La police politique socialiste

28 Octobre 2011

police-politique-PS

François Hollande, tout juste issu des urnes socialistes et aspirant à la présidence de la République, nous apprend qu’il dispose déjà d’une police politique infiltrée, et qu’il est en mesure d’accéder – et de se servir – de renseignements concernant les appartenances syndicales et préférences politiques de fonctionnaires de police.

En effet, François Hollande voudrait procéder à une sélection très précise des fonctionnaires du SPHP [1] que l’État lui affecte pour assurer sa sécurité en campagne. Son équipe compte bien détecter des fonctionnaires efficaces et professionnels, bref des personnes de confiance.
On peut déjà observer que le parti socialiste, à travers les suspicions de son chef de file, a une très haute opinion de la police nationale puisque trouver efficacité et professionnalisme parmi ses effectifs semble être un sacré défi.

Mais voilà le drame, on lui a fourni une liste vérolée, déclare un partisan anonyme - vérolée est bien le mot employé et les symptômes lui en sont infiniment reconnaissants - comprenant des fonctionnaires syndiqués dans des syndicats pas réputés défavorables au pouvoir en place – comme Alliance, s’oblige-t-on à préciser, soit des fonctionnaires pas fiables politiquement.
Eh bien ! Le parti socialiste et ses mouchards seraient-ils mieux informés, et plus adroits et vicieux que le fichier Edvige qui avait suscité des petits cris d’effroi ?
Le fichage politique de policiers existe donc, et là ce n’est pas Cop-watch qui balance…

La question que devrait, légitimement, se poser une presse démocratique, serait de savoir QUI balance les informations sur les appartenances syndicale et politique supposées, sur quelle base légale et d’après quel hypothétique fichier.

Ce que recherche le candidat socialiste pour assurer sa protection n’est pas un service de police issu de la police nationale, non, ça ressemble plutôt à une police privée composée de volontaires – ou, autre définition : milice - ce qui n’augure rien de bon quant au projet socialiste concernant les questions de sécurité, de police(s) et de qualification des effectifs, et plus largement, le service public.

D’après la même source, on apprend d’ailleurs le secret du casting 2007 de la sécurité rapprochée de la candidate Royal : « Nous avions demandé à nos contacts au sein des organisations syndicales des avis sur les gens qui nous étaient proposés. » Suit le nom de l’éminent consultant en body-guards : l'ancien responsable de l'UNSA-Police.

Le plus amusant (autant en rire) est que manifestement la fine équipe socialiste n’entend pas grand-chose au syndicalisme policier et ne semble pas savoir que les appartenances aux organisations syndicales dites "de droite" et "de gauche" sont sans rapport avec les penchants politiques des syndiqués, le choix d’un syndicat se faisant le plus souvent sur des critères étrangers à l’idéologie de façade réclamée par les apparatchiks des bureaux nationaux, mais sur les qualités des représentants de terrain.
Ainsi, nous connaissons des syndiqués d’Alliance qui votent à gauche depuis des années, comme des délégués d’Unité Police-SGP-FO qui sont de bons petits gars de la Marine.
Voilà qui ne va pas faciliter la tâche à François Hollande...
Alors peut-être devra-t-il compléter ses dossiers d’analyses graphologiques et des thèmes astraux des candidats du SPHP pour y voir plus clair… Et dans un deuxième temps, tant qu'à faire, on leur demandera sans doute leurs préférences sexuelles et un bilan de santé.

Depuis toujours, la police est un gadget électoral recyclable à merci.
Le fantasme récurrent des collusions entre pouvoir politique et police fait la une des médias depuis des lustres et cela quelle que soit l’appartenance politique des gouvernements. Surtout en cette période où les mises en examen des plus hauts cadres de la police nationale pour diverses suspicions de mélange des genres se multiplient.

Mais quand l’obligatoire neutralité politique des fonctionnaires - et plus particulièrement ceux dotés d’une carte tricolore - s’accommode de petits arrangements, c’est vers les donneurs de leçons et les leaders politiques qu’il faut regarder.

Et là, chacun sait s’y retrouver, sans que les défenseurs de la déontologie et de l’intégrité n’y trouvent à redire.
Qu’il s’agisse de Bruno Beschizza [2] (à la fois conseiller régional UMP et sous-préfet hors cadre), parfait exemple du policier politique. Ou bien de Sihem Souid [3] égérie de l’éthique policière au PS, fonctionnaire de police suspendue mais non exempte des obligations de sa fonction, qui s’exprime es qualité de membre du comité de soutien d’Arnaud Montebourg (et dont on attend d’ailleurs avec impatience sa prochaine aventure judiciaire et administrative annoncée, pour reparler d’éthique dans des débats croquignolesques.)

Ceux qui espèrent vainement une République irréprochable avec une police détachée du rôle de VRP du gouvernement en place pour être exclusivement au service du citoyen devront repasser, visiblement une alternance ne changerait rien.

S’il y a une vérole à guérir, ce n’est sans doute pas dans les rangs de la police qu’il faut la chercher, mais plus sûrement dans les décidément inguérissables et sales habitudes des politiques, de droite comme de gauche.

Il serait peut-être temps, pour l’ensemble de la classe politique de relire l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen :
« La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée. »

C’est facile à trouver : elle est affichée dans tous les commissariats.
 

 Bénédicte Desforges  et  Marc Louboutin
 

source :
Hollande préfère, pour l'heure, confier sa protection au PS plutôt qu'à la police
Le Monde 26 octobre 2011


[1]  SPHP : Service de Protection des Hautes Personnalités

[2]  Bruno Beschizza qui devrait renoncer à son mandat électoral, comme il en en a l’obligation pour que sa nomination de sous-préfet soit légale [lire]

[3]  Sihem Souid membre de l'équipe de campagne de A.Montebourg
 

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naguima 05/12/2011 13:52

Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droit et obligations des fonctionnaires : article 6, alinéa 2 : "Aucune distinction ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions
politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur sexe ou de leur appartenance ethnique.

Stemmelen Eric 06/11/2011 18:32


Je prends connaissance avec intérêt des diverses réactions. Voici le mienne.
La protection des hautes personnalités est un sujet que je connais particulièrement bien ayant été un des responsables de ce service pendant 8 ans set étant un des principaux concepteurs du SPHP
héritier du SVOSHP.
Les lecteurs intéressés pourront lire les 10 articles que j’ai publié sur mon blog sur le site du journal Le Monde.fr intitulé « police, justice et société : http://police.blog.lemonde.fr/
Je vous invite à lire en particulier l’article de fond que j’ai publié sur ce sujet dans la revue « l’auditeur » de l’association des membres de l’Institut des National des Hautes Etudes de
Sécurité et de Justice » et je me ferai un plaisir de l’envoyer à qui me le demandera (esconseils@aol.com).
La protection des hautes personnalités est une fonction de police comme une autre, elle ne saurait souffrir d’aucun favoritisme ou ostracisme. Que ceci soit bien clair : ce qui compte c’est
uniquement le professionnalisme des officiers de sécurité.
C’est la raison pour laquelle, il y a 20 ans nous avons instauré des tests de sélection au SPHP afin d’éviter les interventions politiques de tout bord pour affecter des fonctionnaires de police
dans ce service. Désormais, même sur intervention un policier ne doit arriver au SPHP qu’après avoir passé des tests physiques et psychologiques. Je regrette comme je l’ai déjà écrit que ce
principe ne s’applique toujours pas au corps des commissaires de police auquel j’appartiens.
Le travail de fonctionnaire au SPHP consiste à éviter l’agression de la personnalité mais aussi l’accident, l’atteinte à l’image (je pense bien sûr au célèbre « casses toi pauvre con » de Nicolas
Sarkozy et à l’affaire DSK et à tant d’autres. Si lors de ces évènements les gardes du corps avaient été présents (DSK !!) et avaient agi en prévention suffisamment tôt il n’y aurait pas eu ces
affaires.
Enfin ne jamais oublier que la protection c’est aussi contre la personnalité elle-même : je pense bien sûr au suicide Pierre Beregovoy avec l’arme de service du fonctionnaire du SPHP censé le
protéger.
Tout cela rapidement évoqué pour affirmer avec force que le principal danger de ce travail est de tomber dans la routine, le copinage voire l’amitié é et oublier les règles de base.
D’où l’idée que je défends qu’une protection ne peut se faire seul car en cas d’incident c’est la parole de la personnalité contre= celle du policier.
Maintenant il y a aussi un argument qu’il faut discuter : si un policier qui a ses propres convictions politique comme citoyen protège une personnalité d’une autre conviction et qu’à l’occasion de
sa mission, le policier en question surprenne une conversation politique : ne sera-t-il pas tenté de faire passer ses convictions politiques avant son devoir de policier. Ce débat n’est pas gratuit
car il existe.
Aussi en ce qui me concerne, je n’ai jamais demandé l’opinion politique ou religieuse des fonctionnaires que je dirigeais et je dois dire que chacun s’est acquitté en professionnel de sa tâche.
C’est tout simple : l’important est de faire son travail en professionnel quelles que soient ses convictions.
En 8 ans, la seule mission qui m’a posé problème fut celle de la protection à Paris des dirigeants Khmers Rouges pour des raisons bien compréhensibles au regard de l’Histoire ! Mais cette mission
fut effectuée à contre cœur mais avec professionnalisme.
En résumé François Hollande à bien évidemment tord comme d’autres personnalités de tout bord en ne se basant pas uniquement sur le professionnalisme des agents : que l’on protège Sarkozy, Hollande,
Mélenchon ou Le Pen, c’est la même mission quand même.
Maintenant comme je l’ai écrit : c’est quand même curieux que les candidats arrivés 2 ème et 3 ème en 2007 soient toujours protégés par le SPHP à savoir Hollande et Bayrou !
Mais on en verra d’autres surtout que plus de 30 personnalités bénéficient de protection alors qu’elles n’ont pas le rang protocolaire suffisant et ne font l’objet d’aucune menace : ceci coûte 80
fonctionnaires et 7 millions € en pure perte mais malgré les constatations de la Cour des Comptes cette situation perdure depuis des années.


bénédicte desforges 06/11/2011 19:54



Merci Éric pour votre éclairage sur le SPHP.
Et ces quelques exemples très utiles à la compréhension de ce que recouvrent aussi les missions confiées aux collègues du SPHP. La vigilance s’exerce en effet sur
des points qu’on n’imagine pas forcément avant d’être dans l’instant où les choses se passent…



UMPSphobie 03/11/2011 21:20


Hollande démontre une nouvelle fois que c'est un crétin en affichant ouvertement ce qui se passe depuis des années dans la maison police. Avant lui "TONTON" en a usé et abusé, "CHICHI" également et
"SARKO" idem. Pas de véritable révélations juste une fausse exposition! Il y a juste des gens de chez nous trop cons pour avoir fait des études à l'ENA pour embrasser une carrière politique et qui
se retrouvent au final lécheur de cul rose ou bleu. L'article 12 de la DDHC je ne suis pas persuadé que beaucoup la lisent et c'est bien là le problème !


Attignus 01/11/2011 23:03


Il ne me semble pas anormal que des candidats souhaitent s'entourer de fonctionnaires en qui ils puissent avoir confiance en leur discrétion. Claude Guéant et son DGPN semblent fanas des grands
oreilles. Par ailleurs, on peut légitimement s'interroger sur le fait que les gendarmes aient été écartés du SPHP depuis l'arrivée de Sarkozy.


Philou 31/10/2011 12:05


...Pas forcément besoin de détecteur de mensonge... Il me semble qu'il y a un arsenal juridique pour cela (certaines habilitations peuvent être largement suffisantes...) Cela dit, il faut
comprendre qu'une haute personnalité politique qui échange beaucoup et principalement au téléphone dans sa voiture entre deux rdv, cherche à s'assurer que ses propos privés ne sortiront pas... et
dans sa voiture, il y a un chauffeur et du personnel de sécurité issus, à ce niveau, du SPHP.


Philou 31/10/2011 09:54


Sérieux ce constat est de la pure démago ! Soit vous êtes hyper naïf ou bien de très mauvaise fois ! Vous semblez vous offusquer que le PS aille "piocher" auprès d'un syndicat dit "de gauche" pour
s'assurer de personnels qui devront travailler dans la très grande proximité de leurs candidats et qui n'auront pas la tentation de "balancer" les infos entendues à leurs copains de droite (via les
syndicats) ! Allons, un peu de sérieux ! Cela fait bien longtemps que des syndicats comme Synergie Officier et Alliance sont les "portes valises" de la droite et sans s'en cacher ! Il n'y a qu'à
regarder la TV... C'est le service com de l'Intérieur lorsque ce dernier ne veut pas s'exprimer directement !!! Après, bien ou pas bien... il n'y a qu'une solution : après de droit de manifester,
supprimer le droit de vote aux Policiers !!!


bénédicte desforges 31/10/2011 10:59



Libre à vous d’envisager un service public à géométrie variable, et libre à vous d’accepter qu’un candidat à une élection présidentielle déclare ouvertement qu’il le considère ainsi - surtout si
le service public devient un service personnel calibré par une discrimination syndicale et politique.

Maintenant, je voudrais bien savoir comment vous pouvez vous assurer de la loyauté absolue de quelqu’un… Vous le passez au détecteur de mensonges ?



John 30/10/2011 16:01


Que sur le principe, la phrase du pote d'Hollande soit choquante, ok.

Qu'il soit encore plus choquant qu'il y ait eu très peu (aucune?) réaction au-delà du fait de rapporter l'information, ok aussi.

Mais j'avoue ne pas trop vous suivre sur le côté "paranoïaque".

Je ne connais pas spécialement la police, ni de l'intérieur, ni de l'extérieur (Dieu me préserve d'avoir à approfondir ce dernier aspect).
Mais pour la petite expérience que j'en ai, il me semble que ce service public essentiel est assuré par des hommes et des femmes normaux. J'ai eu affaire à des cons, et à des mecs supers. Peut-être
même que le con était juste à cran, et était en fait un flic en or. On ne peut pas échapper à ça et d'ailleurs votre blog s'en est plusieurs fois fait le reflet.

Par conséquent, est-il si impossible que la crainte d'Hollande soit fondée, surtout si l'on oublie pas que son adversaire politique bénéficie accessoirement des moyens de l'Etat, dont il a par
ailleurs déjà montré qu'il n'était pas dérangé par le fait de les utiliser pour son intérêt particulier?
Et si elle l'est, fondée étant donné les enjeux, est-ce qu'il n'est pas légitime qu'il cherche à s'en prémunir?

Pourquoi la police serait plus à l'abri d'un détournement de l'idéal du service public que les autres services publics? Parce que pour travailler à l'Université, pour avoir travaillé aux impôts,
pour le coup, les détournements de pouvoir c'est plusieurs fois par an et sans gêne aucune.

En outre, tout remettre sur la responsabilité des corrupteurs (ici les politiques, souvent d'autres à plus petite échelle) c'est oublier que ce pays fonctionne presque intégralement sur le renvoi
d'ascenseur et les petits arrangements entre amis, à tous les étages. Les corrompus ont autant de part dans ce qui se passe que ceux qui les sollicitent.

Bon, peut-être ai-je mal compris vos propos. Peut-être ne vous placiez-vous que sur le terrain des principes, auquel cas vous avez raison et je m'excuse pour le reste.


bénédicte desforges 30/10/2011 16:56



Rigolons avec François Hollande :


 



François Hollande, l'imposteur



Alain. 30/10/2011 08:49


Bénédicte, en lisant votre billet il me venait à l'esprit des noms comme: Gérard Monate, PS, FASP, Urba Gracco, SGP,etc... je pensais que c'était une autre époque,mais il semblerait que non.


bénédicte desforges 30/10/2011 12:47



Peut-être pas, non...




nICHEVO 29/10/2011 22:25


Moi j'suis du parti d'en rire.... :)


moi-même (commentateur anonyme) 29/10/2011 19:19


Est-ce en s'acharnant sur un symptôme (pour moi la décision de F.H. en est un), que l'on traite une maladie (la crise de confiance du Peuple envers le Service Public entre-autres) ?

Mes précédentes interventions n'avaient d'autre but que de défendre ma réponse à cette question, sans faire du déni de réalité.

Bonne nuit.


bénédicte desforges 29/10/2011 19:58



Parce que vous croyez que moi, petit ex lieutenant de police de rien, j'ai les moyens et l'ambition de m'acharner sur qui que ce soit ?
Je relève, j'explore mon info, j'en tire des réflexions, je les dis, et ça s'arrête là.
Mais je reste persuadée que de manière générale, les comportements "visibles" et "audibles" des personnages publics politiques ont valeur d'exemple. Bon ou mauvais.
La "crise de confiance du peuple" comme vous dites, pourrait bien venir de là.



Marc Louboutin 29/10/2011 19:16


Je me permets de soulever encore une autre vraie question que suggère cet article du Monde, repris dans toute la presse sans qu'elle ne soit posée et c'est pourtant fondamental : "Où, comment et
par qui ont été "trouvées" les informations sur ces candidats à propos de leurs supposées appartenances syndicales ou politiques ?" Parce que les socialistes, fervents défenseurs des libertés
individuelles et de règles strictes pour encadrer les fichiers de police (avec raison), sur ce coup semblent bien se taper le coquillard d'une quelconque légalité dans les "enquêtes" sur les
fonctionnaires inscrits sur cette liste, par leur propre "police politique" le terme fait mal mais il est précisément exact. Je ne pense pas que nous nous soyons autant battus avec Bénédicte contre
les dérives du système actuel pour les tolérer d'une quelconque manière de la part d'un autre Parti. Nous laissons les atermoiements à géométrie variable aux militants. C'est leur fond de commerce
médiatique...
Parce que le fond du problème est aussi qu'il y a quelques jours, ce même Parti promettait, la main sur le cœur, de ne garder aucune trace exploitable des fichiers et listes électorales de leurs
Primaires. J'avoue qu'une telle suggestion d'existence de fichiers sur des policiers, et/ou de personnes chargés au PS (ou pour le PS) de se permettre des enquêtes révélant des informations
relevant du domaine privé m'interroge fortement sur l'honnêteté et la transparence des actions de ce Parti, qui ne semble pas, décidément, plus exemplaire que son principal concurrent...


moi-même (un commentateur anonyme) 29/10/2011 15:05


Je ne crois pas avoir admis quoi que ce soit, si ce n'est que sa décision d'opérer une sélection était prévisible parce que s'inscrivant dans un tendance sociétale très marquée. Mes remarques sur
les médecins sont aussi valables en milieu hospitalier public, des "récusations" de personnel par les patients sont opérées avec "succès" de temps à autre. Il me semble que lors d'affaires
sexuelles, une sélection du personnel (tant pour les OPJ qui vont interroger la victime que pour les personnels soignants) sur leur genre est opéré.
Le principe d'égalité sans distinction d'ethnie, religion, culture, sexe, âge, classe sociale ... ne me semble pas vérifié dans la pratique.
Pour autant, je vous serais gré de ne pas me faire tenir des opinions que je n'ai pas exprimées. Je n'ai jamais dit que la situation était satisfaisante, seulement que cette affaire n'était que
l'un des multiples symptômes de cette non-évolution de la société.
Je souscris à votre argumentation visant à défendre l'idée que le Service Public devrait être et paraître l'incarnation des valeurs de la République, que la décision de F.H. montre que la PN ne
paraît pas être l'incarnation desdites valeurs pour lui. Pour autant, il ne me parait pas plus coupable qu'un autre.


bénédicte desforges 29/10/2011 18:48



Je méprise les usages qui autorisent tacitement les discriminations, celles qu’on observe dans la pratique. C’est celles-là contre lesquelles s’oppose la
loi.
Vous me parlez des hôpitaux publics et de "récusations" de personnels soignants, moi je ne vous parle pas d’une sélection à posteriori, mais à priori. C’est ça, la
définition de la discrimination.
Quant aux OPJ sur des affaires d’agressions sexuelles, soit il n’y a pas de choix pour des raisons d’effectifs, soit c’est le plus compétent, le plus en phase avec
ce type d’audition, qui s’y colle (n’allez surtout pas croire que ce sera forcément une femme, ça aussi c’est une légende.) Et ça ne s’appelle pas de la discrimination, mais un choix judicieux et
utile.
Rien à voir avec une sélection préalable de candidats fonctionnaires de police de DROITE ou de GAUCHE, parce que c’est bien de ça dont on parle !
On parlait aussi de fichage des opinions, soit dit en passant…
Bref, bien sur que oui le service public doit être exemplaire et républicain, en tout cas c’est vers cela qu’il doit tendre.
Et ce n’est pas en tolérant des exceptions à la règle d’équité, au prétexte que le candidat socialiste est paranoïaque, et qu’il a d’après ce qu’on apprend, ce
pouvoir et cette possibilité de "choisir" digne d’une oligarchie d’une autre ère, qu’on fera évoluer – non pas les mentalités – mais au moins les usages.



happy gaucho 29/10/2011 12:23


Sihem Souid, c'est pas PS mais Front de Gauche :
http://www.pg32.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1065:mr-gueant-a-rajoute-la-ferocite-a-linjustice&catid=428:luttes-gersoises


bénédicte desforges 29/10/2011 13:04



hors sujet mais énorme...

ce n'est plus accessible que par le cache de Google :
Mr Guéant a rajouté la férocité à l'injustice



Callagh Âne 29/10/2011 10:02


mon syndicat je l'ai choisis tres simplement "dans mon département qui est majoritaire?"c'est tout son appartenance politique je m'en fou le bulletin de vote je le mets tout seul dans l'urne, et si
ce syndicat donne une consigne de vote j'en change immédiatement!pour moi le syndicat nous défend et ne doit pas faire de politique même si en france je sais que c'est une utopie!a bon
entendeur..... (version coluche!)


moi-même (un commentateur anonyme) 29/10/2011 09:25


Si je me souviens bien, tant la PN que la GN comptent ou ont compté des éléments ayant délibérément violé la loi pour donner à un bord politique un avantage ( généralement protection d'une
information gênante ou obtention d'une information intéressante). Certaines PM sont régulièrement accusées d'être des milices aux ordres de roitelets locaux.
Par conséquent, je trouve naturel qu'un candidat à la présidence qui a d'autres chats à fouetter que de se poser des questions sur la loyauté ait envie de choisir.
Il me semble que la plupart des gens choisissent leur(s) médecins (ayant prêté serment, tenus à un code de déontologie et dont l'activité est très encadrée de part la loi) autant pour sa / leurs
réputations que pour la mise en confiance qu'il(s) inspire(nt), particulièrement pour certaines spécialités (gynéco / androlo, psychatrie ...). Cependant, il est possible de mentir à un toubib,
alors que le garde du corps sera témoin de tout.
Sur la pertinence des critères, je ne m'avancerais pas, par contre je ne vois pas en quoi F.H. serait à clouer au pilori, il est juste ... humain.


bénédicte desforges 29/10/2011 13:02



Humain donc faillible et inconséquent. D’accord.
Je trouve absolument dingue que tout le monde ne comprenne pas le sens de cette déclaration. Aucun "critère" n’est tolérable. Sans quoi, on ouvre des portes
extrêmement dangereuses, incontrôlables, et qui seront difficiles à refermer.
On parle ici de SERVICE PUBLIC et pas de service personnel.
Si vous admettez que le candidat Hollande procède à une discrimination parmi des FONCTIONNAIRES sur la base de critères idéologiques, primo vous renoncez aux
principes de la République, deuxio, c’est que vous seriez au moins prêt à l’admettre pour une partie de la population, celle qui a des responsabilités politiques.
Ces procédés sont l’apanage des pays totalitaires.
Donc, si c’est effectivement l’ambition d’un candidat à une élection, qu’il fasse appel à un service privé (ce que fait Hollande avec les services du PS) et qu’il le
garde.

Votre comparaison avec la médecine démontre que vous confondez tout. Un médecin est une profession libérale, vous êtes même libre d’aller consulter un charlatan.
MAIS si vous allez aux urgences, SERVICE PUBLIC, dans ce cas considérez qu’on puisse aussi faire le choix de celui/celle qui va vous prodiguer des soins, et faire appel à la discrimination parmi
des personnels aux compétences (ce qu’on attend d’eux) identiques. Et le cas s’est déjà posé. Homme, femme, de confession ceci, cela, etc.

Pour revenir à la protection assurée par le SPHP. Pourquoi ne pas imaginer qu’un jour les femmes soient exclues pour des critères physiques, d’autres pour des
critères raciaux, etc. L’appartenance syndicale et l’opinion politique comme le reste relèvent de la DISCRIMINATION.

Le plus évident, le plus plausible aussi, étant que si par hasard, par opportunité, pour une raison X ou Y, une taupe fonctionnaire infiltrée se glissait dans le
proche entourage d’un homme politique, imaginez-vous vraiment qu’elle se pointerait avec son pedigree syndical dans une main, et un étendard au dessus de la tête ?

Il faut savoir ce qu’on veut, être strict et très vigilant.
Les valeurs de la République et le SERVICE PUBLIC concernent tout le monde sans distinction. La moindre exception à la règle, la plus infime des DISCRIMINATIONS, est
inacceptable.



Liberté 28/10/2011 21:09



Bénédicte et Marc, votre place n'est pas dehors, mais à l'intérieur. Jamais vous n'auriez dû devenir des ex. Vous avez de la déontologie à revendre à celui qui prétend tout régler en nous
promettant une semaine de déontologie à Gif. Ce métier coule dans votre sang comme il coule de votre encre. Je suis indignée, révoltée, survoltée, que des flics comme vous n'exercent plus. Je ne
reviendrai plus lire ici, ça me fait trop mal. Pauvre police !



Pascal L 28/10/2011 19:42


Voilà un bel article qui, avec un peu de manipulation, aurait pu faire la une des journaux écrit et télévisés, mais personne n'en parlera, sauf ici!


Ton Mari 28/10/2011 19:13



Heureusement pour toi, cela fait belle lurette que le PS n'est plus un parti de gauche, mais un parti libéral qui dira "Mais oui, Madame, mais oui Monsieur" aux agences de notation, celles-là
même qui décident de notre triste sort.
Protection nulle part, injustices partout.





bénédicte desforges 28/10/2011 18:42



... et j'ajouterais que si le parti socialiste était encore un parti de gauche, j’aurais honte d’être gauchiste.