Ton écriture ressemble à une femme endimanchée et trop maquillée. Elle se croit belle, virgule après virgule, et entre points qui
s’exclament ou s’interrogent en battant des cils, elle se persuade de sa séduction.
Elle se tortille et s’étale à coups de mots précieux et étudiés. Elle se couvre de bijoux d’une rhétorique de toc, ignorant la distinction du mot solitaire. Elle se croit riche et pourvue, mais à
la lumière du sens, elle n’est que verbeuse et fardée de synonymes.
Elle voudrait sans doute avoir la grâce d’une madone, mais elle ne raconte que la coquetterie d’une syntaxe pucelle, aguicheuse et bavarde.
Ton écriture pense que l’habit fait la phrase, mais elle ignore encore que nue, une gueuse peut être belle.
À l’heure de la plume pubère qui jouit de l’étreinte des textes autres, et du hasard des proses, ton écriture déjà esclave d’un sujet roi, du sujet toi, n’a pas voulu se laisser baiser par
Lagarde et Michard, elle a fait le choix de la conjugaison atrophiée et de la stérilité. Elle aurait pu être grosse, métissée de mots millénaires, mais branlant son ambition contre
l’enceinte d’une inspiration à la première personne, elle s’est trouvée obèse de lettres asservies à ta majuscule.
Si ton écriture était un métier, à l’enchère du vocabulaire, elle serait commerçante et vendrait de l’assurance d’émotions primaires et d’images grossières. Elle cèderait au chaland
l’objet direct de bons sentiments faciles, pétris à la crasse de ton nombril.
Ton écriture, c’est ta danseuse, ta prétention qui ne servira pas tes prétentions. C’est ton miroir muet des mots menteurs. L’écrit exhibé quand à l’oral on implorerait le bâillon. La
forme délétère qui jamais ne touche le fond.
Ton écriture, c’est de la merde bien emballée.
Non, non il n'y a rien à comprendre.
Mais tel un grand écrivain éternel et solitaire, contemplant un ciel d'orage du haut d'une falaise battue par les vents d'automne, et par une pluie glaciale, à la tombée d'un jour qui n'en finissait pas d'éteindre la lande déserte de toute âme vive ou défunte, où seuls quelques grands arbres désespérés, dénudés, tels de sombres démons agités, témoins du temps qui avait passé sur la vie des hommes, n'effleurant qu'à peine la roche grise qui émaille le paysage de crocs granitiques, j'ai eu ce besoin soudain, brusque, irrépressible, forçant mon esprit tourmenté, d'exprimer sans ambages et avec la brutalité du ressenti qui s'imposait alors à moi, quelque chose que je pourrais résumer ainsi : j'ai joint l'utile à l'agréable.
Tu me suis ?
Merci, merci, monsieur Zola (ptin, encore un fils de) ce compliment me touche d'autant plus de la part d'un éditeur, et je vous invite à le réitérer tant que vous voudrez :D
Ooooooh ouiiiiiii ! flatte-moi, et empiffrons-nous de chamallows !
Dis, t'imagines si on bossait ensemble ? ce serait affreux, il faudrait devenir actionnaires chez Aspro.
Bizoux Gordon !
Mais non, ce n'est pas un règlement de compte.
Et ce n'est pas non plus une devinette.
:o)
Ah ! L'inscription des algèbres, c'est terrible ! Avec ta permission, je te l'emprunterais bien, c'est tellement facile à placer dans une conversation ou un récit du quotidien routinier, que j'aurais du mal à m'en passer maintenant. Un truc du genre "inscrire des algèbres au firmament de ses incertitudes" par exemple, ça pète bien.
Sinon pour les retours d'usine, t'es un peu condamnée (de la terre) aux alentours du style Zola (Emile, pas Gordon), la rédemption de la fresque sociale dans la brutalité prolétaire, l'instrumentalisation littéraire de la misère, faut que tu tentes le coup Gilda. Mais avec des virgules, sinon rien.
Bon, on se voit à l'orgie de Franck j'espère. Bizoux !
Que nenni Jo ! ça n'a rien à voir :o)
Et je ne me méprends pas non plus. Ceci dit, sur les blogs, le style ampoulé est plutôt au service de la grande illusion que de l'ironie.
Pour qu'il y ait désillusion, il faudrait y avoir cru ne serait-ce qu'un instant.
Ou se laisser éblouir facilement.
Salut Béa :o)
Je crois que ces simulacres de figures littéraires viennent en réponse à la la peur du vide, voire la vacuité du contenu. Mais ça fait plaisir, que veux-tu. C'est une sorte de masturbation de l'écrit. Faut laisser faire sinon, il y a traumatisme MDR (si je puis me permettre)
Bizoux Béa, et ravie d'avoir fait ta connaissance. A bientôt j'espère !
Merci Lita. C'est vrai qu'en mode napalm, ça aurait été moins joli à regarder qu'une égratignure au fleuret. On préfèrera voir s'épuiser ces écritures, et s'asphyxier les inspirations, sous la chape du narcissisme.
Plus c'est long, plus c'est bon.
Non non, c'est de toi. J'ai cherché les algèbres fucking in the heaven dans googueule, et je retombe sur ton commentaire. Donc c'est de toi et voilà. Tu peux grave te la péter maintenant.
@ dans qlq jours Gilda ! :o)
Merci Jessica. C'est certain qu'internet galvanise ce genre de chose. Et si tu rajoutes des images pour l'ambiance, des commentateurs flatteurs pour la claque, et que tu bidouilles du classement pour laisser penser que tu joues à guichets fermés, tu peux très vite t'y croire ;)
Le truc - de mon humble avis - c'est de ne pas se regarder écrire. Comme je disais plus haut, je crois que l'écriture masturbatoire ne peut pas donner du plaisir au lecteur très longtemps.
Mais ce n'est pas au libertin que vous êtes que je vais expliquer ça :o)
Oui, mais ils ne se reconnaîtront pas. Mais puisque (a priori) l'écriture est faite pour être lue...