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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 18:36

 

 


Mise à jour :

Le cas des frénétiques débordements xénophobes et autres joyeusetés de Sidany Doutch, investie par le Front National pour les élections législatives 2012, repris par le Lab d’Europe 1, qui a pris contact avec le Front National, et a reçu des réponses pour le moins étonnantes...

Tous les interlocuteurs qu’Europe1 a eus au FN nient l’investiture de Sidany Doutch pour les législatives 2012.
Et ce, malgré la mention qui en est faite, entre autres, sur FN Infos, figurant dans la liste des sites officiels du Front National.
Mais aussi, comme l’indique Europe1, malgré la lettre d’investiture rédigée par Rémi Carillon, secrétaire départemental FN des Hauts-de-Seine, mise en copie sur la page facebook de Sidany Doutch et publiée par Fafwatch (si les instances du FN disent vrai, et vu leurs ardeurs procédurières, ils devraient déposer une plainte pour faux et usage de faux pour ce courrier à en-tête du Front National ?)
Et également, malgré sa précédente investiture aux cantonales 2011, ce qui témoigne que Sidany Doutch n’est pas totalement inconnue au Front National, et que la confiance de son parti lui a déjà été accordée dans le cadre d’une élection.

L’effet immédiat des frasques verbales de Sidany Doutch a donc été une négation collective de cette investiture, et un grand nettoyage (en cours, mais le cache de google est notre ami) des sites mentionnant son nom (le site mis en lien par Europe 1 hier a entre-temps été expurgé).

Mieux que ça, le site de la fédération Front National des Hauts de Seine, s’est vidé de tout son contenu (avantaprès) Il faut dire que ces temps-ci, les militants et candidats FN du 92 sont sous les feux de la rampe et mis à mal par le livre d’une journaliste infiltrée, laquelle d’ailleurs, s’était très vite vue confier des responsabilités, mais aussi proposer, dit-elle, une investiture dans le département.
Comme quoi ces investitures sont accordées n'importe comment à n’importe qui, avec un discernement très relatif…
Une taupe d’une part, une hystérique ordurière et raciste de l’autre.
Un électeur, fusse-t-il du Front National, peut tout de même rêver mieux que ça…
Mais aussi, et quoi qu’il vote, n’importe quel contribuable :

Une explication à ces investitures irresponsables, faites en dépit du bon sens et d’une essentielle discipline, à la va-vite et sans le minimum de vigilance nécessaire, est peut-être la course au financement des partis politiques [lien]
Les subventions publiques sont accordées à hauteur de 1.63 euros par suffrage obtenu, à la condition de présenter des candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des suffrages exprimés au premier tour de la législative dans au moins 50 circonscriptions.
Sans oublier qu’une sanction financière est appliquée en cas de non respect de la parité hommes-femmes.
Bref. Il y a depuis cette loi, une débauche de candidats aux élections législatives, lesquelles se jouent à guichets fermés, avec beaucoup de figurants simplement là pour faire du chiffre.

Tout ça pour dire que ça me chagrine de n’avoir pas reçu de réponse de madame Arnautu, vice présidente du Front National et secrétaire régionale Ile de France, à qui j’ai adressé un mail la semaine dernière.
Mon message se terminait par une question simple :
« j’aimerais savoir si Sidany Doutch verra son investiture maintenue dans les Hauts-de-Seine. »

Je me fiche de connaître son avenir au Front National, c’est plutôt l’affaire de ceux qu’elle engage par ses propos et ses insultes, et il m’intéresse modérément de savoir si elle sera sanctionnée par son parti. À cet égard, j’ai juste l’impression de l’application stricte d’un "pas vu-pas pris"… pas vu médiatiquement, s’entend. Ça passe ou ça casse.
Ou en dernier recours, ça s'efface...

En revanche, savoir que l’argent public sert au financement de partis sur la base de tels petits arrangements entre amis, et qu'il existe quelque part en France des gens investis par un parti officiel, et assez abrutis pour s'imaginer une sorte d'immunité les autorisant à proférer de manière accessible des propos ignominieux, et de s'en féliciter, est bien plus dérangeant et signe de la très mauvaise santé de la sphère politique.

Alors, Madame Arnautu répondant aux  Inrocks peut bien noyer le poisson, mettre en garde, et s’émouvoir de la possibilité de personnalités fragiles ou borderline parmi ses ouailles, il m’est avis que tout électorat a droit au respect, et qu’au lieu de prendre le problème à l’envers, il appartient aux responsables du FN d’opérer des choix fiables, de les assumer, et au cas où, de se souvenir de l’invariable trajectoire du boomerang.

 

Ailleurs :

Europe1-LeLab

Les Inrocks 2012

Express

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Published by bénédicte desforges - dans actu au jour le jour
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commentaires

Desterel 07/03/2012 11:20

Cela met surtout en évidence l'absurde loi sur la parité, qui ne respecte même pas l'esprit de la déclaration des Droits de l'Homme, puisque des partis politiques se retrouvent obligé de choisir
des candidats en fonction de leur sexe.

bénédicte desforges 07/03/2012 12:38



On pourra au moins être d’accord sur ce point.
Je trouve que la parité est une hérésie contre productive.
Comme toute autre discriminations positive d’ailleurs, qui finalement a vite fait d’engendrer LA véritable discrimination.
Je ne vois pas ce qui est sexuable en politique, les qualités requises sont précisément asexuées : intégrité, loyauté, honnêteté, compétence, etc.
Je ne crois pas non plus que les femmes votent plus facilement pour des femmes, ni d’ailleurs que les femmes soient forcément les meilleures ambassadrices "politiques" de la cause des femmes,
tout est affaire de détermination, pas de genre.
Je crois aussi qu’il est plus confortable pour une femme en politique de devoir son mandat à son mérite, sa compétence, et à un suffrage, qu’à une désignation arbitraire préalable au titre de la
parité. (ce que n’importe quel macho ne manquerait pas de lui rappeler à la première occasion)



Koltchak91120 05/03/2012 13:13

@ B.P. :

Ce que vous dites est bel et bon, sauf que le clientélisme est la règle du jeu républicain, son coeur même, et ça ne date pas d'hier si j'en crois les diverses lois sur la brigue à l'époque de la
république romaine. La république une et indivisible n'existe pas, c'est une fiction imbécile et le jeu des partis n'arrange rien, car en définitive ce ne sont que des factions qui militent non pas
pour le Bien Commun mais l'intérêt de leurs adhérents. Je pense à ce fameux "peuple de gauche" par exemple. Partant de là, je préfère un jeu ouvert où les influences sont décelables à une série de
lois hypocrites qui ne servent à rien sinon à masquer des magouilles dont le nombre ne va pas baissant. A se demander à quoi sert la loi, sinon donner bonne conscience aux salauds et à enfumer les
gogos.

B.P. 02/03/2012 20:26

"Pourquoi volontairement plafonner les dons des particuliers ? Pourquoi interdire aux entreprises de participer de manière ouverte au financement des partis, puisqu’il est régulièrement établi
qu’il y a des dessous de table de versés ?"

La réponse est évidente, cela permet (si les règles sont respectées) d'éliminer ou de réduire le clientélisme et le racket par les élus. Une autorisation ne ferait que rendre décelable (sans pour
autant générer des preuves recevables en justice) des arrangements. La solution idéale n'existe pas.

"Les pays où ce qui est interdit chez nous est permis sont-ils moins démocrates que le nôtre ? "
Les lobbys (autrement-dit des promoteurs des intérêts particuliers au détriment de l'intérêt général) visibles sont bien plus importants. Les conflits d'intérêts lors de la reconstruction de l'Irak
sont devenus légendaires (Halliburton ...).

Koltchak91120 02/03/2012 16:33

A mes yeux, le véritable problème soulevé dans ce billet, c’est le financement des partis avec l’argent public. Pour m’être un peu intéressé aux modalités de la loi sur le financement des partis,
j’y vois plus qu’une hypothétique volonté de moraliser ce domaine (est-ce que les magouilles sont devenues de l’histoire ancienne ?), une réelle volonté de restreindre l’offre politique en plaçant
la barre suffisamment haut pour empêcher l’émergence de nouveaux partis. Après, comme pour le scandale des marchés publics des lycées d’ile de France, c’est une histoire de partage du gâteau entre
amis.

Pourquoi volontairement plafonner les dons des particuliers ? Pourquoi interdire aux entreprises de participer de manière ouverte au financement des partis, puisqu’il est régulièrement établi qu’il
y a des dessous de table de versés ? Il me semble que des règles strictes de comptabilité ainsi que de véritables organes de contrôles réellement indépendants pourraient assurer les électeurs de la
casherout des finances politiques. Les pays où ce qui est interdit chez nous est permis sont-ils moins démocrates que le nôtre ? Pour ma part je ne le pense pas. En tout cas, je reste persuadé que
ce qui est amoral, pour le coup, c’est de financer les partis avec l’argent public. C’est également valable pour les syndicats.

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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