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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 01:30

chiottes

 

Il y a un mois,  FAFWATCH publiait un certain nombre de captures d’écran présentant sous toutes ses coutures idéologiques et... difficilement plastiques, Sidany Doutch, une candidate investie par le Front National pour les élections législatives 2012, dans les Hauts-de-Seine.

Deux jours plus tard, je reprenais tout ça ici-même, me souvenant au passage que si Marine Le Pen avait été extrêmement choquée, oulalalaaaa! par la photo d’un ambassadeur de France en maillot de bain, quelqu’un de son staff serait peut-être sensible aux images mises en ligne par sa candidate, et que du coup il pourrait joindre l’utile à l’agréable et prendre tout son temps pour découvrir le lot d’insanités que Sidany Doutch avec sa bande d’abrutis sympathisants décérébrés et de minables groupies, érige en argumentaire pour combat politique.

Je ne vais pas à nouveau reporter d’extraits ici, on les assez lus.
On se rappellera juste qu’au-delà de l’énoncé consternant de leurs vérités sur le monde, de leurs intelligences anémiques indignes d’un pissenlit en échec scolaire, leur vulgarité galvanisée par la surenchère, il y a lieu de se demander si le suffrage universel n’est parfois pas un fléau, et que s’il restait une discrimination à plaider dans cette société où merdalors, madame Michu, si on peut même plus dire c’qu’on pense ! ce serait bien de reconnaître qu’il existe tout de même des gens incroyablement plus cons et pourris que d’autres. Avec lesquels on n’a aucune envie de débattre, tant leur idiotie est rédhibitoire, et à qui on démonterait volontiers la face à coups d’outils agricoles.
Oui, je sais, c’est mal.
Mais le bien le mal, le mal le bien, madame Michu, aujourd’hui c’est très flou…

D’après le site officiel du Front National, et également mentionné ailleurs, Sidany Doutch ne s’est pas vue retirer son investiture.
Je n’ai d’ailleurs pas eu de réponse des responsables du Front National que j’ai contactés, ce que je considère comme du mépris pour la citoyenne contribuable que je suis qui se retrouvera à raquer comme tout le monde pour le financement des partis politiques qui auront saturé leurs listes de crétins encartés pour ramasser le plus possible.

En revanche, j’ai trouvé par terre - un distrait l’aura égaré – la capture d’écran du mail que Rémi Carillon, responsable de la fédération FN 92 - et donc de Sidany Doutch - a envoyé à ses adhérents suite au coming-out sauvage sur Fafwatch, et 3 jours après mon enfonçage de clou.

Screens + copie :

 

rcarillon-1
Il est évident que la menace que représente Marine pour le pouvoir en place allait avoir pour conséquences les pires ignominies, dignes de régimes d’une autre époque. Les médisances, les calomnies sont en cours : c’est une guerre qui nous est déclarée (au delà des difficultés à obtenir nos parrainages). Écoutes téléphoniques, passage au crible de nos mails, sms, coups de fil, sites (blogs, face book, etc.) : tout y est.
Nous devons donc veiller à avoir une attitude irréprochable, nous mêmes, et avoir une vigilance accrue dans les échanges de toutes sortes. Je vous demande de bien vérifier vos blogs et pages internet et, au besoin, de les fermer. Les profils FaceBook de certains de nos adhérents montrent qu’ils ont perdu le sens commun, et ne se rendent visiblement pas compte qu’ils véhiculent l’image du Front National : on ne mélange pas politique et vie perso.
Outre le but clairement exprimé de déstabiliser Marine, il y a aussi celui de nous diviser et de jeter l’opprobre sur des membres de notre équipe : ne tombons pas dans le panneau et au contraire, faisons preuve d’une solidarité essentielle entre nous et avec Marine.
Je vous recommande, d’abord et avant tout, beaucoup de calme, de sang froid et de recul. En cas de doute, pas de réaction isolée, intempestive et épidermique : tenez moi au courant d’abord.
Restons strictement sur le plan politique, sans pour autant nous censurer : nous n’avons rien à nous reprocher. Ayons toujours en tête que des taupes sont présentes chez nous (y compris chez les jeunes) et que nos propos seront analysés et, évidemment, honteusement déformés.
Alors pas de paranoïa, mais un sens des responsabilités plus que jamais nécessaire. Tout ce que nous disons, faisons, écrivons, peut être écouté, vu et lu : ayons toujours cela en tête.
Cordialement.

rcarillon-2

 
Après lecture attentive, on observe qu’il n’est nulle part question de condamner quoi que ce soit, ou de se désolidariser de qui que ce soit.
C’est tout le contraire qui est dit.
Le recadrage se fait autour de conseils de prudence, mais absolument pas sur le fond, sur la manière de dire ses idées ou sur les idées elles-mêmes. Rien n'est disqualifiant.
L'ignominie, les médisances, la calomnie (le tout assorti d'une inévitable allusion aux z'heuresombresdelhistoire) n'existent que hors du FN.
L’important est bel et bien l’image, et la dédiabolisation que l’on attribue au FN de deuxième génération n’est qu’un vernis et un concept de marketing.
Sidany Doutch a fermé sa page facebook, elle figure toujours sur la liste des investitures pour les législatives 2012 des Hauts de Seine, tout ça n’est pas bien grave, c’est une affaire classée.

Le Front National a décidément mis la barre très haut.

 

épisodes précédents :



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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 14:12

lettre ouverte à Claude Guéant, Ministre de l'Intérieur

 

 

 

zamours

 

 

Objet : demande d'indulgence.



Monsieur le Ministre,


Nous venons d’apprendre par la rumeur, qui décidément ne cesse de surprendre, qu’un de nos ex collègues, le lieutenant de police Y. exerçant en banlieue parisienne, venait de tomber dans une drôle d’affaire, et faisait l’objet d’une procédure disciplinaire.

Ce fonctionnaire de police n’a pourtant pas volé, pas davantage commis de violences policières interdites par les conventions de Genève, il n’a pas non plus insulté sa hiérarchie, ou pire un ministre, pas plus qu’il n’a participé à des viols collectifs entre policiers.
Non, monsieur le Ministre, il s’est bêtement fait détroncher alors qu’il participait avec son épouse à une émission de divertissement sur France Télévision - affligeante, on vous l’accorde - sans en avoir préalablement demandé une autorisation qui ne lui aurait peut-être pas été accordée.

La demande d’indulgence que nous vous adressons aujourd’hui aurait pu avoir un autre goût, du panache, de l’envergure, un retentissement médiatique international, si seulement Y. n’avait pas eu l’extravagance d’aller se vautrer administrativement sur le plateau de Les Z’amours, une misère télévisuelle qui logiquement provoque un effet immédiat sur toutes les télécommandes bien portantes.

Le lieutenant Y. aurait pu aller pérorer sur un plateau à audience, en prime time, galvanisé par des présentateurs de renom, il aurait raconté des histoires invraisemblables, en aurait même inventées, il se serait pris pour la star d’un soir, et se serait imaginé une influence majeure sur la marche du monde. Il aurait pu recommencer le lendemain, rejouer la même, et puis encore le lendemain, et ainsi de suite… Là bien sûr, une sanction impitoyable aurait été justifiée, et une supplication d’indulgence aurait été sans effet.
Mais voilà, ça n’a pas été le cas. Y. a joué petit. Tout petit. Une minuscule prestation sans conséquences dont personne ne se souviendra.

L’image de la police nationale et le respect de l’obligation de réserve sont des concepts sérieux, et n’importe qui ne peut pas en faire n’importe quoi sans répondre de ses écarts et les assumer.

Mais pour Les Z’Amours, Monsieur le Ministre, saurez-vous être magnanime avec le pauvre lieutenant Y. dont la circonstance atténuante est d’avoir eu de mauvaises fréquentations quand il était affecté à la PAF Orly, et peut-être par mimétisme ou par naïveté, imaginer que tout fonctionnaire de police en activité pouvait impunément aller faire son show à la télévision ?

C’est parce que nous avons entière confiance en votre sens de l’équité, Monsieur le Ministre, et qu’il ne peut pas y avoir, comme disait Nicolas Sarkozy pas plus tard qu’hier soir, deux poids et deux grosses mesures, que nous vous demandons de bien vouloir considérer le cas du lieutenant Y. avec indulgence et compréhension, et l’acquitter pour son insignifiante transgression.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, l'expression de notre respect et sincère considération.

 

 

 

Bénédicte Desforges et Marc Louboutin
auteurs et ex lieutenants de police

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:36

 

 


Mise à jour :

Le cas des frénétiques débordements xénophobes et autres joyeusetés de Sidany Doutch, investie par le Front National pour les élections législatives 2012, repris par le Lab d’Europe 1, qui a pris contact avec le Front National, et a reçu des réponses pour le moins étonnantes...

Tous les interlocuteurs qu’Europe1 a eus au FN nient l’investiture de Sidany Doutch pour les législatives 2012.
Et ce, malgré la mention qui en est faite, entre autres, sur FN Infos, figurant dans la liste des sites officiels du Front National.
Mais aussi, comme l’indique Europe1, malgré la lettre d’investiture rédigée par Rémi Carillon, secrétaire départemental FN des Hauts-de-Seine, mise en copie sur la page facebook de Sidany Doutch et publiée par Fafwatch (si les instances du FN disent vrai, et vu leurs ardeurs procédurières, ils devraient déposer une plainte pour faux et usage de faux pour ce courrier à en-tête du Front National ?)
Et également, malgré sa précédente investiture aux cantonales 2011, ce qui témoigne que Sidany Doutch n’est pas totalement inconnue au Front National, et que la confiance de son parti lui a déjà été accordée dans le cadre d’une élection.

L’effet immédiat des frasques verbales de Sidany Doutch a donc été une négation collective de cette investiture, et un grand nettoyage (en cours, mais le cache de google est notre ami) des sites mentionnant son nom (le site mis en lien par Europe 1 hier a entre-temps été expurgé).

Mieux que ça, le site de la fédération Front National des Hauts de Seine, s’est vidé de tout son contenu (avantaprès) Il faut dire que ces temps-ci, les militants et candidats FN du 92 sont sous les feux de la rampe et mis à mal par le livre d’une journaliste infiltrée, laquelle d’ailleurs, s’était très vite vue confier des responsabilités, mais aussi proposer, dit-elle, une investiture dans le département.
Comme quoi ces investitures sont accordées n'importe comment à n’importe qui, avec un discernement très relatif…
Une taupe d’une part, une hystérique ordurière et raciste de l’autre.
Un électeur, fusse-t-il du Front National, peut tout de même rêver mieux que ça…
Mais aussi, et quoi qu’il vote, n’importe quel contribuable :

Une explication à ces investitures irresponsables, faites en dépit du bon sens et d’une essentielle discipline, à la va-vite et sans le minimum de vigilance nécessaire, est peut-être la course au financement des partis politiques [lien]
Les subventions publiques sont accordées à hauteur de 1.63 euros par suffrage obtenu, à la condition de présenter des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés au premier tour de la législative dans au moins 50 circonscriptions.
Sans oublier qu’une sanction financière est appliquée en cas de non respect de la parité hommes-femmes.
Bref. Il y a depuis cette loi, une débauche de candidats aux élections législatives, lesquelles se jouent à guichets fermés, avec beaucoup de figurants simplement là pour faire du chiffre.

Tout ça pour dire que ça me chagrine de n’avoir pas reçu de réponse de madame Arnautu, vice présidente du Front National et secrétaire régionale Ile de France, à qui j’ai adressé un mail la semaine dernière.
Mon message se terminait par une question simple :
« j’aimerais savoir si Sidany Doutch verra son investiture maintenue dans les Hauts-de-Seine. »

Je me fiche de connaître son avenir au Front National, c’est plutôt l’affaire de ceux qu’elle engage par ses propos et ses insultes, et il m’intéresse modérément de savoir si elle sera sanctionnée par son parti. À cet égard, j’ai juste l’impression de l’application stricte d’un "pas vu-pas pris"… pas vu médiatiquement, s’entend. Ça passe ou ça casse.
Ou en dernier recours, ça s'efface...

En revanche, savoir que l’argent public sert au financement de partis sur la base de tels petits arrangements entre amis, et qu'il existe quelque part en France des gens investis par un parti officiel, et assez abrutis pour s'imaginer une sorte d'immunité les autorisant à proférer de manière accessible des propos ignominieux, et de s'en féliciter, est bien plus dérangeant et signe de la très mauvaise santé de la sphère politique.

Alors, Madame Arnautu répondant aux  Inrocks peut bien noyer le poisson, mettre en garde, et s’émouvoir de la possibilité de personnalités fragiles ou borderline parmi ses ouailles, il m’est avis que tout électorat a droit au respect, et qu’au lieu de prendre le problème à l’envers, il appartient aux responsables du FN d’opérer des choix fiables, de les assumer, et au cas où, de se souvenir de l’invariable trajectoire du boomerang.

 

Ailleurs :

Europe1-LeLab

Les Inrocks 2012

Express

Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 20:21

BleuBlancRouge

Vive Marine, vive la France mort aux rats !

Ce genre de race a tendance à durer, ils sont résistants c’est comme toute les raclures et les parasites tu t‘en débarasse jamais !!!

Sarko n’est même pas français, sa femme est la honte de la république, c’est une vrai trainée qui n’a aucun égard vis à vis des Français !!!

« On te parle pas parce que t’es conne et ça risque de t’instruire déjà enlève ta cape à moins qu’avec ça tu t’envoleras plus vite dans ton pays.
Maintenant dégages !!! »
(à une "muzz")

Ho la sale gueule
(en parlant d’Eva Joly)

Tu veux dire une suceuse de première la Carla


Etc.
Le reste, les images et les réparties des bons amis sont sur FAFWATCH qui a fait là une pêche miraculeuse, et a bien voulu nous faire partager sa nausée, en mettant en ligne d’incroyables captures d’écran.
Ces extraits proviennent de la page facebook de Sidany Doutch, investie par le Front National pour les élections législatives 2012, sur la 8è circonscription des Hauts-de-Seine.

Il y avait la droite décomplexée, eh bien maintenant il y a Sidany Doutch et ses copains d’une droite extrêmement désinhibée.

Les commentaires et propos de Sidany Doutch et de sa clique se résument à une avalanche de propos orduriers, racistes, et déluge d’insultes ad hominem dès que l’occasion se présente sous la forme de tout ce qu’il y a à haïr et agonir pour ces militants et sympathisants FN.
Tout y passe…
Il y a potentiellement un procès en diffamation et injure publique toutes les deux lignes.

C’est ce qu’ils appellent la liberté d’expression, et cette liberté n’a pour eux aucune limite. Ni celle de la sphère privée, discrète, et inaccessible, ni celle de la loi.
Ils ne réalisent toutefois pas, qualitativement, de grandes prouesses d’expression, car une fois qu’ils ont clavioté et psalmodié leurs rengaines du saucisson pinard burka peine de mort quelle honte et pauvre France, il ne reste plus grand-chose du débat d’idées, sinon à s’adonner à l’injure et à l’outrance jusqu’au dernier pixel.

Tout ça est pourtant banal sur internet, les crétins incultes et haineux sont légion.
Ce qui l’est moins est que Sidany Doutch est officiellement investie par son parti pour les législatives de 2012 - ce qui, aussi insignifiante et pitoyable soit-elle, est tout de même une particularité qui fait envisager ces propos et "dérapages" différemment - et qu’elle semble se foutre de ce mandat comme de sa première nuisette.
Ou alors, tout ça fait partie du discours et de l’argumentaire fourni par le parti ? du folklore du FN ? Ou bien, le Front National permet des écarts, et octroie une marge de tolérance à ceux et à celles à qui est donnée une investiture, et la responsabilité de séduire un électorat ? Et là, c’est pas gagné…

Sidany Doutch prend aussi la pose devant l’objectif. En sous-vêtements. Et quand bien même, les photos ne seraient pas si glauques, vulgaires, et explicitement racoleuses, la candidate FN aux législatives 2012 ne semble pas se rendre compte de l’effet que tout ça produit. En tout état de cause, un effet bien plus consternant que celui que pouvait susciter la photo de l’ambassadeur de Tunisie que Marine Le Pen avait été débusquer sur le site Copains d’Avant.
« Pour l’honneur et pour la dignité des Français » avait alors dit Madame Le Pen ce jour-là, la photo à la main, en réclamant la démission du diplomate. [vidéo]


Pour l’honneur et la dignité des Français, pour le respect du suffrage universel, des électeurs, et des institutions de la République, pour l’image de la politique et de tous les engagements militants, Marine Le Pen saura-t-elle faire preuve de discernement et de cohérence, et renvoyer Sidany Doutch à ses dentelles et son Bescherelle, pour qu’accessoirement elle puisse se livrer à ses dérives insultatoires loin de la vie politique française ?

C’est une affaire à suivre.

[suite ]

source : FAFWATCH

 

d'autres commentaires sur AgoraVox [lire]

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 19:50

« C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. »
Rémi Gaillard

la suspendue de la République

 

Le nouveau livre signé Sihem Souid est une sorte d’agenda linéairement fastidieux relatant les tracas administratifs, et tentatives médiatiques et politiques, qui ont ponctué le laps de temps écoulé entre ses deux publications aux éditions du Cherche-Midi.

La construction est donc chronologique, et dans les faits, on n’apprend pas grand-chose de plus qui n’ait déjà été relaté et monté en épingle dans une presse fidèlement attentive au buzz Sihem Souid.

Même la promesse faite en quatrième de couverture de révéler tout des négociations secrètes, rendez-vous discrets avec l'institution et autres intrigues de coulisses, n’est pas tenue.
Au mieux y trouve-t-on comme amusante révélation un rendez-vous cordial avec Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat majoritaire des gardiens de la paix, dans un café de la place de la Bastille (plus hype et plus discret qu’au siège du SGP Unité Police ?) Des dires de Sihem Souid, leur conversation les met si bien en phase, qu’il lui demande de faire partie de la liste de ses soutiens publics, lequel soutien est en effet réaffirmé dans les colonnes du JDD dix jours plus tard. Homme d’engagement versatile et petites peaux de bananes entre amis, il la privera néanmoins de son appui et de celui de son syndicat, suite à un tract moqueur d’Alliance le syndicat adverse, qui en aurait été récompensé sous-entend Sihem Souid.
L’auteur semble pourtant lui pardonner cette faiblesse, loue l’action syndicale de Nicolas Comte, et conclue son chapitre par l’attente d’un mea-culpa de celui-ci.
Et aussi, pour amuser les vrais flics sanctionnés pour bien moins, le récit de la rencontre avec le commissaire divisionnaire Jacquème, directeur adjoint de l’IGS, affable et souriant, qui après son audition portant sur le non respect du devoir de réserve, blague, la félicite sur la qualité de ses interventions médiatiques - « Nous avons vainement visionné vos rushes pour chercher la faille » (on croit rêver NDR) - insiste pour obtenir une dédicace auprès d’une Sihem Souid qui se fait prier, et ne cachant pas son enthousiasme, la remercie chaleureusement.

Bref, rien de réellement palpitant ou instructif dans ce livre mal écrit et vite lu.
Énormément d’autosatisfaction, et autant d’approximations et d’imprécisions qui tombent à pic. Ce qui est toutefois intéressant d’y observer est la recette de cette soupe fade, parce qu’il fallait tout de même noircir 200 pages.

Une soupe froide cependant. L’électroménager ayant rejoint les rangs des ennemis de la République, Sihem Souid dénonce page 130 une sorte de feu de casserole, dont elle suggère lourdement qu’il put être d’origine criminelle.

Les ingrédients de ce futur bad-seller sont donc les suivants :

1/4 de copies d’extraits du press-book de l’auteur, et autres lettres de soutien moult fois déjà diffusées, dont on comprend que si les signataires accordent un soutien de façon quasi pavlovienne, ils adhèrent bien davantage à une cause qu’à celle qui se présente à eux comme le porte-drapeau de celle-ci, et dont ils ne savent finalement pas grand-chose sinon qu’elle peut, à première vue, incarner un concept très vendeur médiatiquement.

1/4 de carnet d’adresses où elle cite consciencieusement les noms de tous les éditocrates qu’elle a pu croiser, et surtout de tous les parlementaires et politiques et qui lui ont été présentés pour la plupart par le très efficace ex-responsable de ce qu’elle nomme pompeusement son comité de soutien. Manière tape-à-l’œil et grossière d’associer nommément des gens à fort potentiel de visibilité, à son destin - et peut-être un jour à son discrédit. Vulgarité des gens ambitieux et sans talent qui parlent toujours trop fort, et comme d’amis véritables, de leurs relations de salons.

1/4 de règlements de compte, de calomnies, où entre autres, l’utile meneur du fan-club, déchu une fois sa mission marketing remplie, tombé de haut pour avoir approché et compris la part d’ombre de Sihem Souid, et ayant tenté une vaine marche arrière à son engagement, s’en prend plein la figure, de façon abjecte, insultante, ignoble, l’auteur n’hésitant pas à se livrer - comme dans son premier livre - à un exercice de description physique humiliante et superflue, et reproduire une série de textos sans aucun intérêt comme le ferait une adolescente revancharde.

1/4 de non dits et c’est bien sûr en creux que nous avons exploré ce livre, aussi elliptique que le premier, si toutefois cette paire d’ouvrages relève bien du témoignage et pas du roman.

Nous avions commencé à suivre le Souid-show comme un mauvais feuilleton surjoué.
Gênés par quelques invraisemblances, nous nous sommes intéressés à cette affaire de plus près, et avons continué à suivre notre icône en carton comme un fil conducteur à travers une presse totalement partisane et menteuse par d’opportunes omissions ou par facilité d’interprétation de ce qui aurait pu être une histoire exemplaire.
Nous avons pris un certain nombre de contacts qui nous permettent de dire que si le combat contre la discrimination et pour l’éthique est juste, il a été accaparé par Sihem Souid pour servir la seule cause de son ambition. Ses alliés de la première heure se sont tous désolidarisés, c’est dire... Il s’agissait pourtant des véritables victimes de discriminations.
Nous sommes également allés jusqu’à l’Assemblée Nationale pour apprendre que la crédibilité de Sihem Souid est très loin de faire l’unanimité, et que si elle se targue d’un certain nombre de soutiens et d’entretiens avec des parlementaires, ceux qui ont refusé de la recevoir sont nombreux, et leurs réticences sont très explicites.

Comme le disent les journalistes encartés, nous avons pu consulter un bon nombre de procédures et d’auditions. Nous avons, nous aussi, nos sources policières.

Sihem Souid affirme depuis un an avoir les preuves de toutes les exactions qu’elle dénonce. Comme par exemple, celles de viols collectifs ayant eu lieu dans un commissariat de police, faits qu’elle a rapportés dans plusieurs médias, et dont nous n’avons plus jamais entendu parler. Dommage, ce deuxième livre aurait été l’occasion de consacrer à ces crimes - dont elle dit que l’administration les a couverts - un chapitre croustillant.
D’autant plus que le viol est un thème vendeur, un viol constitue un préambule accrocheur.
Un viol est tellement tabou qu’aucun journaliste n’ose poser de question, ce serait reçu comme un autre viol.
Parler d’un viol dans le premier chapitre d’un premier livre, rend le lecteur vulnérable, perméable, lui interdit de douter des pages suivantes. Il ne peut pas se permettre de s’interroger sur le moindre détail d’un tel récit sans en disqualifier l’auteur.
Ce chapitre tabou de l’Omerta dans la police, « Le viol », qui s’accommode de toutes les vérités et d’une dramaturgie particulière, d’un dîner chez des amis, d’une rue déserte, et toujours de la pluie qui tombe sur le crime, ces vingt pages supposées démontrer in fine la réalité d’un acharnement policier sur Sihem Souid sont un écran de fumée.
Paradoxalement, dans un témoignage plus que dans un roman, les mots ont un sens. Et surtout, la contrainte de l'exactitude et de la sincérité.
Ainsi ce viol sous une pluie torrentielle à nouveau évoqué dans le second livre n’a jamais existé.

Les journalistes que nous avons contactés le savent comme nous. De même qu’ils savent un grand nombre d’invraisemblances et de manigances, et de quelle façon la déontologie de la presse est à son tour mise à mal.

Mais ils ont préféré la version officielle, l’imposture médiatique, celle de l’icône de la police irréprochable dont l’uniforme d’ADS n’est jamais sorti à l’air libre de la rue, celle qui a des preuves invisibles, illisibles, celle qui pleure dans ses livres et éructe en textos, celle qui gambadait à la suite d’Arnaud Montebourg à la fête de l’Huma (Arnaud Montebourg aurait-il fait un aussi bon score aux primaires socialistes sans Sihem Souid ?), celle d’une Sihem Souid borderline victime d’un complot visant à la faire taire, mais après tout pourquoi ne pas y croire… c’est tellement vrai qu’elle raconte… n’importe quoi.

Pour finir, deux mots de la "préface" de Stéphane Hessel, le pape contemporain de la bobolution. Celui-ci - dont elle dit qu’il a eu l’honneur de préfacer son livre ( !) - indique avoir suivi le parcours [de Sihem Souid] pendant plusieurs années… Il n’y a que deux explications possibles à ça. Soit il l’a fait sauter sur ses genoux quand elle était gamine, soit il s’agit d’une préface type et forfaitaire selon le nombre de signes espaces compris.

Tout cela et le reste nous indigne au plus haut Point.fr.

 

Bénédicte Desforges & Marc Louboutin

à lire aussi :

Published by bénédicte desforges - dans police - médias - intox
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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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