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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 14:18

Deux policiers blessés par balles à Grigny

 

À Grigny hier soir, banale intervention pour faire cesser une bagarre.
Et c’est par des tirs tendus de mortiers de feux d’artifice, des jets de coktails molotov, et pour finir des tirs de fusil de chasse que sont accueillis les fonctionnaires de police.
Des flics qui accomplissent une de leurs missions les plus simples, les plus quotidiennes, une intervention non sans risques - risque zéro ne rime jamais avec police - mais banale, et en dehors de tout contexte particulier de désordre ou contestation "sociale" (les guillemets ne sont pas anodins). Une bagarre au pied d’une cité.

Ce scénario, cette violence extrême, jusqu’au-boutiste, les armes à feu contre des policiers qui viennent rétablir une des garanties de la Constitution, à savoir l’ordre public, devient banal lui aussi.

Hier, dans une cité de Grigny, de 22h30 à 1h du matin, ont eu lieu comme souvent dans beaucoup d’autres quartiers d’autres villes, des scènes de guérilla urbaine, et des policiers ont été blessés par balles.

Hier dans ce même temps, une population excédée a pu assister, une fois de plus, une fois de trop, au résultat d’années successives de politique sécuritaire inefficiente. Et faire le constat que de gauche à droite, et de droite à gauche, le butin des échecs est bien partagé. Les terribles gagnantes de l’improbable équation des simulacres de prévention multipliées par une impossible répression, sont au bout du compte l’insécurité et la délinquance.

Hier, bien loin des conversations de salons sur le rôle de la police, des gesticulations parisiennes et autres frivolités bourgeoises sur ce que devrait être le flic idéal et non coupable, loin des bavardages médiatiques aux prétextes de science sociale, mais qui font honte à la science tant elles sont asservies aux caprices idéologues, loin des claviotages stériles de ceux qui jurent de tout changer en mettant leur avatar dans d’inaudibles colères, loin des donneurs de leçons qui n’ont jamais rien vu mais qui savent tout, très loin des déclarations d’amour qu’ont déclamées tous ministres de l’Intérieur à leur police, si loin, tellement loin des irresponsabilités politiques et de la nonchalance de leurs syndicats, des flics ont encore payé cher le sacrifice annoncé d’un métier et d’un service public.

Abstraction faite de renforts d’effectifs au compte-goutte, et d’un renoncement de façade à l’entrave de la politique du chiffre, mais qui épargne sans vergogne primes de résultats exceptionnels et indemnités de performance, on peut se demander si la police nationale, et républicaine, peut encore raisonnablement remplir son rôle avant de se voir dégager d’une bonne partie de ses prérogatives par des polices municipales soumises au bon vouloir des budgets, des entreprises de sécurité privée et des milices soi-disant citoyennes, d’ores et déjà en train de recruter.

À moins que les flics décident eux-mêmes de sauver leur métier, avant de devenir des fonctionnaires qui feront terriblement regretter les gardiens de la paix.


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Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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commentaires

Nocif 10/09/2012 08:49

A titre d'exemple, faits grave contre "la police affaiblie", de plus en plus courant en Belgique:
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120909_00202569&utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=soir&utm_content=general-news

Nocif 09/09/2012 13:22

Je constate presque étonné que ce soit "une seule femme" qui cou-rageuse (Madame Desforges) osent soulever tant de ces galets empilés...
Les hommes auraient-ils perdu tout bon sens pour astiquer leur auto-mobile?

eczistenz 07/09/2012 17:41

Vive les réacs de gauche, formons un club !

bénédicte desforges 07/09/2012 17:44



Carrément ! ^^



Nocif 03/09/2012 16:53

Moi, je dirais... : La première mesure serait que les gouvernement aient l'intention... Ils ne le souhaitent pas, ne le désirent pas...
On peut philosopher longtemps encore et en zig-zag, avec des œillères démocratiques d’intello satisfait compassé...

Vincent 30/08/2012 17:46

Cher erminio,

Votre commentaire fait l'amalgame de beaucoup de choses qui n'ont rien à voir. En temps normal je laisserais pisser, mais comme je suis de bonne humeur je ne vais pas vous laisser vous en tirer si
facilement.

Dans un même paragraphe vous dites regretter les blessures subies par le policier à qui appartient ce sang, mais que de toute façon la police est le bras armé des corrompues de la république, et
que de toute façon c'est la faute de l'Europe.
Ca commence mal. Je dirais même plus que votre argumentaire est laborieux. Mais le meilleur reste à venir.

Vous abordez ensuite le problème lié à l'immigration. Comme je le dis souvent : les connards n'ont pas de couleur, ni d'origines. Y'a des connards chez les européens, les nord-africains, etc. Le
problème vient des banlieues, pas des couleurs de peau. Ni des prénoms. Je connais un monsieur dont le nom sonne très franco-français (puisque vous semblez aimer ça), très sympathique, qui étrangle
fréquemment sa femme et qui nous frappe dessus aussi à l'occasion.
Les origines nord africaines et africaines sont seulement en sur-représentation dans les cités.

Vous parlez aussi des acquis sociaux, et vous vous demandez ce que fait la Police. Ce n'est pas notre rôle de protéger les acquis sociaux des cheminots, des employés de FT, ou de n'importe quelle
autre profession ou catégorie socio-professionnelle. C'est le rôle des syndicats, notamment.
Encore une fois vous confondez tout.

Vous dites également que la police n'est pas avec la population, et qu'elle est complice des corrompus. Je vais ignorer cette phrase, parce que je ne sais pas comment vous répondre poliment
ici.
Nous ne faisons pas tous ce boulot pour les mêmes raisons, mais je n'ai jamais entendu personne me dire qu'il était devenu flic pour conduire à toute vitesse une voiture de police et faire mumuse
avec des menottes. Je ne sais vraiment pas où vous allez chercher ça. C'est consternant.

Si on morfle, on doit se taire? Mais c'est justement ce que fais la police depuis des années! On a plus de 50 suicides par an, 15 000 blessures par an, et vous avez déjà vu la Police manifester
pour se plaindre de ça? Ca gueule à voix basse dans les salles repos, mais on ne va pas défiler avec des banderoles après ça.


Sachez rester à votre place et évitez de nous éclabousser de votre ignorance. Vous représentez parfaitement ce qui ronge la Société : vous regardez votre nombril, vous ne comprenez pas comment le
système fonctionne, mais vous blâmez ce que vous ne connaissez pas ou ne comprenez pas au lieu de comprendre qu'absolument tout le monde est responsable de la situation merdique dans laquelle nous
nous trouvons. Y compris vous.

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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