La routine

31 Mai 2008

  Impatient de rentrer chez lui après cette longue matinée d’hiver au travail, il presse le pas entre les flaques d’eau gelées.
  Ce matin, il a pris le premier métro, comme toujours. Ce métro d’habitués de la première heure, encore un peu ensommeillés, qui sentent le café, le savon ou la sueur, toujours les mêmes ou presque. Celui qui lit le journal de la veille, et le froisse bruyamment avant de descendre sur le quai, celui qui s’endort sitôt installé sur un siège, celui qui rêve en souriant aux anges, le front appuyé à la vitre, et cet homme qui ne s’assoit jamais et reste debout près de la portière en dévisageant tout le monde. Les stations ont défilé, il les a comptées à rebours, comme d’habitude, et a regardé machinalement sa montre.
   Et puis, il est arrivé au commissariat, a marmonné quelques bonjours, est allé au vestiaire et a passé son uniforme en baillant. Il s’est étiré en fermant les yeux, a fait craquer ses phalanges, et a accroché son ceinturon autour de la taille. Il a placé son arme dans l’étui, glissé sa casquette derrière la boucle de sa ceinture le temps de mettre un coup de peigne dans ses cheveux en bataille, et s’est regardé un instant dans le miroir accroché sur la porte de son armoire.
  Enfin, il a effleuré d’un doigt délicat, d’une caresse, la joue de papier glacé de son fils, espiègle et souriant sur une photo à coté du petit miroir, comme il l’aurait fait d’un porte-bonheur, puis il a refermé l’armoire et glissé la clé au fond de sa poche. Toujours dans le même ordre chaque matin à la même heure.
  Il a patrouillé à pied, et il a vu un jour blafard et froid émerger du brouillard de la nuit, et se lever entre les immeubles. Il a eu un frisson de fatigue, et s’est dit qu’il avait envie d’un café ; et pensant au café, il a eu froid aux mains. Son équipier, marchant à ses cotés, était silencieux. Le matin, il ne se déride et ne parle qu’après avoir bu quelque chose de chaud, et fumé une cigarette, un peu comme lui. Le long des bistros qui levaient le rideau, les rues se sont réveillées sous les pieds des passants, et il s’est dit que c’était bon de marcher dans le même sens que tout le monde sans se poser de questions. Chemin faisant, il a contrôlé l’identité de trois jeunes gens qui s’étaient cachés à son approche, mais ça n’a rien donné, il a aidé une femme qui hululait son énervement à remplir un constat d’accident pour qu’elle se taise, mis quelques contraventions à des voitures mal garées, et décida d’une pause café au poste. A peine la porte franchie, il a croisé le chef de brigade qui lui a lancé « Alors ? déjà de retour ? vous avez fait une affaire ? », et qui s’est éloigné, comme d’habitude, sans attendre la réponse.
  Il s’est servi un café, et a ouvert le journal du jour qui traînait sur la table en commençant par la dernière page. Il a trempé un sucre dans son café, et l’a laissé fondre sur sa langue avant de vider sa tasse brûlante à petites gorgées. Il a replié le journal, l’a reposé sur la table, et est allé chercher son écharpe de laine bleue foncée qu’il avait, comme la veille, oubliée au vestiaire. Quelques instants plus tard, il était à nouveau dans la rue et reprenait sa patrouille, émaillée de quelques banales interventions sans importance. Ainsi se terminait la matinée sous un ciel gris et fade.
  À la fin de son service, il avait regagné le vestiaire, fait les mêmes gestes qu’au matin dans l’ordre inverse, mis son uniforme sur un cintre, enlevé l’arme de l’étui et rangé le ceinturon. Il s’était emmitouflé dans un gros blouson, et avant de refermer son armoire avait jeté un coup d’œil au miroir, et souri à la photo. Il avait quitté le commissariat en envoyant des « au revoir, à demain » à la cantonade, et s’était dirigé vers le métro. Passant devant la mairie, il regardait la pendule, et puis sa montre, se satisfaisant chaque jour qu’elle marque bien la même heure.
  Il n’est plus qu’à deux pas de chez lui, une vague faim lui tenaille le ventre, et il avance à grandes enjambées. Il entre dans le hall de son immeuble, l’ascenseur est en panne comme souvent, et il monte quatre à quatre les marches des deux étages. Il tourne la clé dans la serrure, ouvre la porte et lance « Coucou ! Je suis là ! » Et soupirant d’aise, il pose son sac sur la table et son blouson sur une chaise. « Et zut. Le courrier… » Il ressort sur le palier, et dévale l’escalier en sifflotant. Il ouvre la boite aux lettres, une facture, une carte postale, un magazine, que du banal, pas de surprise. Et il remonte chez lui.
  « Haut les mains ! »
  Il ne l’a pas tout de suite vu derrière la porte, mais là, il se tient face à lui. Bras tendus devant lui, les deux mains qui empoignent solidement la crosse, le doigt sur la détente de l’arme, il le braque.
  « Haut les mains, je te dis ! Et plus vite que ça ! »
  Il est immobile, sûr de lui, il ne tremble pas, ne vacille pas, et le canon de l’arme suit chacun de ses mouvements.
  « Haut les mains et pas un geste ! »
  Le chien du flingue est à l’armé, une balle est engagée.
  « Haut les mains sinon je tire ! »
  Il a le regard noir, déterminé, les lèvres pincées. Le visage légèrement penché, il le vise en pleine tête.
  « Haut les mains ! Peau de lapin ! Pan ! »
  Son fils est train de le braquer avec son arme. Son arme qui était au fond de son sac posé à la hâte sur la table.
  « Pose ça tout de suite, c’est pas un jouet, allez pose-le, murmure-t-il d’une voix blanche.
  - Oh non, on va jouer encore ! Haut les mains, sinon peau de lapin !
  - Pose-le par terre, tu vas te faire mal, dit-il dans un filet de voix.
  - Tu es le gentil, je suis le méchant ! Je vais te tuer. Pan !
  - Arrête… arrête… »
  En même temps que retentit la détonation, il a l’impression que sa tête explose. Une douleur fulgurante traverse sa tempe gauche, il n’entend plus rien, les murs et le plafond basculent, et il tombe. Il y a juste un bourdonnement autour de lui, et du sang sur ses mains, du sang qui coule sur le sol, et son fils, le regard tout rond, l’arme au bout du bras, et dont les lèvres semblent dire « papa… ».
  Et lui, toujours à genoux par terre, rassemble ses forces pour se relever, et se maudit. Se déteste et s’accable en contemplant les gouttes de sang sur le mur. Il regarde son fils d’un air désolé, implorant. Et il se fiche d’avoir dans ce jeu, perdu le lobe de son oreille gauche.
 

texte extrait de Police Mon Amour

Bénédicte Desforges

#chroniques d'un flic ordinaire

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Ptiga 14/03/2009 07:39


La routine ......eh bien tu vois, j'ai pour l'instant jamais fait de faute de manip avec mon arme de service, mais justement, c'est bien ce qui me fait peur. Maintenant que j'ai lu ce texte, "super bien" écrit d'ailleurs, j'y regarde à deux fois avec mon flingue. @++++++++ Ah oui....euh....pour les posts précédents, on est pas des profs de français, et personnellement, j'en fait des parfaites dés fois. Je ne critique jamais les collègues qui font des fautes, mais je les félicite de se renseigner aux autres pour éviter d'en faire, car cela prouve déjà beaucoup de choses sur le bonhomme. @+++. Ch'ti gars.

Ptiga 14/03/2009 07:26

Eh bin moua chui ensien est ge fé jamé deux fote

Salvatore 19/06/2008 11:03

Et puis sur les interventions hors service, surtout quand elles nécessitent la sortie d'une arme (VMA notamment), il est bien plus productif de faire le 17 et de donner de vraies infos sur la situation, avec ton oeil et ta précision de flic, que de partir seul au charbon, armé certes mais sans pare-balle (donc pas couvert par l'administration si tu prends une bastos). Parce que sur les VMA ou sur les interventions chaudes, ce qui manque le plus aux collègues intervenant en service, ce sont des infos crédibles et utiles. Combien de fois on part sur des VMA avec une description de braqueurs pouvant autant coller à Steevie Wonder que Ronald McDonald ? Un flic sur place, c'est au moins l'assurance d'une description précise, d'une direction de fuite, de la description et plaque du VL, etc.

Pour info, un collègue a sorti son arme dans un braco de McDo. L'assaillant a pris 2 bastos mais lui aussi. Heureusement, aucun autre blessé... Ce qui tient à mon avis du miracle. Et tout ça pour un préjudice ridicule d'une centaine d'euros (Les McDo' sont assurés pour les bracos en plus). "Faire du crâne" a parfois ses limites, surtout quand la vie de civils est engagée.
Dans ces cas là, ne vaut-il pas mieux le suivre, téléphone sur le 17 à la main et laisser faire les collègues ?

Le port d'arme, je le trouve utile surtout pour défendre sa peau au cas où. Et en dehors du SGAP ou en vacances à pétahouchnoc, la probabilité de rencontrer un client est mince... Disons qu'il faut éviter la Grande Motte, Cancoon, etc. :P

le flic 19/06/2008 11:17



Y'a pas que les armes dans la vie, y'a aussi le vienzi et le viendon :D

Et Bruce Willis dans tout ça ?



aikicop 18/06/2008 02:42

Bonjour Bénédicte, je suis un pote et collègue de Bernard (et c'est pas facile tous les jours lol)
Je veux réagir par rapport au port de l'arme.
Pour moi, être policier n'est pas un métier mais un mode de vie.
Un métier: tu rentres chez toi le soir, et tu n'es plus ouvrier, directeur ou autre. Tu redeviens MR tout le monde et tu laisses de côté ton boulot.
Alors que médecin, pompier et en ce qui nous concerne, policier, tu es flic tout le temps.
A partir de ce moment là, du fait que ce soit obligatoire et de par mon caractère, Je n'hésite pas à intervenir si besoin tout le temps que ce soit de façon actif ou passif.
Prenant ce rôle au sérieux et aussi du fait que je vive dans un lieu qui peut m'amener à rencontrer certains interpellés, je rentre avec mon arme de service.
Dans ma brigade, je suis le seul avec le chef.

Les autres collegues ne la prennent pour diverses raisons, le plus souvent parcequ'ils ont des enfants, parcequ'ils ont peur de l'utiliser (pas de tirer mais des conséquences même en étant en LD)et plus rarement, parcequ'une infime minorité n'a pas l'âme du flic une fois l'uniforme retiré. ("pas payé pour agir hors service")
Bref, je les comprends aussi même si je ne partage pas trop certains avis mais des questions me viennent à l'esprit: le port de l'arme aide à agir en tant que policier.
Si on est en vacance ou en repos de plus de 2 jours, ou si on quitte l'endroit ou on est territorialement compétent, on remet l'arme au coffre.
Alors, cela signifie t il qu'on n'est "plus flic" dans ces conditions?
De plus, on n'a le droit qu'a la LD pour sortir l'arme, pas à la sommation.Sinon , à nous la GAV.L'arme est vécu comme un handicap. Même certains de nos clients savent qu'on ne peut l'utiliser "comme aux USA" comme ils disent.Alors ou est vraiment son utilite?
C'est un peu brouillon mais je suis fatigué lol
A bientot

le flic 19/06/2008 03:41



Salut aikicop
Je compatis... je compatis... Bernard... Un Bernard dans un service, ça doit pas être simple tous les jours :D
A propos de l'arme, je nuancerais davantage. Je pense qui si on peut la conserver sur le SGAP, et hors période de congés, c'est précisément en rapport avec les trajets ciat/dom pendant
lesquels on est considérés en service. Le reste du temps, les congés, il faut aussi apprendre à lacher prise... Le regard du flic sur la rue, tu l'auras toujours, des réflexes et des possibilités
d'intervenir plus que le quidam aussi, mais de là à taffer 24/24... T'es pas payé assez cher pour ça, en plus. Heureusement qu'on ne peut pas l'utiliser "comme aux USA", parce que heureusement
aussi que les armes ne sont pas "presque" libres de détention et de port comme là-bas. Il n'y a rien de comparable. Au début quand j'étais jeune GPx, j'aimais bien la trimballer partout "au
cas où", et je me disais toujours que c'est pendant les vacances qu'elle me ferait défaut. Genre hold-up à Palavas-les-Flots quoi. Et puis à la longue, je me suis dit qu'elle était très bien
au placard.
Bon, et faut reconnaitre que la plupart de nos interventions se passent sans sortie ou usage de l'arme. Donc valable, hors service et en vacances :o)
Et il y a une vie après le boulot aussi.
@ + !



Laurent 16/06/2008 03:27

mon commentaire était un peu platounet
mais sincère
tutoyons-nous

tiens, ça n'est pas pour te narguer mais j'ai mon Louis qui a fait des siennes (lire Louis et ses larcins (1) sur mon modeste blog
*b*o*n*n*e* *n*u*i*t* *b*é*n*é*d*i*c*t*e*

le flic 16/06/2008 14:47



Il n'y a pas de "modeste blog" !
Il y en a qui manquent totalement de modestie et qui font beaucoup de bruit (de chiotte) pour qu'on les regarde, mais il n'y a pas de "modeste blog", ah mais !

Je suis allée observer le mode opératoire de Louis sur ton blog, et je t'ai laissé un ptit mot :o)



Laurent 16/06/2008 01:50

désolé, aucun rapport avec...
suis juste ravi de te/vous (re)trouver via blog-it
j'avais été emballé par votre blog, votre histoire, vos histoires, il y a... quelques lunes
bien à vous,
Laurent

le flic 16/06/2008 02:28



Merci de revenir Laurent :o) et d'apprécier mes histoires de flic et de flics.
A mon tour de découvrir ton blog (je te tutoie, yes ?)
A bientôt !



Salvatore 15/06/2008 17:11

Mon cher Bernard, au boulot, je n'ai pas encore le net sur le TESA du véhicule mais j'y travaille en bidouillant tout ça mais chut... :P

Donc non, mes pâvés à l'intention des érudits lettrés, c'est sur mon temps libre. De tou'manière, j'lis pô, çô fait gagner du temps. :D

le flic 16/06/2008 02:32



Ohéooo ! Vous vous croyez en salle de repos tous les deux à jacasser là ou quoi ?
Je vous sers un thé avec des ptits gateaux à la cannelle ou ça ira comme ça ?

Et l'autre qui bidouille le matos de l'administration pour troller en service, on aura tout vu :D



Bernard 15/06/2008 01:25

Hého tous les deux vous allez arrêter vos cochonneries oui ?
Y'a du monde ici !

Salvadore, j'imagine qu'en bon fonctionnaire tu as tapé ce pavé énormissime et pertinent durant le boulot. Et nos impôts tu y penses ?!

le flic 15/06/2008 02:16



Ah non, il tape sur autre chose au boulot :D
Et il fraude le fisc, donc il ne pense pas à nos impôts.

caisse kon é kon kan mèm...



Salvatore le rabat-joie :D 14/06/2008 19:18

Petite remarque au passage. S'il y a bien un adage à la con qui rejoint le panthéon des phrases débiles, c'est bien "il n'y a pas de fumée sans feu"....
En tant que flic, je vois toute la perversion intellectuelle qu'il y a derrière cette phrase. Combien de fois l'ai-je entendu dans des dénonciations calomnieuses de pédophilie, viols et incestes. C'est avec ce raisonnement qu'on détruit des vies. Parce qu'une bande de crétins dit un truc, cela fait jurisprudence au Balto. La rumeur est lancée et la personne calomniée n'a plus qu'à refaire sa vie ailleurs quand ça ne finit pas en véritable drame (là aussi j'ai des exemples)...

Dans la police, il y a de tout puisque nous sommes à l'image de la France. Après tout, c'est ce que l'on nous demande. D'ailleurs, on fait même dans la réinsertion sociale et on s'offusque quand au concours on dégage une grosse, un tubard, un amputé de la dernière guerre ou un trisomique. Ces représentants de la France motivée ont même droit à des recours que les autres ne peuvent demander. Alors si la police ressemble à sa population, à qui la faute ?

Quant à opposer sécurité routière et répression, je ne ferai pas dans le poujadisme en y collant sur tout la "politique du chiffre".
Ma conviction est que la sécurité routière comme outil pédagogique et préventif n'a aucun effet et ne prêche que dans sa paroisse.
Pourquoi ? Parce que quand un type grille un feu rouge, quand il manoeuvre comme un con en ville téléphone à la main, quand il a une conduite dangereuse, quand il se gare n'importe comment sans même se poser la question s'il fait chier les autres, ce type là le fait dans l'immense majorité des cas en toute connaissance de cause. Lui rappeler le code de la route, c'est comme pisser dans un violon.
Alors quand il se prend 90 euros et 4 points en moins sur son permis, nous sommes effectivement des salauds de flics mais il se met à réfléchir.
La preuve, aujourd'hui, les gens roulent vraiment moins vite. Pourquoi ? Par conscience civique ? Non par peur du radar.
Résultat, les cartons sont moins mortels qu'avant parce que les chocs moins rudes. Les gens continuent à conduire comme des cons mais ça fait moins mal.

J'ai rien d'un conducteur modèle. Et quand je me prends une prune, je la paie. C'est la règle du jeu. Pas vu pas pris...
La politique du Chiffre, on peut effectivement la dénoncer quand elle conditionne des collègues au point qu'ils ne réfléchissent plus au bien fondé de la sanction. Pruner une personne perdue en ville qui prend visiblement par erreur un sens interdit et qui fait tout pour réparer sa faute, c'est une connerie et c'est probablement un zèle inutile.
Mettre 35 euros dans la gueule d'un mec qui se gare sur une place de transports de fonds alors que les convoyeurs risquent véritablement leur peau à chaque sortie, franchement, moi je suis sans pitié. Devant le manque de civisme, il n'y a aucune prévention possible. Taper dans le porte-monnaie, ça fait rentrer les idées très vites dans les têtes. Idem pour les places d'handicapés, les circulations sur les voies de bus quand tous les autres pigeons (nous quoi) se font chier à attendre, etc.

Franchement, qu'on me cite une campagne de sécurité routière qui a véritablement changé les choses... Mais je risque d'attendre longtemps. Pour moi, c'est un réservoir à emplois fictifs cette organisation :p

le flic 15/06/2008 00:53



Tu parles trop pour un gardien de la paix.
Tu expliques trop pour un gardien de la paix.
Tu as des expressions et des mots trop intellos pour un gardien de la paix.
Tu en dis trop pour un gardien de la paix.
M'enfin comment veux-tu qu'on s'en sorte ??
En plus, tu as écrit "panthéon", ça pète bien.
Heureusement, tu as dit que tu étais sans pitié, ça m'a émue...

Et tu m'as donnée une bonne idée d'histoire.
Qui te sera dédiée. Evidemment... ^^



kokoro 14/06/2008 15:56

Bah ! faire des fautes d’orthographe ou de français n’est pas l’apanage des gardiens de la paix et autres gendarmes, quand aux clichés, il n’y a pas de fumée sans feux, mais là encore c’est partout pareil. Il est vrai que nous sommes plutôt moins indulgents avec les flics, vu l’arsenal répressif développé en ville ou sur les routes pour faire du chiffre d’affaire plus que pour renforcer la sécurité routière….

le flic 14/06/2008 16:57



Alors là, tu as entièrement raison, on est complètement inaptes pour tout ce qui concerne la sécurité routière. Vraiment. Voire, on agrave l'insécurité sur les routes un peu plus chaque jour. En
France, et bientôt dans toute l'Europe sauf l'Irlande.
Je vais même te faire une confidence : pour mon chiffre d'affaire personnel, il m'est très souvent arrivé de faire de la répression au Code de la Route hors service.



Salvatore 13/06/2008 14:27

Les clichés du flic analphabète ont la dent dure...

Effectivement, aujourd'hui parmi les jeunes gardiens (et officiers), il devient rare de voir un procès-verbal sans faute.
Mais faites un tour parmi nos étudiants (universités et grandes écoles) et même à un très haut niveau d'études et vous verrez le niveau d'orthographe de ces derniers. Vous serez surpris.
D'ailleurs, faites un tour parmi les étudiants en lettres et vous verrez également.

Alors la maison Royco ne fait pas exception à la règle puisque la règle est à l'analphabétisme "essémessianique".

Je vais même vous révéler un scoop, il paraîtrait de source bien informée que dans la police, il y aurait des alcoolos, des végétariens, des racistes, des humanistes, des incompétents, de vrais pros, des feignants, des bosseurs, des aigris, des idéalistes... Il paraîtrait même qu'il y aurait des docteurs en lettres, c'est dingue non ?!

tkt 1 gardi1 2 la P ilétré mdr lol

le flic 13/06/2008 14:36



Toi et Bernard ne vous démerdez pas trop mal pour des gardiens de la paix :D
Vous passerez me voir après le service.

signé : le lieutenant Desforges, qui finalement préfère oublier les honteux chevrons qu'elle a portés, et retourne boire un café au mess des officiers...
lol mdr ptdr



Bernard 13/06/2008 01:17

"En tout cas, ça fait plaisir de voir un gardien de la paix écrire correctement le français ..."

Ben dommage pour nous les Gardiens de la Paix mais BéNéDiCTE est Lieutenant de Police...

Enfain, je c'est écrire francé merci madame

- Un GPX inculturé.
(qu'est-ce qu'on s'en prend dans la gueule décidément !...)

le flic 13/06/2008 02:03



Bernard, mon collègue, j'ai quelques années d'une vie antérieure de GPx avant Lt je te rappelle :o)
Et tant mieux s'il y a confusion dans les histoires que je raconte parce que le grade n'y a aucune incidence.
Il ne faut pas en vouloir à ceux qui ne nous connaissent pas bien de douter de nous, c'est simplement qu'il y a une image qu'on n'a pas fabriquée qui nous colle depuis des années. Mais sur
la maitrîse du français des flics, il y a tellement de contre-exemples à opposer aux préjugés...
Les anciens flics, nos vieux retraités d'aujourd'hui, qui ne faisaient pas une seule faute d'orthographe, caligraphie impeccable quand il écrivaient à la main, et tout ça
avec zero diplôme et qlq mois d'école de police.
A coté de ça qlq années plus tard, on voit arriver des officiers du concours externe, titulaires de diplômes universitaires, et malgré ça, une écriture de cochon et trois fautes par phrase.
Et puis il y a le concours de GPx dont aucun civil ne soupçonne le niveau, et qui en calmerait plus d'un.
T'énerve pas, keep cool, et prends un bizou de flic  :D 



non 12/06/2008 14:23

En tout cas, ça fait plaisir de voir un gardien de la paix écrire correctement le français ...

Pour être plus précis, cela fait plaisir de voir un blog sans faute (..), et en plus même pas écrit par un docteur en lettres !

Bravooooooooooooo !!

le flic 13/06/2008 01:43



Rooooooo... mais tu as eu beaucoup de relations épistolaires avec des gardiens de la paix alors ! :D *
Je te remercie du compliment, et c'est vrai que je ne suis pas docteur en lettres, mais j'ai quand même mon 50 mètres nage libre, hein.
Welcome et merci !

* pourtant on ne fait pas trop de fautes en recopiant les numéros de permis et en cochant les cases...

ok je sors > >  >   >    >     >



Bernard 08/06/2008 11:22

JE SAVAiS QU'iL Y AVAiT QUELQUECHOSE QUi CLOCHAiT CHEZ TOi BéNéDiCTE, MAiNTENANT J'Ai COMPRiS !
PERSONNE N'EST PARFAiT

C'EST COMME SUR LES CONTREFAçONS, iL Y A TOUJOURS UN BUG QUELQUEPART

le flic 08/06/2008 11:55



p: ɔǝq np ʇuǝnd sǝlnɔsnɾɐɯ sǝl 'sǝlnǝnƃ sǝpuɐɹƃ sǝp ʇuo sǝlnɔsnɾɐɯ sǝl
¡ ǝɯɯod éɥ ǝɯêɯ-ıoʇ ǝɥɔolɔ



Salvatore 07/06/2008 14:58

Je suis d'accord MAîTRE PO ! Elle est éNERVANTE BéNéDICTE avec ce tic !

le flic 08/06/2008 01:18



t'es qu'un gros fayot !
:D



:0095: Maître Po 07/06/2008 10:56

Beau texte, avec une relative happy end, pas forcément évidente au début...

Une question con (mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a), pourquoi mets-tu un i minuscule à FLiC ou à POLiCE ?

Pour conserver le point ? ;-)

le flic 08/06/2008 01:15



Merci de me poser cette question, ça me va droit au coeur :D
(t'as vu ? les autres, ils s'en foutent, ils ne voient rien, c'est triste l'indifférence...)
En fait, il y plusieurs raisons.
J'aime bien désassortir les trucs de façon générale. Donc des minuscules dans les mots en majuscules, j'aime bien. Je mets les voyelles en minuscules, je trouve que ça va bien à leur
statut minoritaire dans l'alphabet, et elles peuvent garder leur accentuation dans le mot, ce qui peut donner un effet rigolo en plus d'être plus explicite. éNERVé c'est mieux que
ENERVE, non ? Comment ça, non !?
J'aime pas les majuscules de toute façon, je les trouve prétentieuses. Genre, le B de mon prénom, il a un gros bide, c'est très moche, alors je me mets jamais en majuscules (sauf dans les
rapports administratifs parce qu'après ils croient que j'écris comme une merdasse.) J'ai plus d'indulgence pour les majuscules qui ressemblent à leur équivalent minuscule juste en plus grand,
comme v et V, u et U, c et C par exemple.
Je me force à respecter le minimum syndical des règles typographiques, mais si y'avait que moi j'exterminerais les majuscules.
Pour FLiC, ça fait joli, et comme c'est mon livre je l'écris comme je veux. Et FLiC, ou POLiCE c'est plus glamour que FLIC OU POLICE où la majuscule dégage tout de suite un relent répressif
à hausser le ton de façon désagréable, tu ne trouves pas ?
Et puis c'est vrai que le point du i c'est un détail très attachant. C'est la seule voyelle qui se coiffe d'un point, je ne résiste pas à ce point, le i majuscule c'est presque du gachis. Et
c'est pour ça qu'un jour les enfants cessent de faire des ronds sur les i et mettent un point. Parce qu'il est unique en son genre, et qu'il est le seul trait d'union entre les lettres et la
ponctuation, qui d'ordinaire se snobent.
J'espère que tout ça t'a paru clair.



lita.s 06/06/2008 23:38

du tout bon, suce pince et tout.
me suis demandé si les jeux de psy avec les gosses, ça pouvait faire perce oreille en retour... Ecoute écoute !
(ok, c'est un peu crypté là).
ziboudlalita

le flic 08/06/2008 00:47



Oui, mais j'avais comprendu.
Ecoute.
J'aime pas les langages d'initiés et les superstitions. Sur un bateau, y'a des cordes, valà, les écoutes et les bouts, c'est rien que des cordes.
:o)



Damien 05/06/2008 21:25

A tous les Hommes et Femmes qui portent l uniforme et qui liraient mes mots, je voudrais dire ceci:
Si au fond de vous meme, vous pensez que ces gens qui Manifestent sont des bandits, des delinquants et qu ils mettent en peril la securité publique alors continuez a obeir.
Si vous comprenez que ces gens sont vos Freres et Soeurs, qu ils partagent les memes problemes que vous et qu en se battant pour leurs droits ils se battent aussi pour les votres; Si vous comprenez que la situation en France et dans le monde est dramatique; si vous ressentez l Urgence qui occupent les esprits et qui les poussent a reagir... a agir...

Alors s il vous plait, ayez le courage de parler autour de vous, aux Hommes et Femmes qui, comme vous portent les armes, et comme nous portent les peines. Nous ne changerons rien sans Vous.
Pour Vous, pour Nous, et pour les générations qui suivront: Merci.

le flic 05/06/2008 23:12



Bonjour Damien.
Je vois à peu près où vous voulez en venir, vous n'êtes peut-être soumis à aucune doctrine, mais votre discours ressemble un peu trop à un prêche. A la façon des prédicateurs américains, je suis
sûre que vous voyez ce que je veux dire.
Frères et soeurs avec des majuscules, j'aime pas, et je me réserve le droit de ne pas avoir envie de "fraterniser" avec tout le monde.
Qu'on nous (flics) prête des intentions sournoises, ou une supposée adhésion à des supposés complots mondiaux (et occultes, ça va de soi) j'aime pas non plus.
Les thèses conspirationnistes qui amalgament tout, ça m'ennuie profondément.
Qu'on nous soupçonne - pensée aussi commune chez les "insoumis" qu'ailleurs, soit dit en passant - de n'être que des crétins armés inaptes au discernement, et bons qu'à obéir à des
ordres liberticides ou je ne sais quoi, ça m'exaspère.
Eteignez donc votre ordinateur et allez vous battre là où on a besoin de bonnes volontés, ce ne sont pas les destinations qui manquent.
Et pendant ce temps, nous flics, on veillera sur les citoyens de France, toutes conditions et origines confondues, et les urgences ordinaires du jour.
Bonne chance.



cathy nivez 05/06/2008 09:50

Bonjour, je ne trouve pas de contact par mail, j'emprunte donc la voie du commentaire pour prendre contact (et pas pour commenter, vous pourrez donc supprimer ce faux commentaire sans problèmes).
je suis journaliste (àEurope1 notamment) et je voulais vous poser qqs questions sur votre blog. Auriez-vous un moment ? A bientot j'espère... (vous avez mon email)

le flic 05/06/2008 13:36



mail envoyé :o)
(sinon, le clic contact est en haut dans la marge de gauche)



Jean Claude 05/06/2008 01:46

Chère Bénédicte,

Je viens de terminer votre livre, pas plus tard qu'il y a une demie heure, et ma grande stupéfaction, j'ai découvert en dernière page l'existence de ce blog.
Je viens donc vous faire part du plaisir que j'ai eu à vous lire et j'espère que vous ne vous arrêterez pas en si bon chemin ....
Pour finir j'aurai voulu savoir si Olivier Marchal a lancé son projet de mettre votre livre en scène comme il en avait parlé lors de son passage dans l'émission des grandes gueules sur RMC.
Un citoyen ordinaire .... qui a des potes flics ... ordinaires
Amicalement. JC

le flic 05/06/2008 02:36



Merci Jean-Claude, c'est sympa de votre part de passer par ici, et merci d'avoir apprécié mon FLiC.
Si vous voulez du rab d'histoires, il y a quelques inédites sur le blog, j'espère qu'elles vous plairont aussi.
Quant au "projet" d'adaptation dont O.Marchal aurait parlé sur RMC,  je n'étais pas au courant. Mais ce n'est pas le premier réalisateur ou producteur qui s'intéresse à ce livre. Et moi
je reste très prudente. S'il doit y avoir une adapatation de FLiC, le thème et l'esprit du livre devront impérativement être respectés (c'est le droit moral de l'auteur, et il est
inaliénable). Et dans ce bouquin, j'ai mis tout l'attachement que j'ai pour ce métier, j'ai banni un égocentrisme qui aurait étouffé le récit, et je ne regarde pas non plus le nombril de la
police.
Mon métier à moi n'est pas un psychodrame.
Amitiés, et encore merci !