Les coqs de combat d’Unité-SGP-Police-Force Ouvrière

7 Septembre 2011

Il y a bientôt deux ans, le secrétaire général du syndicat majoritaire des gardiens de la paix, Unité-SGP-Police-FO déclarait que… et là, j’ouvre des guillemets émus et convaincus, tant la formule a fait date dans l’histoire récente du syndicalisme policier :

"Un poulet en colère peut très vite devenir un coq de combat"

C’était sur une tribune, lors d’une manifestation de policiers à Paris, 2000 participants selon les organisateurs, 800 d’après la police, un chiffre officiel largement surestimé d’après moi. Énormément de revendications pourtant (je vous fais grâce de la liste, à peu de choses près, ce sont les mêmes depuis vingt ans) à un mois des élections professionnelles, et un pari réussi pour l’organisation syndicale qui remportera une majorité relative, mais forte de ses promesses, une majorité tout de même.

Donc, "Un poulet en colère peut très vite devenir un coq de combat"…
Idiotement, je me suis dit que le Grand Soir des flics était pour bientôt.
Il y a des jours comme ça, où on est disposé à croire ce que l’on nous chante, d’autant plus quand le ton et la mise en scène s’y prêtent.

Et là, l’idée de ce poulet en colère qui, tel un pokemon rageux se métamorphosait en coq de combat, ça sentait bon la menace, la désobéissance utile, la lutte finale.

Un secrétaire général chaud comme un marron, une matière première revendicative prête à être transformée en mobilisation, des idées qui fusent, grèves du zèle, service minimum, et des fonctionnaires de police saturés de ras-le-bol n’attendant que le feu vert syndical pour bouger, défendre leur métier, œuvrer à restaurer les relations police-population, redonner du sens au caractère utile et républicain de la police, et privilégier la lutte contre la délinquance à celle de la sacro-sainte statistique.
On avait envie d’y croire.

"Un poulet en colère peut très vite devenir un coq de combat", voilà ce qui s’est dit ce jour là, sous les fenêtres, non pas de la place Beauvau, mais du ministère des finances, le plus excentré de Paris, au cours de cette manifestation sage et discrète de poulets en colère qui avaient pour consigne de rester groupés et ne surtout pas défiler pour ne pas attirer l’attention ni semer le trouble dans ce quartier où il ne passe pas un piéton.
Et en plus il pleuvait.
Une manifestation pétard mouillé pour les médias, une aimable petite manif qui a fait parler d’elle jusqu’au lendemain à peine. Normal, il n’y avait eu ni casse, ni débordements, la réalité policière fait toujours moins d’audience que les spectacles de rue…

Les élections professionnelles ont donc eu lieu, et ont été remportées par Unité-SGP-Police-FO avec un cri de guerre qui avait fait mouche.
"Un poulet en colère peut très vite devenir un coq de combat."

J’ai longtemps cherché à entendre l’écho de cet appel. J'ai guetté l’offensive syndicale dans une actualité où le débat sécuritaire excite la politique et les médias, à mesure qu’il épuise une police avec des moyens humains et juridiques inversement proportionnels à la somme des missions à accomplir et des résultats attendus.

La colère des poulets ne s’est pas dissipée, mais les coqs de combat ne sont jamais sortis de l’œuf.
Jusqu’à la semaine dernière...

Enfin il se passait quelque chose, des poulets en colère emmenés par le syndicat Unité-SGP-Police-Force Ouvrière (le dernier ferme la porte) passaient à l’attaque et manifestaient devant leur commissariat à Angers. Contre les privilèges indiquait la dépêche de presse.
La bonne odeur de contestation que voilà ! je me suis dit. On y est ! Enfin !

Fausse alerte. La révolte du jour était provoquée par l’affectation d’un gardien de la paix au commissariat d’Angers, pistonné par Alliance, le syndicat adverse.
Oui, vous avez bien lu…
Un gardien de la paix a été affecté à Angers – le rêve d’énormément de gens de par le monde – et il y a eu une manifestation.
Alliance aurait pistonné un type qui rêvait de bosser au commissariat d’Angers, et le syndicat majoritaire a jeté des fonctionnaires de police dans la rue pour crier leur colère. À Angers.
L’irréprochable Unité-Police-etc a identifié un coup de piston de la part de son adversaire syndical et a convoqué la presse à assister à sa rage.

On a touché le fond là, où il y a encore de la marge ?

Merci, merci à tous, merci Unité-SGP-Police-FO pour cette exhibition.
Les occasions et les motifs de sortir les banderoles et faire le mariole devant les appareils photo sont si rares, tout va si bien, l’avenir de la sécurité publique est si limpide, qu’il ne fallait effectivement pas louper une telle occasion.
Et puis c’est drôlement utile de contribuer à l’image d’une police solidaire, avide de défendre son métier et le service public.

Alors ? "Un poulet en colère peut très vite devenir un coq de combat ?"

On a vu ça…

Et on en est restés tout ébaubis.

Bénédicte Desforges

#actu police, #syndicats

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Liberté 14/10/2011 21:37


coqs de combats ? certainement pas !

Des chapons, peut-être...


annie 14/10/2011 11:44


Dans une décision du 6 octobre 2011, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour entrave à la liberté d’expression de syndicalistes policiers, lesquels avaient manié
l’invective politique à l’encontre du maire d’une commune.
CEDH 6 oct. 2011, Vellutini et Michel c. France, n° 32820/09


bénédicte desforges 14/10/2011 12:43



Merci.
C'est une décision très intéressante.
compléments d'info :
1 - Syndicat : l’invective politique protégée par la liberté
d’expression
2 - Polémique syndicale et conflit politique d’envergure locale : une salutaire et forte protection de la liberté de critique (CEDH, 5e Sect. 6 octobre 2011, Vellutini et Michel c.
France)



Koltchak91120 17/09/2011 10:33


Ah ces fameux principes républicains ! Comme s'ils n'appartenaient qu'à elle, comme si des notions comme la liberté (encore que je préférerais qu'on parle des libertés, notion moins adolescente que
LA Liberté), la fraternité n'étaient propres qu'à notre ripouxblique. Je laisse de côté l'égalité qui chez nous est devenue un égalitarisme forcené, comme la laïcité qui est devenue un laïcardisme
radical et imbécile, comme si les religions n'avaient pas leur place dans le débat public, comme si la morale religieuse n'avait pas à en remontrer à la républicaine.

Sur la constitution, ce que vous ne semblez pas comprendre, c'est qu'à la base c'est un document qui est censé définir les bornes de l'action de l'Etat. A vous lire, je crois comprendre que notre
conception sociale, une et indivisible (au passage, quelle blague pour peu que l'on veuille bien considérer les nombreuses clientèles politiques sans oublier l'existence du peuple de gauche) serait
supérieure à toutes les autres. Ce qui expliquerait l'entrée du principe de précaution et autres conneries dans cet épais volume qui est notre constitution, déjà obèse dès sa naissance.

Enfin, sur le système républicain qui serait le garant, sincèrement vous croyez à ce que vous dites ? Pensez-vous réellement que les flics des diverses monarchies qui existent de par le monde ne
partagent pas une certaine déontologie propre à ce métier ? Une telle foi dans la république tient de la pensée magique.


bénédicte desforges 17/09/2011 18:53



Absolument.
C'est une pensée magique.



Koltchak91120 10/09/2011 14:55


Encore une fois, je ne trouve rien à redire, sur le fond, à ce que vous dites. A une exception près, néanmoins. Qu'est-ce que viennent foutre là-dedans les soi-disant valeurs de la république ?
Comme si le caractère républicain apportait ne serait-ce qu'une once de plus-value à l'action policière ?

D'autant que la constitution est devenue, depuis longtemps, un torchon de papier. A-t-elle d'ailleurs été autre chose pour peu que l'on veuille bien considérer que celle des USA ne dépasse pas les
3 pages. Ce qui semble normal puisque ce document normalement se contente de borner le champ d'action de l'Etat en vue de protéger les droits naturels des citoyens.

Quant à la loi, que dire sinon qu'elle devient de plus en plus incompréhensible pour le citoyen de base eu égard à la diarrhée législative qui s'est emparée de ce pays depuis une quinzaine
d'années. La production annuelle actuelle correspond, bon an, mal an à une dizaine d'années à l'époque des 30 glorieuses. Textes mal foutus, inapplicables, qui oublient d'abolir d'anciens textes,
qui deviennent de plus en plus intrusifs dans tous les aspects de la vie quotidienne, etc.

Pour ma part, je pense que ce sont avant tout les fonctionnaires qui font la valeur d'une institution, policière en l'occurrence, et non pas le régime, qu'il soit républicain ou je ne sais quoi
d'autre.


bénédicte desforges 13/09/2011 08:26



Bien sûr que oui les principes républicains sont une plus-value à l’exercice du boulot de flic. Et la constitution n’est pas un torchon. Celle des USA ne dépasse pas 3 pages ? Tant mieux pour les
juristes américains, donc. Ça doit être drôlement plus simple… C’est probablement grâce à ces 3 pages que le Texas peut condamner à mort en 10 minutes de procès avec un avocat commis d’office.
And so on..

Et c’est évidemment un système – la République en l’occurrence - qui garantit les bases et la teneur de la mission policière. Les fonctionnaires eux-mêmes participent à assurer la qualité du
service public, mais ça ne fait pas tout.
Sinon la police serait un boulot en freelance.



Koltchak91120 10/09/2011 12:56


" œuvrer à restaurer les relations police-population, redonner du sens au caractère utile et républicain de la police "

On ne peut que souscrire à ce programme.

Cependant, je ne cesse de m'interroger sur cette manie hexagonale qui veut que l'on évoque régulièrement les mânes de la république pour convaincre de la justesse de son point de vue. Une manière
d'argument d'autorité en quelque sorte. Comme si la police des pays non républicains était moins utile, moins juste. Comme si le bilan de la république était à ce point édifiant et indiscutable !


bénédicte desforges 10/09/2011 13:40



Ah. J'aurais peut-être dû préciser "...caractère utile et républicain de la police nationale" puisque ce syndicat la représente.

Je veux dire par là l'égalité de chaque citoyen face à sa sécurité grâce à une police nationale, en effectifs adéquats et
suffisants sur tout le territoire français, avec le même recrutement, la même formation, les mêmes compétences, les mêmes
qualifications, oeuvrant conformément aux valeurs de la République française, de la constitution et de la loi,
veillant à travers l'application de la loi au respect de ces mêmes valeurs. Etc etc.

Ce n'est peut-être pas édifiant, mais c'est déjà pas mal.



Tuco 09/09/2011 19:40


Quel gâchis ! Comment peut-on se tromper autant ?...
A croire que le combat auquel je crois, celui que je mène depuis des années ne sert décidément à rien...
Comment faire fausse route à ce point que tu réduis en quelques mots : « Vous les syndicalistes »
Je ne suis pas syndicaliste, je suis POLICIER !
Je vais tenter de t'expliquer, vous expliquer mon point de vue, car vous êtes nombreux, isolés, à le partager...
Mon point de vue est donc le suivant :
Je partage quasiment tout ce qui est écrit sur ton blog à l'attention des syndicats, avec la plume en plus en ce qui te concerne...
Même cet article sur les coqs de combat est particulièrement bien écrit, et reflète une triste réalité jusqu'au moment où tu t'égares sur l'action d'Angers...

Je revendique mon passé de jeune gardien de la Paix anti-syndicalistes radical qui envoyait promener les costards cravates étriqués, mal assortis que je n'avais jamais vu la nuit dans mon service
durant 2 ans et 11 mois, et qu'on voyait se pointer les uns après les autres 1 mois avant chaque élection professionnelle.
La recette existe toujours malheureusement aujourd'hui, rien pendant deux ans et demi et puis des forêts entières sur les tables pendant deux mois avant les élections... Beaux papiers glacés pour
toujours expliquer la même chose : « Le meilleur c'est moi, l'autre c'est le méchant, votez pour moi... » ou encore un catalogue de revendications pour être sur que chauqe collègues s'y
retrouve, revendications qui finiront à la poubelle en même temps que les tracts le lendemain des élections...
Je vomis toujours les « syndicalistes », de tout bord, qui parle le « TEDCHENOU », ceux là même, incapables de répondre à la moindre question sérieuse et qui finissent toujours,
embarrassés, par demander aux collègues comme pour s'en débarrasser «  Mais au fait, T'es de chez nous ? »...
La carte, l'impôt, la taxe, appelle là comme tu veux, mais elle n'est juste que la traduction du racket organisé par le ministère lui même tenant les « syndicalistes », de tout bord, donc
les syndicats par ces fameux ponctus...etc...etc...
Alors oui, durant des années j'ai combattus ce syndicalisme, comme toi, comme vous qui partagez cette opinion du syndicalisme qui se résume souvent par l'expression d'une très profonde réflexion :
« Mouais, tous les mêmes, tous pourris ! »
C'est bien connu, TOUS les syndicalistes sont les mêmes, avares de privilèges perso, de détachements...etc...
C'est ce que je pensais très fort, c'est ce que je criais, parfois très fort, sur les porteurs de serviettes quand ils venaient dans mon service, et puis un jour, écœuré complètement du
syndicalisme que je côtoyais, j'ai eu un déclic : Plutôt que de taper sur ces mauvais syndicalistes, qui font du mauvais syndicalisme, de tout bord, j'ai décidé de me battre de l'intérieur et
d'essayer de faire mieux qu'eux !
J'ai pris un mandat dans un syndicat qui me semblait, du point de vue ligne théorique et historiquement en accord avec mes idées et j'ai commencé à défendre les collègues, les pieds SUR LE TERRAIN
!
Le fond de ma pensée c'est ce que j'expliquais quand il m'est arrivé de présenter notre organisation au élèves gardiens en école de Police, parce que dans notre ministère le racket commence très
tôt...
Je ne leur expliquais pas qu'en prenant une carte chez nous, forcément les meilleurs, ils auraient le droit à une règle, un autocollant et un stylo... Je leur expliquais ce que devais être le
syndicalisme et malheureusement ce qu'ils allaient rencontrer dans leur service. Mon court passage en école consistait donc à leur donner les armes pour déceler un « bon » syndicaliste
d'un mauvais, quelle que soit son organisation...
Il est vrai que, à l'instar des pédophiles plus attirés inconsciemment par le métier de professeur en maternelle que par aide soignant en maison de retraite, que le mauvais Policier, cherchant donc
naturellement à fuir la voie publique, sera très vite et naturellement attiré par un détachement qui plus est, prometteur en terme d'avancement, sur place, et sans examen...Alors oui il y a
beaucoup de mauvais, quels que soient les syndicats, mais est-ce une raison pour amalgamer tout le monde et, du coup, tirer à boulet rouge sur le peu de bons !
Je puise au jour le jour mon action syndicale dans le souvenir de ce que j'ai rejeté en début de carrière pour ne pas, à mon tour, tomber dans l'alimentaire...
Mon combat contre mon administration ? C'est la cerise sur le gâteau ! Mon plus gros combat c'est de faire un syndicalisme authentique, celui dont vous semblez rêver... Je ne ferai pas ici la liste
des actions, qui ont failli me couter une révocation dans le passé ou qui m'en couteraient une aujourd'hui pour justifier la dernière action angevine, je suis ouvert à la discussion et t'invite à
prendre contact avec moi, si tu veux qu'on échange plus longuement sur le sujet, un sujet passionnant que la défense des Policiers, que le métier de Policier !
Mon véritable combat, bien plus dur celui là, utopique diront certains qui baissent les bras avant même d'avoir commencé : Changer le syndicalisme Policier ! Localement nous y sommes arrivés,
contre tous, y compris contre mon propre appareil parfois forcément !
Utopique ? Qu'est ce que mon utopie dans le confort de notre époque quand certains de mes collègues un 19 aout 1944 ont décidé d'une grève, de prendre la préfecture de Paris par les armes et de
libérer Paris au risque de leurs vies ? N'était -ce pas plus utopique que de rêver de démocratie à cette époque ? Les utopies d'hier n'ont elles pourtant pas tracées la réalité d'aujourd'hui ?
Alors j'en finirai sur ce blog par cette devise et ces quelques mots : Le seul combat perdu d'avance est celui que l'on ne mène pas !
Ce que je pense, que j'écris souvent à mes collègues puisque ce sont eux qui votent pour tel ou tel syndicaliste : On a le syndicalisme et donc les syndicalistes que l'on mérite !
Alors en me tapant dessus comme sur d'autres en france, en m'amalgamant avec les alimentaires de tout poil, tu m'affaiblis dans mon dur combat et tu fais donc rire ceux que l'on dérange...
@+ Bon blog


Tuco 09/09/2011 09:26


--- Tirez, tirez sur l'ambulance... Allez y faites vous plaisir derrière un écran, assis dans un fauteuil... Lâchez votre fiel sur le soldat inconnu... N'ayant pas peur des raccourcis des
journalistes, prenez leurs articles pour la vérité et argent comptant, il est vrai que les journaux locaux sont connus pour leur libre pensée, expression vis à vis du pouvoir... MOI je manifestais
ce jour là à Angers, comme souvent l'ont fait les Policiers angevins depuis 2001, souvent, bien trop souvent seuls dans le paysage syndical policier français qui moutonne en attendant sa mutation
ou son avancement... NOUS les Policiers angevins on a très souvent crié notre exaspération, contre la volonté de notre propre appareil syndical parfois au point d'en être exclu !
Alors marrez vous de collègues qui agissent localement, non pas contre une mutation ponctuelle de plus qui sont aujourd'hui légion, mais bien pour ouvrir le débat interdit en période de rigueur du
train de vie des hauts fonctionnaires et de leurs privilèges... Mais au fait, surprenant de critiquer dans ce blog un syndicat qui se bat, à son niveau certes, mais pour une fois, contre les
magouilles syndicales dont vous tous, policiers moqueurs anonymes rêvez tant quand vous prenez un timbre syndical en espérant le sésame suprême de la mut, seul motivation à votre engagement
syndical faisant de vous les victimes volontaires d'un racket bien entretenu par notre Ministère, qui livre ses ponctu en perfusion en échange de toutes les régressions sociales de ces dernières
années... Alors oui j'ai manifesté aux côté de mes collègues contre toute forme de privilèges de nos hauts responsables, syndicaux ou politique qui nous dictent des règles pour mieux y déroger !
Alors oui j'ai manifesté aux côtés de mes collègues parce qu'il est choquant de nous refuser les moyens minimums pour assurer la sécurité de tous nos concitoyens quand l'argent publique ne sert
plus qu'à la sécurité de très hautes autorités... Oui je manifesterai encore demain si l'on me propose autre chose comme syndicalisme qu'un droit de passage à l'avancement et me faire m'interroger
tous les jours sur le métier que l'on me fait faire... Oui je manifesterai devant le commissariat plutôt que, comme vous, devant la machine à café ou dans les vestiaires... Alors, faites vous
plaisir, tirez sur l'ambulance sans connaître les syndicalistes locaux leurs combats et leurs histoires... Quand vous aurez fini de decrédibiliser un de ceux que vous estimez trop rare, ces
syndicalistes, les pieds sur le terrain qui n'ont pas eu une carrière fulgurante alors vous pourrez crier victoire, il ne restera plus que ceux que vous critiquez tant : Les alimentaires
ventripotents déjà très (trop) nombreux qui, comme vous, comme notre ministère, n'aiment pas nos manifestations...
Tiens c'est bizarre, ce gravier jeté dans la marre, cette action ridicule, nous vaut aujourd'hui un Préfet ulcéré et des élections syndicale , rien que pour nous...quand les Policiers ne votent pas
bien la première fois, on revote ! Jusqu'à ce que le chouchou soit majoritaire sans doute...
Sur ce salut, promis la prochaine fois que je manifeste pour faire savoir que les Policiers ne sont pas les soldats à la solde d'un pouvoir politique, la prochaine fois que j'interpelle, par ma
présence sur une manif, l'opinion public sur les moyens toujours en baisse pour assurer leur sécurité, alors promis, la prochaine fois... Je regarderai l'objectif ou la caméra en vous adressant un
signe pour que, de votre fauteuil, derrière votre écran, vous puissiez me reconnaître...
Au fait, depuis 2001 notre slogan local est celui ci : "Ras le bol des salades, les Poulets veulent du blé !" C'est sans doute la seule chose que vous retiendrez...


bénédicte desforges 09/09/2011 15:26



D’accord Tuco, mais la presse elle ne l’a pas inventé ce prétexte à déployer de la banderole. Cette affaire de piston, c’est bien vous qui l’avez mis en avant quand on vous a tendu le micro, non
?
Pire que ça, cet article de presse, je ne l’ai pas cherché très loin, je l’ai trouvé dans la revue de presse du syndicat mise en ligne sur votre site, il a donc opportunément été sélectionné pour
y paraître.

C’est d’autant plus mal venu de parler de piston sous une étiquette syndicale parce que, excuse-moi, mais Unité SGP Police FO n’est pas forcément l’organisation où il y a les moins bien servis en
matière de passe-droits, hein.
Entre les cumulards syndico-politico-associatifs, ceux qui étaient déjà permanents quand j’étais gardien de la paix, ça fait des années – c’est dire leur proximité avec vos préoccupations de
terrain – entre les RULP qui ne rentrent plus dans leur tenue parce qu’ils ont pris deux tailles de gras au bide à force de se taper le cul dans des fauteuils en cuir à se demander comment ils
allaient glisser des peaux de banane aux RULP de chez Alliance, entre ceux qui ont perdu les coutures de leur veste à force de la retourner et d’être allés courtiser tout ce qui est courtisable à
gauche comme à droite, etc, j’en rajoute encore ou tu le sais comme moi ?

Tu me parles des syndicalistes locaux, leurs combats et leurs histoires. Encore une considération qui n’a pas sa place quand on joue collectif. A votre organisation d’assumer les initiatives
locales, mais à vous d’assumer votre hiérarchie syndicale, ses membres et leurs ambitions.

D’ailleurs, les actions les plus réussies, les plus sincères, ont eu lieu sans étiquette syndicale… Ce sont aussi celles qui ont réussi un rapprochement authentique et limpide avec les médias et
la population. Je parle pour les plus récentes de la marche silencieuse pour Reynald Caron (la première, celle qui avait été interdite, et lourdement déconseillée par tous les syndicats…
forcément, ils n’y avaient pas leur place…), et la haie d’honneur non officielle lors des obsèques de Patrice Point. Dans le passé il y en a eu d’autres beaucoup plus spectaculaires.

C’est à ce genre de mouvements que vous, syndicalistes, pouvez mesurer le potentiel des collègues…

Et on est loi, très loin, de vos spasmes médiatiques de ces derniers temps, les immenses scandales soulevés par Unité SGP Police FO, comme par exemple, la suppression du quart de rouge chez les
CRS.

Avant de médiatiser une action, je crois qu’il faut s’interroger sur ce qu’attend la presse, ce qu'ils sont prêts (ou disposés) à comprendre, et ne pas leur servir ce qu’ils traitent avec le plus
de talent : la merde.



Alain 09/09/2011 09:05


Ou un coq au vin ! mouhaha.


isabelle 08/09/2011 23:22


et je terminerai pas ceci :
si un poulet en colère peut très vite devenir un coq de combat, il peut tout aussi bien devenir une poule mouillée...
qui peut le plus peut le moins...


isabelle 08/09/2011 23:19


une manif pour le PQ... mais je me sens concernée aussi :-))))))

allez, zou ! des banderolles (en PQ bien évidemment, ça sera pile dans le thème) et des slogans choc !!! (là j'ai des idées mais pas très fines, des idées de bientôt demain...)


bénédicte desforges 09/09/2011 01:18



Non non, ne dis rien steuplai................. O_o



franck 08/09/2011 23:09


nous avons tous des anecdotes de bagarre entre délégués ou autres , lorsque j'étais délégué FASP (paix a son ame) , j étais en permanence pris a parti par les délégués de l USC . il taguait mon
armoire , me piquait mes rapports, venait "dialoguer" avec moi lorsque je sortais du boulot ; a l époque , la politique de la FASP , sous deleplace et Gerbaudi était : on ne répond pas a la provoc,
pas de temps a perdre a s engueuler entre collégues . je suis resté fidéle au SGP par respect pour Paul Rigail, ce courageux policier qui a crée le SGP a ses risques et périls , et parce que je
sens que quelque part au SGP souffle encore cet air de combat pour notre métier et non la carriére égoiste de chacun ..
je n aime pas que l on tape sur les syndicats , meme alliance, c est nous affaiblir que taper sur l organisme qui nous défend ..de quel coté es tu bénedicte ...tu le sais, la neutralité n existe
pas, ni l objectivité , en cassant notre syndicat , quoique tu en penses, tu casses notre corps , celui des petits , le CEA , ou CMA a ton époque .
c est vrai , les syndicats ont changé , mais certains ont encore la fibre et c est a eux que l on fait du mal , pas a ceux qui ont pris un mandat pour se faire muter comme j'ai pu le constater de
plus en plus .
deja en 94 lors du choix des postes de brigadier (a l époque on était muté lors d un promotion ) , nous étions 25 sur 50 , tous les autres étaient pistonné ou avait peur de se retrouver a la
roupanne sur le terrain ...
moi c est cela qui m inquiéte, ou sont les flics sur le terrain ...? pas l action syndicale chancelante ou désordonnée ...
j ai 50 ans ,suis encore sur le terrain , combien ont revé d horaire de bureau et sont maintenant en horaire comme a la sécu...
c était ca leur reve de justice, des horaires fixes et un petit train train ...
je sais je divague ...sorry
beau texte en tout cas , meme si je ne suis pas d accord sur la forme ..


bénédicte desforges 09/09/2011 02:34



Merci Franck.
Tu sais, moi je n’ai pas de préférence, pas de penchant particulier.
Pas de respect particulier pour aucun syndicat non plus. Je n’ai de respect aveugle pour rien, ni personne.
Bien sûr, tu me diras qu’il y a des gens bien partout, ok, mais ce n’est pas suffisant, c’est même inutile quand le reste ne suit pas.
Quant à "l’air de combat" que tu sens encore au SGP, je crois que c’est l’effet hallucinatoire de ta nostalgie ^^
Donc, comme tu dis, je casse. Je casse parce que ça fait du bien même si de toute façon ça ne sert à rien, parce que je pense tout ce que je dis, je casse et encore je me modère mais je meure
d’envie de diffamer nominativement parce qu’il y a de quoi faire, et je casse sans aucun scrupule parce que même en le faisant tous les jours, je ne casserai jamais autant et aussi fort et
définitivement que je me suis fait casser par eux. Directement ou par lâcheté de leur part.
Et puis tu vois, je crois que ça fait un bout de temps qu’à défaut de faire en sorte d’augmenter les effectifs sur le terrain, et de venir à bout d’un certain nombre de consignes débilissimes, de
préférer débattre des mesurettes à la con plutôt que de lancer un bras de fer contre les RGPP et la politique du chiffre, eh bien ça fait longtemps qu’ils auraient dû emmener les flics dans la
rue jusqu’à la place Beauvau.
Voilà.
La circonstance atténuante qu’on peut accorder aux syndicats est effectivement d’être les représentants de gens qui sont plus fonctionnaires que flics, avec qui l’activisme n’est pas joué
d’avance. Il y a toujours plus de prétextes à l’immobilisme qu’à l’action. Pourtant, il n’y a que l’impulsion d’un syndicat qui pourrait contourner massivement cette interdiction statutaire.

La police est un énorme levier électoral dédié à appliquer toutes les politiques sécuritaires successives, et en plus d’être celle qui a le plus l’aptitude à porter une estimation sur son propre
travail, ses entraves, ses manques, et ses nécessités, elle est aussi l’institution qui pourrait tout bloquer.



Isabelle 08/09/2011 21:14


parce qu'Unité-la-grenouille-qui-se-prend-pour-un-boeuf va réussir à nous faire croire qu'ils n'ont jamais pistonné un collègue pour un poste ?
pfffffff..........

il y a 15 ans, quand je suis entrée à la DCPJ, on m'a dit qu'il fallait ABSOLUMENT se syndiquer... "c'est hyper important pour ta carrière"
15 ans plus tard, je ne sais toujours pas vers quel syndicat me tourner...
mes critères de sélections sont variés :
- le moins guignol
- celui dans lequel j'ai une copine déléguée régionale... ah mais non, elle c'est les administratifs, et le délégué régional des scientifiques je le connais, on est de la même promo, on peut pas se
voir depuis que je lui ai dit "non" il y a 10 ans, mais pas du tout pour des raisons pro...
- le plus cher ?... ah non, c'est pas parce que c'est cher que c'est mieux, c'est bien connu
- le moins cher alors ?... ah non, parce que comme dit ma tante "quand c'est pas cher t'en as pour pas cher, pas un centime de plus"
- celui qui a le plus joli logo ?... le temps que je me décide pour l'un d'entre eux, ils auront déjà tous changé leur devanture...
bon, ben si je me syndiquais pas ? ça fait 15 ans que je ne le suis pas et je me suis toujours bien débrouillée malgré mon parcours un peu compliqué (même s'il est vrai que certains syndiqués
-surtout le délégué régional des scientifiques, cité plus haut- ont évolué un tantinet-bien-plus-vite que les autres... ah bon ? et pourquoi ? bizarre plutôt qu'étrange...) ...
ah oui mais non : je dépend de l'INPS, mise à disposition à la DIPJ (j'ai bien dit "mise à disposition" et non pas détachée) et même la "responsable des scientifiques" au SGAP n'a jamais entendu
parlé de ce cas, elle ne sait pas quoi me dire pour résoudre le souci (intégrer une bonne fois pour toutes la DIPJ, parce que l'INPS non merci, je peux plus)
donc.... je fais quoi ? ben je réfléchis encore, quand je pense à y réfléchir... et puis je verrai bien... ou je peux peut-être aussi attendre que les poussins se transforment en coqs de combat,
sait-on jamais...


bénédicte desforges 08/09/2011 22:49



Bah tu sais de mon temps de GPx j'avais fini par voter pour celui dont le délégué avait réussi à nous obtenir du PQ pour nos chiottes. C'est dire...

On n'a pas fait de manif pour ça, pourtant la brigade B avait du PQ et pas nous.

Mais si on avait voulu, on aurait pu en faire une, hein.

Parce qu'on n'a peur de rien nous, non mais oh!



Jerome 08/09/2011 07:42


Lut béné!
De mémoire, ils n'ont rien dit sur les moutons en colère? :)


bénédicte desforges 08/09/2011 13:02



mêêê !??



Saahdi 07/09/2011 15:14


Y a-t-il eu des heurts avec la police à l'issue de la manifestation?

Ah non, pardon...


alex 07/09/2011 14:58


Aujourd'hui, policier en colère, j'ai manifesté, contre les privilèges... à Angers VDM

Plus qu'atteindre le fond, ils creusent !


orfeenix 07/09/2011 11:22


on commence à râler contre le piston et on finit par des manif de plus grande envergure, il lui faut le temps de monter au nez à la moutarde!


bénédicte desforges 07/09/2011 12:29



Ah non, là ils sont à fond.



Jayos 07/09/2011 04:22


CQFD, je ne vois pas ce qu'il y aurait de plus à dire. Hélas...