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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 11:38

 Voici mes réponses à trois questions posées par les organisateurs du festival de Romans à propos de l'expression sur internet. Je vous les reproduis ici en attendant de reprendre le fil de ce blog, c'est à dire (surtout) les histoires de flics. Vous connaitrez ainsi la version soft et édulcorée de mon point de vue sur internet en général, et les blogs en particulier. Le festival de Romans se déroulera les 18, 19 et 20 avril prochains. J'ai gagné le 1er prix en catégorie littérature de la version 2007, et cette année, je suis dans le jury de cette même catégorie. L'an passé, Gonzague Saint-Bris faisait partie de ce même jury, et je me souviens très bien que d'aucuns avaient clamé qu'il n'avait pas compétence à estimer la valeur de leur prose. En toute modestie... Oui, la blogosphère est vraiment un petit monde merveilleux.  





  Quelle est ta vision de l'expression sur internet aujourd'hui ?

  Mon regard sur internet est de plus en plus critique et exigeant. Je m’interroge sur les limites de cet espace d’absolue liberté d’expression, ses contraintes, ses codes, et l’usage que chacun en fait. Internet est malgré tout un grand bordel où on trouve le meilleur comme le plus insignifiant (ou le pire), et où si tout peut être dit et montré, tout ne justifie pas d’être lu et encensé. Qu’il s’agisse d’information où chacun peut s’improviser journaliste ou de toute création artistique, littéraire, etc, la quantité exponentielle de sites sur le net rend la découverte de trésors très aléatoire, mais parfois jouissive quand émergent la rareté et l’originalité. Pour ma part, l’intérêt d’internet réside autant dans l’observation de son contenu que dans celle des comportements internautes. Et les blogs, addictives petites tribunes à ego, sont un support très intéressant en la matière. Toute la tragi-comédie humaine est dans les blogs. Et entre expression, créativité, besoin d’exhiber et prétexte à échanger, on ne sait pas lequel est l’alibi de l’autre. C’est pourquoi des initiatives telles que le festival de Romans sont les bienvenues pour découvrir des talents inconnus dans l’immense magma webien.

  Qu'est-ce qui, selon toi, a marqué Internet cette année ?

  La campagne présidentielle, la politique en général, et un militantisme effréné « en ligne » qui promettait de faire basculer toutes les tendances ! Mais j’en ai gardé l’habitude de m’informer en grande partie sur internet, pour l’instantanéité et la multiplicité de l’accès à l’actu. Sur les sites des médias traditionnels, mais aussi des sites militants ou critiques très intéressants, et quelques sites collaboratifs exigeants en qualité, et dépassant l’analyse primaire et pipeulisante de l’actualité. Et cette année aussi, l’apparition de réseaux sociaux tels que facebook qui d’après moi est un non-évènement, une gigantesque usine à gaz, et un simulacre d’ouverture aussi stérile que chronophage. Les gens communiquent et s’associent sur ces plateformes avec ceux qui appartiennent déjà à leur sphère et à leur mailing-list. Les castes et snobismes ont au moins l’avantage d’être explicites, c’est assez révélateur, et internet semble générer plus de petits ghettos et de hiérarchies à l’identique du fonctionnement social de chacun, que d’universalité. Les réseaux thématiques axés sur la création et l’art semblent être plus efficaces, et prouver qu’Internet est un fantastique outil avant d’être un mode de vie, un accès et non pas un territoire.

  Quelle est ton actualité ? Comment a évolué ta présence sur le web ?

  Mon actualité a été très liée à celle de mon livre, FLiC chroniques de la police ordinaire qui est paru en mars dernier, et récemment en édition de poche. Mon blog est alors devenu un point de contact précieux avec mes lecteurs et mes collègues. FLiC s’est très bien vendu, j’ai eu beaucoup de presse et de contacts, et j’ai participé à plusieurs salons du livre. Aujourd’hui j’envisage d’écrire autre chose, et j’ai quelques projets. Ma présence sur le web est discrète, je ne remplis pas frénétiquement mon blog, et je n’ai pas l’obsession de la visibilité. Je préfère de loin utiliser internet pour m’informer, découvrir d’autres horizons m’en remettant le plus souvent au hasard qui est un très bon guide.


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commentaires

alygator427 26/06/2008 18:39

Bonjour,
je dois dire, c'est par hasard que j'ai trouvé ton blog, et je le trouve très pertinent, ça change, d'ailleurs, je ne connaissais pas wikio et je ne comprends pas pourquoi ça existe !
J'ai pas pour habitude d'apprécier les policiers, mon frère est en prison pour un acte qu'il n'a pas commis, mais les rapports de policiers faisant acte de fois d'avoir tout vu et d'attendre que la mellée générale cesse. Bref, j'ai des raisons de croire qu'il à était juger injustement.
Mais pour pas être expéditives,et accuser les les policiers du monde, juste ceux de la gare, je sais bien que souvent on juge trop vite la profession sans ce rendre compte des injustices qu'ils subissent aussi.

le flic 28/06/2008 11:48



Salut Alygator :o)
Bienvenue et merci pour tes commentaires.
J'espère que mes petites histoires sauront te reconcilier (un peu ?) avec la police.
@+ !



Juliette03 10/05/2008 00:16

Je viens de lire vos échanges très intéressants du pourquoi on blogue.Il y a tellement de raisons différentes.

Pour la plupart, nous nous prenons peut-être pour des écrivains en herbe.
J'ai participé pour m'amuser à quelques concours - pas celui de Romans, pourtant patrie de ma belle-famille, qui ne savait même pas qu'il y avait un festival - j'ai la fâcheuse manie d'effacer mes articles tous les 2 ou 3 mois - Et, quand j'ai vu la façon dont certains gagnaient les 1ers prix, ça m'a guérie à jamais de participer à nouveau à un concours sur le net, sauf pour me marrer.

J'ai entendu à la télé ou à la radio quelqu'un dire (je ne sais + qui) que 95 % des blogs, c'était de la merde..Bien-sûr, je n'ai pas la prétention de penser que je fais partie des 5 %.
Si j'ai ouvert un blog, primo, c'était d'abord pour me prouver que j'étais capable de me servir d'internet et prouver à mes enfants que je n'étais pas si ignarde que ça (enfants qui se fichent de mon blog comme de l'an 40)

Secondo, c'était une sorte de thérapie ( hélas, qui ne marche pas)..

Tertio, je me flatte d'avoir quelques fidèles que je fais rire, et mon ego est content de se dire que mes mots, mes coups de gueule font passer un moment à quelques personnes dont certaines sont malades.

Quarto, je n'oserai même pas penser que je puisse un jour être remarquée par un éditeur..Je suis déjà contente que 2 ou 3 de mes commentaires passent dans mon journal local..De plus, je suis une indépendante versatile, donc, je détesterai qu'on m'impose des contraintes..quoique, si je savais qu'il y a quelque chose à gagner au bout..même pas après tout.

Mais, je trouve formidable, comme vous, comme notre Miss pas touche que vos blogs aient pû vous sortir de l'anonymat..J'espère que le livre de la miss qui m'a l'air fort sympathique aura du succès.

Après tout, on s'en fout pourquoi on fait des blogs, c'est dans l'air du temps, et, comme a dit je ne sais plus qui, j'aimerais bien voir ce qu'il en restera dans 20 ans..Il faut de tout pour faire un monde, du bon et du moins bon, et, il faut bien dire que ce ne sont pas les blogs les + fréquentés qui sont les meilleurs...paroles du samedi..Bon week-end à tous..

le flic 10/05/2008 16:33



Ton commentaire fera l'objet d'un post ici.
On va re re re parler de blogs.
On parlera des premiers prix et des 95%...



Corinne 04/05/2008 10:47

Pff... quand je pense que c'est toi qui m'a branchée sur Facebook... J'en suis revenue moi aussi de cette "usine à gaz" ;-)

sylvie 23/04/2008 23:12

bonsoir Bénédicte! J'ai moins de temps mais je n'oublie pas,
Les blogs?...Il y en a qui ont un talent d'écriture, un talent de photographe... du talent quoi! et là c'est quand même un plateau d'argent, qui fait briller un peu trop certains qui n'en valent pas la peine... Mais bon, ya ka cliquer! en tout les cas plus à découvrir que la TV...Pour ma part c'est d'abord un outil, cela m'a permis de rester en contact avec une certaine réalité professionnelle pendant que j'étais hors course. J'y ai puisé un maximum d'informations et me suis auto-formée. Le tout est d'avoir du temps au début pour savoir s'y retrouver.
bon maintenant que t'es en poche, je vais pouvoir me mettre dans la mienne!
Biz

mercotte 21/04/2008 17:49

J'ai été ravie de te rencontrer et je suis aussi très contente de découvrir ton blog et ta manière incisive et juste d'appréhender la bloggosphère ! Tu as récupéré une nouvelle lectrice !

le flic 22/04/2008 04:04



Merci beaucoup Mercotte :o) Et bien écoute, moi aussi je découvre ton blog avec grand intérêt (et gourmandise !) BRAVO encore pour ton prix au festival de Romans, à parcourir tes pages je
comprends bien pourquoi il était amplement mérité. @ bientôt !



"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

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