suite : Suicides dans la police : un plan de réduction des effectifs ?
(18 novembre 2009) [lien]
Il y a près de chez vous, un PDG qui a parlé de mettre un point d’arrêt à cette mode du suicide qui choque tout le
monde.
C’est vrai, quoi, il n’a pas tort. Elle est moche cette mode, elle fait la mine grise et le teint palot à qui l’adopte. Et en plus ça choque tout le monde, dit-il.
Déjà que tout-le-monde s’était ému de cette vilaine mode de la burqa cet été, voilà que la collection d’automne apporte la tendance suicide.
C’est vraiment de mauvais goût.
Et puis tout-le-monde, il ne faut pas le choquer, il ne faut pas l’ennuyer avec tous ces malheurs qui n’arrivent qu’aux autres, il ne faut pas non plus lui donner l’idée d’être attentif à
qui l’entoure, et éventuellement des envies de solidarité.
Des fois que tout-le-monde aurait l’idée de se serrer les coudes, imaginez le tableau…
Non, tout-le-monde, il ne faut pas l’inciter aux sports d’équipe, il faut lui foutre la paix, et le laisser rêver à un monde meilleur, sans crise et sans crise de nerfs.
Mais voilà, par ici on a un faible pour la mode, surtout quand elle est indémodable, et il m’est venu l’idée de vous redonner à lire l’article qui suit, que j’avais rédigé en janvier 2008,
quand la mode du suicide chez les fonctionnaires de police avait eu comme un spasme et une odeur de poudre.
Le chiffre qui circule - je le précise, de façon tout à fait officieuse, et non vérifié - fait état d'une moyenne de 1 suicide par semaine dans la police nationale.
article du 24 janvier 2008 :
Je ne souhaitais pas parler des suicides dans la police. Mais ne pas parler c’est tout juste moins pire que la langue de bois, et les
discours convenus, relus et approuvés…
Le suicide dans la police, c’est un sujet sensible, et délicat à traiter car on peut - il y a des experts pour ça - faire dire ce qu’on veut aux chiffres (quels chiffres, d'ailleurs ?)
On peut évoquer le phénomène de "l'effet d'annonce", être plus indécent et parler de "contagion", évoquer le métier dans ce qu'il a de difficile, mais on peut aussi se taire, ce qui semble
souvent être l'option retenue.
Tout et son contraire peut être démontré pour peu qu'on ait déjà décidé de la conclusion ou du message à passer.
Pour relativiser, on pourrait dire :
- Les hommes se suicident plus que les femmes, et il y a plus d’hommes que de femmes dans la police.
- Le moyen du suicide est à portée de main du policier, ce qui réduit considérablement le temps de réflexion, si tant est qu’on est en état de réfléchir la seconde d’avant. Donc, il y a
plus de suicides réussis que de tentatives chez les flics.
- Les fonctionnaires de police se suicident souvent pour des raisons qui relèvent de la vie privée.
- Il y a d’autres milieux professionnels qui comptabilisent beaucoup de suicides.
etc… etc…
Mais, voilà aussi ce qu’il faut dire :
Le flic est sous une pression permanente et multiple.
- La hiérarchie pas toujours attentive et compréhensive au regard des tâches qu’elle n’accomplit pas mais qu’elle ordonne, elle-même sous pression de sa propre hiérarchie.
- Les couleurs politiques et toutes les demi-mesures plus ou moins productives qu’on demande aux policiers d’appliquer successivement au long de leur carrière.
On peut ressentir un immense sentiment d’inutilité, susceptible de contaminer toutes les sphères de sa propre vie.
- La perception que le citoyen a du policier, avec le renfort servile des médias, l’hostilité permanente pour certains d’entre nous. Et rien n'indique que ça peut aller en
s'améliorant.
- Le danger de ce métier, les blessés et les morts en service, en nombre suffisant pour que chacun d’entre nous en héberge quelques uns dans sa mémoire (la vulnérabilité physique du fait
d’autrui, se faire blesser, mutiler, tuer en service, n’est pas si courant que ça dans le monde du travail)
- Le fonctionnaire de police subit de plus en plus de violences physiques, et on ne lui propose que l’usage de moyens violents en réponse.
Il est le bouclier unique et absolu contre toutes les manifestations brutales des dysfonctionnements sociaux. L’intégrité physique est une entité fragile. Celle de "l'autre" puique ce
métier implique de souvent le constater, et aussi la sienne. Vous avez dit suicide ?
- Le stress que ce métier engendre, les horaires atypiques, des vies de famille qui ne s’en relèvent pas…
etc… etc…
Avec cette énumération rapide et incomplète, je reste modérée, presque évasive.
Parce que tous ces mots sont banals.
Plus explicite, je vous laisse lire cette lettre que j’ai reçue :
Salut à tous,
Voilà une semaine que je lis dans les journaux un article par jour, épuré et conforme aux directives du ministère de l'intérieur… ayez confiance, tout est sous contrôle…
Le malaise est présent. Tous se posent la question : pourquoi cette "vague" de suicides, de dépressions et de rendez-vous chez le psy ?
Messieurs, vous n'avez qu'à venir au niveau des flics. Ah non c'est vrai on ne les trouve plus beaucoup au service, car ils ne doivent ni perdre de temps à rédiger leurs procès verbaux, ni
prendre le temps d'un café, d'ailleurs ils ne doivent être présents que sur la voie publique, pas question de souffler après une intervention difficile, des contrevenants rôdent il faut sévir… la
prise de contact avec nos concitoyens ne se fait que par écrit : la contravention.
Mais où est le malaise ?
- Impossibilité de se laver les mains en l'absence de produits = gain de temps.
- Le temps de passage au poste des patrouilles est contrôlé (bientôt surveillance par GPS) = gain de temps.
- Le panneau des petites annonces entre collègues a été ôté = gain de temps.
- Nous devons rendre compte à la minute prés de l'activité mais en moins de 20min pour une journée = gain de temps.
- Pour de 8h15 de travail continu, le temps de pause journalier est passé de 45 min à 20 min, ceci comprenant l'arrivée au service, le passage aux toilettes, le repas et le départ = gain
de temps.
Comme nous sommes payés en heures de récupération (travail jours fériés et WE) que nous ne pouvons prétendre uniquement selon les nécessités du service (exit les WE, les jours de cour
d'assises, les vacances scolaires, et les jours de manifestation de quelque nature qu'ils soient) pour gagner un peu de temps, ils ont inventé un impôt horaire quotidien de 6 min, d'où le temps
de pause de 45 à 20 min…
Contrairement à ce qu'avancent certains détracteurs, nous ne sommes payés que sur 12 mois, toutes nos primes sont imposables, l'heure de nuit est majorée à 1€, pas de prime de fin d'année,
ni pour les vacances, mais de toute façon avoir 15 jours de vacances en été est un luxe. Et l'hiver c'est Noël ou 1er de l'an voire les deux au boulot.
Pas de temps de déshabillage, pas de briefing ni de débriefing, pas de prime repas, pas de cafétéria non plus, vive les sandwiches et autres plats préparés. Les sautes d'humeur et les
coups de barre sont à proscrire, en cas de gastro intensive il vaut mieux se porter pâle car sinon c'est plusieurs fonctionnaires qui pâtissent du temps perdu aux toilettes.
La formation continue n'existe pas, pas plus que l'entraînement hormis l'obligation des 3 séances de tir annuelles.
La promotion est squelettique, des examens et concours absurdes vous donnent la fonction mais pour le grade et le salaire faut s'armer de patience… la liste est longue.
J'arrête là je ne voudrais pas vous foutre le cafard avec nos problèmes.
Alors en effet quand un jeune entre dans la police il ne pense pas qu'il va vivre ça, c’est écrit POLICE-SECOURS, mais c'est Police "au secours"…
Fuyez voilà la Police… Le pire c'est qu'en vingt ans les "anciens" ont la même désillusion.
Et quand le policier s'enfuit c'est souvent tragiquement.
Je remercie nos syndicats qui après avoir vendu notre droit de grève et celui d'ouvrir nos gueules, ne servent à rien sauf à apporter un peu d'espérance.
Mais quand on ouvre les yeux, le malaise est profond, et certains ne voient aucune issue. L’arme à la ceinture est d'une simplicité et d'une efficacité redoutables. En principe il n'y a
aucun signe avant-coureur, c'est la surprise pour tous. En quelques années, le nombre de suicides s'est multiplié par deux, mais comme il n'y a aucun chiffre officiel, c'est tabou, c'est peut
être pire que cela…
un collègue
Documents :
>> Le Monde du 23 janvier 2008 ici
>> AFP 24 janvier 2008 ici
>> Libération du 29 janvier 2008 :
"La course aux chiffres accusée après des suicides de policiers" ici
À relire aussi :
>> Le Figaro (octobre 2007) ici
>> Étude menée par Nicolas Bourgoin, maître de conférence en démographie sociale et chercheur au laboratoire de sociologie et d'anthropologie de l'Université de Franche-Comté (1996)
ici
>> Article de Frédérique Mezza-Bellet, sociologue à l’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale (2001) ici
Henri Jeanson, pataphysicien
France info Le livre du jour :
et ailleurs :
Le temps de parler entre collègues est pourtant indispensable, je le sais d'expérience tout comme toi.
Et je ne crois pas qu'on ait trouvé meilleure "cellule de crise psychologique" (que j'aime pas cette expression !) que la salle de repos. C'est immédiat, spontané et efficace.
L'argument de quelques uns, certains syndicats entre autres, consiste à dire que tout suicide, dépression, etc, est le fait de problèmes privés. Le moral des troupes se porte bien, et la police bénéficie d'une immense cote de popularité a-t-on pu lire... Vie privée, certes c'est possible, mais quand il y a tant d'interférences entre celle-ci et le boulot qui empêche qu'elle soit stable et sereine, et que certains épisodes de la vie d'un flic sont si dévalorisants, faut mieux cesser les déclarations idiotes et arrangeantes, que de proférer de telles conneries. Il y a des cadres de vie professionnelle qui "réparent" ou adoucissent les affres de la vie privée, et rendent les échecs dans ce domaine moins difficiles à supporter. C'est pas le cas de la police. On n'est pas des disques durs, il n'y a pas de partition possible de la vie, ce serait si simple..
Biz Thomas et prends soin de toi.
Take care au taf.
J'ose même pas y penser... :o)
Dans mon tout petit exposé, j’ai cherché à mettre en lumière ce qui accable et démolit les flics plus (ou autrement) que les autres. La liste est longue des faits qui ne sont pas souvent partagés avec d’autres professions. Mais on est dans un format "blog", tu vois ce que je veux dire, trop de scroll tue le propos. Et ce genre de sujet ne soulève pas plus d’intérêt que ça… J’aurais pu parler des flics qui ont été obligés de déménager parce qu’on ne peut pas vivre n’importe où dès lors que le voisinage connaît ta profession. Du vandalisme qu’ils ont subi sur leurs biens, des insultes à leurs enfants, etc. J’aurais pu en dire davantage sur la violence physique, énumérer tout ce qu’on peut voir en une journée et qu’il faut digérer d’une façon ou d’une autre, redire que le contact permanent avec des gens dans la détresse finit par être osmotique, etc. J’aurais pu parler des mails que je reçois de collègues au bout du rouleau, parler des suicides de gens avec qui j’ai bossé, mais ça même dans le livre j’en ai pas parlé. Ce bouquin va me rapporter du fric, il était hors de question pour moi que l’histoire de mes collègues qui ont mis fin à leurs jours me rapporte un seul centime. J’essaye juste modestement avec ce que je sais, de faire la part des choses qui font la différence entre les policiers et les autres. Parce que c’est la définition de cette différence qui permettrait d’agir, de prévenir. La lettre du collègue que j’ai reproduite donne déjà qlq pistes. Mais je ne suis qu’un tout petit relais sans influence. Et ce que je dis doit déjà se dire sur tous les forums de flics.
Je ne cherche absolument pas à dire que la police a le monopole du mal-être au travail, juste d’aller un peu à contre-courant des discours dominants du moment qui expliquent tout en deux mots visant la vie privée. Le métier de policier modifie aussi la perception de la société et de sa propre vulnérabilité. C’est un risque du métier dont on ne parle pas souvent.
J'ai un autre lien, le tien j'y arrive pas :o/
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/01/25/congedie-par-nicolas-sarkozy-le-directeur-de-la-police-generale-a-paris-yannick-blanc-s-explique_1003629_3224.html#ens_id=1003705
L’analyse que vous citez est en lien en bas de cet article. Il s’agit de celle de N.Bourgoin (1996). Les syndicats se sont tous exprimés à leur manière sur ces suicides, on suit ça de près croyez-moi. En revanche, je n’ai rien lu émanant du SSPO. Ou alors ça a été très discret. Ou alors ils n’ont rien à dire ? ou pas libres de le dire ?
Alors c’est sûr qu’on peut mettre en œuvre toutes sortes d’études menées par des gens très érudits, très diplômés, très psychologues, et qui reformuleront avec un talent universitaire tout ce que j’ai dit, ce que j’ai raconté du métier en 260 pages, ce que mes collègues disent, ce que les syndicats non asservis disent, ce que Bourgoin a déjà dit, et ce que vous répétez ci-dessus. Au moins ça aura la caution de la science. Mais a-t-on besoin de ça pour estimer qu’un temps de pause de 20mn sur une tournée de service est insuffisant ? Il n’y a donc personne pour remédier aux évidences ? Il faudrait l’aval et les injonctions du CNRS ?
C’est sûr aussi qu’on peut prendre rdv avec les psy de la boite. Pour ceux qui franchiront ce pas qui n’est pas forcément évident pour certains. Avouer sa fragilité à un psy estampillé police c’est pas si simple, beaucoup préfèrent en faire l’économie ou consulter en ville. Les collègues comprendront. Je souhaite néanmoins beaucoup de bien au SSPO qui a le mérite d’exister, et à ceux qui y ont recours.
Mais vous voyez, tout le monde en a marre des vieux poncifs éculés du genre "c’est sa vie privée qui l’a tué" ou encore "il y a eu un décalage entre la réalité et ce qu’il voyait du boulot de flic a la télé", etc. Ce sont autant de leitmotiv qui lavent l’institution de tout soupçon, alors qu’une petite autocritique ne ferait pas de mal.
Merci pour votre commentaire. Si vous connaissez des travaux sérieux sur le suicide dans la police, je suis preneuse et d’autres aussi.
Il est certain que tous les métiers qui ont un rapport à l’humain (profs, médecins, etc) peuvent être émotionnellement et psychologiquement destructeurs. Il est certain aussi que tous les suicides peuvent trouver une explication dans la nature d’un métier. Tout le monde se flingue et les chômeurs se flinguent. Ok. Il est sûr qu’il faut parler, que les psys sont les sorciers du siècle, couchez-vous sur le divan, racontez-moi votre vie et ça va aller mieux. Alors ça pour causer, on cause. On cause sur internet, on cause sur des forums, on cause partout. Tout ce que vous dites est vrai, mais vous n’évoquez pas les conditions de travail et les missions du fonctionnaire de police, bref ce que mon collègue (la lettre) et moi essayons tant bien que mal de mettre en lumière (voir réponse que j’ai faite plus bas). Et ça, c’est pas des psys qui vont les changer. Au mieux, ils aideront à les supporter en usant de paroles réconfortantes et réparatrices, mais ça s’arrêtera là, vous comprenez ? Moi je ne parle pas de ce qui réunit les policiers, et tous les autres hommes et femmes face au suicide, je parle de ce qui fait la différence. J’ai discuté un jour avec deux assistantes sociales. L’une était affectée à la BSPP (brigade des sapeurs pompiers de Paris) et l’autre à la PP (préfecture de police). Les policiers et les SP interviennent sensiblement sur le même genre de détresses humaines, et souvent en même temps. Malgré tout, elles bossaient de façon diamétralement opposée. Un flic et un pompier abîmés ne se réparent pas de la même façon. Pour les uns, le métier est secours et assistance sous toutes ses formes, et a la côte de popularité qui va avec, et pour les autres NON. Vous imagineriez des flics vendre des calendriers à la sortie des supermarchés ? Ça veut tout dire… C’est NON aussi. La difficulté est aussi là : l’image. En plus du reste. Alors on peut toujours évoquer à l’infini les défaillances et difficultés intrinsèques à l’homme, mais le contexte ne peut s’arranger que par des actes et la prise en considération de la particularité du métier. J’ai reçu énormément de mails, de messages, qui me disaient que seul un flic peut comprendre un flic. Je crains que ce soit vrai. C’est pour ça qu’un site (encore un…) de parrainage de professions à risque ou de gens seuls, je n’y crois pas. On est dans une ère où tout le monde prend conscience, compatit, dit comprendre l’Autre. Mais ça s’arrête là avec une bonne conscience à bon compte. Les flics ne veulent pas qu’on leur tiennent la main, mon pov’ qu’il est dur ton taf, ils veulent aller au boulot avec enthousiasme. Ils veulent que les médias ne les traînent pas dans la boue pour un oui pour un non. Ils veulent être entendus par leur hiérarchie et leurs syndicats. On ne peut pas s’épanouir dans l’indifférence, la surdité du système ou la compassion, mais dans le RESPECT.
Bien à vous.
Relisez ce qui est dit plus bas, les "anciens" ne discréditent pas les psys et leur éventuelle utilité, mais se méfient du SSPO et de ses (éventuels) comptes-rendus à la hiérarchie, ce n'est pas du tout pareil.
J'allais aussi répondre à Bidouille et rebondir sur le commentaire de Flic de Base, qui n'a pas complètement tort. Mais Salvatore m'a devancée (de façon magistrale, yep !) Donc en bref : si c'était à refaire, je le referais. Le tout est de faire la distinction entre "profession" (j'exècre) et "métier " (j'aime) et toujours se rappeler qu'on est à un poste d'observation de la société complètement unique.. Il y a des effets pervers à cet enrichissment permanent, mais ça vaut le coup. Il faut juste laisser illusions et fantasmes avant d'entrer :o)
Il faut l'avouer le passage à l'acte est facilité, en cas de résolution définitive, par le port d'arme. Mais on peut aussi se suicider par pendaison, empoisonnement...
Dans ce métier que j'ai assumé durant 33 ans, les facteurs à risque sont liés à la charge et la nature des missions, le stress, le dérèglements dans la gestion du temps et des relations y compris familiales, l'isolement psychologique et l'incompréhension.
A ce la s'ajoute dans certains cas, l'alcoolisme, souvent la peur ou la phobie devant les risques et les bavures
En Algérie, nous avons enregistré après la phase du post-traumatique, des collègues rescapés des attentats terroristes qui se sont suicidés
Le malheur et les causes sont résumés par Mr. BRIAN MULRONEY ex. Premier ministre du Canada, avec un courage exceptionnel, a reconnu en octobre 199O, lors de la 59eme assemblée générale de l'OIPC interpool "Les corps policiers qui coopérent par l'entremise d'interpool s'acquittent d'une très lourde responsabilité, que leur imposons nous mêmes. Nous leur confions les sales besognes et nous leur demandons d'être courageux, mais aussi de rester sensibles. et parfois, nous leur demandons de régler des problèmes dont les vraies solutions se trouvent en nous mêmes." Tout est dit,nos malheurs ont été autopsiés par ce courageux responsable politique.
Alors de grâce arrêtons de nous plaindre et laissons les gens rêver, merci.
La police c'est pas le suicide. C'est Julie LESCOT, c'est NAVARRO, c'est les Experts ami-amis, c'est RIS Police scientifique..... Ces gars là, ils font rêver. En 45 minutes ils règlent le problème à grands coups de mandats, de réunions au sommet avec un Directeur qui n'a que 10 minutes à leur accorder, ils bossent avec des juges, ils combattent le crime avec autant d'ardeur que Bayard, parce que des fois, oui c'est dur madame, mais pas pour eux. La Police triomphe toujours, avec ses voitures flambant neuves avec tout leur arsenal judiciaire gargantuesque, leur bureaux propres, et ces méchants qui finalement ne sont rien puisqu'ils craquent à chaque fois.
Les gens, qu'ils soient ménagère-de-moins-de-50-ans ou ouvriers crevés avant la fin du 1er film ne voient que ça.
Ils ne voient pas cette société à qui ils appartiennent et qui part en couille. Ils ne voient pas la misère sociale, les appartements crasseux, les tox qui te dégueulent dessus, les putes qui te crachent à la gueule, les zivas en puissance qui pavent notre passage non pas de pétales de roses mais de mollard aromatisé shit-sky-coca, ils ne voient pas les trous duc qui grillent un feu devant toi mais jurent qu'ils sont passés à l'orange et que si tu les empêchent, eux, de travailler tu va aller à la circulation, "parce que moi j'en connaît du monde "......
Ils ne voient pas ce côté obscur de la société dans lequel on baigne tous les jours, dans lequel on se noie.......
Ils ont leur vie, ils s'en foutent. On a la notre.
De grâce mettez une poche Leclerc autour de votre tête avant de vous la trouer avec votre SIG, pensez à ceux qui vont devoir nettoyer vos petits bouts de cervelle collés au mur après les "transport et constatations".
Avant de sauter du balcon de votre appartement de banlieue veuillez fermer la fenêtre avant de sauter, pensez aux courants d'air , aux économies d'énergie, la taxe carbone, les générations futures......des petits gestes qui épargneront un peu plus le vulgus quidamus face à la magnifique réalité bisounoursienne de notre pauvre petit quotidien.
Voilà, béné, en substance ma petite moquerie sur ce sujet qu'est le suicide chez les policiers.
2 de mes amis se sont suicidés. Il y a longtemps.....
Qui s'en souvient ? leurs familles, leurs collègues et moi.
Qui s'en soucie ? leurs familles, leurs collègues et moi.
A Pierre.N et Philippe.........
C'est moi qui vous remercie de vous y intéresser :)
Vous parlez d'indécence dans le terme contagion. Pourtant le suicide est, selon moi, une maladie contagieuse. Je tente de m'expliquer : le passage à l'acte est "encore plus sérieusement envisagé" (attention je ne fais vraiment aucune provocation) lorsque dans son entourage on a une ou plusieurs personnes qui sont déjà elles mêmes passées à l'acte. Beaucoup d'exemple malheureusement autour de moi, et des tendances suicidaires induites par celle de mon mari en ce qui me concerne.
Mon mari n'est pas policier. Il est suicidaire et s'il avait été flic il serait mort. Avoir une arme à feu est dramatique en cas de pulsion.
Il est vraiment navrant que les pouvoirs publics n'investissent pas plus en prévention pour les flics comme pour les autres. Le suicide en France c'est plus de 10 000 personnes mortes chaque année de trop souffrir. Parmi cette souffrance celle des policiers est d'autant plus dramatique que votre métier c'est de nous protéger. Nous, les citoyens, la population en cas de danger vous appelons. Vous vous mouillez pour nous. En cas d'agression, en cas de drame et au final on est même pas foutus de vous soutenir. Et bien moi cela me met en rogne.
En rogne de penser à ces vies foutues en l'air, celles des flics, celles des autres aussi car on a pas été capable de prendre soin, d'investir du temps de l'argent et des moyens humains pour justement que chacun d'entre nous puisse conserver son humanité et son intégrité physique.
Bref commentaire décousu désolée mais j'ai les idées confuses sur ce sujet.
Merci beaucoup Anne, pour vos remarques.
Si j'ai utilisé le terme de "contagion", c'est que je l'ai trop lu, et j'ai trouvé que ce diagnostic était un peu réducteur. Comme si l'idée du suicide ne venait à l'esprit que par mimétisme... excluant les responsabilités (ou implications) autres que celle de celui qui finit par passer à l'acte. Ceci dit, c'est vrai que cotoyer le suicide (de proches, ou d'inconnus, en ce qui concerne les policiers), étrangement, le démystifie. C'est un sous-entendu quand j'écris : L’intégrité physique est une entité fragile. Celle de "l'autre" puique ce métier implique de souvent le constater, et aussi la sienne. Vous avez dit suicide ?
Je vous souhaite de la chance et du courage, et que votre mari retrouve le goût à la vie qui vous la fera plus douce à vous deux.
www.gjarnot.blogspot.com/2009/09/galerie-funeste-le-suicide-dans-la.html
Cordialement
Merci pour le lien :)
J'ai une connaissance qui a essayé car les grands patrons le harceller .IL y avait abus d'autorité chez lui tous se passé à merveille,il ne pouvait rien faire sans qu' on lui fasse une remarque.Pour information il avait essayé de changer certaine chose et cela avait fortement deplus car il avait appuyer sur quelque chose qui risquait de d'exploser.
Je souhaite resté annoyme de risque de représaille par notre administration
Ce qui serait aberrant (et je crains que ce le soit) serait quand lisant ce sujet on ne soit pas choqué et surpris. Choqué et surpris parce que on en parle pas, et des gens qui tomberaient par hasard sur cet article se coucheraient moins c*n. J'avais beaucoup aimé une phrase de vous Bénédicte Desforges: "Le flic a les mains sales de la crasse sociale...." Il y a une profonde hypocrisie de la société à ne pas aimer la police. Mais bon je m'égare un peu, mais je ne peux m'empêcher, à chaque fois que je lis un de vos sujet, d'en revenir à se mépris des gens vis-à-vis de la police et qui me met hors de moi. Enfin voilà il aurait été plus simple que je laisse juste un message, simple mais sincère: Que ces Hommes reposent en paix maintenant.