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Mercredi 7 mai 2008



Interviou

Mélina Loupia est l’auteur de deux livres parus aux éditions Le Manuscrit, Zette and The City en juillet 2007, et Brèves de Tiroir en librairie ce mois-ci. Elle tient également le célébrissime blog Zette and the City 
http://www.zetteandthecity.com/

Bonjour Mélina Loupia, nous allons parler un peu de vous, et puis nous évoquerons plus particulièrement votre dernier livre, Brèves de Tiroir.
Bonjour gnagnagna. Je suis mère, maire, animatrice radio et écrivain. J'ai survécu à Jésus grâce aux progrès de la médecine.

Pour commencer Mélina, pourquoi avez-vous choisi ce pseudonyme pour publier vos deux ouvrages ?
Je suis partie de l'idée toute simple qu'un nom et un prénom aussi immondes que ceux que j'ai empruntés ne pouvaient que susciter du mépris pour les trolls et les spammers, et je m'a pas trompée, loin s'en faut, peu m'en chaut (vive).
Plus sérieusement, Mélina LOUPIA, je trouvais une certaine poésie et une musicalité propre à ce Sud qui m'est si cher.
(NDR : Mélina Loupia nous a avoué hors antenne qu'il s'agissait bel et bien de son véritable état-civil...)

Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre envie de publier des livres. Êtes-vous autiste, ou bien votre accent épouvantable et votre défaut de prononciation vous obligent à préférer l’écrit à l’oral ?
Quel est le nom de l'acteur qui a joué en première base? Oh-ow.
C'est en fait mon entourage qui m'a poussée en piquant mon orgueil au bon moment et au bon endroit. Un défi lancé par celles et ceux qui vous aiment, rien de plus motivant.

Votre production littéraire est frénétique, dites donc. Avez-vous un nègre ?
Jamais de la vie, un, c'est pas assez pour apaiser ma soif de faim de reconnaissance. Et comme je dispose d'une fortune personnelle que je ne sais plus compter tellement que je n'ai que vingt doigts, je m'offre actuellement les services de dix petits nègres.
En qualité de fille, j'assure la réputation de cette fonction, à savoir plus j'écris, moins je parle et plus la sérénité de ma famille ne s'en porte que mieux. J'aime parler et écrire, j'ai choisi de parler en silence.

Mélina, vous qui êtes une blogueuse reconnue depuis maintenant longtemps, avez-vous pensé à prendre des cours de HTML et de CSS, et vous a-t-on déjà dit que votre blog est carrément moche ?
En fait, j'ai suivi dans le temps une formation accélérée auprès d'un ancien gardien de la paix reconverti depuis en blogueuse influente. Mais comme cette blogosphère là est morte, et elle avec, je me retrouve fort dépourvue, quand la bise fût de bière.
Mais au-delà de la présentation d'un blog, par son côté purement esthétique, j'estime qu'un blog doit être avant tout apprécié et jugé pour son contenu, non pour son contenant, dès lors qu'il s'agit d'un blog à vocation hautement littéraire, comme le mien présentement.

Vous êtes mère de trois jeunes garçons, que vous n’hésitez pas à pasticher de façon drôle et réaliste dans vos chroniques. Ils sont une source d’inspiration inépuisable.
Ont-ils déjà songé à fuguer ou à intégrer une secte ?

Ces enfants m'ont été gentiment prêtés par une société buzz de comm dont je tairai le nom, des négociations pour traiter avec l'étranger sont en cours.
Mais je peux assurer qu'ils sont bien traités, et qu'aucun animal n'est mort ni décédé durant la période du contrat. Car ils mettent à disposition des chats, des chiens et des personnes âgées. Même des Vélibs dans les cas extrêmes.
Pour autant, et tous les médias se joindront à moi pour répondre en écho que les enfants sont une source d'inspiration intarissable. Surtout quand c'est les siens.

Vous êtes mariée à un copilote. Avez-vous peur en avion ?
Oui, j'ai le mal de mer.
Je voulais le pilote, mais il était livré dans une hôtesse de l'air, je n'ai pas osé.
Mais je n'ai jamais pris l'avion.

Dans un court-métrage qui vous est consacré, vous dites que vous avez 33 ans comme Zézu. Que vouliez-vous dire par là ?
Par là, pas grand chose. Mais quand Zézu, Zépusoif.

Vous avez récemment accédé aux plus hautes fonctions municipales de votre commune. Vous avez indéniablement de multiples talents (écriture, code civil, règlements de voirie, cuisine, lancer de chat et chant grégorien, entre autres…)
Votre mari est-il fier du maire de ses enfants ?
« Je suis très fier de ma mémaire. » m'a-t-il confié un soir de grande détresse affective alors que les rumeurs, que nous recevons à dîner de plus en plus fréquemment, au point que nous leur avons édité un carnet à souche de tickets-repas, nous voyaient divorcés, comme Michel et Delpech.
Blague chantée à part, il se trouve que tout est arrivé un peu en même temps, et alors que j'étais dans une période d'oisiveté aride, j'avoue que la suractivité m'a fait le plus grand bien.

Parlons à présent de votre dernier livre. Brèves de Tiroir est un ensemble de chroniques issues de votre expérience de caissière. Vous êtes donc restée en embuscade derrière une caisse de supermarché pendant quatre ans, et rien ni personne qui a eu l’heur de passer devant le tapis roulant n’a échappé à votre regard. Vous nous rapportez de succulents petits portraits pris sur le vif des uns et des autres, leurs attitudes et leurs manies, leurs habitudes de consommation qui les racontent si bien, malgré eux.
Vous nous dites le regard qu’eux-mêmes portent sur vous. Vous avez croisé l’humour des clients, leurs mots gentils et leurs mots de travers, et aussi l’indifférence et le mépris.
Vous avez lu en eux comme sur un ticket de caisse, alors que vous étiez transparente à leur yeux.
À travers ces récits, nous percevons ce que peut être la journée d’une caissière, et toutes les pensées et réflexions qu’elle peut déposer dans son caddie avant l’heure de fermeture. Tout ce que vous rameniez chez vous Mélina, pour le transformer à coup de talent en livre à savourer sans modération.
Votre style est vif et enlevé, avec vous on ne s’ennuie jamais. Vous faites bien plus que raconter, vous écrivez, vous avez un style, une véritable plume.
Mélina, changez de travail et contez-nous encore tout ce qu’on ne voit pas.
J’ai bon là ?

Pardonnez-moi, mais je n'ai pas saisi le sens de votre question. Avez-vous notre carte de fidélité? SBAM (NDR : sourire bonjour au revoir merci)
Je n'en ai pas encore terminé avec l'écriture, au même titre que je ne me souviens plus avec précision du début de cette passion. Je pense que dès l'instant qu'on est épris de sa vie et de tout ce qui la remplit, on ne peut l'écrire que de la même façon qu'on la vit. Je tente de transcrire ma vie, pour ne pas l'oublier.

Mélina, merci de m’avoir accordé ces quelques instants. Jamais deux sans trois dit-on… Vivement une trilogie de Zette :o)
C'est en cours de fabrication, j'aime assez l'idée d'avoir autant d'enfants que de livres à mon actif.
Mais tout dépend désormais du bon vouloir de mon éditeur, de sa capacité de soutien, du résultat des référencements de mes ouvrages chez alapage.com, chapitre.com et des commandes générées à l'espace culturel de Leclerc Carcassonne.
Et les bizettes, on en parle pas? Je veux voir la responsable de ce torchon infâme, quant à vous, jeune impudente des faubourgs parisiens, rassemblez vos breloques en plastiques et vos arbres fruitiers dans un carton. Remi, couché ! J'ai dit couché !

Quelle chagasse...

bande annonce du livre

http://www.zetteandthecity.com/

 

 

par le flic publié dans : divers
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Samedi 26 avril 2008

TEST

alors ?    

par le flic publié dans : divers
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Jeudi 24 avril 2008




  La douche de cinéma, c’est une institution. J’ai vu trois films consécutivement où il y avait une scène de douche, c’est presque devenu incontournable dans un long métrage. 
La douche de cinéma fait partie des clichés redondants supposés traduire une ambiance ou l’état d’esprit d’un personnage, annoncer la scène qui suivra, remplir d’eau tiède un temps mort, et parfois provoquer des soupirs de lassitude. À force de voir des douches au cinéma, on en finirait par y aller avec un savon et une serviette pour sécher le comédien, histoire qu’il passe vite à autre chose. 
Oh bien sûr, ce n’est pas le seul cliché prévisible. Au hasard, on peut aussi citer les scènes d’ascenseur, l'ascenseur historique, l'ascenseur absolu et originel du cinéma, le meilleur, reste celui qui menait à l’échafaud. Ou encore les scènes de parking ou de ruelles désertes, pareillement propices aux ambiances de grande solitude, aux meurtres, aux regards angoissés, aux pas qui se pressent à grand renfort de bruitage de talons affolés, ou plus joyeusement aux roulages de pelle. Je vous épargne les scènes de coucher de soleil, rarement associées au crime - sauf au Japon où le savoir-vivre et le savoir-mourir ont encore de la gueule - mais le plus souvent placées juste avant le générique de fin sur fond de happy end. 
Mais revenons un peu sous la douche.
  La douche au cinéma, c’est trois fonctions essentielles. Se mouiller, baiser, se faire tuer. 
Remarquez que je ne mentionne pas qu’on puisse s’y laver, parce que c’est finalement assez rare. Le gel douche n’est pas une plus-value à la mise en scène, et le shampoing n’est pas compatible avec le psychodrame de base. Un personnage de cinéma ne se lave donc pas, il se mouille. Et pas n’importe comment. Il se mouille avec style, et sa douche délivre un message essentiel. 
C’est par exemple le cas du héros épuisé - flic ou voyou, on va dire - que l’eau va laver des turpitudes et miasmes de la vie, le métier, la traque, tout ça quoi. Le voilà nu et vulnérable sous l’eau rédemptrice, pour que le spectateur comprenne qu’il n’est qu’un homme simple comme toi et moi, qui n’a jamais de problèmes de tuyau de douche à la con qui fait des plis, puisque chez lui il y a un splendide pommeau de douche en aluminium hors de prix, pas comme chez toi et moi. La caméra s’attarde sur l’eau qui jaillit et dégouline sur les muscles blindés d’acide lactique du pauvre héros éreinté qui a failli mouru dix-sept fois dans la même journée. Il a la tête basse, et son profil est magnifiquement mis en valeur sous la vapeur que dégage son corps ruisselant, tel un destrier fourbu qui attend le coup de grâce. 
En général, ça veut dire qu’il vient de faire quelque chose de terrible. Genre, arrêter une météorite géante avec ses petites mains avant impact sur le siège social de Gaumont-production-distribution bientôt cotée au CAC40, tuer trois ou quatre truands recherchés depuis vingt ans par Interpol et paf ! c’est lui qui l’a pécho et pas Bruce Willis, ou interpeller Bin Laden dans un hammam de Barbès. Pas du bidon, du lourd quoi. Donc il se mouille pour oublier qu’il est mortel. Et souvent c’est là que sa femme arrive. « Chéri ? Mais tu n’as plus de gel douche ? »
  Et là, on passe avec bonheur à l’usage numéro deux de la douche au cinéma. Il l’enlace fougueusement pour se prouver qu’il est en vie, l’embrasse et la baise sous l’eau pour ne pas avoir à répondre de l’absence de la savonnette. Et il lui dit un truc du style « Non, tu ne pourrais pas comprendre, tu découvrirais alors l’homme que je suis vraiment. » Alors, sous le charme, elle oublie de se déshabiller. Parce que s’il y a bien une constante des scènes de baise sous la douche au cinéma, c’est que l’un des deux protagonistes reste habillé. À ce jour, aucun scénariste n’a su résister à l’effet T-shirt mouillé… C’est incroyablement bandant et traduit à merveille le sentiment d’urgence de l’accouplement du héros avec sa femelle. De l’amour insensé au viol bestial, il faut bien reconnaître que l’eau qui coule sur deux corps en train de se secouer sur grand écran, c’est du meilleur effet, ça le fait vraiment.
  Donc, pour que ça cesse, il reste le dernier cliché de la douche cinématographique : le meurtre. Si Hitchcock n’avait pas existé, qui l’aurait inventé ? La douche, c’est le décor idéal de la scène de crime. La victime est seule, environnée de bruits et de vapeur d’eau. Dans ce cas de figure, elle peut se mouiller, se laver, faire de la mousse, chanter, etc. L’insouciance tranchera avec maestria sur l’image de l’assassin approchant avec sa lame à la main. Ou son arme à la main si la production peut raquer pour un R supplémentaire. À peine un cri et le tour est joué. La victime dont les mains laissent des traînées de sang très photogéniques sur le plastique du rideau de douche, meurt en faisant des bulles de savon rougeâtres par la bouche, par le nez et par les blessures infligées par le méchant. Pendant ce temps, la douche continue de couler, ce qui tombe bien parce que l’ADN est soluble dans l’eau, et se barre dans le siphon avec toutes les autres traces et indices, en un gracieux tourbillon. Le petit plus de ce type de contexte meurtrier, est que le rideau de douche a des dimensions convenables pour emballer le cadavre, si toutefois l’assassin veut emporter un souvenir.

  Et pourquoi je vous dis tout ça, moi ? 
Parce que très prochainement sur cet excellent blog, vous pourrez lire ma critique d’un film policier qui justement présente une scène de douche particulièrement grotesque. Comme les autres scènes, d’ailleurs. Et comme je suis très gentille (contrairement à ce que prétend la rumeur) je m’en vais vous conter ce film pour vous éviter d’aller le voir. Un roman policier.
Que ne ferais-je pour toi, public chéri.



par le flic publié dans : divers
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Jeudi 17 avril 2008



  Ton écriture ressemble à une femme endimanchée et trop maquillée. Elle se croit belle, virgule après virgule, et entre points qui s’exclament ou s’interrogent en battant des cils, elle se persuade de sa séduction.
Elle se tortille et s’étale à coups de mots précieux et étudiés. Elle se couvre de bijoux d’une rhétorique de toc, ignorant la distinction du mot solitaire. Elle se croit riche et pourvue, mais à la lumière du sens, elle n’est que verbeuse et fardée de synonymes.
Elle voudrait sans doute avoir la grâce d’une madone, mais elle ne raconte que la coquetterie d’une syntaxe pucelle, aguicheuse et bavarde.

  Ton écriture pense que l’habit fait la phrase, mais elle ignore encore que nue, une gueuse peut être belle.
À l’heure de la plume pubère qui jouit de l’étreinte des textes autres, et du hasard des proses, ton écriture déjà esclave d’un sujet roi, du sujet toi, n’a pas voulu se laisser baiser par Lagarde et Michard, elle a fait le choix de la conjugaison atrophiée et de la stérilité. Elle aurait pu être grosse, métissée de mots millénaires, mais branlant son ambition contre l’enceinte d’une inspiration à la première personne, elle s’est trouvée obèse de lettres asservies à ta majuscule.

  Si ton écriture était un métier, à l’enchère du vocabulaire, elle serait commerçante et vendrait de l’assurance d’émotions primaires et d’images grossières. Elle cèderait au chaland l’objet direct de bons sentiments faciles, pétris à la crasse de ton nombril.

  Ton écriture, c’est ta danseuse, ta prétention qui ne servira pas tes prétentions. C’est ton miroir muet des mots menteurs. L’écrit exhibé quand à l’oral on implorerait le bâillon. La forme délétère qui jamais ne touche le fond.

  Ton écriture, c’est de la merde bien emballée.

par le flic publié dans : divers
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