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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 16:20

 

noel2011 police

 

"Poulet un jour, grillé toujours."

Published by bénédicte desforges - dans trucs en vrac
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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 18:30

Les-meilleurs-amis-de-Sihem-Souid

 

Sihem Souid a plein de meilleurs amis. Et des amitiés à géométrie variable selon l’exigence de son ambition du moment.
Sihem Souid a énormément de procédures en cours, intentées par elle, mais aussi contre elle. D’après elle, ces dernières sont invariablement le fait de jalousies et de malveillances.
Parce que Sihem Souid a toujours raison même quand elle a tort.

Sihem Souid a aussi beaucoup de soutiens publics (comme elle aime bien dire) dont certains ne savent même pas qu’ils sont sur cette liste, et d’autres ignorent à qui ils prêtent leur nom, et accordent une caution.

Sihem Souid aimerait bien être l’incarnation contemporaine de l’éthique et de la déontologie.
Le problème est qu’elle éprouve un mal infini à appliquer ces concepts à sa personne.
Elle a propulsé jusqu’au Parlement un projet de loi portant sur la création d’un comité d’éthique chargé, en gros, de surveiller la police… Elle aime bien dire qu’elle a rédigé ce texte, c’est un peu sa carte de visite.
Le problème est que le rédacteur n’est pas elle, mais quelqu’un d’autre, fonctionnaire aussi, qui lui a prêté sa plume et surtout ses connaissances, une sorte de Cyrano de Bergerac bienveillant et tombé de longue date dans le chaudron de l’humanisme. Cet embryon législatif a par la suite été revu et corrigé par un commandant de police qui a suicidé sa carrière dans l’éthique à force d’addiction à ses valeurs. Je n’invente rien. L’informatique balance ce qu’on veut à condition d’utiliser le clic droit à bon escient.
Ces deux-là, champions dans la catégorie des intégristes de la déontologie, auraient amplement mérité d’être cosignataires de ce projet, parce que c’est vraiment leur dada et qu'ils en connaissent un rayon.
Mais il n’en a rien été, ils n’avaient pas la tête (de gondole) à ça.
Ceci dit, ils ont aussi été les meilleurs amis de Sihem Souid.

Sihem Souid aimerait faire de la politique.
Depuis plusieurs mois, elle dit à ses amis et aux oreilles attentives, qu’on lui a proposé un poste de député. Et aux méchants, elle a dit que quand elle sera députée, ça va être leur fête.
Sihem Souid a l’air de croire que l’exercice d’un mandat politique en France, c’est comme sous une dictature style Ben Ali-Trabelsi. Pouvoir et privilèges. Elle a aussi oublié un truc essentiel, c’est que le poste n’est pas offert, mais soumis au suffrage. C'est une différence de taille, mais c’est pas grave, l’essentiel est de croire et faire croire que bientôt, une banquette de l’Assemblée Nationale accueillera son auguste popotin éthique.

Sihem Souid aime bien dire qu’elle a un meilleur ami, et que t’y vas voir ta gueule à la récré, si je lui parle de ton cas, il va te ratatiner.

C’est ce qui est arrivé à Claude Bartolone, Député de Seine-Saint-Denis, Président du Conseil Général, et membre de l’équipe de campagne du candidat socialiste à la présidentielle, et qui à mon grand amusement, a exposé publiquement sur son blog le récit de l’incident.

Claude Bartolone a fait l’objet d’un article à charge sur le site du journal Le Point.

Il se trouve que Sihem Souid a trouvé un petit job d’hiver sur ce site.
Téléguidée par son fidèle marionnettiste, elle y tient une chronique irrégulière mais assez rigolote (malgré elle) dans laquelle elle essaye de faire décoller, en vain, des petits buzz, généralement en claviotant dans les bottes de gens qu’elle considère déjà comme ses adversaires politiques.
Elle appelle ça de l’alerte citoyenne, d’autres considèrent que ce sont des règlements de compte sous couvert d’immunité médiatique.
On y apprend par exemple que Sarkozy parle et écrit mal le français. Venant de Sihem Souid, et ayant déjà reçu mails et textos de sa part, l’ayant entendue s’exprimer de vive voix, cette saillie prend aussitôt une dimension comique. « Si on m’aurait dit que » Sihem Souid relèverait des fautes de français… Bah dis donc.
Mais pas que ça. Dans une autre chroniquette, elle donne un joli coup de projecteur à une association très à droite et militant pour l’ultra répression (le "pacte 2012" de l'Institut pour la Justice) reprenant sans autre argument leurs postulats juridiquement erronés pour faire tenir la thèse d’un déni de justice. Prétendant à une investiture socialiste aux législatives, cette inspiration n’est pas du meilleur goût.
Mauvaise pioche, shoot again, bonjour et merci l’éthique.

Et encore quelques autres simulacres de journalisme qui peinent à démontrer un quelconque domaine d’expertise de Sihem Souid.

Et puis, c’est Claude Bartolone qui a donc fait l’expérience des méthodes journalistiques de Sihem Souid.
Il ne la connaît pas, il est opposé à son éventuelle candidature aux élections législatives dans le 93, laquelle candidature, nous apprend-il, est aussi contre l’avis de la fédération socialiste locale et contre l’avis des instances nationales du PS (NDR : mais il reste quoi en fait ?), et il ne souhaite pas s’entretenir avec elle.
Et voilà ce qu’elle lui dit par texto :

« Et si tu es ami au Point avec Sylvie Pierre Brossolette moi mon meilleur ami c’est Franz Olivier Gielsbert (tu peux vérifier) Je saurais lui parler de toi si cet acharnement continue vis-à-vis de moi »

Claude Bartolone s’en est donc ouvert par lettre au directeur du journal Le Point - qui est aussi le meilleur ami de Sihem Souid - et a rendu ce courrier public sous le titre « Des méthodes intrigantes », qualificatif dont le double sens n’échappera à personne.

Mais ce texto édifiant est à lui tout seul bien davantage de démonstrations quant à la personnalité manifestement borderline de Sihem Souid.

Sihem Souid milite pour la liberté d’opinion : la sienne, et pour l’éthique, surtout celle des autres.

Monsieur Bartolone vient allonger la liste des personnes destinataires de textos de menaces de la part de Sihem Souid, et dont je fais partie (elle me recommande la prudence, son ex meilleur ami vient de se faire virer, croit-elle !, de son travail, « comme ça tu ne diras pas que tu n étais pas au courant ! »… puisqu’elle se persuade être la cause de ce licenciement qui n’a jamais existé) quand elle ne brandit pas de façon compulsive la menace des foudres de ses avocats (Maîtres Dubreuil, Maktouf ou William Bourdon) et de procès en diffamation.
Nous avons chacun de notre coté collectionné ces messages hystériques.

Mais au-delà de l’usage du texto dont elle se plait à faire certifier les échanges par constat d’huissier, il y a le sens incroyable de celui envoyé à Claude Bartolone.

S’adressant sans le connaître (en le tutoyant) à un vieux routard de la politique, elle lui indique la possibilité (ou la menace ?) que son sort médiatique puisse être soumis à son bon vouloir, lui opposant la qualité de son meilleur ami.

C’est peut-être comme ça que ça se passe, allez savoir, mais c’est inqualifiable de le voir suggéré de façon aussi limpide.
Et ce n’est, en outre, pas de très bon augure pour le parti socialiste qui peut s’attendre à tout et n’importe quoi, quand elle est contrariée, si en effet Sihem Souid est investie sur une liste électorale.

Sihem Souid a une vision totalitaire de son monde idéal, et croit au pouvoir inconditionnel d’une oligarchie médiatico-politique, qui est aujourd’hui sa priorité d’intégration.

Voilà.
Sihem Souid peut à présent déposer plainte contre moi.
Elle l’a fait contre tous ses anciens collègues sans exception, et co-plaignants dans l'affaire de la PAF, et contre celui qui s’est dévoué pour son comité de soutien et lui a présenté tous ses appuis politiques d’aujourd’hui.
Elle l’a fait, ou menacé de le faire, ou est en train de le faire, contre des journalistes, du service public, de l’AFP, contre Marc Louboutin, et ça c’est vraiment pas gentil, mais alors pas du tout, contre le responsable national de la communication du SGP, syndicat majoritaire de la police, et contre Philippe Pichon, commandant de police jusqu’à avant-hier, son ex meilleur ami nouvel ennemi. Et moi alors ?

Je n’ai pas fait partie de la frénésie procédurale.

Je ne sais pas comment le prendre, je vais finir par croire que c’est du mépris.


 

source :

 

mise à jour de 22h33 :

LE texto de Sihem Souid (enfin !...) :

Mille merci Benedicte je n attendais que cette erreur de ta part pour te trainer dans les tribunaux!!!! Et ta jalousie maladive me rend encore plus importante et te fait écrire n importe quoi... Et saches que tout cela me rend service et comme tu as pu le constater tous tes tentatives de destructions sont tombées dans l eau mais merci de t acharner c est toi qui passe pour une jalouse aigrie! Et contrairement à ce que tu crois tout va pour moi pour le mieux du monde et tes procédures existantes contre moi sont imaginaires...(appelle le parquet avant d écrire des conneries) Mais vas y continue cela va me faire gagner plein de sous pour les dommages et intérêts que je vais redistribuer aux plus démunis, tu fais de la peine et moi tu m aides!!! Et je t assure que quoi que tu inventes ou que tu fasses tu constates et constateras de toi même que rien ne fonctionne cela me donne de l importance. Sur ce bonne soirée. Mes amis et moi rigolons beaucoup

 

mise à jour du 19 décembre :

Claude Bartolone n’est plus du tout du tout l’ami de Sihem Souid depuis qu’il lui a publiquement signifié que l’investiture du parti socialiste pour les législatives dans le 93, ce n’était carrément pas la peine d’y penser.
Du coup, la recalée de la République cherche des poux dans la tête de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui aurait vu fauter Bartolone.
La représaille est rédigée très journalistiquement par l’assistant de Sihem Souid (bah oui, après des débâcles diarrhéiques de textos et quelques mails anémiques, on ne croit plus guère aux aptitudes rédactionnelles de la belle - ce n’est pas diffamant de le dire, c’est juste de l’ordre du constat et de la comparaison)
Un loupé toutefois, le titre, rapidement changé mais pas assez vite pour Google, ce salopard qui a une mémoire vive supersonique. Le pot de terre contre le pot de vin.
Jeu de mots joliment tourné, mais pour le coup, diffamant.
Sinon, c'est quand même drôlement sympa d'avoir un site d'infos sous la main pour règler ses comptes.
La presse est libre en France. Libre d'être pitoyable, assez souvent.

à lire aussi :

 



Published by bénédicte desforges - dans police - médias - intox
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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:25

 

EricLales

 

Quelle tristesse…
Quelle banalité aussi.
Une patrouille, une chasse, et ça défouraille.

Ce sont des mecs tellement cons qu’ils en ont tué un de leur bande avant de toucher Éric Lales. Et des mecs tellement nazes qu’ils braquaient des surgelés.
Mais tellement fous, tellement déterminés, tellement des pourritures d’humanité, que c’est à la kalachnikov qu’ils l'ont eu.
Et ce n’était pas d'une balle perdue, chargée de circonstances atténuantes et de hasard, c’était une balle pour tuer un flic. Pour des surgelés.

Alors, Éric Lales est mort une première fois dans les lignes d’un grand quotidien, très peu de temps après la fusillade. Eric Lales avait un tel trou dans la tête qu’on aurait pu y glisser un poing, mais il s’accrochait diablement, il commençait son éphémère survie malgré l’avis des médias.

Mais c’était un impossible combat, et la vie a fini par l’abandonner dix jours après.
Deux fois à quelques heures d’intervalle...

Et la seconde fois, on a entendu un bruit terrible sous la terre, partout en France.

C’était le bruit que font les flics morts quand ils se retournent dans leur tombe.



 

  • Lire l'autre histoire sur PLUME DE PRESSE  :

(1) Le policier était en état de mort cérébrale avant la visite présidentielle : l’ignoble mascarade funèbre de Sarkozy

(2) Sarkozy au chevet d’un mort : la suite

  • ...et comment se géolocalise une opération de communication :

Policier décédé, Foursquare : morbide indécence de Sarkozy

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 19:39

 

 

Philippe,

Je ne sais pas quoi dire de tout ça, vraiment pas, je n’ai pas de mots raisonnables pour exprimer ma colère et ma tristesse. Pour faire court et sobre : c’est dégueulasse.

Jamais je n’aurais imaginé que tout cela finisse comme ça. Par une révocation.
Il était pourtant tellement évident que depuis le début de ce combat pour l’éthique, ta démarche était une démonstration. Et que si celle-ci était risquée, elle était éminemment saine et constructive.
Dans ce que tu as fait et écrit, rien de malfaisant, rien de nuisible. Ni mensonges, ni compromissions, ni magouilles, pas de dégâts collatéraux non plus, juste cette aveuglante démonstration que quelque chose ne tourne pas rond.

Quel dommage. Quel dommage pour la police nationale et pour les usagers de ce service public à l’agonie.
Quel dommage pour toi à qui je ne peux même pas dire qu’il faut continuer à lutter. Je n’ai plus aucun argument pour ça. Pas plus que je n’ai de raison de penser que quoi que tu fasses, les jeux sont faits et que tu n’en aurais gagné aucun.

Par définition de ce que tu es et de ce que tu dénonces, tu as tort.
Les hypocrites contournements du Droit et autres petits arrangements avec les règles de procédure ont fait le reste.
Le postulat de base était que tu n’avais pas à parler. Parce que tes mots sont graves.
Parce qu’ils sont dangereux : le système est en équilibre… instable.

Ta rigueur ne t’a pas servi.
Ton intransigeance et ta loyauté aux principes que tu défends n’ont pas fait de toi un bon client pour les médias, tout ce que tu as tenté est passé inaperçu.
Il aurais fallu que tu joues le jeu de la Star’Ac des porte-drapeaux et que tu sois le dernier survivant du Koh-Lanta des enflures.
On ne laisse la parole qu’à ceux qui n’ont rien à dire, sauf fadaises pré mâchées et présupposés populistes. Ce n’est pas sérieux.

Les domaines d’expertise qui sont les tiens ne sont pas vendeurs, Philippe, tes livres ne peuvent pas être présentés en deux minutes en prime time. Deux minutes ne sont pas suffisantes à expliquer un vrai scandale, un de ces cancers sociétaux qui n’en finiront pas de métastaser… Alors tu n’as pas eu de bouclier médiatique, c’est comme ça.

Sans quoi peut-être, tes batailles solitaires auraient été rendues accessibles, tu serais devenu un héros des temps télévisuels, et tu aurais été immunisé contre la grosse machine administrative, judiciaire, politique, et le bâtard rejeton de ces trois-là qui est un prédateur vorace pour les diseurs de vérité.

Encore une fois, quel dommage, quel gâchis.
La raison du plus fort est celle de l’imposture.
Ce monde est schizophrène et anxiogène.

Le combat pour l’intégrité et l’éthique était véritablement le tien.
Et ta détermination a été admirable.
Tu as tout mon respect en plus de mon amitié.

J’aurais voulu que tu aies raison de ce système autant que j’aurais aimé travailler avec toi.
Prends soin de toi, Commandant.

A un de ces jours, Philippe.

Bénédicte Desforges

 

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Cher Philippe,

Que t'écrire ?
Malgré parfois nos divergences, sur la forme plus que sur le fond, je constate que l'examen attentif que nous faisons au quotidien des affaires tenant à la sécurité publique, à la police en général, nous permettent à tous les trois de mesurer à quel point la société actuelle (comme ce fut sans doute toujours plus ou moins le cas) est gangrenée jusqu'à l'os. Et sans doute dans les autres domaines que nous ne maîtrisons pas, de la même manière.

Sans doute n'avais tu pas le bon profil pour t'assurer d'un soutien notable à la fois des médias et des milieux politiques...
Le débat sur la sécurité publique n'a existé de manière éclairée que loin de l'attention de la majorité des leviers d'opinion.

Le procès général fait sur ces fiches STIC - je n'étais pas en phase avec ta démarche provocatrice et illégale, tu le sais, mais tu l'as toujours assumé avec une intelligence certaine- volait sans doute trop haut pour être compris. Il n'en reste pas moins que la sanction est d'évidence disproportionnée, car éminemment politique.
Pas au sens de l'importance publique de ta position, elle n'en a jamais vraiment eu, nous l'avons constaté à force de contacts, pas plus que les nôtres d'ailleurs.
Tous les trois nous avons été victimes, de manière plus ou moins affirmée, simplement de lettres de cachet. Sans doute avons nous la chance que la Bastille un jour fut démantelée. Mais la mise au ban social est de nos jours plus efficace qu'un cul de basse fosse.

Nous avons établi par l'absurde, à force de combats perdus, souvent sur des principes ou des symboles pensant qu'ils étaient fondamentaux à l'équilibre de la démocratie dans notre pays, que finalement seules les caricatures avaient force de loi.

D'un côté de la balance des deux partis majoritaires : la politique de Monsieur Guéant, que nous subissons depuis des années, depuis qu'il fut DGPN, dont l'histoire de la police ne retiendra jamais malheureusement qu'elle n'était que destruction d'un beau service public de mission et de sacrifices pour en faire, avec succès, une simple et gigantesque officine de communication partisane au service du pouvoir en place.
Qui se souviendra des pleurs de Bénédicte démissionnant à force de désillusions et pour ne pas avoir à collaborer, d'un commandant de police viré comme un malpropre (alors que pour pire que cela nous connaissons des commissaires poursuivant leur carrière), ou d'un ex-flic devenu journaliste débarqué d'une rédaction par simple courrier d'un DGPN et dont un livre impertinent fut simplement censuré ?
Personne sans doute ne gardera trace de ces méthodes, inqualifiables pour éviter de tomber dans des comparaisons trop faciles.

De l'autre bord politique, avec un amateurisme extraordinaire qui vire à la farce publique, on se cantonne dans les clichés, tellement d'Epinal que son symbole est devenu une fausse égérie de la sécurité dont les mensonges et l'imposture mènent aujourd'hui jusqu'à représenter le PS aux élections législatives. La honte se porte décidément de nos jours de manière plus attractive que la raison.

Que tout cela ne finisse de manière plus que prévisible à servir efficacement le Front National sera sans doute une autre confiscation du débat, mais quelle prétention avons nous eu, du haut de notre naïveté républicaine, de penser ouvrir un jour une vraie réflexion...à trois pauvres officiers (ou ex mais nous sommes tous désormais du côté "civil" de la société) là où d'autres plus puissants n'y arrivent pas ?

Nous n'avons jamais été, Philippe, audibles.

Pas assez carriéristes. Pas assez engagés politiquement. Pas assez intéressés par un profit quelconque. Pas assez diplômés. Pas assez attirés par une fraternité de réseaux peut-être aussi. Nous réclamions cette indépendance - presque statutaire à notre combat - comme un gage d'objectivité. Ce fut ce handicap, conscient et assumé, d'être au service général et non d'une coterie, qui est devenu notre principal tort aux yeux de tous. Trop pertinents techniquement également. La police est un métier que nous maîtrisons et dont nous gardons les cicatrices, sur la peau et dans nos âmes, pour l'avoir fait avec détermination. Ce n'est pas un discours ou un slogan publicitaire. Nous avons le défaut de le rappeler trop souvent. Cela pique les certitudes confortables des raisonneurs.

Tout cela n'a été qu'un interminable dîner à longues fourchettes durant lequel nous avons joué le rôle des "idiots" volontaires pour amuser la galerie avant d'être congédiés à coup de pompes méprisantes dans le fondement.

Restera entre nous le souvenir d'une certaine idée de la République, de celle qu'on devrait montrer en exemple et qui fut rappelé en 1989 lorsque Monsieur Joxe eu l'excellente idée, profitant d'être Ministre de l'Intérieur à l'occasion du bicentenaire de la Révolution, de nous faire parvenir à tous les textes fondateurs à ne pas oublier dans l'exercice quotidien de notre métier de policier.
Vingt deux ans plus tard c'est à croire que personne chez les dirigeants politiques ne les a lu un jour ni même qu'ils n'aient jamais existé. Ils furent peu, nos ministres, un peut-être pour chaque côté de l'échiquier politique, à se soucier depuis trente ans de cette dimension, mais ce n'est pas le sujet...

C'est ainsi mon ami.
Loin des réseaux et des accointances, nous avons tenté de faire preuve d'un humanisme, non encadré certes, mais bien plus franc que celui de la majorité des tenants dits intéressés de ce principe. Il y a des exceptions je pense à ce constat global, ou plutôt j'aime à m'en persuader pour garder sous perfusion quelques illusions moribondes.

Que puis-je te conseiller à la lecture de cette exécution sociale pour raison politique ?
Les uns comme les autres nous avons sacrifié beaucoup. Trop sans doute.
Notre principal défaut est de ne pouvoir nous défaire de cette obsession de courir chaque jour soutenir une digue qui a pourtant cédé depuis longtemps, au détriment du reste, de nos vies et de tâches, personnelles ou professionnelles, sans doute plus utiles et que pourtant nous négligeons trop.

Gardons le souvenir de ce qui tourne à une désespérance conduisant à une sorte de névrose obsessionnelle comme celui du devoir, au moins moral, accompli.
Mais maintenant révolu et inutile.

Il est temps de penser à nous, à nos proches et de ranger dans une malle à laisser recouvrir de poussière cette inclinaison suicidaire au sacrifice pour l'intérêt collectif. dont tout le monde se contrefout.
Il y va de l'avenir de nos enfants, du confort de nos conjoints et de notre santé également. Du peu de notre dignité qu'il nous reste également sans doute tant nos voix finissent par sonner comme celles de prédicateurs hurlant dans le vent.

Ce système, basé uniquement, et de tous bords, sur des intérêts partisans et à réaliser à court terme est en train, j'en suis persuadé, de s'écrouler tout seul. Et ce ne sont plus quelques principes défendus, même si cela était avec succès, qui le sauveront. Autant donc garder quelques forces pour plus tard, pour le monde de demain dont on peut prévoir qu'il risque d'être terrible à plus d'un titre. Il est trop tard. Pour se battre. Pour espérer. Pour pleurer. Pour se saouler.
Le temps de s'en foutre est venu, pour faire comme tout le monde : devenir égoïste avec détermination.

Je pourrais aisément trouver, pour te redonner un peu de baume au cœur, une citation de Céline, ton auteur fétiche, pour panser ta tristesse à cette décision.
Je préfère m'en tenir à une simple formule, qui pourrait te sembler pompeuse, mais qui loin de la politesse des bas de courriers d'un autre siècle, illustre parfaitement ce qui est oublié depuis dans notre société, mais qui au moins nous tient proches dans l'adversité.
"Salut et Fraternité"

Marc Louboutin


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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 15:33

le-silence-des-pantoufles-etouffe-le-bruit-des-bottes

 

 

(© le grafitti est de moi, le mur est à moi, la phrase j'en sais rien et je m'en fous)

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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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