Avant l’heure c’est pas l’heure.
Ce qui suit n’est pas une explication de texte avec toutes les bonnes raisons de ne pas gaspiller quelques euros pour cette chose, mais simplement une mise en bouche de la suspendue*. Le
reste viendra plus tard.
Au passage, merci à ceux qui nous ont procuré des exemplaires, parce que cette petite heure de lecture ne valait en effet pas tripette.
Nous avons donc lu les nouveaux chapitres des aventures de Sihem Souid au pays des gentils et des méchants, des partisans et des courtisans, de ceux qui prennent le train en marche, et des autres
qui voyagent en première classe, des intrigants et des intrigués que nous sommes.
Dans le monde de Sihem Souid, ce n’est pas compliqué, nous sommes de très méchants personnages. On n’y peut rien, c’est juste qu’on n’est ni dupes, ni complaisants, ni silencieux. Et elle n’aime
pas ça.
Notre scepticisme affiché l’a donc poussée à nous dédier un petit paragraphe pour lequel nous ne la traînerons pas dans les tribunaux, ceux-ci étant déjà largement encombrés par les
plaintes qu’elle a déposées contre une foule de contradicteurs dont on ferait partie. A ce jour rien reçu, et même pas peur.
Évoquant donc deux anciens policiers aigris par la vie et par leur insuccès médiatique, de surcroît médiocres et s’acharnant contre elle dans l’espoir de revenir en
odeur de sainteté auprès de la place Beauvau, Sihem Souid comprend la mésentente de la façon suivante :
« Jaloux de l’impact de mon livre, ils ont également pris ombrage de ce qu'une modeste fonctionnaire de la police administrative trouve plus d’échos que la mise en scène, dans leurs ouvrages,
de leur propre carrière dont personne ne se souvient. »
Diantre ! Tout ça pour ça !
N’en déplaise à la donzelle, Flic s’est mieux vendu que le premier opus de ses
mémoires, et l’insuccès médiatique de ce
livre est très relatif. Preuve étant faite, soit dit en passant, qu’un livre sans scandale d’un auteur inconnu n’est pas voué au pilon.
Métier de Chien a eu moins
de chance, les derniers milliers d'exemplaires encore disponibles ayant disparu des stocks d'un coup et sans aucune explication, preuve cette fois d’un livre qui n’a pas laissé tout le monde
indifférent.
Mais la personnalité tourmentée de Sihem Souid l’incite à penser que toute opposition à sa personne ou à ses dires ne peut être qu’une manifestation de jalousie, et que la contradiction est
synonyme d’acharnement. Pire, s’affichant comme l’incarnation de la déontologie, quiconque n’est pas en accord avec elle est, par l’absurde, présumé voyou de la République. De même qu’un éperdu
besoin de visibilité et d’existence médiatique devrait être un appétit universel.
Bien sûr que non. Pas plus qu’une mise en scène de sa vie de flic est nécessaire pour parler de police. On peut par exemple être major de sa promotion et ne pas le clamer parce que le mentionner est dérisoire et sans intérêt, ou au contraire
s’inventer des lauriers qu’on n’a jamais eus. Plus clairement, soit on raconte la vérité, soit on se met en scène à dessein. Ce n’est pas notre cas.
Quant à revenir ronronner au ministère de l’Intérieur, il faudrait que quelqu’un se dévoue pour expliquer à l'experte en police et sécurité qu’une démission est un acte volontaire et n’est pas
rétroactive. Et également qu’on peut adopter une définition cohérente de la citoyenneté, et survivre socialement sans avoir des noms de ministres ou de parlementaires plein la bouche.
Ce petit paragraphe fielleux est donc à lui tout seul une indication par défaut des motivations et intentions d’écriture (si on peut appeler ainsi un livre aussi mal écrit que le premier) de
l’auteur.
Elle nous reproche finalement une quête qui n’a jamais été la notre.
Trouvez l’erreur.
(à suivre)
*de la République
BD & ML
Henri Jeanson, pataphysicien
France info Le livre du jour :
et ailleurs :
La seule réponse qu’elle trouve à asséner comme une vérité forcément biblique à ceux qui doutent, et depuis l’origine, tant sur ses motivations que sur les faits qu’elle narre à sa façon, est qu’ils sont forcément des intrigants au service des forces obscures la harcelant, c'est-à-dire, sans schématiser, d’être des spadassins infâmes du pouvoir Sarkosyste rôdant dans les ruelles sombres des bas-fonds de la République pour lui tendre des embuscades aussi déloyales qu’horribles.
Mme Souid se rêve ainsi comme une sorte de Constance Bonacieux victime d’un complot d’Etat, appelant sans cesse, dans ses dépressions chroniques, tous les d’Artagnan de la sauvegarde morale à venir la défendre à la pointe de leur plume pour achever ses adversaires d’un D qui veut dire Déontologie.
Cela ne serait pas trop grave, la mégalomanie est nécessaire pour exister sur les plateaux, si, loin de ses aspirations héroïques, elle n’était que le rôle principal d’une mauvaise pièce de boulevard, inventant elle-même les décors de carton pâte de ses aventures, les placards dans lequel elle cache les multiples acteurs de sa fiction permanente et pathétique.
Elle oublie, la suspendue à ses mensonges, que, par exemple, j’étais déjà en opposition ouverte, à titre syndical, contre l’occupant de la Place Beauvau lorsqu’il était DGPN et qu’alors elle découvrait tout juste les pouvoirs magiques du Biactol en même temps que ses premières poussées hormonales. De même que plus tard, alors que j’étais déjà titulaire de la deuxième carte tricolore de mon cursus, celle de presse, et bien avant qu’on ne lui prête un sauf-conduit temporaire de vacataire de la Police, l’actuel Préfet de Police (lui aussi DGPN en ce temps-là) me faisait virer comme un malpropre d’une rédaction nationale pour crime de rédaction de témoignages sur la réalité du travail des policiers de terrain.
Il y a déjà un indice, facile à trouver, sur la réalité de cette icône autoproclamée de la vertu, dans cette obstination à vouloir systématiquement traîner au bûcher (celui de sa seule vindicte publique), sans procès, le moindre obstacle, ou considéré comme tel, à sa course devant les caméras…
Ce nouvel opus des aventures de Mme Souid, sorte de parodie de journal intime d'un "Oui-Oui" féminin prétendant à des vues politiques, est donc à la hauteur du précédent.
Il serait sans utile que pour une fois les journalistes fassent leur travail. Vérifient par exemple la véracité de la dramaturgie larmoyante se déroulant sur un parking sous la pluie battante, ou se penchent sur la personnalité, les buts, l’entourage et le rôle exact de Mme Souid dans un certain nombre de polémiques politiques artificielles qui secouent régulièrement les colonnes de ceux qui l’hébergent ou lui donnent crédit.
Qu’ils enquêtent, oh, juste un peu objectivement, sur l’ensemble de cette mauvaise farce.
Parce que dans cette « affaire » et ces deux livres, plus que de déontologie policière, c’est sans doute de celle des médias dont il est véritablement question.
Et aussi, et plus qu’un peu, de celle de certains responsables politiques…
(toute autre chose je suis désolé de n'avoir pu trouver ce que tu m'avais demandé...)
C'est pas grave Jeff, ce sera pour noël prochain ^^