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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 17:02

de Bahar Kimyongür

 

Syrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes. Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans sa trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre.

 

mandela kadhafi

 

Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair.

« C’est nous qui l’avons achevé » clament les rats du Shape et de l’Elysée.

« Non, c’est nous. » rétorquent les rats indigènes.

Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT.

La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens.

La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi.

La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient.

La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Ecoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites.

La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargée de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération : Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT.

La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis.

Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices.

La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque.

La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux.

La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Elysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés dans la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle.

À présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion.

Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque.

Buvez, hordes de lâches, buvez ! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum !

Pleurez patriotes libyens pleurez ! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !

 

source : http://www.michelcollon.info/

 

franceinfo2.jpg  à lire :
  Libye - Qui sont les membres du Conseil National de Transition ? (28 août 2011)

LGS2  24 octobre 2011 - à lire :
  La destruction de la Libye et le meurtre de Mouammar Kadhafi (vus d’Afrique)
  par P.Ngigi Njoroge, maître de conférence dans une université du Kenya

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 17:36

 

MuppetShow

Même si le siècle comme les précédents continue d'être celui des veaux d'or, des icones, des prophètes, bref une histoire de marketing et de slogans vieille comme le monde.
Et le devoir de blasphème toujours aussi ardu.


indignez-vous

Published by bénédicte desforges - dans trucs en vrac
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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 22:13

mise à jour :

 

 

L’automne italien

À l’appel de leurs syndicats de gauche comme de droite, les policiers italiens ont manifesté mardi 18 octobre devant le Parlement à Rome, mais aussi devant toutes les préfectures des villes de province.

Toutes tendances politiques confondues, ils ont dénoncé le manque de moyens donnés à la police, et les coupes budgétaires qui touchent le secteur de la sécurité de façon drastique depuis trois ans.
Le déficit en moyens matériels et la carence en effectifs est à un point tel, qu’aujourd’hui l’ensemble des organisations syndicales s’accorde sur le fait que la sécurité ne peut plus être assurée convenablement.

Évoquant la manifestation des indignados qui a dégénéré samedi dernier à Rome - avec un bilan de 130 blessés - un syndicaliste a déclaré que « en l'absence d'effectifs suffisants, la police n'a pas pu permettre aux indignés de défiler dans le calme contre ce capitalisme exacerbé. »

« Les restrictions sont telles que les boucliers des policiers assurant le maintien de l’ordre ne sont plus remplacés » déclare un autre représentant du personnel, ajoutant qu’ils doivent à présent faire l’avance de leurs frais de déplacement.

« Face à la hausse de la criminalité, le gouvernement doit investir dans la sécurité » estime encore un policier.

Mais c’est sur un autre aspect de leurs difficultés que les policiers italiens sont allés à la rencontre de leurs concitoyens : la pénurie d’essence.
Selon l’ensemble des syndicats, de plus en plus de véhicules d’intervention ne quittent plus leur stationnement faute de carburant. Le budget alloué à l'essence et la manutention a été divisé par deux en un an…

Les policiers italiens ont donc organisé une collecte de dons, symbolique et spectaculaire, à l'aide de tirelires géantes afin de pouvoir refaire le plein de leurs voitures de service, et ils ont remis à chacun un communiqué signé de tous leurs syndicats.

Cette journée d’action s’est déroulée dans le calme et a remporté l’adhésion et la solidarité de la population italienne, qui a pu comprendre grâce à cette démonstration par l’absurde, la nécessité de préserver les services publics.

« Cela ne fait pas honneur à ce gouvernement, qui a gagné les dernières élections en axant sa campagne sur la sécurité et l'ordre public...» a commenté un policier.

 

 

L’automne portugais

Policiers et gendarmes portugais, mobilisés par une coordination de syndicats et d’associations de professionnels des forces de l’ordre, ont mené à la fin du mois de septembre 2011, une semaine d’action - semana da indignação dos polícias - pour protester contre les restrictions budgétaires, le gel des salaires (bien qu’un accord salarial avait été convenu en 2010) et la dégradation de leurs conditions de travail.

Touchés par la crise au même titre que les employés des autres services publics, et n’échappant pas à une légitime inquiétude qui est celle de chaque citoyen, ils ont décidé de se rassembler et mener solidairement des actions de contestation.

« Si le budget alloué à la police n’augmente pas, il n’y aura pas d’autre choix que de mettre la clé sous la porte. » explique un leader syndical.
« La seule façon de mettre un terme à cette semaine de mobilisation serait que le ministre garantisse l’entrée en vigueur d’une hausse salariale. » précise le secrétaire national de la coordination, qui a déjà prévenu que le bras de fer allait durer.

La semaine de revendications des policiers portugais s’est organisée autour de multiples actions parmi lesquelles une baisse maximale de l’activité contraventionnelle, et des arrêts de travail avec certificats médicaux à l’appui. Et pour finir par une importante manifestation unitaire dans la capitale, qui a réuni des centaines de policiers venus de tout le pays, en civil mais aussi en uniforme, au mépris du règlement, qui là-bas aussi l’interdit, et acceptant solidairement le risque de sanctions disciplinaires.

Les fonctionnaires de police en service chargés du maintien de l’ordre, se sont joints à la marche tout en contenant le cortège, et ont fait en sorte que puisse être remise une lettre au ministre de l’Intérieur réclamant la revalorisation de leurs salaires, et l’amélioration de leurs conditions de travail.

En avril 2011, à l’appel de la même coordination syndicale, plus de 8000 policiers portugais avaient déjà défilé dans les rues de Lisbonne.

Juntos venceremos o estatuto que queremos e Basta de demagogia, estatuto digno já!

 

 

syndicalismepolicier

L’automne français

Pendant ce temps à des milliards de kilomètres de là, sur le lointain continent Europe, en France, le pays où tout va bien dans le meilleur des mondes, les responsables des gentilles organisations syndicales de policiers français se demandaient à quoi ils pourraient bien occuper leur mandat.

Le syndicat Alliance a opté pour la guerre, et passe agréablement son temps au tribunal à rectifier les conneries de quelques collègues qui ont complaisamment soumis à la sagacité de Copwatch le déroulé de leur vie privée et professionnelle, ainsi que leur pedigree complet sur trois générations, sur les réseaux sociaux. Copwatch a donc encore très facilement complété sa collection d’images de fonctionnaires de police comme autant de cartes Pokémon, et Alliance a aussitôt bondi en renfort du ministre de l’Intérieur qui a déjà fort à faire avec le commissaire Neyret, qui aurait – parait-il, de source proche de l’enquête – à voir avec le torpillage du Titanic, et qui est chaque jour balancé par un vertueux collègue de plus.

Parallèlement à ce combat syndical de compétition, Alliance continue de veiller à son enquête scientifique, qui après des dizaines et dizaines de questions posées à des collègues qui n’ont décidément pas de quoi occuper leur temps libre, révèlera, conférence de presse à l’appui, qu’il y a un malaise dans la police, et en énumérera les causes qu’on connaît déjà par cœur.

De son coté, Unité Police SGP FO toujours plus offensif a organisé un méga meeting géant dans le plus grand secret avec rien que des délégués syndicaux. Les flics de base, ils ne savent pas se tenir et ils ne font rien que de rouspéter, ils croient qu'ils peuvent tout dire, c’est pénible à force. De toute façon la tenue de ce meeting n'ayant été révélée aux adhérents qu’une semaine avant, et vu le déficit en effectifs, pour avoir la journée, c’était pas gagné. Bref, ils étaient donc entre deux et trois cents selon la police.

Le secrétaire général a déclaré que son meeting était le signal visible de la colère froide des policiers (…) et instaurait un rapport de force dans toute la France contre la RGPP.
Il a usé et abusé de mots clés – force, colère, ça ne peut plus durer, etc – sans aucune mesure avec l’action syndicale réelle observée sur le terrain, c'est-à-dire trois fois rien.
Et Nicolas Comte de conclure que les fonctionnaires de police ne vont pas se laisser faire ! et de promettre «une très grosse colère» des policiers à l’été prochain.
C’est extrêmement impressionnant, non ?

Sauf qu’à la manifestation de décembre 2009 organisée par ce même syndicat, juste avant les élections professionnelles, des promesses, toujours des promesses, il y en avait déjà eues.
Les policiers ne vont pas se laisser faire, les poulets ne se laisseront pas plumer! clamait-il déjà en évoquant un rapport de force avec le ministère.
Une fois, pas deux ! avait-il martelé. Une fois, pas deux !
Et de faire la menace, alors déjà, d'une manifestation monstre à Paris.
Qui n’a jamais eu lieu.

Dommage que la colère reste… froide.


Published by bénédicte desforges - dans syndicalisme
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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 10:18

 

 

 

Chers collègues,

Je vous invite si vous le voulez bien à manifester votre solidarité avec le commissaire Neyret récemment mis en examen et incarcéré à la prison de la Santé à Paris.

Je vous propose de formuler une demande de droit de visite où il est détenu, en reproduisant à votre nom le modèle de mail ci-joint, et de l’envoyer aux deux juges avec une copie à l’avocat de Michel Neyret.

Cette démarche est avant tout symbolique, et vise à témoigner à quel point, à tous niveaux et à tous grades, l’exercice du métier est difficile et rend vulnérables ceux qui s’impliquent.

Il n'y a en cela rien de répréhensible, ce n'est pas un appel à l'indiscipline, c'est juste une manifestation de solidarité.

J’espère que vous serez nombreux à renvoyer cette demande d’autorisation de visite, et que vous serez autant à la relayer à vos collègues.

Soyons solidaires, et démontrons que nous pouvons être attentifs quand l’un de nous est en difficulté et livré à la vindicte de ceux qui ne connaissent pas ou mal notre profession.

Le commissaire Neyret a besoin de savoir que nous le soutenons, et son conseil doit pouvoir lui dire que nous sommes nombreux.

Bien à vous tous,

Et bon courage au travail.




L’ensemble de ce texte est à transférer en Cci à vos contacts, sans le modifier.


Ce qui suit est à envoyer aux 3 destinataires suivants :
patrick.gachon@justice.fr; herve.robert@justice.fr;
et en Cc : gabrielversini@wanadoo.fr;
signé de votre nom avec une copie de CNI en pièce jointe.

(pour moi, c’est fait)


 

Objet du mail :
Demande de permis de visite pour le commissaire divisionnaire Michel NEYRET

 

 

Monsieur le Juge,

J'ai l’honneur de solliciter de votre bienveillance l’autorisation de rendre visite à Michel Neyret, commissaire divisionnaire de la Direction Interrégionale de la Police Judiciaire de Lyon, actuellement en détention provisoire à maison d’arrêt de la Santé à Paris.

Je ne suis pas de sa famille, je ne suis qu’un(e) collègue peiné(e) de le savoir en prison. Je connais son excellente réputation de policier, je suis au courant de ses états de service, des nombreuses enquêtes qu’il a menées à bien, et de sa compétence incontestable dans la lutte contre la grande délinquance.
Je souhaite pouvoir lui apporter un réconfort sincère et fraternel dans cette épreuve difficile, et lui témoigner mon soutien de vive voix.

Pour ces raisons, j’espère que vous voudrez bien accéder à ma demande,

Je vous prie d’agréer monsieur le juge, l’expression de toute ma considération.


Prénom NOM
(éventuellement grade et affectation)
mail


Pièce jointe : copie de ma carte nationale d’identité

En copie à : messieurs les juges Patrick Gachon et Hervé Robert
patrick.gachon@justice.fr
herve.robert@justice.fr
et à Maitre Versini, conseil de Michel Neyret
gabrielversini@wanadoo.fr


  • mises à jour du 12 octobre 2011 :
franceinter-logo.gif Le Téléphone Sonne
Débat avec : Franck Cognard, journaliste à France Inter - Marc Louboutin, ancien lieutenant de police et auteur - Virginie Valton, Vice-Présidente de l'Union syndicale des Magistrats - Christophe Cornevin, journaliste au Figaro.

 

 

obs  Affaire Neyret : les soutiens du commissaire

 

 

  • mise à jour du 11 octobre 2011 :
franceinter-logo.gif
interview croisée Marc Louboutin et moi par Franck Cognard sur France-inter

 

  • mise à jour du 9 octobre 2011 :

m6-logo.gif  "Flic ou voyou" : affaire Neyret
  un débat Face à l'actu sur M6 animé par M-O. Fogiel

 

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 16:59

PN beuh

 

  Pire que l’affaire de ce patron de police judiciaire de Lyon, bien pire que ce qu’il a fait - ou pas - il y a les commentaires des uns et des autres à propos de ce désormais définitivement délinquant aux multiples crimes et grand ripoux devant l’éternel.
   Comme d’habitude les médias ont procédé à un paraphrasage de dépêches AFP, piochant de-ci de-là des mots clé percutants et collant bien à l’histoire, ils ont parlé du commissaire Neyret au passé, lui ont fait un rapide hommage posthume à coups de grand flic et de flic à l’ancienne, avant d’attaquer avec délectation le scénario du coté obscur de la police nationale.
   Embrayant comme un seul homme, notre grande copine l’opinion publique qui a un avis sur tout, et finit magistralement toutes sortes enquêtes avant que le premier procès verbal soit imprimé, a toutefois hésité entre le goulag pour cet odieux personnage qui transgresse toutes les lois pénales, l’éthique, la morale universelle, les conventions de Genève, et surtout la déontologie (bien que n’étant pas affecté à la PAF), et… le prix Nobel de la police nationale, parce que la sécurité, ma brave dame, ça n’a pas de prix, et qu’importe le nombre de cadavres innocents qui joncheront la route qui nous mènera vers l’absolu sécuritaire.
   Mais le meilleur du pire est probablement venu de la police même. On n’est jamais trahi que par les siens, nul n’est prophète en son pays, et patati, et patata... Qu’ils étaient touchants, tous, ministre en tête, syndicats ensuite, la bouche en cul de poule, la mine catastrophée, avec leur séisme et leur grande tristesse, leur coup de tonnerre en forme de commissaire divisionnaire, et l’immense traumatisme pour la police nationale. Immense. Traumatisme. Quelle hypocrisie.

   Maintenant, il faut absolument que je vous parle de ma petite boite.
   Et en préambule, que je vous explique quelque chose. Quand par exemple vous pénétrez dans un squat ou une cage d’escalier fréquentée par des gens bien sous tous rapports - que nous appelons dans notre jargon des individus - il arrive que des petits trucs en provenance des poches des individus tombent par terre. De la came, héroïne, herbe ou shit, le plus souvent. Logique et bon sens, si c’est par terre, c’est à personne, et si c’est à personne, ce n’est donc pas une preuve de quoi que ce soit.
   Pour ne pas gaspiller cette marchandise, et à fortiori dans un louable souci de santé publique, et pour ne pas tirer au sort des coupables aléatoires - c'est-à-dire aussi pour ne pas faire de chiffre à tout prix - il arrivait que nous mettions ces produits de coté. Non pas pour les consommer comme d’aucuns meurent d’envie de le croire, mais pour s’en servir de menue monnaie d’échange. J’avais donc ma petite boite comme pas mal de monde, j’avais même hérité d’un reliquat de saisies à ajouter aux miennes en arrivant en tant que lieutenant dans ma nouvelle affectation. Celui dont j’avais récupéré le placard de vestiaire était un sacré chasseur, et ça se sentait…
  Du point de vue des interpellations en infractions à la législation des stupéfiants ou autres délits connexes, je n’ai jamais eu à regretter cette pratique. Ma petite boite m’a bien et souvent servi. Ce n’étaient que de toutes petites choses, mais il faut dire que je n’attrapais que de tous petits dealers. Un gardien de la paix en uniforme travaille rarement sur la branche française du cartel de Medelin, vous vous en doutez. Mais une barrette de shit ou une dose d’héroïne, outre d’entretenir des relations de bon aloi avec des toxicos qui ne sont pas hostiles à un rapprochement police-population, peut aussi ouvrir des horizons bien plus efficaces en matière d’anticriminalité. Je n’étais pas un cas isolé, loin de là. Le recyclage des saisies en stups à des fins d’investigation ou d’information plutôt que leur destruction, ne m’a jamais paru totalement immoral même si c’était illégal. Pas plus que je n'ai eu de scrupule à filer une dose, un soir glacial, à ma copine la pute, enrhumée et fiévreuse, histoire de lui éviter de rester encore dehors, puisque je savais qu'elle irait jusqu'à gagner sa poudre.

   Bref. C’est toujours la même histoire, des procédés que l’on sait mais qui ne sont consignés nulle part, une sorte de carte blanche qui apportera pour un objectif similaire, des félicitations dans un cas, et la prison dans l’autre.
   C’est toujours la même histoire, tout le monde sait tout, tout le monde couvre et se tait, et ne souhaite que du résultat. A tout prix. Qu’importe le moyen, du moment qu’on n’en saura rien.
   C’est toujours la même histoire, celle de la lutte contre la délinquance, une lutte qui oblige parfois à d’autres codes et d’autres méthodes que ce qui est enseigné dans les écoles de police et le code de procédure pénale.
   Ma petite boite est vide depuis longtemps.
   Je la remplis désormais des petites hypocrisies et grandes lâchetés qui tombent de la bouche des donneurs d’ordres et de leçons.

 

 

 

Bonus : Marc Louboutin, ex (bad) lieutenant, un bon flic, certainement ripou à l’ancienne comme ils disent dans la-télé-qui-dit-la-vérité, qui n’a sûrement pas eu de petite boite mais un tiroir plein, et peut-être même qu’il s’est servi directement dans les prises de guerre pour filer à ses tontons et espérer en serrer des gros, eh bien celui-là qui a toujours préféré un gros malfrat à du gros chiffre, a donné son avis à BFM TV à propos du commissaire divisionnaire Neyret.
Je vous conseille vivement de (re)voir cette affaire sous son éclairage averti :

 

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

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