web, blogs et beurks


Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 17:38

 

 

MILDT

 

[*]  acheter du shit sur internet est une requête dans Google qui mène souvent à ce blog. Pour une fois, les amateurs ne viendront pas pour rien ► clic sur le logo MILDT
(Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie)

Publié dans : web, blogs et beurks
rien à rajouter ? - 5 réactions

Mercredi 18 août 2010 3 18 /08 /Août /2010 15:44

rue89ico  

 

morsay

 

 

Envoyez-moi des commentaires ! Faites-moi de la pub !
Cliquez sur mes clips, bande de fils de putes ! (...) Cliquez ! Bande d’enculés !
Cliquez, bande de salopes ! Clique, salope !

(dit Morsay à haute et intelligible voix)

  C’est pourtant clair, non ?

  Il a tout compris, Morsay.
Comme d’autres plus récemment, il a parfaitement intégré le fait qu’il trouverait son compte dans cette frénésie qui consiste à partager ses petites indignations avec le plus grand nombre, et qu’il s’offrirait une belle publicité sur le dos de ses détracteurs les plus virulents. Ceux-là mêmes qui braillent encore plus fort et violemment pour montrer à quel point ils supposent que leurs colères sont exemplaires, bien argumentées, et essentielles à l’information de leur entourage.

  Et c’est le principe du buzz. Le buzz, vous savez bien, cette espèce de bruit de chiottes qui se propulse le plus vite possible dans les médias en général, et sur internet en particulier.
La teneur informative du buzz est généralement très inférieure à celle du scoop.
Le scoop est une information (au sens large) plus ou moins qualitative, dont la plus grande satisfaction revient à celui qui en est le découvreur. Ensuite, un scoop peut buzzer. Ou pas.
Et donc, en marge de ce qui se dit, se rédige, se chante, ou s’invente, l’initiateur d’un buzz ne peut jouir que de sa capacité de propulsion, de sa vitesse de propagation et du potentiel de ses destinataires à relayer. Le succès du buzz réside en la motivation et l’intention commune des buzzeurs.
Un buzzeur ne buzze pas n’importe quoi, il sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait. Ça tombe bien, faute d’inspiration et de talent, c’est souvent son seul fond de commerce et tout ce qu’il sait faire. Un buzz sinon rien.

  Les messages et tentatives de rap postés sur YouTube qui appellent à la violence contre la police ne sont pas si fréquents qu’on veut bien le dire. Mais plus on en parle, plus ils le sont. Et plus ceux qui en parlent sont les meilleurs attachés de presse dont ces petits cons pouvaient rêver.
Personne ne semble avoir compris – ou beaucoup font mine de l’ignorer - qu’un message non entendu, ou tombant dans une sourde oreille, n’est pas un message.
Parce que ces menaces et appels au meurtre n’en sont pas. Ils sont de la provocation.
Ils s’adressent bien davantage à l’objet de leur hargne – la police – qu’à leur entourage direct, les jeunes-des-cités-des-banlieues-avec-capuches, Toufik, Mamadou et Charles-Henri, qui ne prendront pas les armes parce qu’un type jonglant avec un vocabulaire très limité et un calibre en plastique éructe devant une webcam.

  Aucune chanson, aussi hargneuse soit-elle, n'a jamais tué personne.
En revanche, ça agace prodigieusement et ça peut être répréhensible par la loi.
La Justice peut et doit se faire sans tapage. Et surtout sans le parasitage de justiciers amateurs.

  Parce que in fine, on a vu quoi sur le champ de bataille du web 2.0 ?
Une horde de gens d’une haine et d’une violence indicibles libérer leur parole comme aucun rappeur ne l’a encore fait. En quelques jours, les fantasmes les plus aboutis se sont déversés sur internet. Tout y est passé.
Peine de mort, expédition punitive, pendaison par les couilles, dépeçage de nègres, vivisection de bougnoules, projets de ratonnade, brulage de mosquées, louanges répétées du Front National et de son avenir radieux, lynchage de bobos amateurs d’arts de rue, OPA hostile sur Libération et Rue89, mise à mort des journalistes et de la gauche complice, etc.
Un vrai génocide contre un éphémère sacrifice de poulet médiocrement déclamé.
Et un rap qui finit par faire figure de chant grégorien face à ce déchainement de haine ou aucune subtilité de supplice n’a été oubliée. Le tout jeté tel quel et sans Bescherelle, par tous ceux que le panurgisme le plus décérébré peut coller au derche des petits Goebbels d’internet.

  Alors l’intérêt de tout ça ?
Aucun, bien au contraire. Définitivement contre-productif.
Si un clip reste confidentiel, il y a non évènement à ceci près que sa seule mise en ligne suffit à ce qu’une plainte soit recevable.
La publicité excessive faite par buzz interposé et orchestré à dessein démontrerait finalement que l’instrumentalisation sert bien davantage d’exutoire à ceux qui condamnent ? Très probablement.

  Si ce sont les policiers eux-mêmes, l’hyper médiatisation de leur colère est du pain béni pour l’enfumage. Parlons d’un inconnu, sortons-le du néant d’internet, offrons-lui son heure de gloire, sommons le ministre de l’Intérieur de faire justice (de toute façon, le code de déontologie l’y oblige, il l’a déjà fait), saisissons les syndicats qui à leur tour joueront des coudes à qui sera le premier à pérorer dans les médias.
Et par notre indignation démesurée, donnons à cette gesticulation un rang d’importance supérieur aux véritables problèmes de l’institution police, lesquels réclament réflexion et propositions concrètes, qui sont un exercice plus difficile.

  Et derrière et autour des policiers, se démènent leurs pires ambassadeurs. Une cohorte de crétins plus royalistes que le roi, les violents, les racistes, les rageux nostalgiques, tous ceux qui alimentent cette hystérie sécuritaire du moment, et qui repartiraient volontiers en croisade s’ils n’étaient si bien à s’exciter collectivement et confortablement sur internet en attendant qu’on leur ouvre les isoloirs.
Sous prétexte de souci citoyen, et de concert avec une armée de Dupont-Lajoie déchainés, ils se proclament solidaires de la police en ne jurant que par la violence et les armes. Quelle différence avec Abdul X et les autres ?
Voilà un soutien inconditionnel – dont on se passerait bien - de tous les abrutis d’un bord extrême de l’opinion publique, jouissant du fantasme de l’homme en uniforme et en arme, au détail près qu’ils ne sont pas disposés à partager une seule seconde de ce qu’il y a de plus pénible dans l’exercice de ce métier : la haine quotidienne.

  Alors après, il se passe quoi ?
Une condamnation pénale très certainement.
Mais encore plus sûrement, l’apparition d’un titre ou deux dans les bacs à la FNAC.

  Joli combat. Merci pour tout.


Plus de commentaires sur Rue89 [lire]

Publié dans : web, blogs et beurks
rien à rajouter ? - 29 réactions

Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 23:01

 

 

 

  Sur ces pages, j’écris parfois autre chose que des histoires de flics, parce que si je ne faisais pas ce que je veux avec ma ligne éditoriale – comme disent les blogueurs qui se la pètent furieusement en causant comme des rédacteurs en chef de la vraie presse – ce serait quand même dommage.
  D’autre part, je n’écris pas beaucoup parce que ce blog n’est pas un tamagoshi, moi je ne suis pas une crevarde en mal de fidélité internaute, et pour finir, je me fous avec application de tout ce qui – normalement - devrait me titiller puisque je suis blogueuse, à savoir la visibilité, les statistiques, les commentaires, le réseautage, bref tout le paramétrage du narcisse virtuel en détresse affective.
  Par ici, je peux juste vous certifier que je ne vous servirai pas du journal intime, des photos de mes vacances à la neige, ou un fac-similé de blog-de-pétasse avec du macaron Ladurée au banc d’essai assorti d’un verdict orthographié avec les pieds. Voilà mon engagement.
  Et ça s’arrête là.
  Parce que, si sur ce blog j’assure ma liberté d’expression, je ne garantis en aucun cas la votre.

  Cette frénésie propre à Internet qui consiste à déverser son opinion partout et sur tout, me saoule.
  De plus en plus rares sont ceux qui admettent sereinement qu’il existe des sujets sur lesquels ils n’ont rien à dire, ou trop peu pour que la chose mérite d’être exprimée et rendue publique. C’est exactement le contraire qui se passe. Comme si le simple énoncé d’un avis abolissait la frontière entre les domaines du néophyte et de l’expert.
Tout le monde se doit de parler de tout, d’intervenir partout, et de fait, le nombre aidant, entrainer n’importe quel thème abordé dans une désastreuse médiocrité rarement atteinte avant l’ère du web 2.0.

  Le sentiment de passer pour un con appartient à un temps révolu, et a disparu des structures mentales de l’internaute. Il faut juste qu’il cause, s’émeuve, s’agace, et surtout qu’il participe au bavardage pandémique, et laisse sa trace pour trouver une place dans le magma numérique.
Dans cette immédiateté facilitée, tout se dit dans l’urgence. On ne réfléchit plus trop, on s’exprime à la manière des micros-trottoirs, dans la gueulante ou l’émotion plutôt que le raisonnement.
  Tout doit faire débat, et peu se soucient d’apporter une plus-value au dit "débat".
Et dans ce monde de l’expression "libérée", où la qualité est asphyxiée par la quantité, ce ne sont pas ceux qui vous proposent des idées anémiques à commenter qui s’en plaindront, ils adorent ça. Plus ça cause autour d’eux, plus ça les flatte et les boursoufle de contentement, et plus ils en jouissent par procuration. C’est dire la misère...

  Trêve de démagogie et de simulation de copinage, toutes les opinions ne se valent pas.

  Il y a dans cette cacophonie de l’interactivité ce qui est intelligent et constructif, et toutes les nuances de la remarque, allant du stérile au propos honteusement idiot. Et tout au bout de l’argument absent, il y a l’insulte.
Et au milieu, il y a ceux, dont je fais partie, qui revendiquent le droit de faire la différence entre les gens intéressants et réfléchis, et les abrutis qui considèrent comme une qualité de l’échange, une spontanéité que ne leur autorisent pas leurs facultés mentales.

  Quel genre de "règle" ou de "convivialité" m’obligerait donc, sous couvert d’une supposée liberté d’expression due à chacun, à publier ici n’importe quelle remarque imbécile sans y répondre comme je l’entends ?
  La net-étiquette, les fâcheux peuvent se la carrer où je pense.
  Et leurs petits cris de protestation et autres diffamations peuvent prendre profondément le même chemin.
  Le registre agressif dans les réponses que je leur formule leur sied parfaitement, et je ne m’en priverai pas si je leur laisse la parole.
  La dictature de l’expression des opinions débiles ou bêtifiantes qui veulent exister au même rang que les authentiques argumentations, je m’en tape. Ici, la dictature dominante est celle du choix de ma non-indulgence. Ou intolérance, si vous préférez.
Je n’ai pas envie - ici - de tolérer ce qui m’insupporte.
Même si la tendance veut que les cons bruyants aient le même temps de parole que les discrets cérébraux, dans un espace phagocyté par des abrutis vaniteux.
  Internet est une illusion de débat. Il ne s’y passe pas grand-chose de conséquent hormis une hallucinante dépense d’énergie et de temps, à la manière d’un grand jeu de société.
Pendant ce temps, le monde tourne…

  Non, je ne dois rien à personne.
  Rien de rien dans ce féerique Internet où les seules discussions (si on peut appeler ça comme ça...) capables de fédérer en masse les opinions les plus dissonantes, et génératrices d’alliances les plus improbables, sont celles qui, sans courage, consistent au lynchage.

  Ici, quand je veux, je censure ou j’envoie chier. C’est comme ça.
  Les frileux, passez votre chemin, vous m’ennuyez aussi.
  Rien d’hostile, juste un retour à un bon sens en adéquation avec des interlocuteurs pour la plupart anonymes, à qui je ne dois en aucun cas un espace pour exprimer ce que le cerveau humain peut produire de plus affligeant.
  Qu’ils aillent – si ce n’est pas déjà fait - se fabriquer leurs petites pages du prêt-à-penser, je peux même leur fournir quelques adresses attestant que l’expression de la connerie, de la vacuité et de la prétention, a atteint un niveau de désinhibition faisant que chacun peut se sentir très bien sur Internet.

 

 

Publié dans : web, blogs et beurks
0 réactions

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

France info  Le livre du jour :

c'est vous qui le dites

rechercher

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

 

 

 

 

 

undefined

 

banner Banksy ©

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés