par l’administration, et qui permet qu’à terme soit publié ce type de torchon outrancier qui salit à dessein toute une profession.

   L’argumentaire qui a fait le tour de toutes les rédactions prévient donc que la face cachée de la police et les coulisses d’un système vont être dévoilées comme jamais elles ne l’ont été. Rien que ça.
   Ce qui n’y est pas dit, c’est qu’il ne s’agit que d’un service de police qui a déjà fait parler de lui il y a deux ans – la Police de l’Air et des Frontières d’Orly.
   C’est ce qui est laborieusement développé dans le livre... bien que l’omerta sur la PAF ait déjà été levée administrativement, judiciairement et médiatiquement.

   Je ne mets pas nécessairement en doute tout ce qui y est dénoncé. Quelques faits, oui, clairement, d’autres non. Même sans preuve. Même avec des plaintes classées sans suite. Non, le problème n’est pas là.

   Le problème est que, à coups de plans médias racoleurs et elliptiques, la promotion de ce livre s’entend distinctement comme l’accusation de toute une profession.
   Le procédé est minable mais pas vraiment nouveau : d’un constat particulier, on fait le postulat de base d’un procès en sorcellerie dirigé contre les flics dans leur ensemble.
   Et l’autre problème est donc la croisade poussive et aveuglée de Sihem Souid contre une police qu’elle ne connaît PAS.
   Mais qu’elle présume coupable d’à peu près tout ce qui se termine en "phobe" à hauteur de 30% de ses effectifs.

   Sihem Souid est présentée comme fonctionnaire de police et major de sa promotion. Pas de quoi se relever la nuit, on parle là d’une ADS.
   Un ADS est un contractuel de la police nationale – ex emploi-jeune – formé en 3 mois à coups de lance-pierre pour renforcer des effectifs anémiques. Major de promo c’est mignon, mais ça flatte moins l’ego que le 50 mètres nage libre sans couler, il faut avoir un narcissisme bien malade pour le marteler à tout bout de champ.

   Sihem Souid a donc trois ans de police en tant qu’ADS à la PAF, et quelques mois en tant qu’adjoint administratif dans un bureau. Autant dire qu’elle n’a pas vu grand-chose à part un service du genre à répugner toute authentique vocation tant les missions y sont inintéressantes et monotones.

   La vraie police, la délinquance, ne l’ont jamais intéressée, elle n’a jamais mis un pied sur le terrain, ni dans la rue, ni sous la pluie en tenue d’uniforme, ni dans un véhicule de patrouille. Rien de tout ça. PAF et encore PAF même quand elle a eu l’occasion d’être mutée.

   Sihem Souid était cadre à la Brinks, avec - dit-elle - cent personnes sous ses ordres, beau CV, bon salaire, mais par passion – dit-elle - pour la police et les valeurs républicaines, elle est partie faire non pas le gardien de la paix, mais ADS de carrière à la PAF. Il manque un épisode, mais bon.

   Sihem Souid détaille dans ce livre la conspiration occulte qui gangrène la police, dont le but est l’avènement des discriminations de tous genres.
   De l’iGS aux ministres, en passant par tous les grades hiérarchiques, les syndicats, le médecin-chef, associant même quelques journalistes dont on ne sait pas s’ils sont idiots ou scélérats, et des immigrés sous influence, tous sont les ignobles complices d’une machination dirigée contre les policiers d’origine maghrébine et Sihem Souid en particulier.
   Voilà la trame du livre.
   Nourrie des faits initiaux – ceux qui ont été signalés à la Halde – l’auteur va également faire le récit paranoïaque de ses observations, lesquelles seront sans aucune exception interprétées à travers le prisme d’un racisme supposé, et de la persécution de tout ce qui n’est pas hétérosexuel d’origine française, parfois au point de paradoxes grotesques.
   Un seul, rien qu’un seul : un flic doublement handicapé par le fait d’être femme et d’origine maghrébine, fait des pieds et des mains pour obtenir la prime au mérite, laquelle est accordée principalement au vu du nombre d’expulsions pratiquées. Il faut savoir ce qu’on veut, où on veut en venir, et ce qu’on dénonce...
   Toute gueuse de type caucasien que je suis, j’aurais fait en sorte d’être une passoire aux frontières au gré de ma conscience, l’excès de zèle m’aurait filé la gerbe, et la prime au mérite, ils se la seraient carrée profond. Chacun voit ses idéaux à sa porte après tout. Les miens sont plus chers qu’une prime au mérite… et les incohérences que conjugue Sihem Souid pour faire tenir sa thèse de la discrimination systématique appliquée à ses collègues d’origine étrangère, et des ravages des quotas sont comiques...

   Pour l’illustration du propos de Sihem Souid, chaque cas exposé est assorti d’une description physique outrancière pour que le lecteur présumé déficient mental comprenne bien où elle veut en venir. Ainsi, le flic d’origine maghrébine a un sourire doux et triste, ou un corps à affoler les garçons, sa bonté est extrême et il est compétent et volontaire. Tandis que le flic bêtement français, forcément queutard, de ceux qui se bousculent pour escorter Le Pen, un bon gros s’il s’en sort bien, a souvent les traits tirés par la colère, des petits yeux de prédateur, une haleine tabagique ou un teint de suaire. Avec ça, si on ne pige pas qui sont les gentils et qui sont les méchants...
   L’auteur qui pourtant ne tarit pas d’éloges envers elle-même et répète avec délectation les quelques témoignages de satisfaction obtenus pendant sa courte carrière de Wonder Woman de l’Air et des Frontières, ne fait pas dans la finesse.

   Pas plus pour ses tentatives littérateuses du style C’est l’heure indécise où il ne fait plus nuit mais où le jour hésite encore, et quelques ponctuations d’ordre météorologiques pour distraire cette écriture hystérique et lui donner un semblant de dramaturgie.
   Le lecteur est tenu en haleine par des petites phrases courtes et audacieuses comme Je vais vous raconter, Je vais vous dire autre chose, ou J’arrête là parce que je m’énerve en écrivant. Quand ce ne sont pas des redondances exaspérantes pour recentrer le sujet entre de pénibles guillemets "bougnoules", "gouines", "nègres", "bougnoules", "gouines", "nègres", "pédés", et ainsi de suite à chaque chapitre.
   Et si Sihem Souid a très souvent envie de hurler, on apprend toutefois avec amusement qu’à l’occasion d’un délire policier, les gendarmes, traités comme les nègres, font l’objet d’un racisme similaire concernant leurs PV de stationnement dont les numéros sont scrupuleusement rapportés dans le livre.
  Le nègre, flic ou clandestin, est donc mangé à toutes les sauces, sans oublier celui qui a contribué à l’ouvrage, et que par précaution on nommera "assistant d’écriture issu des diversités" pour ne pas attirer l’attention du MRAP.

   Ce livre est, dans son intention, la mise en scène par elle-même de l’auteur dans une histoire déjà épluchée par la presse. Un besoin de visibilité flagrant, une quête de reconnaissance évidente qui oscille entre mégalomanie et mythomanie.
   Un regard de néophyte sur un métier, mais des affirmations péremptoires. Les métiers de la sécurité privée sont plus risqués que la police...
   Une passionaria-de-Poulaga auto-proclamée qui brode à l’infini une sale histoire déjà racontée, les cas isolés de fonctionnaires de police dont elle aimerait faire croire qu’ils sont légion, des caliméros qui ignoraient que le métier de policier requiert un peu de rigueur, une histoire en fait confinée dans un très petit environnement professionnel.
   Et la suggestion que le moindre doute émis quant à ce qu’elle avance serait une preuve supplémentaire du complot contre elle.

   Il ne manquait que la conclusion de Sihem Souid en forme de trois pauvres chapitres – les plus courts, faute d’argumentaire et d’une réflexion nourrie d’expérience à défaut de convictions crédibles – qui proposent une solution miracle, une trithérapie pour restaurer cette police nationale toute moisie à 30%.
   Une hausse des effectifs, une formation scolaire à la discrimination pour tous ces crétins admis aux concours de police avec leur racisme, leur homophobie et leur sexisme en guise de bagage intellectuel, et un comité d’éthique pour vérifier le tout. Les petites considérations populistes sur la banlieue et poncifs sur l’immigration ayant été énoncées en préambule de l’œuvre, ainsi que les banalités d’usage sur la politique du résultat.

   Tout ça pour ça.
   La police est xénophobe, homophobe, sexiste et abuse de son pouvoir.
   Et c’est le préalable à un bon déroulement de carrière.
   Rien à ajouter ?
   On se débrouillera avec.

   Car finalement, peut-il exister révélation plus conformiste et politiquement correcte que celle-là.

 

à lire aussi :

23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 16:38

 

 

MILDT

 

[*]  acheter du shit sur internet est une requête dans Google qui mène souvent à ce blog. Pour une fois, les amateurs ne viendront pas pour rien ► clic sur le logo MILDT
(Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie)

18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 23:12

ruban-noir

  Il y en a qui ont besoin d’équipements décents, d’autres de renfort en effectifs, et puis récupérer leurs jours de congés qui finissent par prendre la poussière à force de s’entasser sur des piles de fatigue.
  Il y en a certains qui voudraient juste qu’on croie en leur parole, et qu’on cesse de les suspecter de faire indignement leur métier.
  Aussi, il y en a qui ne demandent pas forcément un merci, mais de temps en temps le minimum de reconnaissance parce que ramasser tous les jours toute la merde que la société génère, c’est pas simple à vivre.
  Il y a tous ceux qui ont compris qu’ils ne sont pas plus que les outils d’un service public méprisé et sacrifié, autant par la main qui les tient, que par ceux pour qui ils portent à bout de bras un équilibre humain et social lui-même malmené.

  Et puis, il y a ceux qui ne demandent rien, mais dont on devrait se douter que leur quotidien peut être, certains jours, particulièrement monstrueux.

  Il s'appelait André Bories, il allait avoir 39 ans le 10 décembre.

  C’est celle qui partageait sa vie qui m’écrit.

(avec son autorisation)

 

  Mon compagnon s'est suicidé il y a 14 jours aujourd'hui. Il avait été promu capitaine il y a moins d'un an, officier de la Police Nationale et exerçait depuis plus de 10 ans à la Brigade des mineurs...
  Il aimait son métier et toute sa vie a été consacrée au bien-être de son prochain. Ses parents, sa femme, sa fille, nous... Mais lui?
  Il voulait changer de secteur parce que le boulot lui pesait (pédophiles, autopsies de nouveau-nés, etc...) mais devait attendre encore un an et demi pour pouvoir demander une mutation qui risquait de ne même pas être acceptée - deux officiers dans le service, et son collègue voulait déjà partir. Lui, il rêvait de devenir formateur.(.../...)

  On parlait de tout, sauf de son travail : je respectais l'aspect confidentiel des dossiers qu'il était amené à traiter et ne lui posais pas de questions. Lui me parlait juste de son ressenti quand il avait un mauvais jour mais ne donnait aucun détail sur les affaires en cours.
  Pour le reste, on parlait de tout et je le savais épuisé physiquement autant que moralement, très angoissé d'un éventuel échec de notre couple, mais en même temps il montrait tant d'investissement et d'enthousiasme que j'étais sûre de la réussite de nos projets. On s'était fixé des petites étapes tous les mois concernant des choses positives sur lesquels il pouvait se focaliser et il me disait retrouver l'appétit et adorer retrouver toute cette vie en rentrant à la maison le soir.(.../...)
  Il avait la garde de sa fille d’un premier mariage. Je l’avais rejoint avec mes enfants. Tous les cinq on voulait se construire ensemble un avenir dans lequel les maîtres-mots seraient plaisir et harmonie. Mais on n’en a pas eu le temps...

  Le vendredi 3 septembre 2010, il a attendu que son collègue revienne de congés, puis il a pris son arme de service, a mis de l'ordre dans ses dossiers au bureau et ses affaires à la maison, il a roulé pendant plus de deux heures pour aller se tirer une balle dans la tête sur la plage.

  La police m'a appelée au bureau pour m'avertir de sa disparition et des recherches en cours, ils ont tenté de localiser son portable mais il ne l'a allumé que juste avant... Quand je leur ai demandé de localiser son GPS qui est équipé d'une antenne radio, ils m'ont répondu que la loi l'interdisait pour atteinte à la vie privée.
  Il a laissé des courriers pour ses collègues enquêteurs, pour sa famille, pour ses proches... Il tente d'expliquer son geste mais nous laisse évidemment avec la seule question qui compte : Pourquoi ?
  J'ai dû me rendre au commissariat le lundi suivant pour faire une déclaration et répondre à des questions telles que: Ces lettres, ça lui ressemble ? Aviez-vous des problèmes de couple ? Saviez-vous qu'il pensait se suicider ?

  Comme s'ils cherchaient à nous faire dire: Bien sûr, ça n'avait absolument rien à voir avec le boulot…

  Depuis, je ne cesse de repasser en boucle ce jour et ceux qui ont précédé sans trouver de réponses, juste des raisons supplémentaires d'être en colère : Pourquoi le suivi psychologique n'est-il pas obligatoire dans ce corps de métier ?
  Pourquoi son équipe, avec laquelle il passait plus de temps qu'à la maison, n'a pas réagi quand il s'est absenté à deux reprises pour malaise ?
  Pourquoi la loi interdit la radio localisation dans de telles situations où il est indéniable qu'il y a danger de mort ? Pourquoi ce jour-là, je n'ai pas gardé mon portable dans ma poche comme d'habitude ?...
  Enfin, je n'attends pas de vous des réponses à mes questions mais vous vous êtes exprimée à plusieurs reprises sur le travail des policiers, sur leur statut et les risques du métier, sur le suicide... Peut-être aurez-vous tout de même quelques explications pour m'éclairer, je vous lance ça comme une bouteille à la mer...
  Il était l'homme le plus formidable qu'il m'ait été donné de rencontrer, mon meilleur ami, mon âme sœur, un père et beau-père exceptionnel.
  Il était intelligent, intuitif, tendre, compréhensif, indulgent et extrêmement sensible...

  J'ai perdu l'homme de ma vie et je n'arrive pas à l'accepter.

Pauline    

 

  Pauline,

  Je ne pourrai jamais avoir la bonne réponse, la bonne explication, le mot juste...
  Ou alors, vous énoncer des raisons - celles que je pense, que j'accuse - qui ne seraient que celles de ma colère :
  L'indifférence de tout un système, les collègues comme les chefs, ça passe ou ça casse. La négation des difficultés de ce métier de la part de ceux pour qui on n’est qu’un matricule. Rien n’est dit avant, rien n’est fait après les moments insupportables.
  La négation de l'usure, de la destruction qui touche ceux qui s'investissent et bossent les yeux grands ouverts, avec leur cœur, leurs tripes et leur raison.
  Bien sûr que oui cette profession a un impact lourd sur le moral et le psychisme.
  Bien sûr que oui, on vous jouera toujours le couplet des raisons personnelles, c’est tellement plus simple dans ce monde d’autismes juxtaposés où personne ne prend ses responsabilités, et ne veut admettre défaillances et erreurs.
  André a laissé une lettre à ses collègues, il leur disait qu'ils n'y étaient pour rien, pas plus que son métier...
  Il ne faut pas vous en vouloir, rien n’est de votre faute non plus. Rien.

  L’arme menottée au poignet, c’est une signature.

  L’assassin c’est cette profession.

  Qu’André repose paix avec votre souvenir et de l’amour au fond de l’âme.

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Sur le même sujet :

  

 Suicides dans la police : hasard ?
 Suicides dans la police : un plan de réduction des effectifs ?
 Muriel post-mortem

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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