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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 22:25

 

EricLales

 

Quelle tristesse…
Quelle banalité aussi.
Une patrouille, une chasse, et ça défouraille.

Ce sont des mecs tellement cons qu’ils en ont tué un de leur bande avant de toucher Éric Lales. Et des mecs tellement nazes qu’ils braquaient des surgelés.
Mais tellement fous, tellement déterminés, tellement des pourritures d’humanité, que c’est à la kalachnikov qu’ils l'ont eu.
Et ce n’était pas d'une balle perdue, chargée de circonstances atténuantes et de hasard, c’était une balle pour tuer un flic. Pour des surgelés.

Alors, Éric Lales est mort une première fois dans les lignes d’un grand quotidien, très peu de temps après la fusillade. Eric Lales avait un tel trou dans la tête qu’on aurait pu y glisser un poing, mais il s’accrochait diablement, il commençait son éphémère survie malgré l’avis des médias.

Mais c’était un impossible combat, et la vie a fini par l’abandonner dix jours après.
Deux fois à quelques heures d’intervalle...

Et la seconde fois, on a entendu un bruit terrible sous la terre, partout en France.

C’était le bruit que font les flics morts quand ils se retournent dans leur tombe.



 

  • Lire l'autre histoire sur PLUME DE PRESSE  :

(1) Le policier était en état de mort cérébrale avant la visite présidentielle : l’ignoble mascarade funèbre de Sarkozy

(2) Sarkozy au chevet d’un mort : la suite

  • ...et comment se géolocalise une opération de communication :

Policier décédé, Foursquare : morbide indécence de Sarkozy

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Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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commentaires

chris 01/08/2012 16:33

J'ai porté ma tenue les premiers jours de ma courte carrière avec Eric et d'autres collègues à Aix pendant mon stage d'élève. Je ne t'oublierai pas et j espère qu'aucun d'entre nous ne t'oubliera.
Repose en paix.

Philippe 07/01/2012 13:35

La polémique ne m'intéresse pas, seule compte a suite que la majorité d'entre nous donnera à l'évènement.

Au-delà de la peine pour Eric, de l'empathie pour ses proches, du dégoût pour la clique des cravatés, il faut REAGIR.

Après des coups comme ça, aucune autre profession, aucune autre minorité, personne ne continuerait à servir la clique comme si de rien n'était.
Personne, à part le barbu du bouquin, ne tend la joue gauche quand on lui baffe la droite.

Ce n'est plus l'étincelle qui manque, c'est simplement de la cohésion : la majorité silencieuse est prête depuis longtemps.

Repose en paix Eric. D'autres suivront.

bénédicte desforges 07/01/2012 13:54



La suite ?

Mais ça y est, tout le monde (police et médias) est passé à autre chose.
On la trouve où sinon, la majorité silencieuse ?
Et elle est prête à quoi au juste ?
(à part gesticuler sur internet sous pseudo, et amuser CopWatch)

Les fonctionnaires de police ont aujourd'hui un discours schizophrène qui consiste à blamer les syndicats tout en attendant qu'ils les prennent par la main pour les emmener vers des grèves
générales ou des manifs monstrueuses.
Voilà une position qui permettra de discuter sans fin des suites à donner à chaque chose...



laurent 05/01/2012 08:05

Si, justement, quelque chose à rajouter: Vous n'ètes qu'une bande de rapaces affamés; qui cherchent à faire le buzz, et là!, vous vous êtes pris à votre propre piège. J'espère que vous allez
ramasser "grave" et que cela vous servira de leçon.
Respect à nos morts et aux familles.

Lolo 13/12/2011 18:52

Lundi 12 décembre 2011


Il y a des moments où la vie nous ramène à ce qui est important : la vie.

Aujourd’hui, Lundi 12 Décembre 2011, nous nous sommes réunis pour rendre hommage à l’un de nous tombé sous les balles de meurtriers sans scrupules qui voulaient braquer des crevettes surgelées à la
Kalash…..
La veille, nous avons fait une marche dans son village.
Quelques jours plutôt de nombreux collègues , tous corps confondus, se réunissaient devant l’Évêché à Marseille.
Parmi ceux qui n’ont pu faire le déplacement, nombreux sont ceux qui se sont réunis devant leur commissariat respectif.

Les traits tirés, le sourire figé en rictus de douleur, la colère dans le regard, les larmes aux yeux et une telle froideur à l’intérieur de nous.

Éric LALES n’est pas le premier policier à qui on vole la vie.

Avant lui, et pour ne remonter qu’à 2002, il y eu Régis RYCKEBUSH, Reynald CARON, Patrice POINT, Jean-Serge NERIN, Aurélie FOUQUET, Anne RIBIERE.

A chaque décès , la colère est monté d’un cran. L’incompréhension. La douleur qui n’a pas le temps de s’estomper d’une fois à l’autre.

Chaque fois, de « jolis » discours de nos politiciens qui n’ont jamais été suivis d’effet.

Chaque fois, l’envie de défier nos décideurs.

Chaque fois il ne se passe rien qui nous permette de montrer notre révolte.

Pourquoi ?

Pour Éric, nous avons atteint des limites jamais égalées auparavant.
Éric a été tué pour des surgelés….
Éric a été déclaré décédé 2 fois par les médias en une semaine.
Puis, comme cela ne suffisait pas, Éric a été déclaré 2 fois décédé à 12 heures d’intervalle.

Quelques heures avant la cérémonie de lundi, la consigne circulait de tourner le dos au ministre dès qu’il prendrait la parole, faute d’avoir le président en personne car non, il n’ pas fait le
déplacement. Honteux d’avoir osé faire cette nauséabonde annonce ?

A l’instant T, je me suis retournée. J’ai vu les collègues transis de froid avec le mistral qui s’était invité de force, les yeux rougis par les larmes, emplis d’émotion. Cette émotion, nous ne la
contrôlions plus. Elle nous a submergée, envahie. Trop.

J’ai donc repris ma place face à la cérémonie et écouté ce que le ministère de l’intérieur avait à nous dire.

Le discours du ministre m’a horrifiée. Alors qu’il se tenait devant les parents d’Eric, alors qu’il vient de nous expliquer que ces parents là sont en train d’enterrer leur second fils, il a le
culot de dire avec fierté que la police n’a pas répliqué aux tirs essuyés…

Ne tenant plus devant tant d’hypocrisie déversée devant nous, je me suis autorisée à laisser sortir ce qui m’étouffait depuis des jours. Les larmes ont coulé, elles me brûlaient les joues. Je ne
sentais plus mes pieds engourdis par le froid. J’ai vu le moment où j’allais vaciller. Mais le glas a sonné.
Éric quittait la cérémonie porté par toute sa brigade. Une vision qui m’a glacée toute entière.
Son chef de brigade l’a salué une dernière fois. J’ai eu le souffle coupé. Suis restée comme ça en apnée jusqu’au départ définitif d’Éric vers sa dernière demeure, encadré par deux collègues
motards.

La foule du bleu s’est dissipée. Je suis partie, regagné ma voiture pour pouvoir laisser sortir un cri de colère tellement amère. Un type sur le trottoir me fait signe et me montre mon pare brise.
J’ai oublié de prendre le PV qu’un ASVP a gentiment glissé sous mon essuie glace en ce jour de deuil…

NOUS n’avons pas fait ce que nous devions faire.

Nous étions là, mais finalement, nous n’avons rien fait, rien dit.

Le ministre te souhaite de reposer en paix Éric. Mais comment le pourrais tu ? Tu avais la vie devant toi. Tu avais une si belle famille. Tu avais tellement d’amour encore à donner. Tu étais si
heureux d’avoir été muté dans le sud. « Le pied » dis tu sur ta page de copains d’avant. Tu t’étais construit un nid douillet. Tu faisais le métier que tu aimais.
Tes assassins t’ont tout pris. TOUT.

Pour Toi, Éric, pour tous ceux partis avant toi, pour ceux qui partiront après toi, car oui il y en aura d’autres, nous n’avons pas le droit d’en rester là. Non, nous n’avons pas le droit.

Lolo

Un partageux 11/12/2011 16:04

La hasard a voulu que le blog Partageux publie un texte, déjà ancien mais toujours actuel, de notre hôtesse peu de temps avant cette nouvelle révoltante. Sans lui demander son autorisation, ce qui
n'est pas bien, mais en précisant clairement qu'elle en est l'auteur et en donnant le lien vers son blogue.

http://partageux.blogspot.com

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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