lettre ouverte à Claude Guéant, Ministre de l'Intérieur
Monsieur le Ministre,
C’est avec grand intérêt que nous vous avons entendu sur France-Inter énumérer les quelques roues de secours censées assurer la tenue de route de la police nationale pendant que la
RGPP la videra de sa matière vitale.
Ces mesures « pour participer à la compensation des 3.000 postes de policiers et gendarmes supprimés par la RGPP » vous les appelez l’optimisation.
C’est un bien curieux mot-piège qui ressemble - mais n’a pourtant rien à voir - avec l’optimisme qui aujourd'hui fait défaut au service public… et en effet, vous avez véritablement
piégé les fonctionnaires de police avec ce système d’ores et déjà appliqué dans les services, car ce sont eux-mêmes qui vous apportent la preuve qu’on peut réduire les effectifs en dopant leur
charge de travail d’heures supplémentaires.
Là-dessus, même s’il est celui du court terme, le pari est gagné. Beaucoup d’entre eux ont consenti à cette optimisation, ne se rendant pas compte qu’ils contribuaient avec une
terrible efficacité à cette RGPP, qu’ils sont d’ailleurs tout autant capables de conspuer dans une récrimination schizophrénique.
Mais de votre discours, ce qui a surtout retenu notre attention est votre consigne d’appliquer de façon rigoureuse les textes afférents aux détachements et exemptions syndicales, et
de remettre quelques centaines de détachés sur la voie publique.
Alors là, chapeau Monsieur le Ministre !
L’annonce de cette mesure qui joint avec bonheur l’utile à l’agréable, a réjoui énormément de fonctionnaires de police, qui vous en seront très reconnaissants le jour où ils
reverront à l’appel de leurs brigades, ceux qui ont abusivement délaissé la voie publique pour le mirage syndical.
Parce qu’objectivement, Monsieur le Ministre, force est de constater que malgré l’incroyable taux de syndicalisation dans la police nationale, les syndicats de police ne sont pas les
grosses machines de guerre qu’ils prétendent être, et nous doutons fort qu’un seul de leurs tout petits coups de gueule ait pu une seule fois vous empêcher de dormir.
Ils n’ont de toute évidence aucun besoin d’être aussi nombreux à se consacrer à la chose syndicale pour une action aussi insignifiante.
Aussi, nous espérons que les chefs de service auront le courage d’affronter les protestations très prévisibles de ces fonctionnaires à la représentativité, et aux mandats syndicaux
parfois fictifs, pour les remettre au travail dans le strict respect de l’application des textes réglementaires.
Les bureaux nationaux des organisations syndicales regorgent de gens vieillissants sujets à l’embonpoint et à l’hypercholestérolémie. Certains étaient déjà permanents syndicaux quand
nous sommes entrés dans la police, c’est dire l’ancienneté de leurs mandats. C’est dire aussi à quel point la police de terrain leur est devenue étrangère… Ceux-là, Monsieur le Ministre, ils sont
perdus pour la cause publique, aucun recyclage ne vous les métamorphosera en policiers. Pour eux, c’est terminé.
Il suffirait d’un simple audit sur le coût de la formation nécessaire à les rendre à nouveau opérationnels pour en juger. Que cela soit les gestes techniques de police,
l’appréhension de l’arme de service (certains n’ont jamais vu un pistolet SP 2022 et encore moins les autres armes sub-létales modernes, voire un simple tonfa), comme d’une procédure pénale
qu’ils argumentent sans jamais en connaître l’application, ou encore la dotation en uniformes récents dont nous doutons fort qu’ils soient un jour passés chez le fourrier les chercher, le fossé
entre la "base" et eux n’a cessé de se creuser, tout comme leurs divergences d’intérêts. Monsieur le Ministre, ces détachements syndicaux à vie sont, vous en conviendrez, une aberration.
Mais les autres, les valides, les occasionnels, les bons copains, les planqués syndicaux, certes oui, on pourrait sans doute encore en faire quelque chose.
Ce sera leur rendre service que de leur faire redécouvrir la police, les conditions de travail quotidiennes, les brimades des chefs quand aucun mandat ne vous couvre, et celles de
l’ingrate population.
Ils comprendront ce qu’ils ont oublié le jour où leur organisation syndicale leur a confié en même temps qu’un mandat, cette infecte possibilité d’opérer des choix arbitraires dans
les dossiers à défendre. Ils réapprendront la pleine mesure du mot collègue.
Et puis la presse se passera bien d’eux, soyez-en sûr Monsieur le Ministre, pour commenter les faits-divers à travers la France devant les caméras des rédactions régionales. Ce n’est
pas, et n’a jamais été leur mission. Et le commentaire de faits-divers est l’exercice le plus stérile, le plus intellectuellement médiocre, qui soit. Ils finiront même par vous remercier de les
en avoir épargnés, vous verrez.
À ce propos et concernant cette course à l’exposition médiatique, vous pourriez même aller plus loin, Monsieur le Ministre, en rendant obligatoire le port de la tenue pour les
interventions publiques syndicales. Du Préfet de Police au simple chef de service, chacun se plie à cet exercice. Il semble étonnant que seuls les représentants des organisations syndicales
puissent s’en affranchir alors qu’ils sont censés représenter ceux qui sont fiers de porter l’uniforme au quotidien sur la voie publique. Et puis cela serait l’occasion, pour certains, de mettre
en évidence leurs grades et décorations certainement chèrement gagnés au feu.
Parlant d’équité et d’intégrité, Monsieur le Ministre, et puisque les passe-droits syndicaux sont dans votre collimateur averti, vous pourriez, permettez-nous de vous le suggérer,
faire en sorte que cesse également cet usage qui consiste à confier le choix et l’affectation à certains postes aux syndicats. Ces listes qu’on nomme sans vergogne les "listes de pistonnés"
négociées de façon inique en commission sur la base des listes dites "préparatoires" et qui permettent que certains fonctionnaires en fin de scolarité - que rien ne distingue de leurs collègues -
n’aient pas à choisir de postes selon le classement, et que d’autres en attente de mutation puissent davantage compter sur leurs années de cotisation que sur des règles d’équité pourtant bien
établies, pour obtenir l’affectation de leur choix, ni vu ni connu je t’embrouille.
Ça aussi, Monsieur le Ministre, il serait juste que vous y mettiez un terme. Vous n’imaginez pas les tensions que cela peut générer. Et les déprimes et déconvenues lorsqu’un policier
a connaissance de la mutation vers un poste convoité de longue date, d’un autre, quand celui-ci n’a que l’heur d’appartenir au bon syndicat, et d’avoir flatté la bonne personne le temps
nécessaire à obtenir gain de cause.
C’est terriblement injuste et inéquitable.
La délégation cédée aux syndicats pour l’attribution de certains logements aux fonctionnaires souffre des mêmes maux. Il serait logique que ce rôle soit aussi entièrement remis à la
neutralité de l’administration. Ce qui se fait de manière impartiale et anonyme n’aura jamais les mêmes travers que les affres du copinage, surtout pour quelque chose d’aussi essentiel que le
logement. Voilà encore là un cache misère syndical, laissant croire que ces organisations sont incontournables alors même qu’elles sont attendues en vain sur le terrain des acquis sociaux et de
la qualité du service public.
Il faut que vous sachiez, Monsieur le Ministre, que les mots "magouilles syndicales" font partie du vocabulaire policier, et que ce n’est pas à tort.
Si c’est intentionnellement que le ministère de l’Intérieur laisse cette liberté, et de telles marges de manœuvre dans des domaines et décisions qui devraient être du ressort
exclusif de l’administration, c’est au prix de la cohésion et de l’équité. Et c’est dommage pour cette profession qui par essence n’est déjà pas simple à exercer.
Au nom des policiers qui, nombreux, se confient à nous et sont attachés aux principes d’équité et de neutralité de la fonction publique, nous vous remercions, Monsieur le Ministre,
de l’attention que vous porterez à leurs voix libres et sans étiquette.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, l'expression de notre respect et sincère considération.
Marc Louboutin et Bénédicte Desforges
auteurs et ex lieutenants de police
référence : LeMonde.fr 9 novembre 2011
Claude Guéant veut
remettre des détachés syndicaux sur la voie publique
Henri Jeanson, pataphysicien
France info Le livre du jour :
et ailleurs :
Je précise que les délégués locaux, qui souvent et quel que soit leur syndicat, effectuent leurs missions quotidiennes en veillant à ne pas abuser de leurs jours de détachement et la plupart du temps défendent leurs collègues (et parfois même ceux d'autres syndicats) avec conscience et connaissance de la triste réalité des dossiers, ne sont en rien visés évidemment par ce billet.
Amicalement.
Marc
C'est aussi la question que je me pose.
Ils existent toujours ?
Le jour où les détachés et autres permanents seront remis dans le circuit, nous verrons beaucoup de policiers dans la rue : ce seront leurs coéquipiers qui seront en train de hurler "Guéant, reprends-les ! nous les traînons comme des boulets !"
Le mécanisme de suicide collectif de la Police Nationale est engagé.
Remettre les syndicalistes au tapin ? Pourquoi en ont ils un jour été exonérés ?
Quant aux copinages et autres magouilles syndicales, pas étonnant que les délégués nationaux déclarent à qui veut l'entendre que tel ou tel suicide est dû à des raisons purement personnelles, puisqu'ils en sont en partie responsables.
Envisager que les effectifs policiers et gendarmiques étaient un peu trop abondants, cela peut se comprendre pour peu que l'on veuille bien se reporter au rapport police/nombre d'habitants que l'on trouve dans les divers pays occidentaux. Seulement j'ai l'impression que le M.I s'y est encore pris comme un manche en ce qui concerne la mise en pratique de la RGPP pour les forces de l'ordre.
L'Australie à la fin des années 70 et 80 a réformé sa police pour des raisons budgétaires. Il a fallu tailler dans le vif. Pour autant les résultats n'ont pas eu à en souffrir, au contraire même. Seulement voilà, les autraliens ont réfléchi à la modification de l'organisation du travail, à supprimer les services qui avaient peu ou prou les mêmes objectifs, a rationaliser la gestion des budgets.
Nous en sommes visiblement loin
Béné, Marc, je vous aime!
On s'en fout, on n'est pas là pour faire plaisir :)
Delage au tapin!
Heu... sur le bitume tu voulais dire ^^
Ecoute, il va patrouiller avec son équipier Comte.
Prise de service 6h15 avec les pompes bien cirées.
Il manque juste une seule idée qui permetterait de faire une certaine économie, en ces temps si difficiles.
En effet, et si le Ministère se prononcait afin de supprimer la prime de risque de nos chers délégués syndicaux, aussi appelés amoureux du temps perdu, qui sont souvent les plus jeunes gradés de France. Il est tout de même INADMISSIBLE de leur verser cette prime au même titre que les collègues de terrain qui eux risquent leur vie. Tout ce que risque nos délégués c'est de tomber de leur chaise de bureau, ou d'attraper une intoxication alimentaire au restaurant du coin grâce aux cotisations des collègues qui n'ont toujours rien compris aux syndicats. On se demande d'ailleurs comment est-ce possible ?
Je pense qu'avec cette mesure il y aurait beaucoup moins de volontaires pour être délégué, et plus de fonctionnaires dans les commissariats.
Merci à vous d'exprimer toute la vérité.
Les syndicalistes ont une prime de risque ?
c'est une victoire syndicale !!
ok je sors :'(
Mais, autant d'ouvertures avec ce temps, n'est-ce pas risquer les courants d'air et les rhumes de cerveau?
^^
Ce n'est plus la prime appelée "prime de risque", il existe l'allocation de maitrise qui est la même pour tous, et la sujetion spéciale police qui évolue selon l'indice.
Est ce logique ?
Bien sûr que non.
Mais dans un Etat qui te pond des plans de rigueur tous les jours, et où les députés ne consentent pas à une petite baisse de leur indemnité parlementaire, je ne vois vraiment pas pourquoi les syndicalistes policiers renonceraient à quoi que ce soit.
Tu entends le silence des pantoufles ?
Dernière raison de s'indigner pour les syndicats.....et d'éditer des tracts.... la journée de carence.... Je prends les paris... une fois réélu, et pour que "les Français ne volent plus la France", dans un "réel soucis d'équité", alignement public-privé et tout le monde à 04 jours.... et en voilà des économies, et un peu plus de détricotage.... Allez, on ressort la machine à enfumer.... J'ai la nausée....
Soeur Anne (Jean-Claude, de ton coin de bitume), (cette fois), ne vois tu rien venir?
Je ne vois rien venir.
Que dalle.
http://www.youtube.com/watch?v=C9_cyX9eMBw&feature=related
ton lien:
Belgique, la mort d'une nation
Juste pour vous faire comprendre que les syndicat ou autres leviers (partout dans cette Europe) ne sont plus que des fusibles de luxe... des amateurs de gros beefsteaks. Dommage tout cela!.. Que faire? une union syndicale auto financée et conduite par les seuls salariés, après formation des élémentaires chez Alain Soral?
Je n'aurai pas fait mieux... Mais je me dois de contenir tout cet optimisme que certains semble ressentir à l'idée d'avoir enfin trouver le coupable idéal...
Si je partage ce qui peut être écrit, non sans un certain style et toujours aussi bien exprimé, idées que chaque flic de terrain peut se reconnaître avoir grommelé au moins une fois, j'ai malheureusement une fâcheuse habitude au réalisme... Désolé donc de devoir vous saper le moral...
En effet, un dicton ou un proverbe dit une chose simple, que tout le monde admettra : « Même le pitbull ne mord pas la main qui le nourrit »...
Une fois cette idée simple admise, vous savez tous pourquoi les syndicats sont apathiques : Ils ont besoin des fameux « ponctus » que tous les flicards en attente d'une mut leur demandent...
Comment obtenir toujours plus de mutations ou avancements dérogatoires du ministère s'ils se mettent à faire du syndicalisme ?...
Ce qui est dommage, c'est que ceux qui se prostituent, moyennant un timbre, ne comprennent pas qu'ils auront peut être leur chance une fois les délégués et les copains mutés...
En même temps comment leur en vouloir à tous ces policiers naïfs qui croient en leur délégué permanent ?...
Dieu, lui même, a inventé la chose... IL a ressuscité seulement son fils et, depuis 2000 ans, il y a des millions d'adhérents dans le monde qui pensent qu'un jour ce sera leur tour...
Entrez en religion chers collègues, prosternez vous devant les autels de police et versez votre denier du culte aux prêcheurs éternels...
Trop facile ! Coupable idéal certes, qui ne défend pas la profession comme il se doit certes, mais pourquoi autant de participations à chaque élections alors ?
Je ne veux pas être trop rabat joie, mais tout de même, ne sont ils pas élus tous ces coupables à vos yeux ?...
Qu'on ne s'y trompe pas, je ne les défends pas je les ai toujours combattu de l'intérieur, mais force est de constater qu'entre un délégué permanent dans un service pouvant faire de la représentation et un que se trouve à vos côtés en tenue et de temps à autre détaché, le choix du flic est vite fait... Le permanent l'emporte haut la main... Ils sont incontournables, non pas parce qu'ils ont de l’embonpoint, mais parce que les moutons votent pour le majoritaire, pour la bonne et simple raison qu'ils sont.......majoritaires... A ne rien y comprendre. Pas prêt d'arriver le changement...
D'autres, révoltés du vestiaire ou, au mieux, de la salle café, constatant depuis quelques années tout un tas de régressions impensables pour les anciens que nous avons connu entrés dans la Police en 68, n'hésitent pourtant pas une seconde à adhérer au syndicat « maison » qui depuis l'arrivée de notre président comme ministre signe tout et surtout pas n'importe quoi...
Perso, si je constate moi aussi le démantèlement de la Police nationale, co-signée par le syndicat de notre ministre, je remarque également que cette organisation progresse à chaque élection...
Plus elle collabore à la destruction de notre métier, plus elle fait de voix, donc d'adeptes !
Les policiers si critiques auraient-ils intégrés finalement que plus un syndicat est docile, plus il a de ponctus, ?... Ce critique amateur aurait-il finalement intégré que son individualisme était plus prometteur chez les serviteurs que chez les résistants ? ( quels que soient les syndicats, c'est une histoire de délégués et de combats...)
On a finalement le syndicalisme et les syndicalistes pour qui on vote, donc que l'on mérite !
Trop facile de se dédouaner de toute responsabilité en les jetant en pâture comme coupables idéaux aux maux de la police... Et une fois le petit mot méchant versé sur les blogs,derrière son pseudo, il se réfugie dans les locaux syndicaux redemander des nouvelles de leur avancement, si possible avant leur tour...
Alors je ne parlerai pas d'optimisation des heures, j'ai eu le malheur de faire un papier expliquant exactement à mes collègues ce qu'ils allaient cautionner ! J'ai expliqué qu'on ne détruisait pas le code du travail et pour 12 € de l'heure ! J'ai averti sur l'avenir, une fois le volontariat terminé ! J'ai mis en garde sur les conséquences sur l'emploi des jeunes qui ne seront plus Gardien de la Paix si nous commençons à faire des heures sup...etc...etc !
J'ai perdu des adhérents ronchonneurs comme ces nuiteux qui gueulaient depuis des années de devoir revenir l'après midi tirer ( un scandale certes ) et qui sont revenus des matins sur leur RL pour faire du contrôle vitesse... Plutôt que d'affronter mon regard, et surtout leur conscience, ils se sont réfugiés chez le syndicat qui a cautionné ça !...
On a le syndicalisme que l'on mérite !
Et enfin, pour finir d'être agréable, cela fait désormais 10 ans que notre actuel ministre est aux affaires dans notre ministère... Je suis atterré de voir que certains d'entre vous puissent penser, ne serait-ce qu'une seconde, que notre ministre va remettre tous ces alimentaires sur la VP au risque de voir émerger le vrai syndicalisme...
Je me dis que les effets de manches et d'annonce fonctionnent encore, notre Président n'a pas trop de souci à se faire, il sera réélu, c'est sûr ! Après tout il est majoritaire et il a explosé notre métier de Policier.... Il a décidément tout pour vous plaire !...
@+
J'émets juste une réserve: je ne vois pas un syndicat collaborer à la destruction de notre votre métier, mais deux. J'en vois un qui a le mérite d'être cohérent et prévisible, et l'autre qui regarde passer les opportunités en bêlant mollement.
Quelle utilité, quelle efficacité, il y a à être LE syndicat MAJORITAIRE et à n'être capable que de promettre des mobilisations massives qui n'ont jamais lieu ?
Dernier exemple, promesse d'une grosse colère, si je me souviens bien, des policiers l'été prochain. Pourquoi pas avant l'été ? Pourquoi après les élections ? Pourquoi l'été ? Pour être sûr que tout le monde sera en service sans pouvoir poser de jour pour cause de congés annuels, et se retrouver à quelques uns en bas d'un ministère désert avec interdiction de changer de trottoir ? Putain oui, c'est du syndicalisme efficace et porteur d'espoir...
Comment peux-tu encore te tromper à ce point sur mon propos...
Ce n'est pas parce que je parle de religion qu'il faut tomber dans le piège de me faire prêcher pour ma paroisse... Je ne te parle pas de guerre de clochers...
Mais je me dois donc de récuser ta réserve... Oui oui, je me permets...
Il y a bien un SYNDICALISME d'accompagnement ( le terme de collaboration même s'il accompagne mes pensées pourrait être détourné ) et un SYNDICALISME qui Résiste !
Je ne t'ai pas dit qu'un syndicat valait mieux que l'autre, il y a des bons et beaucoup de mauvais partout...
Je connais, à force d'échanges, un peu ta position et , il est vrai qu'entre un qui s'assume et assume les régressions et l'autre qui fait semblant de les combattre, je me demande également quelle est la position la plus détestable...
Aussi, je te confirme que dans le syndicalisme ( tout appareil confondu ) il y a des gens qui se battent sincèrement au quotidien !
C'est de ceux là que je parle dans mon post précédent....
Ceux là même dont les collègues se détournent parce qu'ils refusent de les faire passer devant les autres, refusent les pistons, ceux qui sont mal vus de leurs appareils parce qu'ils sont critiques vis à vis des lignes syndicales menées ne retrouvant plus l'INTERÊT GENERAL, ceux que notre l'administration et que leur hiérarchie ont en ligne de mire à la moindre occasion, brefs, ceux qui sont isolés parce que très minoritaires au sein des appareils, et, plus grave, beaucoup plus grave, pas soutenus comme il se doit par les Policiers qui leur préfèrent ceux qui pratiquent les « magouilles » qu'ils critiquent tant parce qu'ils ont finalement l'espoir d'un intérêt très personnel...
Alors, je disais juste qu'avant d'en vouloir aux syndicalistes permanents qui vendent exactement ce que leurs adhérents achètent, comme dans tout système basé sur la loi de l'offre et la demande, il faudrait tout d'abord commencer par boycotter ceux qui font commerce de ce genre de produits syndicaux... ( Tout appareil confondu Bénédicte, tout appareil confondu... )
Allez fais moi plaisir, lance un grand mouvement Policier, sans étiquette, le mouvements des Policiers indignés, non pas contre le SYNDICALISME, qui est une bonne chose, mais contre le syndicalisme tel qu'il est pratiqué majoritairement ( tout appareil confondu Bénédicte... )
J'attends avec énormément d'impatience de voir l'ampleur d'un mouvement de boycott contre le piston syndical !...
Je te le disais, je ne suis pas un pessimiste, bien au contraire, on me qualifie souvent d'idéaliste, je suis juste réaliste !...
@+ et bon courage... Peut être un meeting de Bénédicte contre les pistons en tout genre dans la Police ?... Nan, j' déconne...
@+
Tu sais, moi j'ai démissonné.
Tu te figures ce que c'est, démissionner ?
Alors maintenant, le syndicalisme avec ou sans majuscule...
Mais par contre Bénédicte, je ne connais pas de match gagné par un spectateur... Je souhaite encore être acteur de ce match, même s'il est déséquilibré, même si beaucoup ont abandonné et abandonneront ( moi aussi peut être...), même si tout le monde m'annonce perdant... "Le seul combat perdu d'avance est celui que l'on ne mène pas !" J'en ai fait ma devise...
Aussi, je refuse de voir les Policiers se faire laminer et prendre un ticket pour une place d'honneur dans les tribunes... On joue à 2 contre 11, contre 100 peut être, mais on joue...
Alors ma place n'est pas encore à tes côtés, à côté de Marc, mais vous aviez toute votre place sur le terrain ! Dommage, les Policiers comme vous sont rares, les syndicalistes comme vous sont précieux ! Alors je continue à jouer, du moins jusqu'au moment où l'arbitre sifflera trois fois...
@+ et merci de votre aide...
Dommage mais pour nous, c'est fini.
Là, on s'excite encore un peu dans le désert parce qu'il y a de l'écho et qu'on trouve ça joli, mais quand on sera en overdose d'avoir trop donné pour que dalle, on ira inventer des histoires. Peut-être qu'elles finiront mal, mais c'est qu'on l'aura voulu. C'est toute la différence.
Pense à toi. Il y a une vie après le boulot..
Je l'appellerai " Syndicaliste Policier, métier de con ! Lettre à Bénédicte"
@+
Parce que.
Un excellent analyse....L Administration a réduit le rôle des syndicats à leur plus simple appareil...les mutations et rien d'autre.
Je ne ferai pas de politique mais dans les années 80, il suffisait de prononcer le nom d'un gros syndicat pour que le ministre claque des genoux....
Aujourd'hui, il rigole.
Et puis nous connaissons tous un collègue qui a été victime du mode de fonctionnement limite "mafieux" des syndicats, un collegue premier pour une mutation qui ne mute pas et se retrouve l année d'après 3 eme....
Des exemples il en existe des centaines, des milliers...
Je vous en donnerai un dernier....flagrant, Reynald Caron, ce policier tué à la foire du trône....sa mort avait entrainé un mouvement de ras le bol des collègues qui avaient décidé de manifester pacifiquement, plus une marche silencieuse qu'autre chose, certains syndicats n ont pas hésité à menacer les collègues de révocation s'ils s'y rendaient....
Et enfin, pour ceux qui croient que les syndicalistes sont indépendants, qu'ils se posent la question de savoir si leur simple cotisation leur suffit à vivre....
Les gens changent et la police aussi et malheureusement pas dans le bon sens; quant à avoir des délégués sur la VP, ben je suis curieux de les voir intervenir , peut etre reviendront ils dans le monde de la réalité ?....
Cela fait un bon moment que je ne rêve plus.
A bon entendeur.
Le trésor de guerre des syndicats de police [Figaro]
Avec ou sans l'exemple de Bruno Beschizza, l'indépendance politique est un leurre.
Et la politique n'est pas nécessairement en cause (ou un mal) mais plutôt l'usage que l'on fait de ses réseaux, et l'accumulation de passe-droits en tous genres.
Vous parliez des pistonnés en école, et on est en plein dedans il y a peu de temps. Ce fut le festival international de la courbette, de la pirouette, et de la caresse buccale pour obtenir un piston. Je trouve ça lamentable que le principe d'égalité soit piétiné de façon aussi honteuse au sein d'une institution républicaine.
D'après ce que j'ai compris, les syndicats bénéficient d'un certain nombre de préaffectations pour des dossiers dits sociaux. Mais si ça en concerne un par syndicat, c'est déjà énorme. Les événements ont pris une tournure qui me donne envie de vomir.
J'ai bossé comme un âne pour accrocher le premier quart du classement, et des gens qui n'ont rien foutu de l'année me sont passés devant.
Je ne veux pas passer pour le frustré de service, mais si je réagis à ce sujet c'est parce que je suis en plein dedans, et que je ne connais pas grand chose d'autre que l'école et ses problématiques... Mais je pense que cette année, entre les délégués syndicaux que j'ai croisé en école et en service durant mon stage, je pense en avoir vu assez pour me rendre compte de leur inutilité, avidité, et cupidité.
Une quinzaine de personnes ont été pistonnées dans mon ENP. Et au total pas loin d'une trentaine sur toute la promotion. Sans parler des pistonnés éventuels au second amphi à la PP. Le directeur a d’ailleurs convoqué tous les pistonnés et les a engueulés mais c'est comme pisser dans un violon...
Personnellement, j'ai déjà choisi mon affectation. J'avais pas envie d'attendre le 2nd amphi pour savoir où j'allais bosser.
Mais j'ai beaucoup de mal à saisir le message que l'administration nous envoie en cautionnant les pistonnés, les "fils de...".
Les syndicats nous avaient aussi promis monts et merveilles en terme de logement, mais j'ai envie de dire "peanuts". Petite anecdote qui m'a fait rire : on m'a proposé de me mettre en relation avec une agence pour un logement dans la commune la plus friquée de la région parisienne, un studio pour une personne, sachant que le prix du loyer ne permet à aucun GPx stagiaire de le payer tout en respectant les 33% d'endettement maximum. C'est d'une logique!! Mais apparemment ça ne les choque pas.
Bref, je ne suis même pas encore sorti d'école que ce métier me dégoûte dans beaucoup de ses aspects.
Journaliste en herbe ? C'est mignon, non ?^^
Et que ma vision du syndicalisme les gêne est plutôt l'indice que j'explore les bonnes pistes.
Merci pour le lien vers cet article du Figaro
Voici un extrait amusant :
"...Dans certains services de l'État comme la police, fortement syndiquée, ces mises à disposition ont atteint une telle ampleur que le ministre a dû taper du poing sur la table. Depuis une dizaine de jours, le cabinet du ministre de l'Intérieur reçoit discrètement les syndicats de policiers les uns après les autres. Claude Guéant a lancé un pavé dans la mare en déclarant qu'il comptait «remettre les policiers sur le terrain». Depuis les déclarations du ministre, les langues se délient, et les différentes centrales se renvoient la patate chaude. Les uns ont reconnu des syndicalistes policiers assurant le service d'ordre de manifestation d'un candidat de gauche, les autres dénoncent les moyens humains particulièrement généreux consacrés aux œuvres sociales de la police. Jusqu'où ira le ministre de l'Intérieur? Dans bien des cas, les administrations préfèrent fermer les yeux pour assurer la paix sociale.«Globalement, les quotas de détachement dans la fonction publique ont souvent été dépassés avec la bénédiction des ministères», concède un connaisseur.
Cette stratégie dépasse de beaucoup les détachements de permanents syndicaux. Elle passe aussi par des largesses aux comités d'entreprise, la mise à disposition de locaux et de moyens matériels. Toujours dans la police, à Lyon, les syndicats policiers bénéficient depuis 2008, date de la destruction d'un immeuble ancien, d'un relogement dans le domaine privé pour un loyer annuel de 87.000 euros."
La situation se dégrade constament..
Souvent j'ai même honte d'être flic...
Le métier pour lequel je m'etais engagé, n'existe plus, ou du moins, n'a plus rien à voir avec mon engagement initial, mes valeurs....
Les syndicats font la pluie et le beau temps, bon nombres de collegues pensent comme moi,mais se syndiquent par "obligations" (avancement, muts etc...)
Voila pourquoi dans quelques mois (je pense) je ne serai plus flic....
Une démission de plus....