Vous pouvez ne pas être au courant, parce que peu d’écho est donné à ces morts-là, mais ces temps-ci, il semblerait qu’on dépasse le
quota de minutes de silence dans les services de police.
Peut-être qu’un jour on les regroupera pour en faire des heures à décompter du temps de travail, allez savoir.
Le suicide dans la police, on en parle très peu. Même dans la police.
Hors période d'élections professionnelles, les syndicats ne semblent pas trouver en ces drames un sujet très porteur, préférant gérer leurs sempiternelles petites guerillas d’intérêts, et
autres pousse-toi-de-là-que-je-m’y-mette, quand ce ne sont pas des indignations qu’on pourrait qualifier de comiques si la cotisation n’était pas si chère.
L’administration a mis en place il y a quelques années une structure, le SSPO (Service de Soutien Psychologique Opérationnel), composée de psychologues à qui les fonctionnaires de police
peuvent faire appel. Mais ce système, même s’il part d’une intention louable, a ses limites. Un flic n’a pas forcément envie de confier ses difficultés à quelqu’un qui a une place trop proche de
l’organigramme policier.
Les flics eux-mêmes ont du mal à parler, se retranchant derrière une obligation de réserve dont on ne sait plus trop ce qu’elle doit recouvrir, et dont la marge avec la liberté d’opinion
ou simplement de s’exprimer est incertaine.
Quant au nombre de suicides, là encore c’est le flou. Et c’est dommage dans une administration qui sait à ce point jouer de précision sur les chiffres, que ce soit le nombre de délinquants
recensés dans la nuit du 12 octobre au 28 juin, ou un objectif de gardes à vue à la décimale près pour la semaine dernière.
Pour le suicide, à part une estimation officieuse de un par semaine, pas moyen de savoir. Le chiffre selon la police n’est pas disponible.
Et l’autisme est bien partagé.
Mais il y a une raison à tous ces suicides, une seule et même raison invoquée : "les problèmes personnels"...
Quelle bonne blague, ces mots prétextes qui ne veulent absolument rien dire, et qu’on assène en urgence, avant les obsèques, comme un rempart contre une accusation qui ne manquerait pas de
tomber.
Bien sûr qu’un suicidé a eu des problèmes personnels, un très gros problème même, un problème fatal dirigé contre sa personne pourrait-on dire.
D’ailleurs, on se suicide partout à cause de problèmes personnels, et les patrons sont des Pilate, la profession n’a rien à voir avec tout ça, même quand on se pend dans un
atelier ou qu’on se tire une balle dans la tête dans un commissariat de police. Il ne faut surtout pas y voir de message subliminal, mettre fin à ses jours sur son lieu de travail n’est qu’un
hasard de la vie…
Admettons pour les problèmes personnels. Mais dites-moi, pourquoi les flics en auraient-il plus que dans d’autres professions après tout ?
Et d’ailleurs qu’est-ce au juste qu’un problème personnel ?
Et s’il s’agissait dans la plupart des cas d’une perte de repères, de vies de famille ou vies de couple qui explosent en plein vol ? Si les fonctionnaires de police ne sont pas recrutés en
fonction d’une sensibilité exacerbée, s’ils ne sont pas plus sentimentaux et sujets au bovarysme, plus vulnérables psychologiquement que la moyenne des Français, quel peut être le dénominateur
commun de tous ces flics qui se suicident ?
Voyons voir… j’ai bien une idée : et si c’était leur métier ?
Si c’était ce métier qui contribuait plus que pour d’autres à dégrader l'estime de soi, et la vie privée au point qu’elle ne soit plus un refuge, au point qu’il n’y ait plus de vie après
le boulot ?
Le métier de flic de terrain n’engendre pas tous les jours la joie de vivre. Par définition, là où il y a besoin de police, ça ne va pas fort.
La police doit gérer une gamme très large de dysfonctionnements humains et sociaux, et mettre les mains dedans. Dont la délinquance sous toutes ses formes.
C’est pourtant un métier qui pourrait être – et qui l’est dans certains contextes – très épanouissant et valorisant.
Les facteurs extrinsèques du métier de flic ne sont pas ceux qui changent le plus. La délinquance et la sécurité sont des préoccupations sociales permanentes dans le temps. Les délinquants
n’ont jamais été d’aimables, respectueux et inoffensifs personnages. En outre, si la mutation de la délinquance est une chose, l’augmentation exponentielle qu’on nous annonce dans divers
scenarios catastrophe éminemment politiques en est une autre. (l’écho fait par les médias donne l’illusion de l’émergence de certains crimes et délits dont la fréquence n’a pourtant pas varié
depuis des décennies.)
En tout état de cause, la déprime policière est bien moins liée à la difficulté de lutter contre la délinquance et à tout ce que cela suppose de désamour, d’irrespect et d’impopularité,
qu’aux conditions de travail ET une certaine façon de travailler.
On se suicide plus en Sécurité Publique qu’en Police Judiciaire.
Le risque, la fatigue, les horaires difficiles et leurs incidences sur la vie privée, les coups au moral, les insultes, les atteintes à l’intégrité physique, bref tout ce qui jour après
jour abime le flic en uniforme, ne peut être ignoré d’une société pour qui il est indispensable, et surtout du système qui l’emploie.
Le policier se plaint de mésestime aussi bien de la part des citoyens qu’il sert (mais ça n’a jamais été au beau fixe), des médias qui ne font écho qu’aux incidents le mettant en cause (on
ne parle que de ce qui est mal fait, ce qui est bien fait ne se remarque pas), que de sa propre administration (par le passé, il y a eu d’autres méthodes de management, quand on parlait de
diriger du personnel et pas de gestion de ressources humaines… )
La pression liée à la culture du résultat est insupportable, d’autant plus que la preuve de son incidence sur la délinquance est loin d’être faite.
La hiérarchie est devenue comptable, gestionnaire de statistiques, elle se déshumanise alors même que le métier de flic est peut-être celui qui justifie le plus du besoin d’écoute et
d’harmonie entre les grades.
La dérisoire prime au mérite a créé une forme de compétition chez certains, fragilisant ce qu’il y avait de plus sécurisant et confortable : l’esprit d’équipe et la solidarité.
Jamais le policier en tant qu’individu n’a été aussi insignifiant.
Jamais il n’a été soumis à une telle pression.
« Ceux qui sont fatigués, dehors ! » disait il y a peu le chef de l’État, s’adressant aux policiers et aux gendarmes, le même jour qu’était annoncée une baisse d’effectifs considérable,
et la consigne de mettre le paquet sur le Chiffre.
Ita misa est.
Il lui faudra faire plus avec moins…
Et sans se plaindre. Et en sortant de scène discrètement.
Aujourd’hui, le réconfort moral souhaité par certains est loin d’être suffisant.
La meilleure cellule de crise psychologique est et restera toujours le huis clos de la voiture après une intervention difficile.
Parler des suicides dans la police, sortir de la conspiration du silence, ce que tous les flics réclament à corps et à cris, ce n’est pas assez non plus. Un temps de visibilité, quelques
lignes dans la presse pour faire le jeu médiatique, ça défoule, ça ne console même pas, et ça s’arrête là.
Ce ne sont pas les métastases qu’il faut soigner quand le mal est fait, mais comme partout, comme pour tous, pour tout salarié, se demander comment on en est arrivé là. Et prendre parfois
sa part de responsabilité, quand on a des fonctions de commandement. Ou de représentation des effectifs.
Et faire preuve de maturité, se dire que si certains – des syndicats ou de l’administration policière – sont défaillants, il appartient à chacun de revisiter le mot solidarité. Et de voir
comment il peut le décliner.
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Bref, avant de m'enfoncer d'avantage, parce que ça n'était pas le but : ton blog (et ton livre) contribue très bien à faire connaître cette profession tellement méconnue, et je fais tourner ce billet sur facebook, du coup.
Non, non, je vous assure, il y a aussi des citoyens qui aiment la police ! J'aime voir des agents en uniforme quand je rentre tard de la gare, j'aime voir des agents aux carrefours quand ils aident à réguler les bouchons, j'aime voir la police sur les routes (même si, comme beaucoup de monde, j'ai pris un PV une fois, mais j'étais en tort, les "flics" qui m'ont verbalisée ne faisaient après tout que leur boulot) parce que les gens, en les voyant, ralentissent et adoptent une conduite moins dangereuse, etc. Bref, je suis plus que consciente que la police est là avant tout pour protéger les citoyens, et faire en sorte que la paix règne en société, et non pas pour enquiquiner les gens... Je fais d'ailleurs régulièrement dans mes classes (je suis enseignante) des petits débats pour montrer à mes élèves qu'ils ont bien plus de raison d'aimer la police que de la huer ou de la traiter de tous les noms. Alors oui, en tant que citoyenne, je me sens concernée par le fait que des policiers finissent par se tirer une balle, car si à la difficulté du métier s'ajoute la pression de la hiérarchie et le mépris de la part des gens même qu'ils protègent, je ne vois pas comment ils pourraient, seuls, supporter la souffrance engendrée par cet ensemble... et je m'en désole.
J'en profite pour dire à quel point j'aime vous lire : votre blog fait non seulement découvrir la face cachée de votre métier, mais pousse à réfléchir... Merci !
Je rentre de ma nuit. Un certain sport que j'exècre mais pourtant très populaire à eu, ce soir, l'effet qu'il a toujours: déchainer les passions. Toutes les passions.
Dans la rue, environ cinq cent personnes (c'est beaucoup pour une petite ville). Dans la foule, peut-être une vingtaine de connards qui mettent le feu à droite à gauche.
Dans ma salle radio, moi petit flicard, mon collègue et pas moins de quatre officiers et un patron qui ne font que trainer dans nos pates. Nous poser quatre fois les même questions. Nous interrompre dans notre travail. Et dans le tas, un demi décisionnaire (pas le plus gradé évidemment) et personne pour répondre clairement à une question. De la gestion au pied levé. Pas une âme de flic là dedans. Mais il faut faire avec.
Quelle aurait du être leur place? Un avec nous, pas plus après c'est gènant et les autres sur le pavé avec les gars. Mais pour ça il faut connaitre le boulot. Pour ça il faut avoir été au moins une fois dans sa vie dehors, sous la pluie, à faire face à l'hostilité.
Bien au chaud dans son bureau à éplucher les chiffres c'est une chose. Rentrer trempé, la gueule pleine de lacrymo et une jambe qui traine c'en est une autre. Je t'en avais parlé je crois Béné, j'ai une allergie pour la chemise blanche, en grande partie parce qu'elle se retrouve à diriger (dans la majeure partie des cas) en ne connaissant à la Police que Julie Lescaud.
Cela est vrai à tous les niveaux, aussi bien locaux que nationnaux, et tant que ça ne changera pas, rien ne s'améliorera.
Quant aux marchands du temple, je ne suis plus syndiqué depuis des années et je doute que ca change avant un moment.
Chiffre, rendement, médiatisation. Trois mots et on a fait le tour. Après, venir nous parler de soutient psychologique ça m'amuse franchement. Qu'on me parle déjà de soutient professionnel, le reste on avisera.
Quand on déracine des gens, qu'on leur fait faire un boulot de taré avec des horraires de débiles. Que dehors on te crache à la gueule et que dedans on t'explique que c'est normal et que c'est de ta faute. Fatalement, un jour ou l'autre, ça ne peut plus coller.
Tout ça pour au final s'entendre dire par un complet ignorant des réalités: "C'est bien joli de se la couler douce mais maintenant c'est fini, vous avez intéret à mettre un coup de collier si vous ne voulez pas vous retrouver au chomdu". Ca fait grincer des dents. Et le jour où, à force de grincer des dents, on attaque les gencives, c'est la catastrophe.
Je ne vais pas me lancer dans le couplet sur les médiats, je risquerais de devenir grossier.
Navré pour le hors sujet Béné et content de te lire comme à l'accoutumé.
Bises.
Allez c'est decide le prochain flic que je croise je lui dis merci. Serieusement, je vais le faire. Il (ou elle) sera certainement surpris(e).
Et puis en passant je dis merci a une autre flic - Merci Béné, beau texte, comme toujours.
Pour un comme vous combien crachent sur la Police (et la gendarmerie, corps différent mais métier identique)?
On parle ici des médias quid des films ?
Autant le gendarme de St Tropez était attachant et sympa, autant ceux des Taxis étaient pitoyables !
Pourquoi associé systématiquement l'image du Policier à celui du gros boeuf débile ne réfléchissant que par son calibre, sa matraque et sa bi** ?
Des idiots bêtes génétiques y en a dans tous les métiers pas que dans les forces de l'ordres ...
Et pour finir ces mêmes qui crachent sont bien contents, eux aussi, de voir des casquettes et des uniformes quand ils en ont besoin !
Métier difficile et ingrats où toutes la bonne volonté a du mal à tenir devant la noirceur de l'Homme
Oui c'est un classique mais c'est la vérité
Bravo pour votre texte La grosse Dame. Je n'avais pas trouvé les commentaires pour vous le dire.
C'est au travers de ce blog, puis de votre livre, que j'ai découvert la réalité de ce métier.
Comme beaucoup, j'en avais une vision faussée par les films, téléfilms et les livres.
Il y avait aussi ces différents rencontres qui m'en avait laissé une très mauvaise image :
- le CRS qui vous verbalise pour un passage au feu rouge, alors qu'il est à 150 m du lieu et ne peut voir la couleur du feu, qui vous répond qu'il est assermenté et qu'il aura raison devant un tribunal, et qui, au final, vous mets un PV pour un feu orange (ce qui était le cas) parce que vous avez arrêter de contester.
- le policier qui met en face de mon frangin ses deux agresseurs de la soirée, qui l'ont dépouillé au point de le laisser en slip et chaussettes en pleine rue, et qui lui demande si c'est eux alors qu'ils ont pris ses papiers.
- celui qui appelle au domicile de mes parents pour leur demander de retirer leur plainte contre des vigiles du centre commercial voisin qui avaient fait des déshabiller mon frère dans leur local lors d'un contrôle alors que son seul défaut était d'être habillé "cité".
Il y a aussi les cambriolages où le travail des policiers est en fonction de la somme dérobée.
Le tableau initial personnel était sombre. Les récits de vos expériences et les commentaires de vos collègues apportent d'autres points de vue, des éclaircissements et des informations sur des sujets peu étudiés dans les médias.
Au travers de vos écrits, de ceux de vos collègues ici ou sur leurs blogs, de certains articles ou reportages plus poussés qu’à l’accoutumée, on comprend que votre métier, à certains postes (la grande majorité), est à l’origine, un des plus durs au monde sur le plan humain.
Vous découvrez quotidiennement toutes les facettes de l’humain, les plus sombres le plus souvent. Vous gérez des situations d’urgence où, même si vous ne représentez pas la Justice, vos décisions immédiates vont avoir d’importantes conséquences. Vous mettez vos vies en péril. Les heures, les horaires. Etc.
Alors, quand on vient ajouter à cela ce qu’on retrouve dans d’autres métiers, des règlements internes ne tenant pas compte de la réalité, des supérieurs hiérarchiques qui n’ont pas eu à grimper les échelons et qui ne connaissent pas le métier, des statistiques qu’il faut faire vivre et qui sont continuellement interprétées, l’optimisation des temps et des coûts, le manque de communication entre la base et le haut, le manque de moyens, des réorganisations non expliquées et pas forcément justifiées, des syndiqués *¤?!$ , … et maintenant des réductions d’effectifs, soit tout le contraire de ce qu'il faudrait, il ne faut pas s’étonner que certains fassent le mauvais choix.
PS : je vous prie d'excuser les fautes d'orthographe dans le message précédent.
Merci Bénédicte, pour tes mots sur les maux, pour la suite logique que tu leur donne, pour la liaison entre eux qui coule de source, merci tout court.
Je ne suis pas certain que ce soit la dureté de ce que l'on voit.
Encore moins de ne pas être apprécié par les beaufiots, philosophes de bar PMU, racailles, victimes du syndrome de Stockhlom et autres idéologues en déni de réalité.
Personnellement, ce qui m'use le plus dans la boîte, au point que l'idée de me barrer n'est même plus une simple hypothèse :
- Une hiérarchie au management digne de Germinal traitant les gardiens de la Paix, parfois plus diplômés qu'eux, comme de grands enfants irresponsables. Chez Poulaga, un Gardien doit faire ses preuves, quoiqu'il arrive. Un Officier ? Un taulier ? Jamais, il est forcément adapté au poste...
- Cette même hiérarchie qui nous considère trop cons et probablement incompétents pour prendre ne serait-ce qu'une fois le temps de nous entendre pour savoir ce qu'il se passe dans la rue et du coup, nous demander notre avis sur la situation... Parce que si les officiers et les tauliers connaissaient mieux la voie publique que les gardiens, ça se saurait. Mais un officier sait, ça ne se discute pas...
- L'institution Poulaga et nos élus qui mettent une pression énorme sur les flics qui veulent l'ouvrir. Ils nous sortent le fameux devoir de réserve à toutes les sauces pour imposer notre silence. Pourquoi ? Pas pour préserver la présomption d'innocence, ni même pour préserver la sécurité de certains fonctionnaire. Non le verrouillage est plus mesquin. Si demain les flics sont autorisés à être des citoyens comme les autres, à l'ouvrir, à débattre sur la pertinence des choix politiques en matière de sécurité dans le pays, ce sont TOUTES les idéologies encrassées de nos élus nationaux (j'écarte certains maires, souvent plus pragmatiques) qui vont voler en éclats. La frustration chez les flics est énorme. Tous les jours, nous partons bosser en sachant ce qu'il faudrait faire pour contenir la délinquance et les crimes qui pourrissent la vie de la population et tous les jours, nous devons obéir à des directives absurdes, inefficaces voire dangereuses... Nous sommes en pleine tragédie grecque ! Nous nous voyons foncer dans le mur et nous ne pouvons même pas tirer le signal d'alarme au nom d'un pseudo devoir de réserve qui pourtant n'implique en rien cela...
- Nos syndicats faisant leur fond de commerce sur les cas sociaux et les feignasses qui ne devraient même pas être flics, quand nos délégués ne sont pas eux mêmes de cette espèce... Ils devraient se battre contre la politique absurde du résultat, faciliter l'idée de méritocratie d'unités plus que de tirer tout le monde vers le bas. Ils sont incapables de défendre nos acquis sociaux, soit, mais ils ne sont même pas capables de se battre pour qu'on nous donne les moyens de bosser convenablement. Et je ne parle même pas des procédés mafieux de nos syndicats où il faut avoir le "timbre" pour se voir défendre pour une mutation : Le FLNC appelle ça l'impôt révolutionnaire et dans d'autres lieux du racket. Ce qui fait qu'à chaque mouvement de mutations, on enrage de voir des matricules plus récents prendre des places où ils ne sont normalement pas "éligibles", de voir aussi que les fils d'évêque, les potes de syndicalistes, les syndicalistes eux-mêmes, les adeptes de la promotion canapé sont juste "plus égaux" que les autres.
- Et le plus désespérant est qu'aujourd'hui, si on veut être un chouia flic, on bosse sans filet. Si on emmerde la politique du Chiffre pour arrêter les vrais nuisibles ? Notre Président l'a dit : Cassez-vous les fatigués (ça change de pauvre con). Parce qu'évidemment vouloir arrêter un dealer (1 bâton) plutôt que 5 consommateurs de chichon (5 bâtons), c'est pour les fatigués... Me faire apprendre le boulot par un avocat, ça aussi, ça me frustre !!
- Et puis il y a tous les plus royalistes que le Roi, ceux qui courent après la carotte pour avoir la prime au mérite, ne comprenant pas qu'ils se foutent eux mêmes la pression, qu'ils se mettent eux mêmes dans la merde... Ce sont souvent ceux qui ont d'ailleurs les plus beaux discours sur le "c'était mieux avant", les "halala ! A l'époque, la solidarité...". Bien évidemment pour être un flic "pas fatigué", ça ne demande aucun talent, juste un bon sens de la soumission.
Donc oui le suicide c'est une affaire personnelle mais quand on rajoute tout cela plus l'éloignement des familles, c'est un cocktail explosif.
Pour ma part, j'ai l'énorme chance d'avoir fait autre chose que flic et je sais faire encore plein d'autres choses. Donc je peux me barrer et d'ailleurs, je vais me barrer dans quelques années.
Mais le collègue qui n'a fait que ça et qui ne sait faire que ça, franchement quand je vois le piège de Poulaga qui se referme, j'imagine son angoisse...
Salvatore, flic paraît-il fatigué... Qui trouve que les Présidents fatigués devraient aussi se barrer !!
Cela fait un petit moment que je ne crois plus en ce mot, et encore moins ces temps ci.
J'ai eu dans dans ma carrière des hauts et des bas, je pense comme tout le monde. L'administration à parfois réussi à attaquer une motivation bien réelle, mais ces derniers temps, les exigences et propos de ma hiérarchie (qui se fait l'écho de notre administration), ont réussi à me sapper le moral !!!!
Lorsqu'on vous tiens des propos du genre: J'aurais préféré que vous m'interpellié 100 mecs avec 1Kg shit plûtot que votre mec avec 100Kg...!!!, ou encore arrêter de faire des équipes de "dabeurs" (vol par ruse ou violences de carte banquaires lors de l'utilisation de cette dernière, que se soit au DAB, pompes à essence automatisées etc...), car il ne s'agit pas de Délit de Voie Publique mais de Délit Général!!!, il est donc préférable de faire un merdeux qui casse une vitre ( car dégradation), plutôt que des voleurs qui opèrent en bande organisée.
Nous marchos sur la tête, des conneries abyssales nous sont dites chaque jours: Surveillé les lieux ou de l'alcool est vendu après 21H00, mais jamais: surveillé les lieux ou des braquos peuvent avoir lieu.
Autant dire à un médecin les chiffres en traumatologie ne sont pas bons actuellement, alors cessé les consultations et donc les médications pour les autres maladies, faites de la fractures et pas de grippe.
Tout ça pour dire que j'en ai franchement marre, et je ne parlerai pas d'une hiérarchie hypocrite, sans courage et parfaitement incompétente qui se croie investie d'une mission de service divin, pour nous rabacher les 20 articles du code de déontologie...
En effet, la Police Nationale, service public à l'initial, de part les directives ordonnées par l'Etat, glisse inexorablement vers un système économique de rentabilité maximale bien connu dans l'industrie. Le dit système, mis en place pernicieusement, crée, au départ, une fracture entre les officiers (cols blancs) et le policier de base (cols bleus) d'où suppression de l'esprit de corps. La machine à pression est en place. Du chiffre, du rendement, les officiers qui ont des comptes à rendre à la hiérarchie supérieure tape sur la base pour avoir du chiffre. Je pense que tout le monde à compris le principe. Mais où le bât blesse c'est la différence de travail entre un opérateur sur chaîne et un flic de base, confronté quotidiennement à la lie de la société - Imaginé le stress !!!!! - et en plus victime de rendre des comptes à une hiérarchie devenue technocratique ou une seule chose prévaut : le chiffre, le rendement.
Ne vous étonnez pas de la recrudescence des suicides chez les policiers de base. Après tout que vaut la vie d'un homme face aux intérêts supérieurs ?
Bon courage, je suis avec vous !
"Je viens d'apprendre le suicide du Commandant de police Yannick Collot, en fonction à la circonscription de sécurité publique de Trappes, dans les Yvelines. Cet événement dramatique qui s'ajoute aujourd'hui à une série d'actes identiques est, pour le responsable syndical que je suis, insupportable par le problème et les conséquences qu'il soulève"..."Il illustre la stupidité des hommes et démontre l'incapacité de votre administration à résoudre les problèmes humains que rencontrent les fonctionnaires de police"..."L'affaire Collot(...)est le meilleur exemple de la destruction programmée d'un des nôtres par la redoutable machine que constitue votre administration." ... "Le 16 octobre, il mettait fin à ses jours en se tirant une balle dans le cœur. Cette affaire dramatique est pour moi un signe. Il faut arrêter d'urgence cette dérive, cette déshumanisation qui gagne chaque jour du terrain. Vos fonctionnaires sont des êtres de chair et de sang. Il faut arrêter tout et réfléchir. Ne plus continuer ainsi c'est urgent. La mort du Commandant Collot ne doit pas être inutile(...). Il y a trente ans bientôt, lorsque je suis entré dans la Police, un autre état d'esprit existait. Une fraternité professionnelle certaine permettait de résoudre ce type de situation(...) Notre hiérarchie doit se reprendre. Diriger un service, un département entier nécessite des qualités humaines certainement supérieures à la moyenne. Ce n'est à l'évidence par le cas aujourd'hui(...)Il faut arrêter, Monsieur le Ministre, pour redevenir des êtres humains. Alexia ne connaîtra pas son papa. C'est dommage. Un policier qui avait des oiseaux dans son bureau ne pouvait pas être méchant. Ce n'est pas donné à tout le monde d savoir écouter les oiseaux."
Voilà Bénédicte, un courrier officiel qui est exactement dans l'esprit de ton billet. C'était il y a treize ans. Yannick était mon ami. J'ai trouvé son dernier message en rentrant de congés Outre-Mer, sur mon répondeur.
A l'époque je ne possédais pas de portable.
Depuis cette date, selon la moyenne des plus ou moins mauvaise des années en la matière, plus de 500 policiers se sont suicidés, puisque l'administration actuelle aime tant les chiffres qui parlent.
Et rien ne change pour autant.
J'ai assisté aujourd'hui au discours d'Hortefeux à Milipol. Que des belles paroles: création de telle ou telle unité en fonction des annonces d'événements criminels... médiatisés, vidéo-protection, collaboration avec les entreprises privées...
PAS UN MOT SUR LE PERSONNEL ! En matière de police, le nerfs de la guerre n'est pas l'argent, mais l'humain! Que notre ministre pense aux plusieurs centaines de milliers d'humains qui œuvrent dans ses forces de l'ordre au quotidien, dans des conditions parfois terribles, et sans aucun soutien de sa part...
Son discours: http://www.interieur.gouv.fr/sections/le_ministre/interventions/salon-milipol-2009
Bonne continuation
un petit message d'un simple citoyen, de la majorité silencieuse :
votre métier est difficile …
Vous gérer la misère sociale …
Vous êtes en contact quotidien avec le pire de la nature humaine …
Vous voyez des choses traumatisantes …
Vous risquez votre vie au quotidien …
Vous êtes confrontés à l'ingratitude de certains citoyens et parfois de vos supérieurs (jusqu'au plus haut niveau …)
Mais, grâce à vous, flics de terrain :
notre pays reste une démocratie
je dors à peu près tranquille
mes enfants sont plus en sécurité
les routes sont plus tranquilles
les méfaits de la drogue sont combattus au quotidien
des forcenés se rendent sans abattre femme et enfant
certains petits délinquants n'évoluent pas vers le grand banditisme
les milices privées sont quasi inexistantes
les terroristes sont surveillés de près
les citoyens ne sont pas sur armés
Alors bien sûr le tableau n'est pas parfait …
Mais comment se serait si vous n'étiez pas la …
Bon courage ….
Il y a aussi de bons officiers et de bons commissaires.
"J'en connais des biens..."
Merci Michel pour cette comparaison "privé public". Le mal vient de là; d'outre atlantique en fait. Performance, primes (ou oboles) individuelles au mérite, compétition entre collègues du même service, ne peuvent qu'aboutir au pire dont Benedicte nous brosse un tableau inquiétant.
Difficile aujourd'hui de pouvoir "se poser" et réfléchir sur son boulot. Difficile de faire toujours plus vite et mieux avec encore moins....ou alors c'est la triche, mais là on en vient à la fin à marquer des buts avec les mains...(oui je sais elle est un peu facile).
Il se trouve que personne ne parle en notre nom de ce qui ne va pas, donc merci à ceux et celles qui retroussent les manches pour essayer de faire comprendre au profane pourquoi le flic de base peut être un peu morose ou tout simplement ne plus être du tout.
Police et politique, c'est comme chien et chat, ou comme le feu et la glace vu que j'aime bien les chats.
Le policier ne communique pas, il agit. Il ne polémique pas, il applique. Il n'est même pas supposé réfléchir, tout est marqué dans les deux bouquins rouges pour le judiciaire et dans les règlements du siècle dernier pour le reste (comment il faut couper sa moustache et comment c'est mieux de mettre un couvre-chef avec la visière devant par exemple).
On n'essaie pas d'en faire de la politique, franchement c'est le dernier de nos problèmes (ça devrait l'être du moins), alors laissez-nous faire ce qu'on sait, on est payé pour et on ne voudrait pas que vous vous fassiez mal.
C'est un métier pour les grandes personnes, pas pour les petits intérêts.
le rien...
le rien dans le regard de cet opj qui va relacher pour la huitiéme fois ce petit desoeuvré, qui vien de cracher au visage de ma collégue, en disant "ça va ce n'est que de la bave, t en verra d autres ", ce proc qui a sufisament de violences urbaines dans ses bannettes pour dire "que vos gars fassent doucement sur les controles c'est pas la peine de les provoquer" ou encore "laissez faire il sont chez eux"
cette victime ensanglantée qui sortira de l hopital 6 heures aprés que son agresseur ai quitté les gav avec un rappel a la loi
ce collégue qui a vu son mur etre tagué et sa porte etre partiellemnt brulé parce qu'il a decidé d'aider son prochain et est intervenu hors service sur ce différent familliale
Ce qui fait mal c'est aussi ce flic qui sert et protege même si ce n'est pas ecrit sur son véhicule de service et qui pourtant se demande si il n est pas un sous citoyen
ce flic qui va manger chaud parce qu'il est flic et qu'il a repondu a la violence par la violence
ce qui fait mal c'est cette annonce faite par un jeune stagiaire au reste d'une famille inquiéte que papa et maman ne vont pas revenir du resto ce soir
que chacun prenne ses responsabilités, le politicien , le magistrat, l opj, le bier, le gardien, le collégue.
ce qui fait mal c'est cette fratrie qui se deteste au point de ne plus se soutenir, cette corporation qui se divise pour de l argent, du petit pouvoir, du rien.
ce qui fait mal c'est le rien, le vide que je ressent au font de moi lorsque j ai "bien travillé" lorsque j'ai souffert aprés ce coup accusé au morale au physique et que je n'ai pas souhaité notifié lassé de trop de procédure inutile
ce qui me fait mal c'est ce collégue qui ne m'a pas dit qu'il était rempli de tout ce vide que je ressent aussi
Ce qui me fait mal c'est qu'il ne m a pas dit qu'il en avait assez, que sa femme ne voyait en lui qu'un fantome toujours ailleurs même chez elle
toujours ailleurs et jamais là
Ce qui me fait mal c'est aussi qu'il était même devenu un etranger pour lui même au point de ne pas etre touché de sa propre disparition
Ce qui me fait mal c'est qu'il etait mon exemple de flic...
comme un mentor
ce qui me fait mal c'est qu'ils sont nombreux ces flics/fantomes disparues et que personnes n'a jamais enquêté sur leurs meurtriers
Je passe par là. Je me pose la question de savoir, mais sans doute que oui (à la moindre affaire foireuse qui pourrait entamer la façade, les cellules ad-hoc de communication demandent à ce qu'on leur faxe les procédures..),si la police de Vichy à un oeil sur ton blog.
Les petits pères doivent bien rendre compte. Je me demande de quel bois ils sont faits ceux là...
L'exercice politique (ramené à 5 ans)consistant à préparer sa ré-élection, le long terme n'est pas la priorité.
Bientot, le fauteuil risque de sentir le cramé. Mais ça, ils en doutent encore.
Le petit peuple s'il n'a pas commencé a lutter pour sa survie, commence sérieusement à manquer d'air. Que vont ils (les "privilégiés de la République) faire.. nous (les flics) faire passer à l'étape suivante...
...
"Choisit ton camp, Camarade!"..
Je crois qu'on y arrive..
Ben voilà, je suis ce qu'on appelle un vieux flic, je pense qu'on peux le dire comme ça après 31 ans de carrière.
Ce boulot je le voulais, je suis ce qu'on appelle un flic de vocation. Je ne regrette pas d'y être entré mais ce qui me surprend c'est que je ne vais pas regretter d'en sortir.
Pourtant j'en ai vu des filles et des gars pleurer le jour de leur départ en retraite maintenant il n'en faudrait pas de trop pour qu'ils partent en courant.
Mais revenons à nos moutons :
Les suicides de Policiers ; que nenni pour le porte parole du ministère, la preuve, les chiffres diminuent ; nous n'en sommes qu'à un peu plus d'une trentaine.
Quand j'entends cela je crois entendre un patron du cac 40, nous sommes devenus ni plus ni moins que des salariés du privé. On s'en fou du vague à l'âme des policiers seuls les chiffres comptent.
Du chiffre, du rendement, de la réduction de personnel pour plus de travail et plus de rendement et moins de repos, l'on pourrait se croire salarié dans une grande surface.
ET l'estime de nos patrons, chercher la bien.
La dépression, le suicide, que nenni, ce n'est pas le travail qui en est le responsable, c'est la vie de famille ! Ah oui? Et si nous inversions la problématique. Métier atypique que celui de flic ; des horaires de merde, des rappels au service même en récup. Nous quand le téléphone de la maison sonne, les autres pensent à un coup de fil de leur famille ou de leurs amis. Nous les flics on se dit : "merde ça doit être le service". plus les responsablilité quand on interpelle, les situations toujours tendues, ne sachant jamais qui on a en face, cette hiérarchie qui nous lache, la déconsidération de plus en plus grande de nos concitoyens, les choses horribles qjue l'on peut voir etc...
Et bien tout cela forme un tout qui déstabilise le fonctionnaire et de ce fait déstabilise sa relation avec le conjoint et sa famille et malheureusement, parfois, cela s'emmelle. Et les conjoints ne sont jamais préparés à ce qu'ils vont vivre au quotidien à vivre au côté d'un flic. Alors NON ! NOUS N'AVONS PAS UN METIER COMME UN AUTRE.
Les syndicats? Mais ils font ce qu'ils peuvent dans des comissions (CTP, CHSC) parce que les patrons votent toujours du côté de l'administration. les commissions de disciplines ou médicales, si vous avez des délégués mordants ça va mais si vous avez des moutons gare à la sanction. Il m'arrive d'être défenseur pour des collègues en disciplines (je vous dirais pourquoi, plus tard, si cela vous intéresse mais je ne suis pas délégué syndical)et je vis des situations effarentes; Des porcédures de merde avec des PV sans horaires de cloture, sans motif dans la marge, des procédures uniquement à charge etc... Hé bien ce qui serait refusé en justice en discipline, ça passe.
Et dans notre malheur, même si des délégués font pas leur boulot, on a de la chance, l'administration craint le taux de participation, alors votez pour qui vous voulez aux prochaines élections mais votez quelque soit votre grade.
Je suis d'un naturel optimiste mais réaliste, heureusement qu'il y a des représentants du personnel, sinon ce serait encore pire.
J'en ai fini pour ce commentaire mais pour ceux et celles qui ne vont pas bien, parlez. Il faut parler à quelqu'un de ce que l'on vit, cela permet de se déchargez de son trop plein émotionnel. je suis sur que l'on a tous quelqu'un à qui se confier et qui ne nous juge pas. Allez voir aussi les psy, croyezmoi je travaille assez avec eux pour connaitre leur utilité. Et sinon, ben, parlez à votre animal de compagnie mais pas à la bouteille, ni à d'autres produits, et surtout pas à votre arme. Ou alors écrivez dans ce blog ça défoule aussi d'écrire.
Allez bon courage à toutes et à tous
@+ PJ62
Je porte une "chemise blanche". En fait non, elle est plutôt bleue marine, mais on s'est compris. Je suis officier et comme toi, j'étais sur le terrain ce soir là, et comme toi je suis rentré couvert de lacrymo, fatigué et dégouté.
Ce sujet, celui du suicide, et plus généralement du malêtre que peuvent ressentir certains d'entre nous, ne devrait pas être l'excuse pour encourager une lutte des classes (ou des grades comme vous voudrez) hors de propos mais plutôt de retrouver cet esprit de corps qui nous manque tellement de nos jours.
J'ai connu de bons commissaires, de mauvais aussi.
Ils se suicident aussi, les commissaires. Et j'en ai pleuré.
Les officiers : pareil. Trop souvent.
Les gardiens de la paix : pareil. Et ces derniers mois, nous nous sommes trop souvent retrouvés à l'IML pour saluer une dernière fois ceux qui avaient choisi de nous quitter. Olivier, Henry et tous les autres.
Quelque soit la couleur de notre chemise, quelque soit notre fonction, nous partageons les joies et les peines d'un métier difficile et ingrat.
Comme quoi c'est pas forcément un bonheur pour vous d'arrêter à la chaîne du cycliste qui grille un feu rouge. On sait au moins pour qui ne pas voter aux prochaines présidentielles après vous avoir lue.
J'ai entendu l'interview sur France Info le matin même où la discussion portait sur le nombre de suicides au sein de la police. N'étant pas un fan des policiers mais estimant qu'à juste titre ils sont indispensables dans notre société afin que les lois en vigueur soient le plus possible "respectées" et surtout qu'ils garantissent par leur présence une paix sociale. Au gouvernement nous avons des gens qui sont loin des réalités du terrain et il est plus facile d'acheter la paix sociale par du fric que de mettre en quantité respectable des hommes. La bataille des quotas ou chiffres voulue par notre actuel président est une hérésie,et cela ne m'étonne guère de lire ou d'entendre que le nombre de dépressifs est en constante augmentation parmi les policiers. Ajoutez le devoir de réserve, je comprends celles et ceux qui "pensent" servir le pays honorablement et le plus juste possible alors que la hiérarchie se fout éperdument des états d'âmes. Un monde dans lequel l'homme n'a pas sa place au coeur des décisions et des choix est un monde minable j'attends le jour où la population française se soulèvera massivement et dans le calme pour faire comprendre à nos élus qu'ils ne sont pas en place pour se faire des couilles en or mais pour défendre l'intérêt de tous les français. Retraité, 61 ans, marre des injustices et des magouilleurs de tous bords.(En plus j'ai voté pour notre président alors ne me taxer pas de gauchiste, je veux juste un bon équilibre dans le respect de nos institutions)
Salutations à toutes et tous et merci de me lire calmement, car c'est une honte d'entendre que des concitoyens se suicident à cause de décisions débiles.
Jadis, au Centre d'Instruction, on nous expliquait que la mission des gardiens de la paix était la protection des personnes et des biens.
Au début des années 70, la discipline était assez dure, mais, sur la VP, nous étions respectés.
Pour la plupart, nous étions fiers d'être flics, fiers d'appartenir à la "grande Maison", fiers de servir l'Etat.
J'ai lu vos commentaires, notamment celui de "Salvatore sous Guronsan". Je suis sincèrement peiné de constater à quel point les conditions de travail se sont déteriorées dans la PN.
Je suis parti en 2004, je savais que mes collègues allaient me manquer, des mecs supers, bosseurs, bons OPJ.
Certaines enquêtes étaient passionnantes, on ne comptait pas nos heures, la charge de travail était énorme, pas le temps de s'ennuyer...
Je dois reconnaître que la mentalité au sein d'un groupe PJ ou SIR c'est différent, rien à voir avec la tenue, un autre monde.
Le grade est secondaire, ce qui importe c'est d'être reconnu par tes pairs comme étant un bon OPJ, sérieux et travailleur. Je n'étais qu'un major OPJ, mais j'ai eu la chance de servir dans des groupes et des services commandés (sauf une fois) par des Chefs dignes de ce nom, compétents, à la hauteur, des hommes humbles, malgré leur impressionnant niveau d'études.
Aujourd'hui, j'ai le sentiment que la PN (GN idem) est malade de la politique de répression. Les gardiens de la paix seraient-ils devenus des collecteurs d'impôts au nom de la sécurité routière ?
Au su des témoignages transcrits sur ce site et ceux entendus ici et là, on peut légitimement se poser la question: la sécurité des personnes et des biens est-elle, encore de nos jours, la mission première de la police nationale ?
Il est bien loin le temps du SRF (les anciens des CRS se souviennent), et oui, on portait secours, on aidait les usagers. Parfois on verbalisait, mais pas systématiquement.
Courage Salvatore, ne quitte pas la PN, il ne faut pas renoncer. Essaye d'intégrer un service dans lequel la mission correspond à ta conception du métier de policier.
Ce n'est pas facile, mais ça vaut la peine d'essayer.
Amitiés à tous,
CA
Je trouve votre article formidable. Tellement de sujet tabous dans la police... La hierarchie afflige les conjoints dans ce drame en insistant sur des "problèmes personnels", en faisant courir des bruits de couloirs... C'est minable. Il serait temps que les hauts fonctionneire prennent conscience du mal être des collègues et surtout qu'ils prennent leurs responsabilités...
Oui c'est minable, je suis bien d'accord avec vous.
Cette façon de nier que le domaine professionnel puisse gangréner la vie privée est abjecte.