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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 21:58

 

© Only Photo (Henri)

 

  La justice a parlé.
  La justice a tranché dans le vif. Et dans le mort.
  La justice, reine des institutions, avec sa belle gueule d’innocente, et sa petite balance dans sa main blanche…
  La balance du pour et du contre, du bien et du mal, des vies qui comptent et de celles qui ne valent pas grand-chose.
  Six mois ferme pour la mort d’un flic. 

  « violences volontaires sur agent de la force publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner. »
  Le jour des faits, l’administration police avait déjà conclu - avant le début du commencement de l’enquête, avant que soit entendu le premier témoin - à un accident.
  Les violences étaient délibérées, intentionnelles, mais il fallait déjà minimiser.
  Pour la sanction minimaliste, la justice a suivi.

  Et pourtant,
  Des violences volontaires sur agent de la force publique dans l’exercice de ses fonctions...
  De vagues souvenirs de droit pénal m’indiquent que ce détail constitue une circonstance aggravante. Mais ça, c’est la théorie du droit. Et le droit n’est juste que dans les livres.

  ayant entraîné la mort sans intention de la donner...
  Sauf que là, face à cette nacelle de manège pour débiles, Reynald Caron n’avait aucune chance. On vous épargnera les détails de son état quand on l’a ramassé.
  Mort sur le coup.

  La peine encourue pouvait aller jusqu’à vingt ans.

  Six mois ferme.
  Triste camouflet.
  Ou déni de justice.
  Les six mois était déjà accomplis en préventive, le jeune Kevin est sorti libre.

  Pardon, je ne m’attarderai pas sur la personnalité de Kevin, je m’en contrefous. Rien ne peut m’émouvoir dans l’idée de sa conscience chargée à mort jusqu’à la fin de ses jours.
À la surenchère des victimes, il n’est sûrement pas le dernier.
  Mais ô scandale, aujourd'hui, je suis partiale et corporatiste : il n’y a qu’une victime dans cette affaire, et c’est Reynald Caron.

  La justice n’est pas une vengeance, me souffle-t-on. Je le sais. Et je ne l’entends pas comme telle.
  Je tente simplement d’interpréter ce verdict honteux, et de lui trouver un sens.

  Quelle est la nature de cette quasi immunité pénale ?
  Qu’est-ce que ça veut dire ?

  Une famille prend acte que la vie d’un homme, d’un fils, d’un époux, d’un père, vaut six mois de mise à l’ombre pour le meurtrier, pas un de plus. Et qu’on peut ressortir libre d’un tribunal après un homicide.
  C’est symboliquement honteux.

  L’autre famille - la police - se pose bien des questions sur le sens de son métier, de ses risques, et de la reconnaissance qu’on lui accorde rarement.
  La mort de Reynald Caron vient tristement de donner un prix à nos vies.
  Que dalle.

  La mort de Reynald Caron a été moins punie qu’un petit braquage sans butin et sans blessés.
  Ça vous parle, ça ?

  Comment ne pas se poser de questions sur les conséquences de ce verdict quand on est flic ?
  Comment, sans aucune velléité de justicier, peut-on ne pas être scandalisé par ces six mois ferme, et se dire que ce verdict constitue une porte-ouverte à une violence facile et admise, vers laquelle on ne veut pas regarder, et nous transforme en cibles low-cost à la seule vue de notre uniforme ?

  Comment ne pas dire haut et fort que les policiers sont partagés entre la tristesse et la colère ?

  Et comment ne pas être effleuré par l’idée que tout ça fait terriblement penser à un permis de tuer ?

 

 

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commentaires

franck 09/05/2012 23:19

rien à ajouter et ce rappel des faits n est pas inutile à la lumiére des faits récents . il faut que l'on se réveille , comment peut on se laisser traiter ainsi, comme des moins que rien ..

une victime 21/04/2009 00:20

six mois pour un accident et une mort d un homme et pas un flic
je suis contre mais la liberté en permanence pour les flics
assassin zied bouna etc etc je suis contre aussi
de qu un flic tue homicide involontaire par contre un accident
d un citoyen lambda homicide volontaire agravant
vive la justice

Maxime 22/03/2009 11:53

BonjourJe pense que la justice accorde bien trop d'importance à l'auteur d'une infraction et à tendance à lui faire ressortir un côté de victime. Mais on oublie également la vraie victime, celle qui souffre, celle qui ne peut plus souffrir et la douleur de ses proches en entendant le verdict. Je suis collègue et je souhaite à aucun de nous et même au autres familles qu'une telle ignominie de la "Justice".La Justice est aveugle, certes mais elle ferai mieux d'ouvrir les yeux de tant en tant ça lui ferai pas grand mal.CordialementMerci pour ton courage Bénédicte

Annie 03/03/2009 12:21

Avis aux candidats aux concours. Ils sont prévenus.
Mes meilleures pensées à la famille de la victime.

lopes 24/02/2009 17:12

c est avec une grande emotion que je me permets de vous ecrires ces quelques lignes!!!! a l heure de auquels le MEURTRE du Gardien de la Paix Renald, j etais moi ADS ds le 93, et cela ma enormenet emue.... je suis de tt coeur avec sa famille, et d une rage impossile a d ecrire pour le verdict de L assasin KEVIN.........cela me donne a nausee, c est injuste, car franchement ds le cas contraire, notre cher collegue aurai eu la perpet...
c est sans appel

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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