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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 19:48

B.Desforges et M.Louboutin

 

Avant l’heure c’est pas l’heure.
Ce qui suit n’est pas une explication de texte avec toutes les bonnes raisons de ne pas gaspiller quelques euros pour cette chose, mais simplement une mise en bouche de la suspendue*. Le reste viendra plus tard.

Au passage, merci à ceux qui nous ont procuré des exemplaires, parce que cette petite heure de lecture ne valait en effet pas tripette.

Nous avons donc lu les nouveaux chapitres des aventures de Sihem Souid au pays des gentils et des méchants, des partisans et des courtisans, de ceux qui prennent le train en marche, et des autres qui voyagent en première classe, des intrigants et des intrigués que nous sommes.
Dans le monde de Sihem Souid, ce n’est pas compliqué, nous sommes de très méchants personnages. On n’y peut rien, c’est juste qu’on n’est ni dupes, ni complaisants, ni silencieux. Et elle n’aime pas ça.

Notre scepticisme affiché l’a donc poussée à nous dédier un petit paragraphe pour lequel nous ne la traînerons pas dans les tribunaux, ceux-ci étant déjà largement encombrés par les plaintes qu’elle a déposées contre une foule de contradicteurs dont on ferait partie. A ce jour rien reçu, et même pas peur.

Évoquant donc deux anciens policiers aigris par la vie et par leur insuccès médiatique, de surcroît médiocres et s’acharnant contre elle dans l’espoir de revenir en odeur de sainteté auprès de la place Beauvau, Sihem Souid comprend la mésentente de la façon suivante :
« Jaloux de l’impact de mon livre, ils ont également pris ombrage de ce qu'une modeste fonctionnaire de la police administrative trouve plus d’échos que la mise en scène, dans leurs ouvrages, de leur propre carrière dont personne ne se souvient. »

Diantre ! Tout ça pour ça !
N’en déplaise à la donzelle, Flic s’est mieux vendu que le premier opus de ses mémoires, et l’insuccès médiatique de ce livre est très relatif. Preuve étant faite, soit dit en passant, qu’un livre sans scandale d’un auteur inconnu n’est pas voué au pilon.
Métier de Chien a eu moins de chance, les derniers milliers d'exemplaires encore disponibles ayant disparu des stocks d'un coup et sans aucune explication, preuve cette fois d’un livre qui n’a pas laissé tout le monde indifférent.

Mais la personnalité tourmentée de Sihem Souid l’incite à penser que toute opposition à sa personne ou à ses dires ne peut être qu’une manifestation de jalousie, et que la contradiction est synonyme d’acharnement. Pire, s’affichant comme l’incarnation de la déontologie, quiconque n’est pas en accord avec elle est, par l’absurde, présumé voyou de la République. De même qu’un éperdu besoin de visibilité et d’existence médiatique devrait être un appétit universel.
Bien sûr que non. Pas plus qu’une mise en scène de sa vie de flic est nécessaire pour parler de police. On peut par exemple être major de sa promotion et ne pas le clamer parce que le mentionner est dérisoire et sans intérêt, ou au contraire s’inventer des lauriers qu’on n’a jamais eus. Plus clairement, soit on raconte la vérité, soit on se met en scène à dessein. Ce n’est pas notre cas.

Quant à revenir ronronner au ministère de l’Intérieur, il faudrait que quelqu’un se dévoue pour expliquer à l'experte en police et sécurité qu’une démission est un acte volontaire et n’est pas rétroactive. Et également qu’on peut adopter une définition cohérente de la citoyenneté, et survivre socialement sans avoir des noms de ministres ou de parlementaires plein la bouche.

Ce petit paragraphe fielleux est donc à lui tout seul une indication par défaut des motivations et intentions d’écriture (si on peut appeler ainsi un livre aussi mal écrit que le premier) de l’auteur.
Elle nous reproche finalement une quête qui n’a jamais été la notre.

Trouvez l’erreur.

(à suivre)

*de la République

 

BD & ML

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Published by bénédicte desforges - dans police - médias - intox
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"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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