Flic mort, flic blessé, tolérance zéro

22 Septembre 2012

Cannes 22sept2012

Un policier de 27 ans est décédé la nuit dernière vers 3h40 à Cannes dans un accident de la route avec un véhicule qui venait de refuser de se soumettre à un contrôle routier [suite - Nice Matin 22/09/2012]

mise à jour : Au début du week-end, ce conducteur - Adil Briki - très connu des services de police pour des faits de violences et de trafic de stupéfiants, a tué un policier... [suite - Nice Matin 23/09/2012]

 

À mes collègues :

   La Loi fait de moins en moins autorité. Même le code de la route. Pourtant, la Loi est juste et rationnelle.
Un contrôle routier peut être plus dangereux qu’une intervention sur un braquage. Ça ne date pas d’aujourd’hui, je sais, mais c’est de pire en pire.
Il y a des risques à exercer ce métier, je le sais aussi, mais je sais surtout tous les risques qui pourraient être évités et ceux qui n’auraient jamais dû exister.
   Votre uniforme incarne à lui seul des valeurs républicaines essentielles. Entre autres, celle de l’ordre nécessaire à la paix, cet ordre-là qui ose dire son nom, parce qu’il est socialement moins contraignant qu’indispensable : l’ordre public.
Et quand la vie quitte cet uniforme, quand il se tache ou se déchire, quand on ne le voit plus, et quand il devient une cible, c’est un renoncement monstrueux à ces valeurs là…
   Elle est inconcevable mais elle existe, cette terrible vulnérabilité, cette indifférence, qui rend presque normal et justifié le fait qu’un flic puisse se prendre des coups, du plomb, une balle, la mort en pleine gueule, dans l’exercice de ses fonctions.
   Je ne suis plus flic, mais j’ai eu la chance de connaître une époque où la solidarité n’était pas un vain mot.
Retrouvez-la, réinventez-la.
Le faisant, vous ne sauverez pas qu’un métier, mais aussi un service public.
L’enfermement dans un corporatisme aveugle et désespéré ne servirait et ne menerait à rien.
   Le système et l’opinion voudraient peut-être que vous soyez de simples outils à fabriquer de la sécurité, mais vous êtes bien plus que ça. À défaut de manifester, manifestez-vous de façon simple et immédiate à chaque drame qui vous touche, en n’assurant, pourquoi pas, qu’un service minimum.
   Il se pourrait bien que votre discrétion ou votre absence de la voie publique incitent la reconnaissance et l'écoute qui vous manquent tant.
   Prenez soin de vous, et soyez prudents,
   Il y a une vie après le boulot.

B.D.

Grève du zèle, mode d'emploi 


En fait, c’est assez simple : laisser le flic de coté et devenir pleinement fonctionnaire.
Il s’agit de grève du zèle, pas d’une grève.
Doucement le matin, pas trop vite le soir.
Pour ça, il suffit juste de suivre à la lettre des règlements, notes de service et consignes que l’on a tendance à négliger.

Éléments de réponse pour gérer efficacement son zèle :
À chaque prise de service, faire soigneusement le tour du véhicule, et procéder à un certain nombre de vérifications. Prendre son temps, c’est important pour la sécurité des effectifs.
Contrôler tout ce qui pourrait occasionner une panne, et qui du coup nuirait à la continuité du service public (niveaux, etc) En cas de doute sur un point particulier, demander à collègue d’y jeter un œil à son tour.
Vérifier évidemment, tout ce qui serait susceptible d’être verbalisé s’il ne s’agissait pas d’un véhicule de police (clignotants, feux, pneus lisses, etc), et qui représente donc un danger pour soi-même et autrui.
Si la constatation est faite que quelque chose n’est pas conforme, rédiger aussitôt un rapport détaillé. Les services techniques auront besoin d’un maximum de précisions pour entreprendre les réparations adéquates.
Prendre son temps, on ne rigole pas avec la sécurité,
Ne pas hésiter à immobiliser le véhicule, et s’en faire attribuer un autre.
S’il reste un véhicule de remplacement disponible, réitérer les vérifications de la même façon sur celui-ci en application des notes de service et consignes en vigueur.

Quand tout est fait, prendre éventuellement la route pour patrouiller tranquille pépère, et respecter le code de la route comme un jour d’examen du permis de conduire.

Ne pas prendre d’initiative particulière.
Pas de contrôles routiers, ni de contraventions.
Au pire, faire cesser l’infraction sans verbaliser, saluer aimablement le contrevenant, et passer son chemin.

N’intervenir que sur appel, et conformément au règlement, ne faire usage du gyrophare et du deux-tons qu’en cas d’attaque thermonucléaire, s’arrêter au feu orange, ne mettre une roue ni sur une ligne blanche, ni dans un couloir bus. Aucune urgence ne saurait justifier la mise en danger des fonctionnaires de police et des citoyens. 50 km/h en ville.

Pas de contrôles d’identité non plus (ni de contrôles au faciès, mouarf..)

Pour les fonctionnaires des services dédiés à l’anti-criminalité, ne partir en aucun cas à la chasse au délinquant, attendre qu’il vous tombe dans les bras.
N’intervenir que sur appel, ou si un flagrant délit a lieu dans le périmètre visuel de l’équipage.

Voilà. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
 

La grève du zèle pour les nuls (article du 30 avril 2012)

B. Desforges

#actu police

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