J’avais ressorti mes petites histoires de menottes des archives pour tenter de faire passer un message. En douceur. Sans citer des articles de lois ou extraits de règlement – vous les trouverez
ailleurs. Parce que j’ai pensé que ça suffisait pour faire comprendre cet aspect du métier de flic, et donner un éclairage différent sur des anecdotes d’actualité. Et que tout ça est
moins simple que dans les rapports d’Amnesty International. Qu’un menottage, c’est bien autre chose qu’une entrave à la liberté, que sa raison d’être est multiple.
Alors quoi ? Ça n’engage que moi, mais oui, oui je n’ai probablement pas toujours respecté les consignes.
Je ne menotte pas pour humilier ou faire une piètre démonstration de pouvoir.
Je le fais pour neutraliser celui que j’embarque et l’empêcher – éventuellement - de se mettre tout seul en danger, pour protéger ceux qui sont dans son entourage immédiat, et pour
préserver les fonctionnaires de police - et moi avec - de réactions imprévisibles, notamment pendant le transport. Ça a l’air tout bête expliqué comme ça, hein ?
Alors que vous dire que je n’ai pas déjà raconté ? Que je ne peux pas compter les gens à qui j’ai passé les pinces ? Parmi eux devaient se trouver des mineurs, certainement. Parfois plus
grands que moi (je mesure 1m66) plus forts (j’ai vu des petits de 14 ans de 1m85 et 80 kilos, pas vous ?) mais surtout plus motivés à prendre la fuite ou à me coller un bourre-pif. Donc,
clic-clac menottes, et boum! dans les droits du jeune citoyen et de ses bons amis donneurs de leçons.
Pas très réglementaire me direz-vous, vous qui ne connaissez rien à la délinquance et à la procédure pénale, hormis ce que vous voulez bien entendre...
Bah oui madame Michu, je me suis foutue hors la loi toute seule comme une grande, et pas qu’une fois. Et pas qu’avec les menottes.
Un jour par exemple, j’ai insulté un méchant type, et j’ai eu très envie de lui coller une tarte. Finalement, c’est un collègue qui se l’est emplafonné, parce qu’il en a eu envie plus vite
que moi. Il avait fait un truc moche ce type-là, très moche, et y a eu léger pétage de plomb de notre coté. C’est mal, je vous l’accorde, on n’est pas payés à faire une justice sous forme de
baffes. C’est rare mais ça arrive, je ne vais pas mentir, et vous en auriez peut-être fait autant. À notre place. Mais vous n’y êtes pas, alors vous pouvez blâmer.
Un autre jour, je m’en souviens très bien, j’ai laissé repartir un voleur de pneus et d’outils. Sous-payé par son employeur, licencié de surcroit, il avait fait quelques réserves, nous
avait-il expliqué en pleurant au dessus du coffre de sa voiture. Cinoche ou pas, ça a fait tilt et il est reparti avec son butin et un "ça ira pour cette fois" dont il doit encore se
rappeler. Et là, normalement, Clic! les menottes sont celles de l’IGS pour ma pomme. Comme de se laisser émouvoir, embobiner ou agacer par un sans-papier, et décider - en conscience et de notre
propre chef, sans autre pouvoir de décision qu’une indulgence spontanée et irracontable - qu’il a droit a une chance supplémentaire parce qu’il a une bonne bouille et qu’on était disposés à
entendre des histoires de massacres en Afrique Noire.
Madame Michu et ses potes si prompts à m’expliquer comment exercer mon métier, trouvent toujours que ce genre de coups de canif dans la Loi est extrêmement sympathique. Et so hype sous
dictature de droite molle, et tellement plus glamour ! Passibles de révocation, mais ça... bref, rien à foutre.
Oui, j’ai fait plein de trucs pas prévus par la Loi ou le règlement, répréhensibles et passibles de sanctions, c’est le jeu ma pov’ Lucette. C’est le jeu d’un métier humain.
Je menotte, madame Michu, et je suis équilibrée psychologiquement pourtant, et je ne fais pas nécessairement du chiffre quand je le fais, je dirais même que je n’y pense même pas.
Et aussi, vieille gaucho que je suis et je ne me soigne même pas, bon flic que j’ai aussi été malgré ce penchant qui ne trouve plus d’écho satisfaisant dans le linéaire paysage politique
français, j’avoue aussi avoir fait des contrôles d'identité au faciès. Et merde, qu’est-ce que ça marche bien le pifomètre avec un peu de métier, vous n’imaginez même pas ! Bon, ne vous y
méprenez pas, j’englobe dans cette pratique des bonnes tronches de Maghrébins et des sales gueules de Blancs, ça marche aussi. N’allez pas penser à mal, ou je ne sais quoi...
D’ailleurs, il faut que je vous dise autre chose, je suis bien plus à gauche que vous, bande de droitdelhommistes de salon. Moi je travaille avec le peuple et je vis avec, pire je le
comprends dans ses pires dysfonctionnements, oui je le comprends même quand je ne l’approuve pas. Mais ce matériel humain est ma passion, ne vous choquez pas pour le mot, il est affectueux… Quand
vous vous prétendez de gauche, parce que vous en parlez peut-être plus et mieux que moi, et que vous approuvez ce qui ne peut pas vous toucher, que vous avez une complaisance posturale, et que
penser du bien du travail de la police pourrait vous faire basculer dans le camp des fascistes incurables.
Vous parlez de violences policières sans savoir ce qu’est la brutalité du monde.
Tiens à propos, le CNDS considérait un menottage brutal comme une violence policière. Vous qui validez d’emblée, parce que oui, l’idée qu’on s’en fait est brutale, eh bien je vous mets au
défi de passer les menottes à quelqu’un qui n’est pas consentant sans le faire avec un peu de brutalité, ce que nous appelons aussi coercition.
Vous voyez où je veux en venir ?
À cette pauvre enfant menottée à 14 ans, bien sûr... ma tentative d’explication de l’usage des menottes s’étant cristallisée autour de ce non-évènement, bien davantage que la raison du nom
de ma promotion de gardien de la paix.
Petite pitchoune - même pas en situation irrégulière, ha ha ! - jetée du lit à 10h15 un jour d’école par des policiers tortionnaires, petite nénette rendue suspecte d’avoir participé à des
violences en réunion sur un gamin. Les médias vous en ont abreuvés, ça n’a pas pu vous échapper.
Les médias pour qui l’enfance est à géométrie variable selon l'actualité, entre la jeune enfant de 14 ans menottée ignominieusement, et la jeune femme de 13 ans qui avait allumé Polanski,
vous me suivez ?
Mais surtout, surtout, ne vous demandez pas pourquoi ces histoires de sales mômes sont surmédiatisées, préférez interpréter cette information en excès de zèle policier et
consignes occultes qui n’auraient pas filtré ci-devant votre éminente jugeote. Préférez oublier que la législation va être modifiée, et que ces histoires de mineurs tombent à point nommé.
Rappelez-vous des hordes de chiens mordeurs et tueurs déferlant sur TF1 avant le vote de la loi sur les chiens dangereux, et avant que ces molosses disparaissent du champ médiatique du jour au
lendemain. Souvenez-vous aussi de ces enfants surineurs de profs juste avant les élections européennes et qui, dès le lundi matin lendemain du scrutin, ont cessé d’agresser leurs enseignants à
l’arme blanche.
Vous vous faites balader pour un oui pour un non. Il suffit de parler d’un fait de société pour que vous le pensiez émergent, ou de le taire pour qu’il cesse d’exister. Haïti va presque
bien, tiens...
Mais pour revenir à nos moutons entravés, à ces putains de menottes, soyez tranquilles, un avenir radieux se dessine. Les effectifs de police sont en baisse, donc les paires de bracelets
aussi. Les prérogatives se diluent doucement, les armes c’est pas bien, ça fait mal, les armes non-létales c’est pas bien non plus, la police est écartelée entre des politiques et des missions
contradictoires, entre la politique du résultat et l’impopularité de l’uniforme…
Mais tout va bien, les caméras de vidéosurveillance arrivent, tout est opérationnel. La police se désincarne, se déshumanisera de fait, vous n’aurez plus à souffrir de ses travers. On a
pris en compte votre sentiment d’insécurité alors que vous refusiez nos principes de précaution, le menottage par exemple.
À cause de vous, nous ne sommes plus des gardiens de la paix, mais des forces de l’ordre, et demain nous serons à la faveur d’un glissement sémantique fort à propos, des forces de
sécurité.
Pourquoi ?
Parce qu’à force de nous voir de travers, la politique qui façonne notre travail, au gré de l’opinion, des élections et des fantasmes citoyens, ultra sécuritaires ou néo anarchistes - l’un
et l’autre sont aussi absurdes - cette politique opportuniste fera de nous ce que vous souhaitez. Vous aurez la police que vous méritez.
Et rira bien qui rira le dernier.
Même si j’ai mal à mon métier.
Mais moi, ne vous en déplaise, j’étais gardien de la Paix.
Malgré mes menottes...
Henri Jeanson, pataphysicien
France info Le livre du jour :
et ailleurs :
Une autre perle à ajouter à ton palmares des vérités !
Béné : c'est grandiose !
Si avec ce texte , elle comprend toujours pas, c'est que les carottes sont cuites pour ses semblables aussi !
Ceux qui en pâtiront, toujours les mêmes : les pauvres qui ont les maux mais pas les mots et les français moyens qui suivent, sans sourciller, le mouvement de la bien-pensance.
Mais à ce moment-là il sera trop tard.
Continuez donc à tirer sur l'ambulance, vous arriverez pour sûr à la faire s'arrêter.
Je n'ai plus d'espoir, j'en ai -déjà- trop vu.
-Un putain d'éboueur de cette société viciée.
elle parce qu'elle ne relativise pas à force de bourrage de crane, et eux par ce qu'ils sont stigmatisés, caricaturés ou simplement résumés aux excès de certains. et puis aussi parce qu'ils sont la vitrine de l'appareil, le gardien de la paix comme seule image du systeme policier. écartelés du levant au ponant, entre leur humanité (de la meilleur à la pire) les consignes, la loi,l'image de soi et l'image qu'ils donnent de leur profession. le tout la plupart du temps sur la place publique.
voilà bien des problematiques que madame michu n'entrevoit surement pas..
(Bisous des nouméens ;-)
Et c'est bien dit.
Il n'y a plus qu'à faire suivre: sur France Info, sur la télé publique, sur libé, chez Zemmour et au Figaro.
Un jour d'avril 2002, j'ai failli quitter la police à la faveur d'un vote national qui était la conséquence directe de toutes ces agitations médiatiques.
Les droits, mes droits, j'y ai droit....
Le sur-citoyen à force d'être abreuvé de pures conneries finit par s'y croire mais il est toujours le dindon de la farce, au milieu de sa cité, avec sa bagnole brulée par des adolescents "en grande souffrance"; et bien ce citoyen finit par mal voter...
Si il veut un avocat, il va falloir raquer, à moins qu'il touche moins de 500 euros par mois, ce que je ne lui souhaite pas...
Mais cela, nos donneurs de leçons de déontologie n'en ont que faire...
Leur code dans ce domaine est à géométrie variable.
Je lis toujours avec beaucoup d'attention les discours des gens qui sont momentanément "les parias des médias", ceux à l'origine de la "psychose" du moment. Comme vous le dites très justement, en ce moment ce sont les flics qui menottent les mineurs, il y a peu c'était les mineurs délinquants de banlieue, il y a eu aussi les chiens méchants, les profs, les juges trop magnanimes/trop répressifs, les pédophiles qui sont partout et qui sont tous des pervers tueurs d'enfant, un peu en fonction des lois que le gouvernement souhaiterait faire passer.
N'empêche, ce que je constate, c'est que, systématiquement, les gens se sentant concernés par les attaques répondent avec un discours défensif, énervé, donnant pour se justifier une image un peu idéalisée de leur métier. Et c'est bien normal, d'autant que les flics sont un peu comme les relecteurs/correcteurs dans les rédactions, ils ont ce genre de métiers indispensables et ingrats où on s'aperçoit qu'ils existent que lorsqu'ils le font mal. C'est pas de bol pour tous ceux qui le font consciencieusement.
N'empêche, moi, la Française de base qui ne connaît strictement rien à la Police pour ne jamais avoir eu affaire à elle, en lisant les discours des uns et des autres et en ayant cogité deux secondes sur la question, je me dis deux choses : 1) les flics font un boulot indispensable, difficile, pas valorisé et en plus ils manquent de moyens et tout le monde leur tape dessus 2) du coup, pour se défendre, ils font bloc et nient les dérapages, ou leur donnent des excuses de type "on fait quand même pas un boulot facile et si vous êtes pas content vous avez qu'à prendre notre place"
Le problème est que, théoriquement dans un monde idéal, il ne devrait pas y avoir de dérapage dans la Police, et que tout cet acharnement médiatique n'aide pas la Police à se remettre en question et à admettre que oui, peut être que parfois, la Police déconne et que oui, le citoyen qui se fait mettre en garde à vue et un peu rudoyer pendant 24 heures alors qu'il est innocent n'a pas grand chose comme protection, se sent profondément impuissant et apeuré, et pourra difficilement demander des comptes. Et ce type là, lui aussi il a des raisons d'être en colère. D'autant que la Police représente l'ordre et l'autorité, c'est d'autant plus choquant pour le Français de base lorsqu'elle fait des connerie. Même si les flics sont des humains perfectibles comme les autres et qu'en plus ils ne sont pas aidés par le manque de moyen et leur mauvaise image.
Evidemment, l'innocent rudoyé, on l'entendra bien plus dans "lémédias" que le flic qui se plaint d'être mal traité par l'administration, les politiciens ou les médias, et c'est bien ça le problème. Mais tout nier en bloc, est-ce vraiment une façon de faire avancer les choses?
C'est fort je le reconnais !
Nous avons un gouvernement (au sens large du terme) qui contrôle les médias et sait comment s'en servir. Et ça marche !!!
Je suis proprio de chiens et j'ai "souffert" de cette médiatisation débile ! Je comprends donc votre point de vue (vous les flics) sur cette histoire de "menottage" !
Par contre j'ai ouïe une politique (écolo, gauche je sais plus quoi) mettre en avance la politique du chiffre qui vous pousse à faire des garde à vue donc embarquer des gens donc les menotter en toute circonstance et pour toute raison.
Bref soyez patients dans 2 mois vous serez tranquilles !
Merci Bénédicte (once more) pour tes articles
900 000 gardes à vue cette année, des affaires de bavures en veux-tu en voilà, une impunité totale, des syndicats de police que vous décriez mais qui se ruent toujours devant les micros pour vous défendre même au prix de gros mensonges, une classe politique française presque unanime à dire que "globalement la police fait son travail".
Pour des mal aimés, ça va ...
Donc, la gamine de 14 ans, les médias en parlent juste parce que c'est la mode ou parce que même eux finissent par être choqué ?
Il parait que ce n'est pas la faute des policiers si les gardés à vue ressentent de humiliation. Là encore, vous vous en tirez à bon compte, aucun politique au micro des médias ne met en cause les fonctionnaires. Ben non, personne ne veut être blacklisté sur les antennes par quelques syndicats de police dont les communiqués ressemblent de plus en plus à la prose d'Honneur de la police sans que les journalistes ne s'en émeuvent, ceci dit au passage.
Pas de votre faute, donc si les gardés à vue parlent de traumatisme. La faute aux directives. Une blague !
C'est la directive qui dit qu'il faut insulter les gens ? C'est la directive qui dit que les gardés à vue ne doivent pas allez aux toilettes ? C'est Hortefeux qui indique que l'humiliation fait partie de la procédure ?
Bénédicte, vos post ont surement pour effet de rassurer les collegues qui fréquentent votre post, mais au niveau du citoyen non policier, vos propos s'apparentent à une défense corporatiste du service.
Et pourtant... vous en avez parlé de ces collèges violents, de ces jeunes recrues qui partent en guerre contre les jeunes des cités, de ces agents racistes qui vous font honte. Ils n'auraient aucune responsabilité délétère lors d'une garde à vue ? Franchement ?
Policier, dans la rue, dans le contact que l'on en a, c'est une ambiance, surtout ceux qui sont anarchés comme des paramilitaires. Sans parler d'un code emprunté aux groupe d'extrême droite, le crâne rasé. Quand le policier intervient dans la rue, dans le métro, il impressionne, il met souvent mal à l'aise, et, surtout, sa tenue et l'effet qu'elle provoque lui donne un sentiment de supériorité. Malsain.
Je lis votre blog depuis longtemps, je vous approuve quand vous parlez de la Palestine, du voile en France, quel courage d'oser penser à contre courant. Mais quand parlez police, vous vous placez dans un registre hélas trop connu : "vous" et "nous". Vous la police et nous les autres, les pas-flics. Nous, les gens trop cons pour comprendre, nous les enfants gâtés et nos caprices qui ont conduit a une police déshumanisée... On croit rêver.. vous avez entendu parler de Sarkozy et de son programme sécuritaire, Bénédicte ?
La loi Lopsie, les 15 textes de loi sécuritaire par an, c'est nous, les citoyens ? C'est en notre nom, certes, mais cela trompe qui ? Ce gouvernement fait n'importe quoi et menace la démocratie. Au nom des électeurs, peut etre, mais personne ne demandait ça, hormis quelques centaines de trouillards qui polluent les commentaires de la presse quotidienne en ligne.
A se voiler la face comme vous le faite, vous et tant de flics, vous contribuez a refuser un débat aux citoyens. C'est grave, c'est de l'aveuglement.
Respectueusement.
Olivier
En tout cas, sale temps pour la Police, vous êtes entre le marteau et et l'enclume, entre une populasse entièrement déresponsabilisée et un gouvernement qui vous instrumentalise....
Préférerais être au chômage, que faire votre boulot, pour sûr !!!! Je vous dis merde, affectueusement bien sûr ;)
"Entre une populasse entièrement déresponsabilisée et un gouvernement qui vous instrumentalise...."
Hallucinant de lire ce genre de prose. Vous réduisez les gens de ce pays à de pauvres types. D'où parlez vous pour affirmer ca ? Quel est ce job que vous faites qui vous fait prendre pour dieu ? Parce que vous la "populasse", vous ne devez pas en faire partie, bien sur.
Jamal parle d'une des banlieues les plus pourries et difficiles de la région parisienne. Il y bosse et y habite.
Pas flic, mais éduc de rue, autant dire qu'il ne pète pas dans la soie et tout ça pour pas un rond parce que c'est bénévole.
Alors le Jamal, depuis des années qu'il fait ça - qu'il bagarre avec la municipalité pour avoir des miettes de budget pour que les mômes vivent au mieux, et tout un tas d'autres trucs que personne ne l'oblige à faire - il se permet d'avoir un point de vue pas forcément complaisant sur les uns et les autres. Si l'angélisme était son idéologie, le travail de fourmi qu'il effectue n'aurait rien donné. Mais voilà, là-bas il y a, avec peu de moyens, du soutien scolaire, de l'alphabetisation pour adultes, et j'en passe.. et de la reconnaissance de part et d'autre. Et les poubelles ne crament plus...
Alors franchement Olivier, c'est pas la peine de relever un mot un peu péjoratif - "hallucinant" dites-vous - pour sauter comme la misère sur le monde, sur la moindre remarque.
J'ai parcouru cet article puisque vous nous y avez invité sur le blog "justice au singulier".
Je suis bien d'accord avec vous. Mais les menottes sont l'arbre qui cache la forêt et la garde à vue set de faire valoir.
je m'explique :
en Juin 2009, mon fils préparait son bac dans sa chambre avec un de ses amis de classe. Ils regardaient par la fenêtre ouverte (normal au mois de juin). A ce momet une voisine, jolie jeune femme enceinte, sortant de sa voiture à 30 mètres de la fenêtre, a reçu une bille plastique jaune de pistolet plastique qui lui fait un bleu sur le corps. Elle a précisé aux policiers qu'elle avait vu deux jeunes à la fenêtre, mais qu'elle ne les avait pas vus tirer.
Sans se déplacer, le policier me demande "par téléphone" si mon fils avait un pistolet de ce genre. Honnêtement je réponds sans penser à la tournure que cela aller prendre. Comme il était mineur 17 ans et 10 mois, nous sommes convoqués au commissariat d'un autre quartier que le nôtre.
Nous apportons le pistolet qui n'est vraiment pas du tout l'imitation d'une arme, il est tout petit avec un bout orange devant le canon et les projectiles, des billes vertes de 0,12g, ne se projettent qu'à 5 mètres à peine et à une distance de deux mètres. La pression de projection indiquée par la notice est de 0,7 joules, inférieure aux 0,8 joules prévus par le décret n°99-240 paru au journal officiel du 24 mars 1999.
Les auditions des deux séparément, se déroulent normalement et presque courtoisement si ce n'est une évidente mimique du policier disant "cause toujours je te crois pas".
Mon fils n'est pas mis en garde à vue et pas menotté.
A la fin des auditions le policier nous demande d'attendre, il doit téléphoner au procureur, nous sommes confiants, tous les éléments en sa possession indiquent que le jouet ne peut-être à l'origine du bleu sur le corps de cette personne.
Réponse : Inculpation de violence avec arme. Et convocation devant le juge des enfants.
Je prends un avocat et fait des recherches dans le voisinage, les deux gardiennes de la citée étonnées de ce qui arrivent à mon fils font deux attestations disant que c'est un enfant habitant deux étages plus haut qui "s'amuse" à tirer sur les locataires et que plusieurs "victimes" l'ont signalé. De plus suir le trottoir de l'immeuble il y a de nombreuses billes jaunes et blanches
Bilan : une relaxe faute de preuve et les frais d'avocat à ma charge. Heureusement qu'il était mineur, à deux mois près, c'était la correctionnelle qui l'attendait.
Rassurez-vous il a eu son bac avec mention et a intégré une école de formation aux soins infirmiers
Conclusion : si ce "policier OPJ" avait daigné sortir de son bureau et pris la peine d'aller interroger les gardiennes, et s'il avait fait marcher ses neurones il y aurait eu un citoyen satisfait de sa police.
Dommage collatéraux : après ses 18 ans mon fils voulait faire réserviste dans la gendarmerie; en octobre son dossier a été refusé, probablement que les fichiers de la police ne sont pas à jour, la relaxe n'y figure certainement pas...
Et l'argent des honoraires manquent pour l'achat des livres qu'il a besoin pour son cursus universitaire, alors on les achète au compte goutte, mois par mois.
Cordialement
Pierre-Antoine.
"Populasse entièrement déresponsabilisée et un gouvernement qui vous instrumentalise...."ce n'est "un peu péjoratif", c'est un vrai jugement. A la moindre remarque, on ne saute pas comme un cabri dans le débat. Ce n'est pas une "moidre remarque".
Jamal fait du sacré boulot, mais son jugement sur la société fait peur.
Mais en tout état de cause, je ne souhaite pas que cet espace soit un tchat où les commentateurs s'alpaguent.
D'habitude, ce sont les dictateurs qui disent que le peuple est un grand enfant avec qui il faut parfois être sévère.
Ceci dit, votre concept du citoyen responsable dont chaque avis est éclairé est tout aussi populiste...
Je sais où et de quoi Jamal vit, mais je ne sais rien de vous.
Vous devez vivre entouré de gens excessivement intelligents, cultivés et informés, non ? :P
Ceci dit j'aurais aimé savoir ce que vous pensez des commentaires de Natoussian et moi,sans vous commandez, hein ;)
Je n’avais pas particulièrement envie de débattre plus avant, j’en ai déjà dit pas mal, au point de ne pas nier les dérapages en dénonçant certains des miens.
Mais puisque vous en êtes aux injonctions... On va faire court.
L’ultra-sécuritaire qui nous pend au nez, j’en ai dit mon point de vue à ma façon. Je déplore que la police ne soit plus une force de présence mais de plus en plus et exclusivement d’intervention. Et glissons sur la politique du chiffre qui insupporte tout le monde.
La garde à vue ? Elle n’est pas du ressort d’un règlement d’emploi de police mais de la loi. Et nous ne la votons pas, au mieux nous l’appliquons. Quant aux chiffres, soyez certain que s’ils vous paraissent obscurs, ils le sont aussi pour moi. GAV, dégrisement, etc, les fonctionnaires de police ne maîtrisent pas l’équation.
Et puis sincèrement, vous m’emmerdez à supposer que toute garde à vue serait une bavure ou un excès de zèle, et à ne retenir que les ressentis d’humiliation et autres états d’âme de victimes innocentes d’actes abusifs de policiers fascisants, relisez-vous ! Vous êtes une caricature.
Vous avez lu en diagonale, sans vous départir de vos présupposés sur les flics (qu’il me dégoute d’énumérer) et avec une conclusion décidée d’avance. Vous pensez détenir une vérité soi-disant humaniste du problème en jonglant avec quelques chiffres et mots clés d’actualité, et une prise en compte d’émotions bien plus que de réalités - qui est tout à fait dans l’air du temps, mais constitue rationnellement une non-opinion.
Vous ne connaissez rien à la GAV, ce sont les médias qui vous y ont jeté, vous êtes réceptif et aboyez avec les chiens, c’est bien.
Mais vous êtes mûr pour organiser un tribunal populaire. Vous y jugerez certainement ma contribution au refus d’un débat citoyen, hein...
[fin de transmission]
[Cessez de m'envoyer vos droits de réponse, allez donc les poster ailleurs.
Oui, vous avez raison, les consignes sont de malmener les gens en GAV, de les cogner sans laisser de traces, de rigoler quand on les voit à poil, et les empêcher d'aller pisser. D'ailleurs, on fait des paris à qui tiendra le plus longtemps avant de se lâcher sur le sol des geoles où on ne fait jamais le ménage parce que nous les flics, on se complait dans l'odeur de la merde.
Ça vous va comme ça ?
Ah oui, et si vous êtes journaliste de la presse quotidienne, moi je suis danseuse étoile à l'Opéra.
(vous êtes un internaute lambda avec un mail inopérant, addict des commentaires redresseurs de torts à travers le web)
De moins en moins cordialement. ]
Bravo pour ce texte qui traduit bien selon moi un métier qui est malgré tout exercé par des personnes HUMAINES et donc impossiblement parfaites en tout temps tout heure n'en déplaise à certains, tel est le propre de l'homme après tout ...
Evidemment il y a des cons mais comme partout (bien que je n'en connaisse pas personnellement et je connais pourtant la maison) et comme dans tout corps de métier. Certains diront que c'est pire quand c'est un flic, personne n'est infaillible, désolée de décevoir les bien pensants ...
Je ne suis pas flic mais je suis femme de flic et j'ai été ADS puis gardien de Police minicipale ... Je n'ai pas eu votre courage d'affronter pour toute ma carrière les réflexions, les conflits, le peu de considération, les risques pour un salaire minime ... La liste est longue ! Aussi j'ai préféré changer avant d'être trop dégoutée ... Mais je vous admire vous qui aimez votre boulot et qui le faite au mieux malgré tout, je suis très fière de mon mari !
En ce moment, j'enrage de tout ce battage médiatique, ça m'énerve au plus haut point surtout quand on entend le monceau de conneries qui peuvent être dites !!!
Le menottage contesté ... mais bon sang lisez le code pénal avant de parler !!!
Les gardes à vues ... trop nombreuses certes mais ce n'est pas de la volonté des flics et ils le déplorent sans cesse, c'est la politique du chiffre... écoutez les !!!
Si ils ne sont pas d'accord ils n'ont qu'a pas le faire me direz vous ... Est ce que si votre chef vous demande de faire quelque chose qui vous emmerde mais qui reste dans le cadre légal, allez vous lui dire d'aller se faire voir ? Vous ferez grève peut être mais eux n'y ont pas le droit ...
Continuez à faire votre boulot au mieux au vu du peu de moyen et de reconnaissance que vous en retirez ... Moi je vous soutiens et vous admire ... Ce n'est peut être pas grand chose mais j'aime à penser que c'est mieux que rien !!! ;-)
Oui flic c'est pas facile, impératifs contradictoires, des chefs carriéristes qui n'assument pas, des discours en décalage avec les faits, des moyens inadaptés, etc ... toute la panoplie.
Mais tu as quand même conscience qu'il n'y a pas que les flics à en chier ? Que la population a été divisée en plein de catégories (possible d'appartenir à plusieurs catégories à la fois), et que
chaque catégorie qui en chie (toutes) a son bouc émissaire : jeune, femme, musulman, syndicaliste, fonctionnaire, flic, retraité, chômeur ...
Ton bouc émissaire à toi c'est le journaleux et le citoyen de base trop abruti pour comprendre que tu fais ça pour son bien. Bon ... je ne sais pas si on avance mais en tout cas ça soulage, c'est
déjà ça ...
Evidemment qu'on a droit à un enfumage généralisé, la GAV après la burqua histoire de détourner l'attention ou de nous conditionner à accepter des mesures regrettables certes, mais tellement
indispensables avec tout ce qu'on voit à la TV, vous le comprenez n'est-ce pas ou je vous remets une couche de JT ?
N'empêche. L'histoire de la gamine j'en sais rien j'y étais pas. Mais ce qui m'emmerde, c'est le flic de droite (pour être gentil) du syndicat du même métal qui intervient systématiquement pour
couvrir, et qui ment tout aussi systématiquement. Il est devenu impossible de faire confiance à un discours officiel de flic, de syndicat de flics ou de préfecture. Et quand le mensonge devient
patent, personne ne moufte et on passe à autre chose.
Peut-être que les menottes étaient nécessaires pour cette gamine, j'en sais rien, mais les flics ont menti en disant qu'elle ne les avait jamais eues, ils ont menti comme dab, pour se couvrir et à
tous les échelons. Comment veux-tu avoir confiance ?
Tu "dénonces" tes propres manquements à la règle, manquements que tu as fait pour respecter ta propre déontologie. OK, on fait tous ça, c'est humain et c'est nécessaire de pouvoir adapter la règle
aux circonstances (dans une certaine mesure). Et les manquements des autres ? Es-tu prête à ne pas mentir pour les couvrir ? Et te faire rejeter par tes collègues et tes amis ?
Maintenant je suis d'accord, je crains que malgré vos défauts on ne vous regrette amèrement dans pas si longtemps. Le flic national et républicain est en voie de disparition, il a trop de principes
et il coûte cher. Place aux caméras et aux milices municipales toutes dévouées à leur édile, puis aux vigiles. Et pourquoi ne pas autoriser les grands groupes à avoir leur propre police ?
J'ai bien conscience que si on assiste à ce genre de campagne, ce n'est pas tant pour remédier à une situation que pour préparer des réformes qui ne se feront sûrement pas dans l'intérêt du
citoyen.
Et c'est un peu pour ca qu'il y a un passage qui me gene :
"C’est rare mais ça arrive, je ne vais pas mentir, et vous en auriez peut-être fait autant. À notre place. Mais vous n’y êtes pas, alors vous pouvez blâmer."
... justement, en temps que Gardien de la Paix, n'etes vous pas sensee etre meilleure, plus exemplaire que Mme Michu (dont je confirme qu'elle devrait se renseigner de l'ouvri) ?
Pour moi, vous etes aussi la pour etre a la place de Mme Michu (enfin surtout de son fils et de sa carabine...)
non ?
Sans rire, la question me semble être comment avoir de bons flics, qui n'ont pas peur, qui ne jouissent pas de leur pouvoir de faire chier, qui ne sont pas utilisés en dépit du bon sens par des politiques irresponsables, etc. Sans doute la question de la formation est déterminante, mais pas seulement...
Bon courage
Par contre j'ai une question, dans la cas de la demoiselle de 14ans (honteusement réveillée à 10H15).
Ok, les menottes peuvent se justifier. Dans ce cas précis, quelle est la justification alors ?
Et surtout, pourquoi le porte parole de la police a t'il dans un premier temps dit qu'il n'y avait pas eu de menottage, si il y avait de bonnes raisons pour ça ?
Après tout, je suis tout à fait près à écouter les raisons du menottage (1m85, 80kg quand on fait 1m66, ça me semble une raison particulièrement acceptable, surtout si il a été question de violence).
et que je tire du respect des principes de la loi, ou de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, autre chose que des sujets de débat dans une soirée entre amis avec une coupe de champagne à la main, mais l'idée qu'une société est civilisée par les règles qu'elle se force à respecter - même si c'est pénible, même si parfois c'est dangereux, même si ca déplait au "bon peuple" que les journaux télévisés s'échinent à terroriser à partir de faits divers transformés en lois
quant au menottage des enfants - oui des enfants, pas des adultes en miniature, des gamins qui construisent leur psyché, qui provoquent, qui apprennent, qui deviendront des adultes un jour - quel rapport à la loi, à la police
auront-ils si la seule réponse des services de police consiste à leur dire que l'article 803 le permet, alors qu'on demande du discernement, de l'intelligence, dans l'application de la loi
merci aussi de ne pas oublier que 900.000 GAV par an soit + 50 % depuis 2004 c'est terrifiant ; plus d'un français sur 100 a été en GAV en 2009 !
http://www.rue89.com/2010/02/16/roue-de-coups-par-des-policiers-a-une-fete-chez-moi-138776
une exagération des médias ? une bavure ? une habitude ? un lieu commun ?
Si j'étais policier dans ce climat actuel, j'éviterai de heurter le citoyen en agissant ainsi...
Au contraire, je leur aurai demandé de nous inviter à leur fête...
ça aurait été rigolo de se faire tous embarquer par les collègues pour tapage nocturne :-)
Quand je vous disais que ce n'est aps tant la GAV et les menottes qui posent porblèmes que l'intelligence d'appliquer les lois.
Humainement ! comme vous le relatez si franchement dans votre article.
Cordialement
Pierre-Antoine
flute, c'est ce qui s'appelle se faire mettre le nez dans son propre caca (si j'ai le droit de dire caca, bien sur).
il est clair que ca fait un moment que je ne suis plus les journaux télé parce que ca m'énerve, le parti pris.
pour autant, reste encore la radio et internet.
ben vous savez quoi? lire votre texte a eu un élément intéressant: il m'a nettoyé les yeux.
effectivement, en ces périodes particulières, il est bon de rappeler que la fonction de la police est encore humaine, pas "robotisée", meme si on y arrive..........et que donc, il s'agit d'hommes et de femmes ne faisant que leur métier, tout comme vous et moi, avec des pressions derrière liées à chaque métier(chiffres, pression de la hiérarchie, objectifs imbeciles et j'en passe....).
merci
Quant à mon corporatisme latent... il n'est pas indiqué que vous aurez ici un point de vue impartial, puisque c'est MON point de vue.
ce que veut le policer est la justice et la vérité. hors , dans ce monde , c'est la pire des vertus , le policier l'apprend vite a ses dépends lors de la premiére audience au tribunal ;
Le policier est un homme mais n'est pas un sujet social comme les autres;, il représente la société dans la rue , l'équilibre et la sécurité ; il devrait être protégé plus qu'un vulgum pecus pour faire son métier en sécurité, face ,normalement , a des délinquants, ou des citoyens lambda qui se départissent de leur éducation et se comporte comme telle.
hors le policier est sous protégé , non seulement par rapport au citoyen , mais pire , par rapport au délinquant.
pour réference , regarder les peines de prison pour les tueurs de flics , ridicule. Au USA , meurtre de policier égal peine de mort.
ne pas protéger le sujet policier est créé un déséquilibre dans le contrat social , et le mettre en péril.
il est en péril.
le policier n'est pas un "caliméro " qui se plaint de son sort ; il revendique , ce n'est pas pareil.
En devenant un enjeu politique , la police est devenu un outil de propagande et mis sous le joug moral d'une certaine population , anti flic justement.
résultat , aux moindre pleurs d'un citoyen , le policier doit s expliquer d'avoir fait son travail.
j'avais appris que nous étions au service du citoyen , le politique nous a mis" a disposition" du citoyen ; là est l'exaspéraiton du policier;
bientot il devra demander la permission au conducteur pour le verbaliser ;
Je m'étais dit, bof, pas envie de lire les pleurnicheries d'une fliquette frustrée par le taf, merci...!
Depuis peu, j'ai eu l'occasion de découvrir ton blog, et de m'y attarder!
Loin de la fliquette frustrée, c'est surtout de pertinents écris mettant des mots sur nos maux policiers. Le sentiment d'incompéhention face au sentiment d'insécurité! Je regrette ma bouderie initiale, et espère vivement que tes écrits passerons les murs des commissariats...
On se quitte bonnes copines alors ?
On peut imaginer que le parquet avait une bonne raison de la placer en GAV. Admettons.
Ensuite que les policiers executent les ordres du parquet dans la cadre de la loi, c'est la procédure et on ne peut pas les blâmer.
Mais quand j'entends la brigadier annoncer, devant son directeur, aux journalistes et aux français que l'adolescente n'a jamais été menottée, je suis atterré.
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1366
Allez voir, la conférence de presse est au bout de 48 minutes et 33 secondes de l'émission que j'ai postée.
Bref, moi je pensais naïvement qu'on devait croire les forces de l'ordre mais maintenant je vais prendre un peu de recul dans les interventions officielles de la police.
Attention à ne pas tendre le bâton pour vous faitre battre.
Pour ce qui concerne les menottes, je ne vous contredirai pas, votre sécurité doit passer avant tout et c'est à vous de vous protéger comme vous le pouvez.
En revanche, sur la manipulation de la part des médias, je pense qu'avec le nombre de gardes à vue, tout le monde est touché de près ou de loin et peut se forger un avis personnel.
Mon ami a été arrêté alors qu'il conduisait parce que son passager ne portait pas de ceinture, et qu'il n'avait plus de point sur son permis (glissons sur les pertes de points qui font que pour être pris à 51km/h pour 50 sur les quais, on finit par perdre son permis et ne plus pouvoir travailler). Il a été menotté et conduit au commissariat. On l'a entièrement déshabillé et il a eu droit a une fouille rectale. Puis on l'a conduit dans une cellule dont le sol était couvert de sang et de merde et où il est resté 24 heures. Pour finalement être jugé 2 mois plus tard et condamné à payer une amende de 100 EUR.
Après ca on n'a pas besoin des médias pour se faire une idée de l'ambiance dans un commissariat (celui-ci était un commissariat à Paris), et de la disproportion infraction / peine conservatoire et de leur application par les policiers.
Ca bouge, ça évolue, c'est vivant en somme ! c'est mon prof de math qui avait raison finalement !
... de 700.000 GAV (500.000 + 200.00 GAV routiers), on est passé à 800.000, puis à 900.000 .... et dans 2 semaines je crois qu'on sera pas loin du .... million, le million, le million.....
Non, mais sans rire, et pour répondre à notre ami avocat ; oubliez-vous que parmi les 200.000 GAV routiers il y en a au moins un bon tier qui ont été prises (les GAV) à cause de vous : et oui ! placements obligatoires en garde à vue suite à divers jurisprudences "Nous" obligeant à prendre cette mesure à fin que vos clients puissent bénéficier des droits y afférents. Et ces 200.000 GAV, sont-ce 200.000 personnes différentes ? - rien que cette semaine (et on est que mardi... c'est vrai que j'ai travaillé le WE) j'en ai placé deux en garde à vue pour conduite en état d'ivresse (pas simplement sous l'emprise de l'alcool), et bien ces deux là je les ai eu en mars 2009, le premier de nouveau en septembre 2009 et le second en octobre 2009, et puis, tenez vous bien, au début de l'année 2010 (z'avaient fêtés le réveillon ensembles les bougres)... et bien sûr, comme ils n'avaient déjà plus le permis, ils conduisaient sans permis (et sans assurance donc). Cela dit, ce sont deux gaillards forts sympathiques (au demeurant). Saouls et même désaoulés, on a bien rigolé quand même.
Ah oui ! j'ai failli oublier les 500.000 premiers (GAV droit commun), et bien appliquez globalement la même règle de calcul que ci-dessus, ajouter à ça la réelle augmentation des crimes et délits, et c'est vrai, 10 % de "chiffre pour les primes des commissaires", et vous vous approcherez enfin de la réalité.
Et enfin, pour finir, tout comme notre hôte l'a déjà mainte fois fait, je reconnais qu'il y a des brebis galeuses au sein de notre corporation. Et je ne suis, moi non plus, pas très "satisfait" du ton qu'utilisent parfois certains collègues quand ils abordent des personnes. Mais à leur décharge, et sans les excuser, qu'après s'être fait copieusement insulter 2 minutes avant, après s'être fait casser les "c...lles" (pardon, mais c'est le terme qui correspond le mieux) par la hiérarchie, à cause d'un rendement en baisse, une égratignure sur le pare-choc, .... et plein d'autres joyeusetés diverses et variées, je les comprends et je relativise.
Et RE-Enfin (pour de bon), posons les règles une fois pour toute ; si vous vous faites interpeller, contrôler ; "OBEISSEZ ! - NE REPLIQUEZ PAS ! - VOUS N'ETES PAS DANS LE CADRE D'UN DEBAS D'OPINION" - Car force doit rester à la Loi. Et si le policier, ou le gendarme, vous interpelle ou vous contrôle hors toute déontologie, vous avez la possibilité de porter plainte ou d'écrire au chef de service, ou au Procureur, ou au Préfet ou l'IGPN.
"Foutaises" allez vous dire ?! Non, car dès lors que ces courriers sont détaillés et sincères, ils portent à conséquence. Je sais que ce n'est pas agréable de vivre ce type de contrôle, mais c'est le prix à payer pour la continuité de la démocratie telle que nous la connaissons. Si nous n'étions qu'une paire d'individus sur terre, ces problèmes ne se poseraient pas, mais hélas (ou tant mieux - c'est selon), nous sommes de plus en plus nombreux. Et cet état de fait nous coutera forcement un peu de liberté.
Car n'oublions pas que la liberté de chacun s'arrête où commence celle de l'autre ?
Quelle réalité du terrain vous avez ?... Votre "réalité" sur ces gamins est celle d'un mec qui vient pour leur sauver la peau, rappeler qu'en France un mineur a l'impunité totale même face aux pires délits. Face à vous, ils ont tout simplement une attitude carrément opposée... Comme avec les magistrats d'ailleurs. Quand on les voit faire leur pleureuse, leur victime sociale devant le procureur alors que la seconde d'avant, dans la patrouilleuse, ils nous insultaient et nous menaçaient de mort sachant pertinemment que nous n'avons aucun pouvoir pour leur apprendre la politesse (et leur devoir mais là, ce serait trop beau), vos discours sur l'apprentissage nous font bien rire. Ils apprennent, même très bien. Ils apprennent notamment que rien ne les arrêtera et ils nous le disent. Sans même parler de prison pour les gamins, il n'y a tout simplement AUCUNE réponse de la Justice face à leurs exactions, parfois extrêmement graves, AUCUN geste des adultes qui se veut pédagogique.
Les Droits de l'Homme, c'est beau. Mais pour apprendre la liberté à un enfant, il faut aussi lui apprendre la responsabilité. Et quand avant 16 ans (et encore parlons plutôt de 18 ans), un enfant ne répond pas ou presque pas de ses actes, les Droits de l'Homme deviennent une tyrannie dogmatique pour toutes les vraies victimes de ces gamins.
Alors le menottage pour éviter de se faire défoncer la gueule par un gamin de 15 ans qui sait qu'il peut cogner comme un sourd parce que nous, nous ne répondrons pas à l'identique et surtout qu'il ne paiera pas trop cher ce petit plaisir, franchement je prends ça comme un moindre mal.
Désolé de vous l'apprendre mais à 1300 euros par mois pour un jeune flic de province et 1800 pour un flic parisien, ce n'est pas assez cher payé pour se contenter de votre argument qui sous-entend que le danger de se faire défoncer voire tuer, c'est notre métier et c'est un mal nécessaire pour l'application d'un droit pseudo-universel qui montre ses limites face à la réalité.
Le dogmatisme de ce genre d'argument est affligent, si simpliste.
La Chine maoïste aimait clamer "le rouge prime l'expert". Aujourd'hui en Europe, c'est "le droitdelhommisme qui prime l'expert". Qu'importe la réalité, qu'importe de comprendre que l'échec est bien en amont du menottage de gamin... On prend un combat symbolique et on se bat pour faire diversion. Pendant ce temps, la France produit des monstres. Continuez comme cela, vous prenez le bon chemin !
Quant aux 900 000 GAV, vous êtes doublement malhonnête. D'abord parce que le pseudo-argument choc d'un Français sur 100 en GAV est totalement faux. Quand nos "clients habituels" passent chez nous 1 fois par semaine pour des délits divers, qu'une grosse partie de nos GAV sont des "coutumiers du fait", ça fait largement dégringoler vos statistiques d'un pour cent.
Ensuite, je vous rejoins complètement sur la dérive actuelle qui consiste à mettre en GAV pour le moindre délit (en particulier routier).
Mais si je vous rejoins sur cette dérive, je ne vais pas m'ôter ce "plaisir" de rappeler que votre corporation est largement aussi responsable du fait.
Et oui, cela vous oublie de le dire... Quand avant, nous ramenions un mis en cause dans une affaire de délit routier. Nous nous contentions de l'auditionner, d'attendre l'avis du parquet et ce justiciable rentrait chez lui ou était déféré sans connaître cette situation extrême de la garde à vue. Mais quand des avocats ont cassé des procédures en expliquant que leur client était séquestré par la police sans qu'il n'est accès à ses droits, il nous restait qu'une seule réponse possible : lui donner des droits... Et donc le mettre en garde à vue. L'arroseur arrosé comme on dit !
Ce qui m'agace le plus dans ce débat, c'est le mélange des genres. En tant que citoyen autant qu'autant que flic, j'aimerais vraiment qu'il y ait un vrai débat de fond sur notre façon de faire appliquer la loi et faire la justice en France. Il y a bien des choses à dire sur le sujet (les GAV compris). Et vous seriez certainement étonné de mes positions.
Le hic est que le débat est mort né. Les problématiques imposées par les divers corporatismes (dont le mien et autant le vôtre), par une classe politique clientéliste et une presse intellectuellement absente, fait que nous sommes que dans les opinions dans le meilleur des cas, le dogmatisme le plus souvent et jamais dans les idées, les arguments nobles d'une vraie pensée.
C'est en partie pour cela que je comprends les propos de Ti Cyrano sans complaisance sur notre corporation... Même si évidemment, les apparences sont peut-être plus trompeuses qu'on veut bien le croire.
Du coup, pour ma part, je ne sais pas si c'est le flic ou plus généralement le citoyen qui est le plus exaspéré par le climat actuel.
La police que nous méritons par aveuglement.
Bon Dieu, impossible d'y rester sans avoir la nausée...
Vous vous prenez pour Dieu... Vous avez le droit de vie ou de mort, ou presque....
Malade, grave ....Vous suivez une psychanalyse ?
Et on fait une minute de silence pour Richard Durn (8 morts 19 blessés à Nanterre) qui s'est défenestré du 36 faute d'avoir été correctement... attaché.
Pour autant, cela ne justifie pas l’application systématique et sans discernement de toutes les mesures coercitives qui sont ouvertes aux policiers. Menotter une personne alcoolisée, bien sûr, menotter un journaliste cueilli au saut du lit, non. Menotter un mari violent sur les nerfs, oui, menotter un enfant qui fait 40 kg tout mouillé, non (sauf si l’on a reconnu l’héroïne du film l’Exorciste) Vous voyez qu’il n’y a pas besoin d’être sur le terrain ou d’être policier pour introduire un peu de nuance dans ce que votre billet tend à faire passer pour un tout indivisible.
Encore le menottage n’est-il rien par rapport aux autres pratiques qui sont dénoncées actuellement comme, par exemple, la mise à nu (presque) systématique lors des gardes à vue. En bon béotien du droit, qui sait lire la loi mais qui ne connaît rien aux circulaires et aux pratiques de la police, je vois que l’article 222-22 du code pénal considère comme une agression sexuelle toute « atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte ou surprise ». J’en conclu, peut-être un peu hâtivement, mais assez logiquement me semble-t-il, que quelqu’un qui rentre dans un commissariat en ayant commis une infraction routière somme toute mineure, se retrouve victime, de fait, de ce qui partout en dehors d’un commissariat est considéré comme un délit puni de 5 ans de prison. Cela me semble hors de proportion et bien différent de la pratique d’autres pays, dont les policiers ne finissent pourtant pas tous égorgés.
Il me semble que tout ce qui est attendu de la police, mais c’est sans doute beaucoup, c’est qu’elle applique les mesures coercitives qui sont en son pouvoir, non de manière systématique et bureaucratique, mais de manière discriminée et mesurée – intelligente en somme. C’est la moindre des choses quand on a le monopole légal de l’usage de la violence.
Mais peut-être est-ce parce que j'ai été élevée dans le respect des lois...
... Que sera l'avenir de nos enfants ? Je ne sais pas.
Bonne journée bientôt.
Je "pourrais", mais n'exploiterai pas ce triste potentiel. Il y a heureusement d'autres policiers, bloggeurs ou non, pour rétablir votre image. Grâce à eux, je sais qu'être flic ne signifie pas se montrer condescendant et inutilement péremptoire avec les gens - en l'occurrence vos lecteurs. Grâce à eux, je sais aussi qu'être flic c'est un sacerdoce, parfois une douleur, qu'il est aisé pour nous d'ignorer et qu'ils savent nous expliquer, modifiant ainsi notre point de vue à votre égard. Mais vous, vous auriez dû terminer votre billet par "circulez".
Bref, vous avez un effet bien plus dévastataur que cette presse que vous critiquez, pour la police. C'est que la presse, on sait très bien qu'elle exagère. On la modère en la lisant.
je ne conteste pas que vous ayez à traiter par votre boulot la misère humaine, la vraie, et que pour nombre de choses, ce que vous vous prenez dans la gueule nous permet de dormir tranquille
mais mon boulot c'est aussi de connaitre les gens que vous traitez (même si avec l'age on choisi ses clients), c'est de rencontrer des gamins sans modèle (notamment paternel) qui s'effondrent dès qu'ils n'ont plus à jouer le caid de cité face à leurs copains,
c'est de se dire qu'il aurait fallu pas grand chose pour que le chemin de la délinquance ne soit pas pris
c'est aussi de constater que la dérive sécuritaire délirante (15 infractions supplémentaires avec LOPPSI 2 au minimum), et c'est - comme vous le faites sans doute un fois le clavier posé - de dire qu'on n'éduquera pas une génération en la foutant en GAV
et je refuse d'accepter l'idée d'une génération sacrifiée
je viens de lire dans ce matin que le nombre des GAV ne sera plus un indicateur de performance du travail de terrain des policiers ; comment pouvez-vous envisager un seul instant qu'en fixant un tel critère, on ne dérive pas gravement sur le nombre de GAV ?
comment faire l'impasse sur la gestion émotionnelle des faits divers (un fait divers une loi) ?
ou est la redéfinition d'une police de proximité qui avait fait ses preuves ?
merci enfin d'arreter sur le couplet "droit de l'hommiste", car j'en tire fierté
Votre pseudo m'est à priori "sympathique" ; les initiés se reconnaitrons !
Mais vous dites : "... des gamins sans modèle (notamment paternel) qui s'effondrent dès qu'ils n'ont plus à jouer le caïd de cité face à leurs copains..."
C'est vrai ! c'est tellement vrai - mais en quoi, moi, serais-je concerné ? Je suis flic, j'ai un boulot à faire et pour lequel la société me paye. Je n'ai pas a traiter ce problème, c'est aux autres "intervenants" de la société de gérer ce problème (parents, éducateurs, assistantes sociales ... etc). Je peux néanmoins avoir de la compassion à titre personnelle (et j'en ai souvent), mais cela ne doit pas interférer dans mon travail objectif. Je n'en ai pas le droit.
Vous dites : "... constater que la dérive sécuritaire délirante (15 infractions supplémentaires avec LOPPSI 2 au minimum)..."
Encore vrai ! Mais qu'est ce que j'y peux moi, flic ? C'est à l'électeur là de régler le problème. Que les politiques fassent leur Job et je m'occupe du miens, et les vaches seront bien gardées.
Vous dites : "... génération sacrifiée" - Désolé, mais il faut revenir sur terre. C'est déjà le cas, et il n'y a plus rien à faire (simple constat, froid et sans appel). On aurait probablement pu faire des choses il y a une dizaine d'années, mais là c'est trop tard, désolé ! - Mais ne craignez rien, au début, la réalité, quand on la prend en pleine tronche, ça fait toujours un peu mal, mais ça passe avec le temps (je crois ?!).
Vous dites (ou citez) : "... le nombre des GAV ne sera plus un indicateur de performance du travail de terrain des policiers... " - Oui, et à ce propos, je ne sais pas si on vous l'a dit, qu'en fait, c'est les marmottes qui emballent le chocolat dans le papier halu ? .... (sic).
Vous dites : "...comment pouvez-vous envisager un seul instant qu'en fixant un tel critère, on ne dérive pas gravement sur le nombre de GAV ?"
Exact, vous avez raison ! Il y a eu des abus, c'est vrai ! Mais il faut arrêter cinq minutes de dire des âneries. Certains policiers ont effectivement joué le jeu de l'administration (par carriérisme, besoin de plaire au chefs.. etc), et de fait, il y a eu une augmentation. Mais il s'agit là d'un faible pourcentage par rapport au "dérives" et "abus" institutionnels (dictés par la loi elle même et les jurisprudences successives). Et là encore, la république me paye pour obéïr à la loi. Si la loi vous déplait, alors faites en sorte qu'elle change, mais ne vous en prenez pas aux flics. Dois-je rappeler que la Police oeuvrait déjà du temps de Mitterand, de Pompidou, du Général de Gaulle et bien avant ça (mais ne me ressortez pas la dernière guerre, s'il vous plait !). Elle a toujours oeuvré du temps de Chirac et maintenant, de Sarkozy. La Police devrait elle cesser de faire son travail quand la droite est au pouvoir, et le reprendre dès que c'est la gauche qui tient les rênes (je simplifie c'est vrai, mais c'est l'esprit). Je vous le dis, le jour où ça se passera comme ça, je quitte le pays, ou je prends les armes.
Vous dites : "comment faire l'impasse sur la gestion émotionnelle des faits divers (un fait divers une loi) ?" - Là aussi, en quoi ça nous cerne ? La police a un devoir de réserve, mais vous, votre parole est libre non ? plus que la nôtre en réalité. Que la politique prenne ses responsabilités.
Vous dites enfin : "ou est la redéfinition d'une police de proximité qui avait fait ses preuves ?" - STOP STOP et RE-STOP ! - Qui vous permet de dire qu'elle a fait ces preuves ? Vous y étiez ? Est-ce parce des "politiques" vous l'ont dit ? Ou l'avez vous lu dans les journaux ? Moi j'y étais ! La seule chose positive dans la police de proximité a été l'octroi ponctuel de moyens (car c'était médiatique et il fallait montrer du matos), mais dans les faits ça a été une pure connerie. Les "Ilotiers", 30 ans en arrière, étaient bien plus efficaces. Mais ces "ilotiers", à l'époque, et pour être efficaces, on les emmerdait pas avec du chiffre et d'autres conneries dans ce style. Ces ilotiers là avaient encore le droit de rentrer dans un bistrot (oui, c'est encore là qu'on trouve des infos), de parler et de rigoler avec les gens. Qu'est ce qu'on ne dit pas aujourd'hui quand on voit un flic, en tenue, dans un bistrot ? Je vous laisse deviner !
Quant au couplet "droit de l'hommiste", vous tirez une fierté de quoi au juste ? - De faire partie de la meute des "cestmoiquiaitraisonetvousetestousdesfachos" - Car dans l'absolu, qui n'est pas "droit de l'hommiste" ? - Tout le monde voudrait vivre dans un monde de paix et de libertés. Vous remarquerez que je ne dis pas de justice, car si paix et liberté il y a, point besoin de justice, elle va de soit. Mais voilà, si tel était le cas, je ne serai pas policier, car pas besoin, et vous ne seriez pas avocat, pour la même raison.
Maintenant, nous sommes les premiers a vouloir mettre tout sur la table : menottage, GAV ...etc. Mais à condition que la « société » (médias, politiques, acteurs sociaux de tous bords et de tous poils) prenne sa part de responsabilité. Car concernant le menottage, c'est facile de stigmatiser les collègues qui ont menotté la pauvre petite de 14 ans en pyjama (jogging, pardon !). D'abord, personne d'autre n'y était pour témoigner de ce qui s'est passé réellement. A ce propos, je vais vous raconter une anecdote : « 2 fugueurs, 13 et 14 ans, a reconduire dans leur foyer (pas violents, pas dangereux, gentils mêmes) – juste les reconduire dans leur foyer. Et bien au premier feu rouge, ils se sont barrés de la voiture. On les a retrouvé heureusement 2 heures plus tard, mais cette fois ci, on les a menotté pour les ramener au foyer » ; heureusement qu'il n'y avait pas de journalistes dans les parages. Et vous, vous auriez fait comment ?
Cordialement.
Quand on est sortis de la voiture qu'ils ont garée assez loin, ils ont vu que j'étais vraiment pas fier de rentrer "chez moi" encadré de deux flics en civil et les pinces. L'un d'eux m'a dit alors: "écoute, j'ai pas envie de prendre la chance de courir après toi même si je ne pense pas que c'est ce que tu as envie de faire. Je vais te passer une pince à toi, et l'autre à mon poignet, bien serré et haut. On se tient très près côte a côte et on marche comme des potes. Ça te va?".
J'ai vu plus d'humanité ce jour là dans ce gars que je n'en ai vu de la part de plein d'autres gens dans ma vie. Personne n'a jamais vu que j'étais rentré avec deux flics pour une perquisition. Il ne me devait rien et j'étais en faute. Mais il était humain. Quand j'ai quitté le poste à la fin de ma GAV d'une demi journée, ils m'ont tous mis en garde dans ce bureau: "on ne veut pas te revoir!". "La vie c'est pas simple mais ca vaut d'être vecu sans passer par le commissariat!". "Présente toi au tribunal à l'heure et bien habillé, et ne nie pas". Il m'ont fait la morale. Ferme et sans détour, mais ce qu'ils voulaient le plus c'est que je m'en sorte sans trop de dégats d'une part, et que je m'en sorte tout court.
Je n'avais pas de métier vraiment alors, je suis pilote maintenant. J'ai une famille, je gagne bien ma vie. Je ne suis jamais repassé au poste et je le regrette (!) car j'aurais dû leur dire merci. J'avais 18 ans, j'ai pas réalisé alors. C'est pas le juge qui ne m'a filé "que" 6 mois avec sursis, c'est pas le proc qui à l'audience a été plus que gentil parce que j'avais "l'air d'un garçon qui avait fait une faute mais pas d'un voyou, et que je présentais bien", c'est pas non plus mon avocat commis d'office qui m'a défendu au pied levé avec verve et gentillesse, ni même la victime qui a aussi été très gentille à l'audience et après. Ce ne sont pas eux (pas seulement) mais surtout les flics qui m'ont donné le coup au cul dont j'avais besoin.
Je n'ai jamais parlé de cette histoire, à personne.
Je vis à l'étranger maintenant. Pas parce que j'ai un casier, mais parce que j'ai réalisé au fil du temps combien cette France là est une machine à broyer les bonnes volontés. Aussi celle des nombreux flics qui ne veulent que faire leur boulot, et bien. Je m'en suis sorti mieux parce que je suis sorti de mon pays, en tous cas c'est le sentiment que j'ai.
J'ai juste oublié de dire merci en sortant... Faites le pour moi.
J.
PS: au Québec j'ai eu l'occasion une fois de rentrer dans un poste de police (en victime!). J'ai été invité à utiliser le téléphone, on m'a donné papier et stylo pour prendre des notes, donné de la monnaie pour que je puisse prendre un café. On m'a montré un endroit pour que je puisse me relaxer en attendant qu'on vienne me chercher. Il y avait manifestement beaucoup plus de moyens dans ce petit poste de police d'un petit village qu'à Marseille. Et il y avait, dans le local réservé aux policiers eux mêmes pour leur détente et qu'ils ont mis à ma disposition, cette affiche qui montrait un flic net (habillement et équipement) dans un commissariat net et qui disait: "souvenez vous qu'on n'a jamais une deuxième chance de donner une bonne première impression". En France vous n'avez pas cela parce que vous n'êtes aucunement soutenus.
Ou alors un gosse pris sur le fait d'une connerie, un vol à l'étalage, le père ou la mère qui débarque la gueule enfarinée "c'est pas possible que mon fils ait pu faire ça, c'est un ange!"......
C'est ce genre de conneries qui poussent nos gosses à faire de plus en plus de conneries, on leur donne tous les droits.... Le culte de l'enfant-roi.... Je ne généralise pas, mais ça se banalise le plus normalement du monde...
Nan, c'est pas un "jugement", mais un constat, me suis retrouvé bénévolement à gérer des mômes abandonnés par leurs parents et l'Education Nationale, les remettre sur les rails notamment après une déscolarisation, leur éviter la taule pour certains, je sais de quoi je parle....
A vous de voir, si vous préférez une société ou les conflits avec des gosses se gèrent de façon "familiale", quitte à leur donner quelques coups de pieds au cul, où alors les délaisser totalement mais dans ce cas faut pas se plaindre que ça se finisse à coups de GAV, coups de matraques au cul et menottages....
La Police doit faire du Chiffre, du quantitatif à défaut du qualitatif.... c'est pas les flics qui ont décidé ça... Les fonctionnaires quels qui soient sont des exécutants de l'Etat, ce même Etat qui décide comment doivent travailler les profs, les juges, les flics....
L'Etat veut s'occuper de tout mais ne s'occupe de rien.... Les fonctionnaires en pâtissent....
Les médias altèrent le jugement de la population, pour mieux nous diviser....
On ne sait plus faire la différence entre un jugement et un constat.... On découvre aujourd'hui des choses qui existaient depuis belle lurette. Parce que la population a du mal à accepter certaines vérités.... Et surtout, de se faire une auto-critique, de se remettre en question... Je le vois sur certains commentaires de l'article de Bénédicte.... Elle a vu et vécu des choses sur le terrain, que les médias et les politiques ne vous parleront jamais.... Putain, profitez de cette aubaine !!! On dirait que ça vous choque.....
Et arrêtez le coup des méchants flics, y a des cons partout, le débat n'est vraiment pas là....
La vraie question qu'elle vous pose est, quelle Police voulez-vous ????
Tout simplement....
Votre article, chère Madame, n'est rien d'autre qu'un lieu commun agressif. Comme une charge de légionnaires shootés à l'éther et dans les yeux desquels brille cette petite lueur revancharde, vous enfoncez une porte ouverte.
Personne n'ira contredire le fait que le métier de flic est un métier difficile, mal considéré...
Vous enrobez votre envie de défendre vos anciens congénaires par le menu de petites historiettes invérifiables qui vous sont arrivées...
Et alors ?
Fait-on des généralités à partir de simples faits divers ?
Parce qu'il vous est arrivé d'avoir peur, ce qui me semble assez normal dans votre ancien métier, votre réaction a-t-elle toujours été légitime ?
Vous ne donnez aucun élément constructif... vous campez sur une position, défendable certes, mais uniquement si l'on ne considère que le petit intérêt de la police.
Alors que l'intérêt de la police réside dans l'intérêt général... Et rien dans vos arguments ne concerne l'intérêt général.
Vous vous êtes bien amusé à vous venger de vos ennemis les avocats qui bossent pour ces salopards de malfrats pour lesquels vous vous donner un mal fou... et qui vous font peur...
Mais après ? Après cet exercice de style, lourd, qu'y a-t-il ? RIEN.
C'est navrant.
Bien qu’on vous attende au tournant sur l’éloquence davantage qu’à l’écrit, pour un futur orateur de métier, vous êtes décevant.
Surtout si le préalable de votre "plaidoyer" pour l’originalité et la consistance d’un discours est de prétendre que je puisse mentir. Banalité.
Vous pour qui c’est une profession. Le mensonge.
Ces histoires me sont arrivées, c’est la vérité mais vous n’êtes pas obligé de me croire. Quand bien même elles seraient fausses, inventées de toute pièce, ma démonstration n’en est pas pour autant irrecevable.
Lieu commun agressif, j’en conviens. Oui, pour moi c’est un lieu commun, ces salades de pénibilité du métier, de petites entorses à la loi et de bonnes consciences policières. Et puis toujours radoter la même chose pour se faire, si ce n’est comprendre, au moins entendre, de guérilleros disséqueurs de propos tels que vous, c’est épuisant. D’où l’agression. Mais elle est verbale celle-là, rien à voir avec la violence policière...
Vous semblez vivre dans un monde bipartique, les méchants et les gentils, les flics qui font tout pour mettre les malfrats au trou, et vous les avocats bienfaisants (pour qui y met le prix) qui faites tout pour les en faire sortir. C’est une vision de débutant. Si c’était si simple... J’ai au moins eu la fantaisie de ne pas mettre tous mes bandits au trou, moi. Et quel bonheur que cette liberté de l’opportunité des poursuites quand on est tout en bas de la chaine judiciaire, vous n'imaginez pas.
Peut-être avais-je en le faisant l’œil noir du shoot au mauvais éther, boostée à la légion de l’impossible, allez savoir. Bref, les cowboys et les indiens, et au milieu l’avocat parano qui se croit mon ennemi. Tout faux cher petit maitre. Si vous ne manquez pas de gueule, l’âge vous fait encore défaut, peut-être faudrait-il vous appeler centi-maitre (mais c’est pas gentil, hein..) Et puis à votre âge, évitez d’écrire congénère comme quinquagénaire, ça la fout mal...
Peut-être aussi ne vous êtes-vous pas encore assez éloigné d’Assas et alentours pour vous faire une juste idée de la sophistication et la complexité des rapports police - population. Et qui êtes-vous donc pour parler de la peur des malfrats, quand on vous les apporte bien emballés entre deux flics ou trois gendarmes ? Ne me faites pas rigoler, va.
C’est certainement pour ça que vous me prenez à rebrousse-poil en attaquant sur le style. Qu’importe, on ne peut pas plaire à tout le monde. Mais en tout état de cause, vous êtes aussi un mauvais précepteur de français. Mon texte ne vise en rien un discours construit et argumenté avec équilibre, vous auriez dû remarquer l’intention d’écriture. Et j’ai passé l’âge de la dissertation. Il est en effet clairement corporatiste (donc lourd) et si mon métier concerne l’intérêt général – comme vous dites- rien n’y oblige ma critique ou ma revendication. Elle ne se situe pas dans le même registre, et là encore votre véhémence fait un flop puisque si votre raisonnement semble juste, le postulat de départ est bidon.
En clair (de plus en plus lourd) il ne s’agit là que de l’énoncé d’un point de vue partisan assorti d’une mise en garde qui n’est peut-être qu’un fantasme issu de mon cerveau (de flic) perturbé.
Consternant, c’est possible...
[19 février]
Et arrêtez de m'envoyer vos post-scriptum verbeux et lourdingues.
Quoi que vous en pensiez, mon orthographe est plus solide que votre culture surfaite et caricaturale de vanité.
Allez zou ! C'est pas marqué SOS-Amitié ici :P
Oui warum, faites vous cela? Je ne vous connais pas, vous êtes pourtant mignonne sur photo. Pourquoi perdre votre temps avec un tel métier? Dans un monde à l'agonie, en déliquescence, qui n'attend plus que sa perte arrive.
1998 :"Sortie Alba 22, deux fonctionnaires à bord, bonsoir Messieurs", Analogique UHF 460-470 Mhz
2004 :"Sortie Alba 22, trois fonctionnaires à bord, bonsoir Messieurs", Analogique UHF 460-470 Mhz
2010 : cri cri titi titi cri cri cri cri titit titi cri cri, Tétrapol 300 Mhz 8 kbps , traduction : "Sortie Alba 22, cinq fonctionnaires à bord, bonsoir Messieurs"
C'est la fin je vous dis, il suffit d'attendre que la finance s'écroule, tout le reste suivra.
Ne pouvez-vous donc vous trouver un gentil métier sympa et oublier toute ces fanges? Laissez l'ancien monde pourrir de lui-même et ne pataugez plus en lui.