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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 18:34

 

 

«Sa passion, c'est le football et la politique...
N’importe quel slogan l'enthousiasme !
l’essentiel, c’est qu’il participe.»
*

 

 

(novembre 2005)

Par les temps qui courent, les beaufs sont déchaînés. On les observe comme en temps de guerre semble-t-il. Ils sont à la limite de faire des réserves d’eau minérale, okazou la racaille empoisonne les puits de flotte.
Leur excitation d’être les figurants-victimes dans une guérilla urbaine est palpable.
Ils ont des ennemis partout, ils peuvent enfin donner un sens à leurs haines.
Un beauf, ça croit aux ovnis, et ça aimerait être l’élu pour accueillir un extra terrestre, ils auraient plein de choses à se dire... Mais un beauf, ça ne dit pas bonjour à Rachid et Malika d’en face.
Un beauf ça veut virer tous les non-beaufs hors de France, pour qu’il n’y ait plus que des beaufs dans le métro.
Les beaufs, ça aime les voitures, surtout si elles ont des longs capots, phallus dont ils se proposent d’être les couilles dont ils manquent tant.
Aujourd’hui, le beauf est persuadé qu’un complot incendiaire est dirigé contre sa bagnole. Ça donnerait un sens aux crimes dont il rêve.
Le beauf écoute Johnny chanter Allumer le Feu, mais ces temps-ci, il ne trouve pas ça drôle.
Mais le beauf n’a pas peur, le beauf est prêt à prendre les armes.
Un beauf se nourrit des informations des autres beaufs. Si le beauf n’était pas raciste, on pourrait parler de téléphone arabe.
Mais les beaufs ont toujours un pote arabe, pour te prouver qu’ils ne sont pas racistes.
Les beaufs se fédèrent rapidement en cas de crise, les beaufs s’identifient entre eux comme des chiens, ils pissent sur les mêmes arbres.
Regarde-les sur les aires d’autoroute, ils ont des signes de connivence avec leurs caravanes jumelles et leurs joggings qui n’ont jamais connu d’autres sueurs que celles de la cuite. Ils échangent volontiers deux ou trois mots d’amitié à propos du bougnoule à la voiture surchargée de cadeaux et d’enfants, qui file vers le bateau de Marseille pour faire un tour au bled. Le pauvre… Dire que là-bas, il est un immigré pour les siens…
Mais, dit le beauf, Chacun sa merde, puisque ce sont eux les responsables du trou de la sécu. Le beauf ne parlera pas de lui, qui a force de bouffer trop gras, passe son temps chez le toubib car il a peur d’en crever, qui trouve que les médicaments génériques ont un drôle de goût et une efficacité douteuse, et qui ne se sent pas soigné si son ordonnance n’est pas la prescription de la version intégrale du Vidal.
Le beauf oubliera l’été de canicule où les seuls corps abandonnés avaient des noms bien français.
Mais le beauf respecte les institutions. Un beauf ça se marie à l’église bien que ça ne croit en rien. Ça baptise ses enfants, parce qu’on ne sait jamais. Ça consulte aussi des voyants, et ça se croit médium à la première coïncidence.
Le beauf a un arbre généalogique, plein des impuretés de l’Histoire.
Demain
C’est possible
Si les beaufs prennent le pouvoir,
Tout peut recommencer.

 

 

*Dimitri « L'Abattoir »
 

 

 

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commentaires

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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