Impitoyable

24 Septembre 2006

  Ce jour-là, personne n'a su dire ce qui lui était passé par la tête.
Tournée du matin, fin de service à midi, l'équipe qui patrouillait à pied sur le quartier des Abbesses rentre au poste, comme d'habitude un peu en avance. Pas question d'offrir une minute de travail en plus à notre gracieux commandant qui n'avait de cesse de compter les PV manquants et les têtes sans casquette.
Les collègues rentrent rapidement dans le vestiaire pour être en civil à midi tapant, dans la rue à midi une, et dans le métro à midi deux. Les portes des armoires métalliques claquent et s'entrechoquent.
Et lui, ce grand con, a sorti son arme de son étui. Sur le coup, personne n'y a vraiment prêté attention. Et il s'est dirigé au fond, vers les gardes à vue. Et il y a eu un coup de feu. Et des cris. Et un fracas terrible.
Tout le monde a accouru. Lui, il rengainait tranquillement son pétard, le visage calme, et un sourire en coin.
Il avait tiré dans les chiottes. Il avait explosé la cuvette des chiottes.
On n'a jamais compris pourquoi il avait fait ça.
Même à l'IGS, il n'a pas voulu le dire.
Les seules chiottes du poste de police.
 

texte extrait de Flic, chroniques de la police ordinaire

Bénédicte Desforges

#chroniques d'un flic ordinaire

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