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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 22:21

  Les défenestrés. Je les ai comptés sur une année, treize. Des suicides et des chutes accidentelles. Des morts, des blessés et ceux qui se relèvent après trois étages et une chute sur le bitume. Un jour, on a presque dû s'asseoir sur un jeune type, qui était tombé d'un deuxième étage, et qui voulait remonter finir son verre sans attendre les pompiers. Celui-là, il s'était déchaussé une dent.
Une autre fois, un enfant de deux ans est tombé de trois étages sur des pavés. Il jouait avec ses frères et sœurs, et comme il était le plus petit et le plus léger, c'est lui qui a fait l'oiseau.
  C'était un dimanche de permanence, il ne se passait rien, et je n'étais pas sur mon secteur, mais en vadrouille à l'autre bout de Paris. C'est toujours dans ces cas-là qu'il y a urgence... J'ai été appelée, et on m'a dit de faire vite, que le Samu était déjà sur place. L'officier doit être présent sur ce type d'intervention, alors l'officier du dimanche que j'étais a branché la musique et la lumière bleue, et a retraversé Paris vers son secteur. Arrivée sur les lieux, je vois un attroupement qui discute bruyamment au milieu de la rue, en regardant et désignant du doigt la fenêtre ouverte d'où était tombé l'enfant. J'ai eu beau regarder au sol, je ne voyais rien. Ni brancard, ni couverture de l'Assistance publique recouvrant quoi que ce soit. J'ai demandé où était le gamin et le médecin du Samu m'a montré un petit qui sautillait au milieu d'autres enfants. C'est lui. Rien... Il ne s'est rien fait. Pas un bleu. Et même pas peur.
  Un autre dimanche de permanence, une femme a jeté sa fille de deux ans par la fenêtre et s'est jetée derrière elle. Neuf étages. La mère est morte, presque sur le coup. La petite, au bout de trois heures de tentatives de réanimation sur place. Intransportable. Je me rappelle. Ils ont enlevé tous les tuyaux de sa bouche, son nez, ses veines. Sa tête a roulé sur le côté. Poupée fracassée... Tout son sang est sorti par ses narines. On est allés dans l'appartement. Il était fermé de l'intérieur. Le couvert était mis pour deux, et le yaourt de la petite fille n'était pas fini.


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commentaires

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

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