Patrouille de filles

23 Janvier 2011

petite histoire rigolote dédiée à mon amie Pascale.

Pascale

  Quand j’étais le lieutenant de permanence du dimanche, j’aimais bien patrouiller avec une fille. C’était mon incontournable rituel, mon caprice décidé d’avance pour ces tournées plus longues que celles des autres jours de la semaine. Je trouvais ça reposant, apaisant. Une fille, ça fait moins de bruit, ça gesticule moins, ça ne rigole pas dans les basses fréquences en mettant des grands coups de patte sur le tableau de bord, ça n’ouvre pas la vitre pour hurler : « Et ta chiotte, papy, tu la dégages ou faut que j’t’aide avec un décapsuleur ? » Une fille dans une voiture de police, ça fait joli, ça peut prendre une voix d’hôtesse de l’air sur les ondes, ça contredit les préjugés. Et puis, ça sent bon une fille, ça chlingue rarement des arpions ou des aisselles. Et quand on passe plus de huit heures en voiture à ratisser quatre arrondissements en plein été, ça y fait et pas qu’un peu.
  Une paire de filles, c’était vraiment la patrouille idéale du dimanche.
  C’est ma copine Pascale que je préférais comme équipière, une ex-championne de boxe française, férue des méthodes alternatives de l’analyse transactionnelle. Je me disais qu’entre sa force de persuasion, son coup de pied fouetté et mon mawashi, en cas de baston, on ne s’en sortirait pas forcément moins bien que deux vieux collègues bedonnants et bas du derche.
  Un dimanche, donc, où j’avais magouillé à l’avance avec mon chef de brigade pour qu’il me colle Pascale en chauffeur de ma voiture d’officier, on était en ronde sur le district, devisant gaiement dans nos effluves de patchouli et de vanille, quand un appel radio nous est parvenu. Il s’agissait de se rendre au Parc des Princes en renfort et, une fois sur place, de prendre contact avec le commandant d’une compagnie de CRS.
  Je ne me souviens plus de ce qu’il y avait là-bas ce jour-là, un match de foot ou un concert, mais un gros dispositif de maintien de l’ordre commençait à être mis en place pour la soirée. Nous nous sommes donc annoncées, nous dirigeant vers les beaux quartiers, et Pascale fit gracieusement brailler les pneus autour de la place de Clichy pour foncer vers l’Étoile, son avant-bras hâlé à la portière et ses bouclettes voletant autour de son visage rond.
  Arrivées au Parc des Princes, nous avons commencé à chercher la CRS avec laquelle nous avions rendez-vous, en roulant au ralenti le long des dizaines de cars stationnés et en essayant de repérer le numéro de la compagnie qui nous attendait. Nous étions tout à nos recherches quand on a entendu une voix tonitruante au-dessus de nous.
  « Ohéééééé ! Oh! les pépettes ! »
  C’était un CRS hilare, penché à la fenêtre d’un car, en gobe-sueur et bacchantes au vent, qui nous hélait.
  « Voilà bien notre chance, j’ai dit à Pascale, on se fait alpaguer par une section de CRS du Nord. Ils sont terribles, que des sous-baloches qui parlent ch’ti et qui ont voué leur âme et leur corps au maintien de l’ordre et au bitume. »
  Et l’autre continuait :
  « Waaah! hé, ho, les mecs, venez voir, y a deux filles, y a deux fiiiilles dans une voiture de poliiiice ! »
  J’ai de nouveau levé les yeux vers le car et je l’ai vu, entouré de deux clones tout pareils, grassouillets et moustachus.
  « Mais ils sont cons ou quoi, ces têtes d’enclume ? a dit Pascale.
  – Bouge pas, je vais leur demander », je lui ai répondu.
  Je suis descendue de notre joli carrosse sérigraphié en bleu, blanc et rouge.
  « Vous êtes cons ou quoi ? Et le respect ?
  – Ah! Le respect… Le respect ? Le respect ! Aaaah, les filles ! Vous montez dans le car ? Miam miam! »
  Je me suis penchée vers Pascale et je lui ai dit qu’à vue de nez, ils étaient complètement mûrs et chauds bouillants, et qu’il valait mieux partir dignement avant d’atteindre des limites disciplinairement irréversibles.
  Je me suis redressée de toute la grandeur de mes galons et leur ai lancé :
  « Messieurs, vous avez tous des tronches à bouffer des tartines de saindoux trempées dans un bol de bière au petit déjeuner, souffrez que nous prenions congé à l’instant. »
  Nous les avons laissés à leurs mines déconfites et avons vite rejoint la CRS 1 de Vélizy, celle des escortes présidentielles, effectifs rasés du jour avec les oreilles bien dégagées, autrement plus distinguée.

récit extrait de Police Mon Amour

Bénédicte Desforges

#chroniques d'un flic ordinaire

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sylvie 31/05/2011 23:52


eh bien enchantée de savoir que c'est elle, pour une fois que je reconnais quelqu'un ! je ne sais pas comment faire pour qu'on soit en contact histoire d'échanger quelques "souivenirs" . c'est elle
qui m'a fait connaitre Paule SALOMON et sa "femme solaire" ! mais elle ne se souviendra peut être plus de mon nom (de jeune fille!) est il possible de vous envoyer mon adresse mail professionnelle
afin que vous lui communiquiez? ya t il possibilité d'envoyer un message privé dans votre blog avec mon adresse mail?
il y avait 2 Sylvie au 18! moi , je suis Sylvie B : la bonne!!!!!!
En ce qui me concerne, je suis flic en guadeloupe; donc décalage horaire 6h !
Merci
cordialement Sylvie


bénédicte desforges 01/06/2011 01:18



J'ai répondu à ton mail !
(je me rappelle des lectures de Pascale, c'était après son époque je-veux-nager-avec-les-dauphins^^)



sylvie 31/05/2011 20:12


Bonjour
je ne mettrai aucun commentaire sur les relations hommes femmes dans la police, ni de réactions masculines à l a vue de patrouilles "féminines"; nous avons certainement toutes vécu un ou plusieurs
similaires épisodes avec des cies CRS ou tout autre corps constitué..; du Nord en passant par l'ESt etc....; donc aucun intérêt pour moi de donner mon sentiment, cela serait superfétatoire. Je
voudrais juste poser une question à Bénédicte, et savoir si Pascale qu'il me semble reconnaître est bien Pascale B..; qui était ensuite au 18°.(avec moi) C'est une copine, que j'ai perdu de vue en
1995, et qui avait, il me semble pris une dispo pr des raisons strictement personnelles, et qui m'a fait découvrir beaucoup de lectures intéressantes (les runes, littéraires etc) s il s'agit
d'elle, j'aurais vraiment apprécié savoir ce qu'elle est devenue car je l'aimais beaucoup. et nous nous sommes perdues de vue lorsqu'elle a pris sa dispo et moi une mutation. Lorsque je rencontre
des anciens du 18, personne ne se souvient d'elle. merci.


bénédicte desforges 31/05/2011 23:34



Bonjour Sylvie,
Oui, c'est bien elle et... je sais où elle est ! :)



Eric 12/03/2011 21:50


Bonjour bénédicte, si un jour tu es de passage dans le Nord, n'hésite pas à venir nous saluer, tu pourras constater que dans notre région, nous ne sommes pas tous sous baloche, grassouillet
moustachus et que nous n'avons pas à rougir de nos collègues de la CRS 1.
Tu remarqueras que je ne te demande pas de venir avec ton amie !
mais si elle est là, c'est bien aussi ! : )

Bonne continuation


crs_qui_pue 12/02/2011 08:25


Perso suis CRS et ce chapitre là m'a bien fait rire parce que j'ai vécu cette scène plusieurs fois, la répartie en moins. D'ailleurs ça m'aurait vexé que l'auteur nous dépeigne comme des gens
précieux. Nous sommes méchants, sales, grossiers, machos à souhait et paraît même que nous faisons peur parfois (de moins en moins). Et non, les CRS ne sont pas des collègues normaux, manquerait
plus que ça. C'est toute la différence entre les urbains et nous d'ailleurs, nous sortons de la norme à bien des égards. Cela dit nous, on s'en fout. On est logés en hotel 3 étoiles (d'où j'écris
ce commentaire), on nous paye nos heures supp et nos déplacements alors évidemment ça fait des jaloux et des jalouses. Mais viendez les petits ! Il y a de la place pour tout le monde, la preuve,
les femmes débarquent chez nous :)


nina 07/02/2011 00:24


N’ayant pu, malgré mes démarches en ce sens, faire valoir mes droits en justice - j’ai en effet contacté des responsables, des institutions et personne n’a pour l’instant voulu m’apporter son
soutien, pourtant nécessaire. Cela a eu toutefois le mérite de faire passer un petit peu mon témoignage - j’ai donc décidé de faire un scandale, le plus énorme possible et c’est pourquoi je fais
circuler l’adresse de deux blogs que, pour l’instant, j’ai pu publier à la suite de ces démarches infructueuses, dans l’espoir qu’à force de tapage, cela suscite suffisamment d’interrogations de la
part des gens pour que je puisse enfin voir les faits que je relate au moins examinés par la justice et être entendue. C’est tout ce que je demande.

http://blog-etc-temoignage.blogspot.com/
http://swaplitteraire-nina.blogspot.com/


bénédicte desforges 07/02/2011 00:54



Nina ? Ta gueule.

http://www.ch-sainte-anne.fr/



franck 27/01/2011 00:19


concernant les crs , jai eu affaire a une du nord , c est vrai qu'il y avait des chemises bien tendus avec des boutons prets a craquer . mais ces mecs ont peur de rien et vont au casse pipe dés
qu'il le faut . par contre , concernant la zenitude des filles, j'ai fait 6 commissariats, et franchement , c est pas la premiére des qualités des femmes , non seulement policiéres, mais les civils
, n'as tu jamais arrêté une voiture et t être engueuler avec la passagére , femme du fautif, qui se retrouvait alors avec l amende a cause du tempérament colérique de sa femme .
mais certaines sont vraiment trés courageuse, ca ne suffit pas toujours, mais ca fait du bon flic le courage .


Jean-Michel 26/01/2011 00:34


Des commentaires souvent plein de verve! lol un blog vraiment plaisant dont je fais circuler l'adresse autour de moi!


Pascale 24/01/2011 17:56


Bravo et merci Ben!
C'est marrant, c'est vivant, c'est du récit à fond la caisse donc, le contraire d'un rapport et c'est trés bien comme ca!
J'adore ton style et en plus là...ca m' rajeunit!
C'est vrai qu' "ils" interdisent 2 filles dans une bagnole maintenant?
Et personne n'est encore venu à l'idée d'interdire 2 gars seulement?
Ètrange étrange...
Allez, je repars sur mes canassons, sans tu-ta et sans pin-pon!
A+ et biz
Pascale


Vincent d'Eaubonne 24/01/2011 07:31


Finalement, ce que j'aime bien aussi dans vos pages c'est les commentaires. Pour le pékin de base comme moi, qui ne connait rien ou quasi à votre métier, avec aussi 3 ou 4 vieilles salades avec des
flics "pas à la hauteur" (une sévère, quand même, quand j'étais ado où je me suis fait bastonner parce que je dormais sur une plage par des avinnés, mais pardon, je dérape, c'était des gendarmes),
et qui subit comme tout citoyen lambda la pression les on-dit défavorables sur la Police (mais je résiste)...ces commentaires, donc, m'aide à prendre du recul et à éviter les généralités.

En plus, les commentaires sur ce site, je les trouve nettement plus intéressants et intelligents que ce que je peux croiser de ci de là sur la plupart des blogs. Et globalement beaucoup mieux
écrits aussi.

Et pour contrebalancer ce que je disais plus haut sur les vieilles salades, je pourrais citer aussi de nombreux moments agréables avec des policiers tout à fait compétents et sympas : un lieut' qui
vient me voir pour me remercier de mon intervention sur le lieux d'un accident, et m'apprendre quelques trucs, un CRS lors d'un face à face paisible, des contrôles routier qui, après la rigueur
nécessaire des premiers instants, deviennent des échanges cordiaux... C'est simple, dans mes bons jours, je salue avec un franc sourire. Bon, faut que je fasse gaffe quand m^me, un jour il y en a
un qui a cru que je me foutais de sa gueule, j'ai eu du mal à le convaincre du contraire, le pauvre.

Et pourtant, je n'ai pas un dégaine passe-partout : avec mon gilet, mes cheveux longs et mon chapeau mou, à 53 ans, on me prend souvent pour un gitan ou un manouche (chez qui j'ai d'ailleurs pleins
de potes, encore une communauté sur laquelle les préjugés sont sévères...)

Donc pour conclure, merci pour le blog et merci aux commentateurs : vous êtes lu et appréciés !


laurent 24/04/2009 00:37

c'est bien ecrit

Dominique 11/03/2009 15:50

"Souffrez que nous prenions congé à l'instant" Joli!!! Ils ont dû être épatés, les copains!.  C'est ce qui s'appelle mettre les rieurs de son côté. Mais je dois dissiper un grave malentendu, on peut manger une tartine de saindoux (avec un peu de poivre, vous m'en direz des nouvelles, miam!) mais en aucun cas on ne la trempe dans la bière, ce serait un sacrilège...et je suis un CRS-Ch'ti pur sucre qui se lave souvent et boit très peu.Merci pour tout, Bénédicte...c'est toujours un plaisir.

Ptiga 08/03/2009 21:13


Bin justement, je suis collègue, ch'ti, flamand, je suis entré en 82 dans la boite, je ne suis pas bedonnant, je n'ai pas de bacantes, et j'ai fait mon école à la crs 1 de Vélizy (à l'époque, 1-8- et 61),  j'aime sentir bon et rendre service, et faire mon boulot de manière censée et mesurée, et dans la correction. Bien sur tu ne fais pas d'un cas une généralité. Certes, ils n'ont pas à se comporter comme cela même avec n'importe qui. Toutefois les ch'tis ont le mérite de s'afficher sans détour, bien sur l'alcool aidant, les termes dégénèrent. Mais cela n'aurait pas été plus loin. Les français que ce soit dans le nord ou dans le midi n'ont de toutes façon aucun respect quand ils sont sous l'emprise de l'alcool. J'en ai moi même été victime  de la part d'un capitaine de nuit bien aviné (et le mot ne peut pas être plus juste), qui puait l'alcool, et était agressif, un beau matin trés tôt. Il n'est pas du nord. Je ne suis pas flicard dans le nord, famille oblige-. En tous cas, les faits sont récents et je peux dire qu'à mon age, cela reste gravé dans mon cerveau. Enfin tout ça pour dire en finalité qu'ils soient du nord ou ailleurs, les faits que tu cites auraient été à peu prés identiques dans n'importe quelle communauté, et que le comportement des ch'tis que tu décris n'est représenté que par un petit pourcentage d'entre eux. Et par malheur pour les ch'tis, eh bin t'es tombé dessus. Faut pas faire d'un cas une généralité, car la généralité, dans notre métier, on la subit tous les jours. Mais je te comprends sur le fond. @++

le flic 08/03/2009 23:08



Bien cher collègue,
Merci d'avoir compris qu'il ne s'agissait pas d'une démonstration d'une supposée cuistrerie de la part des CRS en général, ou des ch'tis en général, car loin de moi cette idée.
J'espère n'avoir pas froissé d'autres CRS, d'autant plus que cette histoire aurait pu avoir comme acteurs des collègues de n'importe quelle autre direction, ou n'importe quel
autre service, se faisant chier depuis des heures d'attente dans des cars au soleil, parce qu'en fait, tu l'as compris, c'est aussi de ça qu'il s'agit.
Comme je le précisais plus haut à un autre collègue, mon histoire n'est pas faite pour vexer mais pour rigoler. Les gugusses à qui j'ai eu affaire, je ne leur en veux même pas. C'était un huis
clos police-police. Il faut être capable de tolérer des écarts de langage en famille dans certaines circonstances, y'a pas gros manquement à la déontologie, faut pas déconner. Enfin, moi je vois
ça comme ça, et je règle moi-même ce genre de truc qui reste tout de même rare. Donc voilà, que du pas grave pour le lieutenant que j'étais alors. Si nous avions tous un balai dans le cul, on
aurait du mal à prétendre aux quelques moments de rigolade qu'il nous reste, non ?
Je te souhaite bon courage au boulot, les temps ne sont pas simples...
@+



hadrien 04/03/2009 18:24

C'est quoi un gobe-sueur?

le flic 05/03/2009 00:20



C'est un marcel !



Philippe Sage 04/03/2009 18:18

Bonjouuuur (façon salon de l'Agriculture) !Ben alors "Gilles aujourd'hui", qu'est-ce donc qui t'arrive ?[Oui j'ai bien vu que la taulière avait répondu, mais j'peux jouer aussi ou j'retourne, sans autre forme de procès, "siester" devant Le Mot Le Plus Long ?]J'ai envie de dire : qui n'en a pas, des préjugés ?[absents du billet ci-dessus ..]Il y a une grande différence entre narrer un fait (qui est ce qu'il est) et le commenter.Or là, c'est de la narration, pas du commentaire.Faut pas tout mélanger, sinon après "On peut plus rien dire dans c'pays !" on va passer à "On peut plus rien écrire dans c'pays !".Ce qui n'est pas très raisonnable, encore moins souhaitable, avouons ..Non ?

le flic 05/03/2009 02:01



Avouons ? Mais moi, je t'avoue tout ce que tu veux si tu veux ! :D

Plus sérieusement, Gilles n'a pas compris que je n'ai aucun préjugé, même si je fais une histoire à partir d'un fait isolé que j'avais trouvé plutôt drôle, et qui démontre que (heureusement) dans
les coulisses de la police on peut parfois se lâcher lourdement sans conséquence.
Les CRS, ce sont des collègues, je les aime bien, ils font un sale boulot que peu de gens comprennent. Ils passent pour des cons. Sauf quand ils tombent la tenue MO pour un t-shirt
de maitre-nageur-sauveteur sur les plages, et que là, d'un coup, tout le monde les trouve merveilleux et très fréquentables. Ce sont pourtant les mêmes, et l'appréciation tient donc à peu de
choses.
Et comme tu le dis, je raconte, je ne fais pas d'étude analytique du comportement du poulet en plein air, je ne fais pas la sociologie du CRS, ce n'est pas le sujet.
Mais pour ceux qui veulent de la police et du flic décortiqués, il y a quelques bouquins très soporifiques. Enjoy.



gilles 04/03/2009 09:54

bonjour, je viens de parcourir ces quelques lignes et je me pose une question : Avez vous des préjugés aussi régulierement ? A priori vous êtes une personne ouverte d'esprit, hors là vous nous sortez un cliché à deux francs (ou euros peu importe). Est-ce à dire que seuls les CRS de la 1 (qui ne font pas le MO) sont des personnes "rasées", "polies", "respectueuses", bref "présentables", à vos yeux ????
Pour ma part, je suis détenteur d'un Bac + 4, je me rase tous les jours, je mets même du parfum (!), et je n'ai jamais manqué de respect envers quiconque.... et pourtant je suis CRS en Compagnie de MO !! et oui ! des gens normaux existent en CRS et ils constituent plus de 90 % de nos unités....
Merci encore pour ce joli cliché des Compagnies Républicaines de Sécurité......

le flic 04/03/2009 10:40



Ah !
Tu as tardé à venir, mais on t'attendait !
Toi le CRS susceptible et pointilleux qui, tout comme quand il s'apprête à faire un refus de cantonnement dans un 4 étoiles, et qui en passant sa main gantée de blanc en haut d'une armoire,
vient d'y trouver un peu de crasse qu'il regarde en pinçant du groin, tout en calculant mentalement (il peut avec bac+4) ses IJAT et ses heures sup.
Tu vois, j'en ai encore des préjugés si tu me pousses dans ce sens-là.
Mais tu as raison sur une chose : le cliché.
Tout ce que tu viens de lire n'est pas du pur témoignage ambitieux façon Monteil ou Péchenard. Moi, ma carrière, elle est linéaire et banale dans un grade quelconque, je ne suis pas un grand
témoin de l'histoire policière, alors j'écris du véridique mais avec des arrières-pensées (qu'on appelle aussi intention d'écriture). C'est un exercice d'écriture si tu préfères.
Et là (puisqu'il faut que j'explique) ça portait justement sur le(s) cliché(s) et j'en ai rassemblé qlq uns. Faut-il encore que je te les énumère, ou tu les as tous relevés ? Les filles dans la
police, les filles qui sentent bon et les mâles qui puent, mais leur grossièreté qui se vaut bien, les ch'tis qui sont des lourdingues, les CRS de la 1 qui se la pètent, etc, je continue ?
En revanche, je voudrais bien que tu me détailles un peu le cliché que tu exprimes. Tu dis que les CRS sont constitués de 90% de gens normaux. Forte de mes clichés de petit flic insignifiant et
peu qualifié, je pensais idiotement que les CRS étaient à 100% normalement constitués. Mais alors de quoi est fait le reliquat de 10% ?
Allez, lacrymo pour tout le monde.



paul 24/02/2009 21:42

Réponse au talent d'écriture du 29:

si Il y a une différence énorme!.. Oui la police contient le même échantillonnage de qualité d'être humain que dans la plupart des autres professions, bien entendu!.. Mais la différence est que vous représenté la loi, (si mal dans sa propre foi, qu'elle ne cesse de se substi-tuer à elle même)... cet espèce de tabouret sur laquelle on peu se juché devant l'autre, celle qu'on s'imagine,.. avec en prime une arme légale vous permettant de mettre "le point final" à toutes discutions... entre le tronc et l'écorce de la réalité...

le flic 25/02/2009 13:13



Non. Vous faites erreur.
Il n'y a pas de tabouret dans la dotation administrative.



kokoro 24/02/2009 15:50

"Merci merci, je ne sais pas si c'est vrai mais ça fait plaisir de l'entendre... Et ça change des "abruti de poulet" :P"

Oui, sinon quel intérêt de l'écrire ;) :D

Bon j'avoue qu'il m'arrive de penser aussi parfois "abruti de poulet" à l'égard de certains de vos collèques, mais un je ne me limite pas à la profession de policier pour ce genre d'appréciation, 2 étant à mes heures un parfait abruti je pense savoir les reconnaître.

Et heureusement que les flics ne sont pas (tous ??) aussi con que l'on veut bien le dire ou l'écrire, sinon on s'en mordrait les doigts.
Aucun doute sur la difficulté de l'apprentissage et encore moins sur celles liées à la fonction.
Et pour finir je confirme que mettre une école d'infirmière à côté c'est tout sauf réglo (en même temps... Ca aide à supporter non ?) :D

Guy_Fawkes 24/02/2009 00:13

@Salvatore

Donc les fliquettes aux traits délicats genre Bénédicte, ce n'est qu'un minuscule pourcentage en école ? :-D
Même, je pense que Madame n'apprécierai pas si j'allais courir après les infirmières...!

Un mea culpa : je réalise que j'ai pu apparaitre prétentieux dans mes commentaires et laisser entendre que tout les flics sont des idiots, je vous assure que ce n'est pas le cas. Autrement je ne voudrais pas faire ce métier. Donc, milles excuses à Béné, Salvatore et tout les autres fonctionnaires de police qui sont sur ce blog, ce n'était vraiment pas l'intention première d'apparaître comme ça.

En ce qui concerne le concours, mis a part la dissertation et l'oral de langues, ça n'a pas l'air des plus facile...Ce qui me fait vraiment flipper c'est l'entretien avec le jury, non pas parce-que je ne me sens pas capable de garder mon calme face à des remarques déstabilisantes, mais bien parce-que j'ai une peur certaines qu'ils ne trouvent pas mes propos à leur goût et décide de m'évincer du concours. Alors j'essaie de regarder des reportages sur les écoles, pour voir un peu la mentalité des gens qui incorporent mais bon...C'est toujours le 14 Juillet dans mon estomac. (Bon ça a peut-être aussi à voir avec le pastaga, je suis de retour dans le Sud)

En revanche, je maintiens le fait que mon envie d'entrer dans la PN (et pas la mumu) vient principalement du fait de vouloir protéger les gens. Je ne dis pas forcément que c'est la meilleure des raisons, mais j'y croie fortement pour le moment. J'aimerais juste comprendre (sincèrement) comment, si l'on a pas ça en tête, on aimerait rejoindre la police ? Éclairage de lanterne nécessaire pour un vilain conspirateur de la perfide Albion.

Salvatore 23/02/2009 15:33

Merci merci, je ne sais pas si c'est vrai mais ça fait plaisir de l'entendre... Et ça change des "abruti de poulet" :P

Sinon je voulais rebondir (oui je sais, je suis boudiné en ce moment :/) sur les propos de Bénédicte qui invitait Guy à se présenter au concours de gardien et de finir major de promotion.
Je tiens à préciser que cela n'a rien d'une tâche facile... Personnellement, je n'ai pu sortir que dans le premier tiers seulement malgré des efforts certains.
Pourquoi ? Parce que ces salauds de la Direction de la Formation de la Police Nationale collent les Centres de Formation de la police (où il n'y a que des mâles, puant ou non) jouxte des écoles d'infirmières !!!
Alors l'aguerrissement oui, l'excellence au niveau physique et intellectuel encore oui, une discipline de fer oui again mais ça... Pfff ce n'est pas réglo !
Du coup, je dois bien avouer que j'ai plus travaillé mon module "La Grande Evasion" que celui du Code de Déontologie m'apprenant que je ne devais pas être tortionnaire, facho et adepte de la tarte aux phalanges de dotation individuelle sur des mamies à lunettes menottées. Mea culpa maxima culpa...

Mais cela a du bon ! J'ai perfectionné ma technique du Fusbury ce qui me donne un avantage certain contre les voleurs par escalade :D
Pas un Yamakazy ne peut me semer.
Et accessoirement, ce qui est moins utile vu l'intérêt, je connais toutes les techniques d'infiltration d'une caserne de CRS... La technique la plus connue est très similaire à certaines approches de chasse : Mettez une poule d'eau aux couleurs vives (comprendre peinte à la truelle) à proximité du logis du mâle CRS et vous aurez tout le temps de passer le mur voire même de construire un échangeur d'autoroute. :D

Après tout est une question de priorités :D

kokoro 23/02/2009 08:28

Je ne vais pas redire que j'aime parcourir ce site, par contre je vais ajouter que j'adore lire les commentaires "argumentés" de Salvatore.
D"solé pour le hors sujet

le flic 23/02/2009 10:33



Oui. Pas con pour un gardien de la paix, hein ?
Cqfd