Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 15:00

 

suite : Suicides dans la police : un plan de réduction des effectifs ?
          (18 novembre 2009) [lien]

 

  Il y a près de chez vous, un PDG qui a parlé de mettre un point d’arrêt à cette mode du suicide qui choque tout le monde.
  C’est vrai, quoi, il n’a pas tort. Elle est moche cette mode, elle fait la mine grise et le teint palot à qui l’adopte. Et en plus ça choque tout le monde, dit-il.
  Déjà que tout-le-monde s’était ému de cette vilaine mode de la burqa cet été, voilà que la collection d’automne apporte la tendance suicide.
  C’est vraiment de mauvais goût.
  Et puis tout-le-monde, il ne faut pas le choquer, il ne faut pas l’ennuyer avec tous ces malheurs qui n’arrivent qu’aux autres, il ne faut pas non plus lui donner l’idée d’être attentif à qui l’entoure, et éventuellement des envies de solidarité.
  Des fois que tout-le-monde aurait l’idée de se serrer les coudes, imaginez le tableau…
  Non, tout-le-monde, il ne faut pas l’inciter aux sports d’équipe, il faut lui foutre la paix, et le laisser rêver à un monde meilleur, sans crise et sans crise de nerfs.

  Mais voilà, par ici on a un faible pour la mode, surtout quand elle est indémodable, et il m’est venu l’idée de vous redonner à lire l’article qui suit, que j’avais rédigé en janvier 2008, quand la mode du suicide chez les fonctionnaires de police avait eu comme un spasme et une odeur de poudre.

  Le chiffre qui circule - je le précise, de façon tout à fait officieuse, et non vérifié - fait état d'une moyenne de 1 suicide par semaine dans la police nationale.

 

 

article du 24 janvier 2008 :

  Je ne souhaitais pas parler des suicides dans la police. Mais ne pas parler c’est tout juste moins pire que la langue de bois, et les discours convenus, relus et approuvés…
  Le suicide dans la police, c’est un sujet sensible, et délicat à traiter car on peut - il y a des experts pour ça - faire dire ce qu’on veut aux chiffres (quels chiffres, d'ailleurs ?)
  On peut évoquer le phénomène de "l'effet d'annonce", être plus indécent et parler de "contagion", évoquer le métier dans ce qu'il a de difficile, mais on peut aussi se taire, ce qui semble souvent être l'option retenue.

  Tout et son contraire peut être démontré pour peu qu'on ait déjà décidé de la conclusion ou du message à passer.

  Pour relativiser, on pourrait dire :
  - Les hommes se suicident plus que les femmes, et il y a plus d’hommes que de femmes dans la police.
  - Le moyen du suicide est à portée de main du policier, ce qui réduit considérablement le temps de réflexion, si tant est qu’on est en état de réfléchir la seconde d’avant. Donc, il y a plus de suicides réussis que de tentatives chez les flics.
  - Les fonctionnaires de police se suicident souvent pour des raisons qui relèvent de la vie privée.
  - Il y a d’autres milieux professionnels qui comptabilisent beaucoup de suicides.
etc… etc…

  Mais, voilà aussi ce qu’il faut dire :
  Le flic est sous une pression permanente et multiple.
  - La hiérarchie pas toujours attentive et compréhensive au regard des tâches qu’elle n’accomplit pas mais qu’elle ordonne, elle-même sous pression de sa propre hiérarchie.
  - Les couleurs politiques et toutes les demi-mesures plus ou moins productives qu’on demande aux policiers d’appliquer successivement au long de leur carrière.
On peut ressentir un immense sentiment d’inutilité, susceptible de contaminer toutes les sphères de sa propre vie.
  - La perception que le citoyen a du policier, avec le renfort servile des médias, l’hostilité permanente pour certains d’entre nous. Et rien n'indique que ça peut aller en s'améliorant.
  - Le danger de ce métier, les blessés et les morts en service, en nombre suffisant pour que chacun d’entre nous en héberge quelques uns dans sa mémoire (la vulnérabilité physique du fait d’autrui, se faire blesser, mutiler, tuer en service, n’est pas si courant que ça dans le monde du travail)
  - Le fonctionnaire de police subit de plus en plus de violences physiques, et on ne lui propose que l’usage de moyens violents en réponse.
  Il est le bouclier unique et absolu contre toutes les manifestations brutales des dysfonctionnements sociaux. L’intégrité physique est une entité fragile. Celle de "l'autre" puique ce métier implique de souvent le constater, et aussi la sienne. Vous avez dit suicide ?
  - Le stress que ce métier engendre, les horaires atypiques, des vies de famille qui ne s’en relèvent pas…
etc… etc…
  Avec cette énumération rapide et incomplète, je reste modérée, presque évasive.
  Parce que tous ces mots sont banals.

Plus explicite, je vous laisse lire cette lettre que j’ai reçue :

  Salut à tous,
  Voilà une semaine que je lis dans les journaux un article par jour, épuré et conforme aux directives du ministère de l'intérieur… ayez confiance, tout est sous contrôle…
  Le malaise est présent. Tous se posent la question : pourquoi cette "vague" de suicides, de dépressions et de rendez-vous chez le psy ?
  Messieurs, vous n'avez qu'à venir au niveau des flics. Ah non c'est vrai on ne les trouve plus beaucoup au service, car ils ne doivent ni perdre de temps à rédiger leurs procès verbaux, ni prendre le temps d'un café, d'ailleurs ils ne doivent être présents que sur la voie publique, pas question de souffler après une intervention difficile, des contrevenants rôdent il faut sévir… la prise de contact avec nos concitoyens ne se fait que par écrit : la contravention.
  Mais où est le malaise ?
  - Impossibilité de se laver les mains en l'absence de produits = gain de temps.
  - Le temps de passage au poste des patrouilles est contrôlé (bientôt surveillance par GPS) = gain de temps.
  - Le panneau des petites annonces entre collègues a été ôté = gain de temps.
  - Nous devons rendre compte à la minute prés de l'activité mais en moins de 20min pour une journée = gain de temps.
  - Pour de 8h15 de travail continu, le temps de pause journalier est passé de 45 min à 20 min, ceci comprenant l'arrivée au service, le passage aux toilettes, le repas et le départ = gain de temps.
  Comme nous sommes payés en heures de récupération (travail jours fériés et WE) que nous ne pouvons prétendre uniquement selon les nécessités du service (exit les WE, les jours de cour d'assises, les vacances scolaires, et les jours de manifestation de quelque nature qu'ils soient) pour gagner un peu de temps, ils ont inventé un impôt horaire quotidien de 6 min, d'où le temps de pause de 45 à 20 min…
  Contrairement à ce qu'avancent certains détracteurs, nous ne sommes payés que sur 12 mois, toutes nos primes sont imposables, l'heure de nuit est majorée à 1€, pas de prime de fin d'année, ni pour les vacances, mais de toute façon avoir 15 jours de vacances en été est un luxe. Et l'hiver c'est Noël ou 1er de l'an voire les deux au boulot.
  Pas de temps de déshabillage, pas de briefing ni de débriefing, pas de prime repas, pas de cafétéria non plus, vive les sandwiches et autres plats préparés. Les sautes d'humeur et les coups de barre sont à proscrire, en cas de gastro intensive il vaut mieux se porter pâle car sinon c'est plusieurs fonctionnaires qui pâtissent du temps perdu aux toilettes.
  La formation continue n'existe pas, pas plus que l'entraînement hormis l'obligation des 3 séances de tir annuelles.
  La promotion est squelettique, des examens et concours absurdes vous donnent la fonction mais pour le grade et le salaire faut s'armer de patience… la liste est longue.
  J'arrête là je ne voudrais pas vous foutre le cafard avec nos problèmes.
  Alors en effet quand un jeune entre dans la police il ne pense pas qu'il va vivre ça, c’est écrit POLICE-SECOURS, mais c'est Police "au secours"…
  Fuyez voilà la Police… Le pire c'est qu'en vingt ans les "anciens" ont la même désillusion.
  Et quand le policier s'enfuit c'est souvent tragiquement.
  Je remercie nos syndicats qui après avoir vendu notre droit de grève et celui d'ouvrir nos gueules, ne servent à rien sauf à apporter un peu d'espérance.
 Mais quand on ouvre les yeux, le malaise est profond, et certains ne voient aucune issue. L’arme à la ceinture est d'une simplicité et d'une efficacité redoutables. En principe il n'y a aucun signe avant-coureur, c'est la surprise pour tous. En quelques années, le nombre de suicides s'est multiplié par deux, mais comme il n'y a aucun chiffre officiel, c'est tabou, c'est peut être pire que cela…

un collègue



Documents :

>> Le Monde du 23 janvier 2008 ici

>> AFP 24 janvier 2008 ici

>> Libération du 29 janvier 2008 :
"La course aux chiffres accusée après des suicides de policiers"  ici

À relire aussi :
>> Le Figaro (octobre 2007) ici

>> Étude menée par Nicolas Bourgoin, maître de conférence en démographie sociale et chercheur au laboratoire de sociologie et d'anthropologie de l'Université de Franche-Comté (1996) ici

>> Article de Frédérique Mezza-Bellet, sociologue à l’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale (2001) ici

 

 

Si vous souhaitez apporter une remarque à ce qui précède,
je vous remercie de le faire avec retenue.
Publié dans : le suicide dans la police
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Commentaires

Cela aurait fait un bon sujet d'étude pour Milgram ou Laborit... A partir de quel moment, l'obéissance fait-t-elle "péter un plomb" ?... Cette société est bien malade et à tous niveaux... Entre les profs qui sont les premiers pensionnaires des HP, les flics qui se suicident et tous ceux qui sont sous médicaments, ça fait du monde qui a abandonné tout espoir de changer leur environnement. Il ne faut pas baisser les bras, quelque chose finira bien par émerger de toutes ces souffrances... Ce jour là, je pense que nos "dirigeants" auront le bon goût d'émigré ailleurs pour ne pas se faire couper la tête ; symboliquement bien sûr...
Commentaire n°1 posté par Incognitototo le 24/01/2008 à 01h08
Voilà un petit texte criant de vérité qui mérite l'affichage dans la pseudo salle de repos, où on nous a formellement interdit de manger à plusieurs équipages en même temps, au motif que le tableau des stats manque d'ESI... Il ne se passe pas une seule journée sans que l'on soit rabaissé ou découragé par le dysfonctionnement latent de notre grande maison. On a plus le temps d'avoir le temps, et le manque d'effectifs n'arrange rien.
Commentaire n°2 posté par Thomas le 24/01/2008 à 09h25
(ESI = Etrangers en Situation Irrégulière)

Le temps de parler entre collègues est pourtant indispensable, je le sais d'expérience tout comme toi.
Et je ne crois pas qu'on ait trouvé meilleure "cellule de crise psychologique" (que j'aime pas cette expression !) que la salle de repos. C'est immédiat, spontané et efficace. 
L'argument de quelques uns, certains syndicats entre autres, consiste à dire que tout suicide, dépression, etc, est le fait de problèmes privés. Le moral des troupes se porte  bien, et la police bénéficie d'une immense cote de popularité a-t-on pu lire... Vie privée, certes c'est possible, mais quand il y a tant d'interférences entre celle-ci et le boulot qui empêche qu'elle soit stable et sereine, et que certains épisodes de la vie d'un flic sont si dévalorisants, faut mieux cesser les déclarations idiotes et arrangeantes, que de proférer de telles conneries. Il y a des cadres de vie professionnelle qui "réparent" ou adoucissent les affres de la vie privée, et rendent les échecs dans ce domaine moins difficiles à supporter. C'est pas le cas de la police. On n'est pas des disques durs, il n'y a pas de partition possible de la vie, ce serait si simple.. 
Biz Thomas et prends soin de toi.
Réponse de le flic le 24/01/2008 à 12h00
Moi qui voulait y entrer dans la police... =/ je me demande si ça vaut le coup =S
Commentaire n°3 posté par Jeremy le 24/01/2008 à 16h40
c'est un prof en CLM depuis presque 2 ans qui vient ici. C'est en ayant ce temps que j'ai pris bien malgré moi que j'arrive à ne plus baisser les bras devant toutes ces situations sociales. Aujourd'hui c'était grève des fonctionnaires, ce soir je suis contente de trouver ce blog d'un autre "fonctionnaire". Beaucoup de points communs dans ce texte avec le "fonctionnaire prof que j'aimerais relever sur un prochain billet en mettant en lien votre blog si vous le permettez.
Commentaire n°4 posté par sylvie le 24/01/2008 à 23h50
Oui bien sûr :o) Merci Sylvie.
Réponse de le flic le 25/01/2008 à 12h23
Si les banquiers étaient armés, on se ferait concurrence (n'y voir aucune allusion à l'actualité du jour, ce n'est pas là l'idée). Quand le moyen du désespoir est à portée de main c'est celui-ci qui gagne, et définitivement.
Commentaire n°5 posté par gilda le 25/01/2008 à 02h16
Tu m'excuseras de trouver la comparaison indécente.
Réponse de le flic le 25/01/2008 à 12h22
Aujourd'hui 25 janvier, région parisienne : 6ème suicide de policier en moins d'un mois (source AFP)
Commentaire n°6 posté par info le 25/01/2008 à 19h00
SEPT ils ont dit à la télé aux infos de 19h30 sur Fr3 (avec itv de J.Masanet). Au JT de 20h de Fr2 on n'en parlait déjà plus.
Réponse de le flic le 25/01/2008 à 20h56
Le suicide une particularité de Poulaga ? Je n'en sais rien. Mais il y a un état de fait qui n'arrange rien. Le malaise est là et semble bien structurel et non conjoncturel. La Sécurité Publique aujourd'hui rejoint d'autres corps de la Fonction Publique dans la schizophrénie. Tous les jours, nous sommes assommés par des discours en novlangue formatant de plus en plus toute notre institution à la culture du Chiffre. Cette culture du chiffre n'a rien à voir avec une rationnalisation de notre travail, une mesure de l'efficacité de telle ou telle politique (elles changent tous les ans, comment mesurer l'impact d'une politique sur un an ?). La culture du Chiffre est un formatage des esprits qui conduit toute une institution à voir le crime, les tensions sociales et sociétales comme une abstraction chiffrable, une entité autonome de toute réalité palpable. Nous ne luttons plus contre des criminels, des délinquants ou des contrevenants mais contre des infractions. Ce ne sont plus des drogués mais de l'ILS, plus des étrangers illégaux mais des ILE, plus des bandes mais des JV, etc. Cette dérive nous pose de facto comme une meute de chiens de garde au service de l'Etat et en dehors de la Société. Le flic n'est plus un acteur de la société mais bien une force de projection soit comme outil de pure répression, soit comme tampon entre les "zones malades" et les "zones saines" de notre société. L'esprit du "sergent de ville", du flic de rue faisant partie intégrante du paysage urbain est mort et enterré. Au point qu'une certaine jeunesse policière qui n'a jamais connu le marché du travail se complait dans cette position d'acteur "extraterrestre", venu d'ailleurs. Les plus coupés du tissu social ne voient plus de victimes mais des cas soc'. Faire de la pol' prox', prendre contact avec la population, renseigner les concitoyens, c'est faire du social. Le renseignement actif en sécurité publique, c'est faire du social. D'ailleurs, en novlangue, nous ne faisons plus de prise de contact avec l'usager mais du P.V.R.D., le P.V.R.D. étant bien évidemment pour nombre d'entre nous (de tous grades) ce qu'on appelle du flan, du social voire du "mytho"... Ce qui finit par être vrai vu comment cela est fait. Et là, nous sommes encore plus dans la schizophrénie. Parce que déjà que cela n'a rien à voir avec le "social" mais bien avec le métier de flic mais pire encore, le "social" c'est une part du métier de flic que cela plaise ou non. Quand on se déplace pour un différend familial ou conjugal, on fait du social voire on participe à l'infantilisation générale. Et cette infantilisation, aucune autorité vient pour nous dire de ne plus traiter cela ! Donc d'un côté, nous avons notre Président qui insiste pour dire que le flic n'a qu'une mission de répression en crucifiant au passage un taulier pour l'exemple et de l'autre, l'Etat continue à associer ce cocktail détonant fait d'infantilisation, d'assistanat et d'abandon sur les thèmes les plus fondamentaux à savoir la sécurité et l'éducation dans les quartiers manquant de tous... Sauf d'aides pécunières que nombre de sociologues qualifient de "trappes à pauvreté". Mais bon, cette schizophrénie, nous la voyons dans toute la Fonction Publique de terrain : Justice/police : nous ne sommes pas faits pour faire du social alors que c'est la majorité de notre taffe. Education : Ils ne sont pas là pour se substituer aux parents dans l'éducation et sont là pour l'instruction... Mais quand les parents sont aux abonnés absents ? Et cetera... Les fonctionnaires du social, de la santé, des fraudes, des douanes, etc., tous pourraient donner des exemples frappant de notre schizophrénie institutionnelle. Alors nous, nous avons du 9mm Parabellum pour gérer le stress quand il ne se gère plus. L'Education Nationale a les plus gros centres de repos pour les profs qui ont craqué. La Santé compte un nombre inquiétant de camés légaux (mais pas seulement d'ailleurs), etc. Mais bon, le "privé" n'est-il pas à plaindre également ? Combien de suicides chez les cadres d'entreprise ? La France, leader mondial en matière de junkies légaux, ça prouve bien que ce n'est pas fondamentalement un problème de flics. Bon, sur ce, je vous souhaite quand même une bonne journée :P
Commentaire n°7 posté par Salvatore le 25/01/2008 à 20h35
Rien que pour ta dernière phrase (bonne journée) je devrais te censurer.
Take care au taf.
Réponse de le flic le 25/01/2008 à 20h57
Aah, H. Laborit et son "éloge de la fuite" !! Et si la fuite pouvait être de rire et de faire un sitting... Faut-il une bonne récession pour que d'autres valeurs puissent dominer ? That is the question. Je suis encore assez jeune et j'espère voir nos "dirigeants" émigrer histoire de voir quelle tête il feront si toutefois ils l'ont encore sur les épaules.
Commentaire n°8 posté par ksk le 26/01/2008 à 13h19
Un sitting de flics qui se feraient dégager par les gendarmes ?
J'ose même pas y penser...  :o)
Réponse de le flic le 26/01/2008 à 15h17
Je t'excuse volontiers c'est juste que je ne comprends pas bien. En fait quand je dis "banquiers" je parle des employés, par exemple en agence ou des petits cadres dans les bureaux, pas des cadres très supérieurs ni des traders. Alors sans doute la proportion n'est pas la même, et puis il est encore largement considéré, comme chez Renault avant que le nombre ne soit trop important pour qu'aucun lien ne soit fait, que chaque personne est la victime de sa faiblesse et de circonstances de sa vie privée. Et puis précisément ces personnes n'étant généralement pas armées l'impulsion de l'instant leur est évitée, on les voit généralement disparaître des lieux de travail en dépressions agravées. Alors d'accord ceux-là ne meurent pas, mais je crois qu'il y a hélas un certain nombre de similitudes.
Commentaire n°9 posté par gilda le 26/01/2008 à 14h04
Je sais Gilda ce que tu as voulu dire. Le sentiment d’oppression et l’oppression manifeste sont bien partagés dans le monde du travail. L’exploitation n’est plus un mot à la mode, la lutte des classes non plus, mais pourtant ces notions n’ont jamais cessé d’exister bien au contraire. Il y a juste fallu un tour de passe-passe de vocabulaire pour les nommer différemment. Mais oui, je connais aussi des gens qui bossent dans le privé et qui font tellement d’heures, qu’un jour leurs propres mômes ne les reconnaîtront même plus. 
Dans mon tout petit exposé, j’ai cherché à mettre en lumière ce qui accable et démolit les flics plus (ou autrement) que les autres. La liste est longue des faits qui ne sont pas souvent partagés avec d’autres professions. Mais on est dans un format "blog", tu vois ce que je veux dire, trop de scroll tue le propos. Et ce genre de sujet ne soulève pas plus d’intérêt que ça… J’aurais pu parler des flics qui ont été obligés de déménager parce qu’on ne peut pas vivre n’importe où dès lors que le voisinage connaît ta profession. Du vandalisme qu’ils ont subi sur leurs biens, des insultes à leurs enfants, etc. J’aurais pu en dire davantage sur la violence physique, énumérer tout ce qu’on peut voir en une journée et qu’il faut digérer d’une façon ou d’une autre, redire que le contact permanent avec des gens dans la détresse finit par être osmotique, etc. J’aurais pu parler des mails que je reçois de collègues au bout du rouleau, parler des suicides de gens avec qui j’ai bossé, mais ça même dans le livre j’en ai pas parlé. Ce bouquin va me rapporter du fric, il était hors de question pour moi que l’histoire de mes collègues qui ont mis fin à leurs jours me rapporte un seul centime. J’essaye juste modestement avec ce que je sais, de faire la part des choses qui font la différence entre les policiers et les autres. Parce que c’est la définition de cette différence qui permettrait d’agir, de prévenir. La lettre du collègue que j’ai reproduite donne déjà qlq pistes. Mais je ne suis qu’un tout petit relais sans influence. Et ce que je dis doit déjà se dire sur tous les forums de flics. 
Je ne cherche absolument pas à dire que la police a le monopole du mal-être au travail, juste d’aller un peu à contre-courant des discours dominants du moment qui expliquent tout en deux mots visant la vie privée. Le métier de policier modifie aussi la perception de la société et de sa propre vulnérabilité. C’est un risque du métier dont on ne parle pas souvent.
Réponse de le flic le 26/01/2008 à 15h10
Ce qui me désole le plus n'est pas l'amorphie d'une machine étatique forcément prisonnière d'une certaine inertie dans l'action. Mais ce qui est déplorable est le propos d'un des représentants du syndicat majoritaire des tauliers. 3 suicides à Tours dans le même commissariat et en un temps record, tout le monde prend des pincettes cette fois-ci en ne qualifiant pas immédiatement ces incidents de "privés". Le Directeur Départemental de la Sécurité Publique du coin qualifie "d'erreur" le management du taulier de Tours... Ce qui en langage policé de taulier est un désaveu manifeste. Parmi ce qu'ils aiment appeler la "base", le "socle", ils sont unanimes pour condamner un management totalement détaché des réalités du métier. Mais un syndicaliste de tauliers, ne travaillant pas sur les lieux, va à l'encontre de tous les propos du moment et les précautions prises sur cette tragique histoire pour qualifier ces suicides d'affaires relevant du privé. Les loups ne se mangent pas entre eux on dirait bien... J'applaudis tout de même le Directeur de ce DDSP pour avoir désavoué un collègue de son corps même si je ne me fais aucune illusion sur les suites. Les syndicats et les cartes de parti protégent de tout et surtout les incompétents. En tout cas, carton rouge pour ce syndicat qui une fois de plus, en mâtin docile, sert la parole de son maître...
Commentaire n°10 posté par Salvatore le 26/01/2008 à 15h44
Je me permets de vous laisser ce lien sur le dernier article du Monde@import url(http://medias.lemonde.fr/mmpub/css/blog.css); Congédié par Nicolas Sarkozy, le directeur de la police générale à Paris, Yannick Blanc, s'expliqueLE MONDE | 25.01.08 ©
Commentaire n°11 posté par sylvie le 26/01/2008 à 19h01
Réponse de le flic le 26/01/2008 à 19h26
J'aime bcp l'expression "un tout petit relais sans influence", très mignon. Si on suppose qu'un grain de sable bloque un engrenage, qu'une goutte d'eau peut faire déborder un vase et que sais-je encore on peut espérer que tes publications aient une action... un jour...
Commentaire n°12 posté par ksk le 27/01/2008 à 13h18
Le suicide est un sujet complexe et il faut faire attention de ne pas être réducteur quand aux raisons possibles. il n'y a rien de plus mystérieux que le suicide et l'humain a besoin de rechercher des causes, tellement ce geste est insupportable. Le passage à l'acte suicidaire amène nombre de questionnements d'interprétations et d'inquiétudes, qui ne trouveront que des réponses partielles... Il est vrai que le métier de policier est difficile, tant par les pressions externes (confrontation à la mort, à la misère, horaires atypiques...) que par les pressions internes (sentiment de non-reconnaissance, manque de dialogue avec la hiérarchie, diminution de l'esprit d'équipe..) l serait intéressant que de nouvelles études soient faites, par des professionnels de la santé mentale (psychologues, psychiatres...) afin d'analyser "le suicide dans la police". La dernière étude datant d'environ une dizaine d'années. De plus, il serait bien de tenir compte de ce que peux renvoyer les partenaires institutionnels (psychologues, assistantes sociales, médecins, syndicats...), qui par leur expérience du terrain peuvent mettre en avant les difficultés propres au métier et/ou au service. Le Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO), crée depuis 1996 (suite à la vague de suicides), compte une cinquantaine de psychologues, qui sont là pour soutenir tous les policiers et qui peuvent apporter un éclairage autre. Donc il faut aussi valoriser ce service, à mon sens, essentiel. Et à chacun d'entre nous de réfléchir sur ce que l'on peut apporter à son collègue (écoute, orientation, soutien...), et sur l'importance du réseau afin de faire diminuer ce problème de santé publique: le SUICIDE.
Commentaire n°13 posté par rayos le 28/01/2008 à 22h56
Un sujet complexe. Qui dit le contraire ? Excusez du peu, mais les principaux intervenants qui se sont exprimés ici sur ce sujet sont fonctionnaires de police de terrain, et ont un point de vue assez privilégié sur leurs propres conditions de travail, et si vous estimez leur propos réducteur, il n’en est pas moins blindé de pistes de travail. 
L’analyse que vous citez est en lien en bas de cet article. Il s’agit de celle de N.Bourgoin (1996). Les syndicats se sont tous exprimés à leur manière sur ces suicides, on suit ça de près croyez-moi. En revanche, je n’ai rien lu émanant du SSPO. Ou alors ça a été très discret. Ou alors ils n’ont rien à dire ? ou pas libres de le dire ? 
Alors c’est sûr qu’on peut mettre en œuvre toutes sortes d’études menées par des gens très érudits, très diplômés, très psychologues, et qui reformuleront avec un talent universitaire tout ce que j’ai dit, ce que j’ai raconté du métier en 260 pages, ce que mes collègues disent, ce que les syndicats non asservis disent, ce que Bourgoin a déjà dit, et ce que vous répétez ci-dessus. Au moins ça aura la caution de la science. Mais a-t-on besoin de ça pour estimer qu’un temps de pause de 20mn sur une tournée de service est insuffisant ? Il n’y a donc personne pour remédier aux évidences ? Il faudrait l’aval et les injonctions du CNRS ? 
C’est sûr aussi qu’on peut prendre rdv avec les psy de la boite. Pour ceux qui franchiront ce pas qui n’est pas forcément évident pour certains. Avouer sa fragilité à un psy estampillé police c’est pas si simple, beaucoup préfèrent en faire l’économie ou consulter en ville. Les collègues comprendront. Je souhaite néanmoins beaucoup de bien au SSPO qui a le mérite d’exister, et à ceux qui y ont recours. 
Mais vous voyez, tout le monde en a marre des vieux poncifs éculés du genre "c’est sa vie privée qui l’a tué" ou encore "il y a eu un décalage entre la réalité et ce qu’il voyait du boulot de flic a la télé", etc. Ce sont autant de leitmotiv qui lavent l’institution de tout soupçon, alors qu’une petite autocritique ne ferait pas de mal.
Réponse de le flic le 29/01/2008 à 00h10
26/01/2008 à AUBERVILLIERS, une jeune mère de famille fait sa vaisselle... Banal! L'instant d'après elle prend son bébé de 2 ans dans ses bras et se jette par la fenêtre de son appartement situé au 10ème étage... Une collègue ADS. Elle est morte sur le coup et le bébé décèdera le lendemain. Trop de pressions au travail, trop de pression dans sa vie privée en lien direct avec le travail, car nous flics nous vivons, mangeons, dormons "POLICE" tellement notre travail est contraignant et nous prend à cœur! Et la hiérarchie, au courant de la détresse de cette jeune femme, n'a pas lever le petit doigt! Nous ne sommes que des pions, quelque soit notre grade ou notre corps, nous resterons un chiffre, un matricule aux yeux de l'administration qui n'a que foutre de notre situation. Alors que l'on me dise que le suicide chez les flics est dû à leur situation personnelle, certes c'est un tout mais une chose est sure, c'est que notre boulot est le facteur qui pèse le plus dans la balance et la fait basculer vers le passage à l'acte! Ok d'autres secteurs sont touchés par ce fléau mais aucun autre secteur n'est confronté à ce que nous pouvons voir et endurer tous les jours, tant psychologiquement que physiquement. 7, 8, peu importe le nombre de collègues ayant pris cette décision c'est déjà bien trop en moins d'un mois!
Commentaire n°14 posté par Pal821 le 29/01/2008 à 06h46
bjr, 30.01.08 -je connais bien ce probleme de suicides dans la police nationale par des travaux de collegues chercheurs en scences humaines et psy. -le metier me rappelle celui de médecin generaliste qui à son niveau general,affronte TOUS les problèmes de santé, de la vie des familles et de toutes generations. Dans ces bases,il est demandé aux enseignants de "faire de l'humanitaire"! Or,ni agent de police,ni medecin, ni enseignant ne sont formés pour faire face à cette somme de problèmes : on n'est pas "Mère Thérésa" ! Je crois vraiment qu'il faut des personnes - des psy ? - bien formées à l'écoute et aider les fonctionnaires de police à exprimer / vomir les difficultés du metier. Les médecins et infirmières souffrent du "burn out" qui brûle leur énergie et leur resistance psycho-sociale. C'est pareil pour les agents de police et pour les profs... Encore faut-il reconnaître qu'un agent des forces de l'ordre puisse "avoir des faiblesses"...banalemet humaines. Car,sous l'uniforme,se trouve un être humain,un père / une mère de famille... - Je connais des médecins et infirmières en serieuse déprime.Et pareil pour des agents de police. Mais aussi nul n'est un sur-homme,ou une super-woman. ==Se dire qu'on a TOUS / -TES des "faiblesses" est le premier pas vers l'affrontement du stress et vers l'auto-guerison. C'est peut-être cocasse pour certains mais je crois qu'on devrait être PARRAIN / MARRAINE de diverses professions - de tte personne qui vit en France - comme cela existait pendant les guerres. La vie en ce 21e siècle ne ressemble-t-elle pas à une sorte de guerre ? Donc : PARRAIN / MARRAINE ? Qu'en pensez-vous ? Et de la creation d'un SITE DE PARRAINAGE / MATERNAGE(?) de professions à risque,de gens dans la solitude...? cordialment
Commentaire n°15 posté par heland le 30/01/2008 à 14h32
Bonjour 
Merci pour votre commentaire. Si vous connaissez des travaux sérieux sur le suicide dans la police, je suis preneuse et d’autres aussi.
Il est certain que tous les métiers qui ont un rapport à l’humain (profs, médecins, etc) peuvent être émotionnellement et psychologiquement destructeurs. Il est certain aussi que tous les suicides peuvent trouver une explication dans la nature d’un métier. Tout le monde se flingue et les chômeurs se flinguent. Ok. Il est sûr qu’il faut parler, que les psys sont les sorciers du siècle, couchez-vous sur le divan, racontez-moi votre vie et ça va aller mieux. Alors ça pour causer, on cause. On cause sur internet, on cause sur des forums, on cause partout. Tout ce que vous dites est vrai, mais vous n’évoquez pas les conditions de travail et les missions du fonctionnaire de police, bref ce que mon collègue (la lettre) et moi essayons tant bien que mal de mettre en lumière (voir réponse que j’ai faite plus bas). Et ça, c’est pas des psys qui vont les changer. Au mieux, ils aideront à les supporter en usant de paroles réconfortantes et réparatrices, mais ça s’arrêtera là, vous comprenez ? Moi je ne parle pas de ce qui réunit les policiers, et tous les autres hommes et femmes face au suicide, je parle de ce qui fait la différence. J’ai discuté un jour avec deux assistantes sociales. L’une était affectée à la BSPP (brigade des sapeurs pompiers de Paris) et l’autre à la PP (préfecture de police). Les policiers et les SP interviennent sensiblement sur le même genre de détresses humaines, et souvent en même temps. Malgré tout, elles bossaient de façon diamétralement opposée. Un flic et un pompier abîmés ne se réparent pas de la même façon. Pour les uns, le métier est secours et assistance sous toutes ses formes, et a la côte de popularité qui va avec, et pour les autres NON. Vous imagineriez des flics vendre des calendriers à la sortie des supermarchés ? Ça veut tout dire… C’est NON aussi. La difficulté est aussi là : l’image. En plus du reste. Alors on peut toujours évoquer à l’infini les défaillances et difficultés intrinsèques à l’homme, mais le contexte ne peut s’arranger que par des actes et la prise en considération de la particularité du métier. J’ai reçu énormément de mails, de messages, qui me disaient que seul un flic peut comprendre un flic. Je crains que ce soit vrai. C’est pour ça qu’un site (encore un…) de parrainage de professions à risque ou de gens seuls, je n’y crois pas. On est dans une ère où tout le monde prend conscience, compatit, dit comprendre l’Autre. Mais ça s’arrête là avec une bonne conscience à bon compte. Les flics ne veulent pas qu’on leur tiennent la main, mon pov’ qu’il est dur ton taf, ils veulent aller au boulot avec enthousiasme. Ils veulent que les médias ne les traînent pas dans la boue pour un oui pour un non. Ils veulent être entendus par leur hiérarchie et leurs syndicats. On ne peut pas s’épanouir dans l’indifférence, la surdité du système ou la compassion, mais dans le RESPECT. 
Bien à vous.
Réponse de le flic le 31/01/2008 à 00h38
Mon mari est dans la police. tout le monde, ouais, c'est cool t'as un boulot fixe, t'es bien payé ...... et j'en passe Sauf que comme dit la lettre, la vie de famille passe aprés, combien de fois je me suis retrouvée seule, loin de la famille (ben oui, la première mutation c'est jamais près de la famille !!!!) le samedi et le dimanche !!! Je travaillais la semaine et le WE on n'était pas ensemble ! Les jours fériés, même pas la peine d'en parler, j'ai jamais été voir un 14 juillet avec lui, tout le temps qu'il était en police-secours. Certes, c'est un beau métier, mais faudrai que la hiérarchie sache vraiment comment tourne leur service, c'est pas en restant dans leur bureau qu'ils vont le savoir, idem pour la hiérarchie de la hiérarchie !!!! Un peu de respect pour ces policiers, qui sont avant tous comme tous autres citoyens !
Commentaire n°16 posté par anomyne le 30/01/2008 à 20h07
Comment peut on écrire de telle idioties. Le SSPO? Ben çà alors!..... De mon point de vue, on accepte certaines choses refusées par d'autre parce que persuadé de la justesse de l'action à mener. Ensuite, tout est question de solidité, mais il y a sans doute un prix à payer. Tandis que certains dans les salons étudient les raisons qui poussent un vivant à devenir mort plus vite que prévu, d'autres ne se posent pas de question et travaillent. CQFD. As-t-on déjà vu des penseurs du SSPO ou toute autre structure de ce genre se suicider après avoir écouté le petit Flic du coin de la rue?..... Non? alors ils font mal leur boulot, car celui qui suivra le chemin emprunté par un esprit torturé et prendra la pleine mesure de la souffrance se suicidera à son tour.... Il me semble qu'un esprit au bord du gouffre doit etre mis , à la retraite, au repos plein et entier. L'administration devrait tenir les comptes et verser une rente aux jugés incurables. Utopie. La nature humaine est ainsi faite que les blablas sont des blablas, et les actes des actes. Il y a là incompatibilité d'humeur. En écrivant ces lignes, je pense à quelques uns et unes.
Commentaire n°17 posté par David le 31/01/2008 à 10h08
Un paramètre essentiel me parait absent de ce débat. Comme dans bien des domaines et, suivant l'adage " il vaut mieux prévenir que guérir ", il est fondamental de s'interroger sur les causes qui entrainent ces suicides. Lorsqu'on considère un nombre de suicides au sein d'une profession donnée, et que ce nombre est élevé, supérieur à la moyenne constatée dans d'autres corps de métier, l'influence professionnelle est clairement établie. Et c'est sur cette influence qu'il faut à mon avis agir. Il est capital de parvenir à travailler à priori, avant que les circonstances professionnelles induisant un suicide n'apparaissent, plutôt qu'après l'apparition et l'accumulation de celles-ci. En effet, le sspo, même s'il a le mérite d'exister et une certaine utilité opérationnelle lors de vécus particulièrement traumatisants, ce service donc a plutôt servi d'alibi administratif: " Il y a beaucoup de suicides, l'administration au comble du désespoir crée un service pour aider ses pauvres fonctionnaires dans la détresse..." On ne s'appelle pas la maison parapluie pour rien!!! Or, si les causes du mal-être professionnel sont universellement connues, il n'y a aucune volonté politique pour lutter contre ces paramètres, ou même pour les atténuer. Il y a d'abord les causes inhérentes au métier: Horaires très atypiques,jour, nuit, dimanches et jours fériés, une flexibilité et une adaptabilité qui confinent à l'absolu induisant une vie de famille en pointillé ou pire, une confrontation permanente au côté obscur de la société, à la souffrance, à la mort,... et cette liste est loin d'être exhaustive!!! Il y a ensuite des causes nettement plus conjoncturelles dont l'administration est grandement responsable: une gestion des ressources humaines à la c_n, quand ce n'est pas carrément inadmissible " monsieur, vous étiez en brigade de jour, et j'ai besoin d'effectifs à la nuit donc, à partir de lundi vous attaquez à la nuit..." Comment expliquer celà à madame? ? ? Comment avoir une vie de famille normale dans ces conditions? ? ? Comment s'épanouir à son travail? ? ? Et il faut savoir également que nous n'avons de fait aucun recours face au rouleau compresseur administratif ou face à un petit tyran local: Les syndicats majoritaires corporatistes sont "nourris" par l'administration, donc entrer en conflit leur est complètement impossible. Les rappels au service sont également de plus en plus fréquents ( activité en hausse / effectifs en baisse ). Chaque année passant nous apporte également son lot de reculs sociaux cautionnés par nos chers syndicats. Nous avons été la dernière "entreprise" de france à passer aux 35 heures, nos heures sups ( jamais payées ) sont moins bien rétribuées ( en temps compensé ), nous sommes passés de 25 à 23 jours de congés annuels, et nos salaires sont bloqués par "négociation paritaire" jusqu'en 2012. Le point d'orgue fût atteint lors de "négociations" concernant nos retraites: Jusqu'au passage place Beauvau, de notre président de la république, un flic de base, eu égard à la dangerosité, la pénibilité et l'insalubrité du métier, partait en retraite un peu plus tôt. Nous avons également perdu ceci, et en ce qui me concerne, je devrai travailler 6 ans de plus pour toucher une retraite complète. Merci beaucoup! Depuis quelques années aussi, est entrée en vigueur la politique du chiffre. Il nous faut faire de plus en plus d'activité avec de moins en moins de moyens et d'effectifs et en cassant de moins en moins d'oeufs. Un enfant de sixième comprend que cette équation est impossible à résoudre, et pourtant... Pour nous aider à atteindre ces objectifs ( ça aussi c'est nouveau...), point de reconnaissance, mais une pression hiérarchique poussée à son paroxysme. Ce n'est pas l'obole distribuée annuellement à quelques collègues en très bon termes avec le décideur local qui peuvent motiver l'ensemble d'un service, bien au contraire. Donc, la ( maigre ) carotte ne suffisant pas, on sort le gros bâton: changements de brigade, d'horaires ( naturellement toujours dans l'interêt du service... ) demandes d'explications et sanctions pour un oui, pour un non,... et un autoritarisme qui me rappelle le service militaire, lorsque mon uniforme était kaki. Rajoutons à cette pression et cette absence totale de reconnaissance de la part de la hiérarchie, une évolution sociétale qui suit le même chemin, et on aboutit aujourd'hui à une situation de lynchage du flic de base. Largement relayée par les médias, la thèse est que le flic est responsable de tous les maux. On va en effet systématiquement parler de bavure lorsqu'un flic fait usage de son arme, et d'accident lorsqu'un flic est blessé ou tué en service. De même, lors de manifestations, les médias diront que les manifestants ont répliqué en envoyant des projectiles sur les forces de l'ordre lorsque ces dernières ont utilisé des grenades lacrymogènes... L'emploi même de cette terminologie démontre à quel point nous sommes des sous-citoyens, complètement déconsidérés. Et comment continuer à exercer un métier représentant l'autorité en étant des sous-citoyens? Cette situation paradoxale est invivable. Cet état de sous-citoyen en droit se retrouve même dans le fait que nous ne pouvons prétendre à la présomption d'innocence. Que ce soit lors de procédure interne ou bien dans le cadre d'une affaire en lien avec le travail ou privée ( divorce ), le flic est toujours présumé coupable, ici encore cette présomption de culpabilité étant largement relayée par les médias... Pour conclure, il est vrai que le commun des mortels ne connait pas les difficultés liées à ce métier, et que, seul un autre flic pourra comprendre ce que subit un collègue. Que dans une société ou la misère et la détresse sont en constante augmentation, ou la violence se radicalise même à notre encontre, ou dans le même temps nous sommes de plus en plus lachés par notre hiérarchie, de plus en plus contestés par la population, nous vivons un stress professionnel hors norme. En ce qui me concerne, au bout de quinze années d'ancienneté, je n'ai qu'un regret: d'avoir signé
Commentaire n°18 posté par flic de base le 04/02/2008 à 10h53
Bonsoir, Je découvre ce blog après avoir lu FLiC. Passionnant. Des témoignages qui n'ont rien à voir avec l'image asseptisée des flics de tv ni avec l'image médiatique des flics incontrôlables dans la rue. Ce qui me frappe dans les comm' et le ressentiment général, c'est que le malaise est le même dans toute la fonction publique: Santé, Education, chez des fonctionnaires qui sont confrontés au quotidien à des situations difficiles sans pour autant avoir les moyens d'y faire face, ni le soutien de leur hiérarchie. Dépression, alcoolisme, suicide, ça existe aussi chez les enseignants. C'est récent mais pas tant que ça (20 ans?). C'est connu et c'est vécu (suffit de lire les journaux ou d'avoir des enfants ou d'habiter dans un coin pourri pour voir comment ça se passe). Alors voilà, je me pose une question qui va vous paraître idiote mais je ne comprends pas ce qui pousse un jeune à s'engager aujourd'hui dans la police. C'est quoi aujourd'hui la vocation à faire ce boulot? C'est pas le salaire, c'est pas la sécurité de l'emploi (il y a d'autres administrations moins dangereuses), c'est pas la sérénité, c'est pas le service aux citoyens (on sait bien que les flics sont dépassés), alors c'est quoi? Depuis disons une dizaine d'années que toutes ces conditions sont connues, j'avoue avoir du mal à comprendre comment on peut avoir envie d'être flic (compte tenu de la réalité, hein, évidemment qu'en théorie c'est un boulot super).
Commentaire n°19 posté par Ren le 07/02/2008 à 00h15
Bonjour, Je viens récemment d'être confrontée à cette tradique vague de suicide, à travers le décès d'un ami, lui aussi policier. J'ai perdu un collègue et surtout un ami. Je pense qu'il y a un sérieux malaise auquel il faut remédier, car nous faisons un métier épuisant moralement, et physiquement. Nous travaillons en moyenne 160 heures par mois, ça c'est officiel. Ajoutez à cela les heures supplémentaires, non payées bien sûr, mais "gracieusement" récupérées et nous arrivons à un total qui varie de 170 à 180 heures. Sans compter les dimanches travaillés ainsi que les jours feriés, les heures de nuit à 1 euro pour un fonctionnaire qui travail en 4/2, c'est à dire en horaire de roulement... Vous ajoutez à cela, la vie de famille (le conjoint, les enfants.......). Je vous laisse apprécier. Beaucoup de personnes ne comprennent pas notre mode de vie, car il est totalement anarchique. Pour avoir une vie sociale et voir ses amis, ce n'est pas toujours évident !!! Ce métier, si beau, est si prenant qu'il nécessite certaines concessions. Mais sûrement pas celles de nos vies, ni de délaisser nos familles. Les études sur le suicide sont peut-être bien détaillées et bien fournies... Mais elles oublient l'essentiel. En somme, les raisons qui ont poussé les uns et les autres à mettre fin à leur vie (d'une personne à l'autre les raisons divergent...). Surtout, il est regrettable que les collègues qui ont fait ce geste soient réduits à des chiffres que l'on place dans un tableau de statistiques !!!!!!! J'espère sincèrement que cette triste vague touche à sa fin et que l'administration va prendre enfin le problème à bras le corps en faisant par exemple de la prévention contre ce genre de phénomène ! J'ai bien conscience que mon témoignage n'apporte rien de nouveau, seulement que l'un des policiers qui s'est suicidé ce moi-ci, était l'un de mes amis, et que j'avais besoin de "cracher mon venin", malgré mon HORRIBLE droit de réserve.
Commentaire n°20 posté par Catherine le 07/02/2008 à 23h13
33 ans de Police , services Police secours ( le service le plus à risque pour moi ) puis GIPN ET 21 ANNEES EN BAC Pour ce métier il faut être motivé , et surtout l'aimer.. malgré l'incompétence de certains chefs de service qui pousse à la course " à la buchette" nos collégues, leurs carriéres avant tout. j'ai connu cela de 1972 à 1978 on y revient et cela est nul , le seul contact avec la population c'est le T.A.aprés mieux parcque là nous avions de bons Patrons de trés bons Patrons ,qui travaillaient " à l'ancienne , le contact , la relation avec la "rue " et quand il le fallait la répression... j'ai traversé ces années avec des moments difficiles, trés difficles , j'ai eu la chance de pouvoir gérer ... et seul ou avec la camaraderie des collégues...les PSY !! rien , j'ai quitté la maison en 2005. je vois et j'entends la même chose, la culture du résultat !!!!!et là avec cela plus de contacts , plus de "tuyaux" ou plus difficile, et nos amis les Gendrames encore pire que nous ils subissent le poids de leur Hiérarchie qui veulent mieux faire, tu peux passer un controle d'alcoolémie avec une voiture voléé , si le "ballon est vert tranquille... certains Patrons devraient remettre le nez sur le terrain pour se remettre au goût du jour. ET POURQUOI PAS LES COMMISSAIRES ET OFFICIERS devraient obligatoirement passer par la "case " Police Secours pendant une période de deux ans ou plus pour connaitre et éprouver le pourquoi de la dureté du travail des Gardiens de la Paix, garant de la Paix Publique ,pour combien de temps encore. ON NE DEVIENT PAS POLICIER COMME CELA , il faut le vouloir ,en 33 ans j'ai passé 6 fêtes de fin d'années à la maison , et là il faut aussi avoir une épouse en or ,qui accépte les contraintes nombreuse de ce métier qui est pour moi une vocation... car il faut vraiment le vouloir... on ne nous passe rien , ne pardonne rien , mais il faut toujours être là , présent , tout le monde oublie que sous cette tenue bleue il y a une femme ou un homme ... alors bon courage à tous ,aimez votre Metier comme je l'ai aimé faites le par conviction personnelle ,on attend rien en retour que la satisfaction d'avoir fait son travail avec Force et Honneur
Commentaire n°21 posté par CALVI le 08/02/2008 à 09h13
Bonjour Bénédicte! Je me présente: je m'appelle Alex, j'ai 21 ans, j'ai lu ton livre et parcours ton blog depuis plus d'un mois, je suis étudiant et je souhaite devenir gpx, peut-être l'année prochaine. Est-ce vraiment un métier devenu si terrible? Dois-je craindre l'une de mes propres balles après quelques années de services?
Commentaire n°22 posté par Alex le 08/02/2008 à 18h21
Il ne faut pas exagérer. On fait la part des choses sur le suicide, c'est tout.
Réponse de le flic le 08/02/2008 à 21h21
Pour côtoyer régulièrement la police et la gendarmerie dans le cadre de mon travail, je confirme selon mes observations que ces professions ne sont pas faciles à exercer, et ne se limitent pas comme on le croit trop souvent à battre des bras au carrefour ou à coller des prunes. Certes, c'est aussi ça, mais je pense que le "problème" du stress chez les flics est lié aux relatifs manques de moyens humains et techniques pour faire leur travail dans de bonnes conditions ; aux contextes des missions parfois humainement insoutenables ou stressantes selon les champs d'interventions , et à la peur du fonctionnaire de craquer ou de faire une erreur d'approche qui le conduira peut-être à une "bavure"... Manque de considération aussi, en général, auprès du public et autres contacts sur le terrain, bref le prestige de l'uniforme n'est plus ce qu'il était et les relations avec la population non plus... Le métier de flic est devenu quelque part un métier à risques. Un métier à risques gros.
Commentaire n°23 posté par Dominique le 08/02/2008 à 18h57
Si j'étais policier, ce qui me ferait craquer, ce serait la somme de tous les d"saventages accumulés. Mais ce qui me ferait passer à l'acte ce serait ma vie de famille qui part en couilles et point d'orgue, le manque de reconnaissance de la hierarchie cumulée à celle de la société. C'est payer très cher la sécurité de l'emploi et un travail passionnant dévalorisé par l'opinion publique...
Commentaire n°24 posté par pousse manette le 09/02/2008 à 09h42
s'il y avait plus de respect du citoyen envers votre boulot, s'il y a avait plus de reconnaissance, plus de temps, plus d'espace de parole pour vous!! le suicide ne serait peut être aussi tabou et présent !!
Commentaire n°25 posté par syboule le 09/02/2008 à 09h43
Whaaouuu... tous ces coms ! Et beaucoup de policiers, de fait. Le plus c.., pour un mec comme moi, c'est la difficulté que peuvzent avoir les gens à dire qu'ils apprécient les flics, simplement parce que ça sonne bizarre. Moi qui aime passer pour un extra terrestre dans les réunions amicales ou familiale, c'est gagné à tous les coup avec çà ! Enfin, pas plus tard qu'hier, j'avais l'air décalé d'être content que vos collègues de Rueil quittent leur viellle villa de M.. pour des locaux plus décents. Non, non ! En plus, j'ai la chance d'avoir un fils qui m'aura fait visité quelques uns de vos plus beaux locaux, jusque La Baule, en vacances !. LoL Métier de c.. oui ! mais beau métier quand même, M... !
Commentaire n°26 posté par spamy le 09/02/2008 à 22h25
Je vois beaucoup ici parler de la reconnaissance (la non reconnaissance plutôt) de la population en rapport avec le suicide des collègues. Personnellement, je n'en sais rien et je n'en connais pas les causes réelles (aucune étude réellement pertinente sur le sujet d'ailleurs). Mais j'ai du mal à croire qu'on entre chez Poulaga en s'attendant à être aimé de tous. Flic n'est pas un métier qu'on fait pour être aimé. Donc ce désamour comme cause de suicide, c'est au mieux la goutte qui fait déborder le vase au pire un lieu commun qui cache les vrais symptômes. Une chose est sûre. Ce qu'on appelle le "choc post-traumatique", l'Armée, la Santé et les autres service d'urgence ont commencé à l'intégrer... Nous ? Euh bonne question ! Personnellement, je n'ai jamais entendu la moindre mesure pertinente chez Poulaga pour lutter contre cela. Pourtant on sait que les chocs post-traumatiques n'apparaissent pas uniquement dans les cas hyper-extrêmes comme l'usage de l'arme, la mort d'un collègue ou une blessure grave. Régulièrement, à dose plus ou moins forte, nous prenons notre dose de saloperies de la vie, nous voyons en quelques années autant d'horreurs qu'un péquin moyen verra en toute une vie (s'il n'est pas gâté). Ajoutant le nombre de fois où l'on se dit après coup que la mort n'est pas passée loin (en frôlant le carton sur une chasse, en frôlant la contamination par voie sanguine d'un tas de saloperies lors de l'interpellation d'un "bouillon de culture" vivant, etc.) Ca, ça a un impact réel sur nos vies. La grande majorité arrive à y faire face sans trop de casse et puis d'autres n'y arrivent pas. Seul hic, la police n'aime pas les faibles. L'alcoolo n'est pas un malade mais un tocard, le vieux flic un peu ramier n'est pas usé mais peureux, celui qui réfléchit trop n'est pas à mettre en confiance mais à écarter, etc. Même si le paternalisme à la con voit sa fin chez Poulaga, ça existe encore. Et puis il faut admettre que ce métier n'est pas fait pour tous. Mais dans notre société "d'ayant droit", on n'ose plus écarter ceux qui n'ont rien à faire chez nous parce qu'ils ont "le droit à une chance". Du coup, les idéalistes, les "ratés de la poste", les "rambos" et bien d'autres, pour une raison et son contraire se voient souvent dégoûtés par ce qu'il trouve une fois dans la boîte. D'ailleurs, en ce moment, quand on regarde l'âge des collègues qui se suicident, il est dramatiquement jeune. On ne peut pas vraiment parler de flics usés après quelques années seulement de boutique. Et puis le SSPO est une jolie trouvaille. Ils viennent nous voir en école en nous disant qu'ils sont là pour nous écouter et que la confidentialité est assurée... Mais qu'ils se gardent de tout balancer à la hiérarchie si on est un danger pour soi ou les autres. Du coup, à peine sorti de la réunion de présentation du SSPO, des collègues plus anciens nous conseillent de ne surtout pas avoir affaire à eux. Chose dont on se convainc facilement quand on voit la confidentialité à géométrie variable dont le SSPO fait preuve. Des "refuges" totalement autonomes pour les flics, ça n'existe pas. C'est pour cela que le SSPO n'est pas un bon outil contre le suicide des flics. Quoiqu'il en soit, le suicide dans la police reste un tabou. Et tant qu'il n'y aura pas de véritable travail de recherche sur le sujet, avec de vraies outils de mesures qui plaisent ou non (nombre des alcoolos, des dépressifs, des véritables heures de travail, rapport à la hiérarchie, etc.), on pourra toujours en parler mais rien de concret en ressortira. Et puis une fois ce tabou levé, il faudra probablement en lever plein d'autres comme le rapport à la hiérarchie... Je ne suis pas sûr que le taulier de Tours va payer ses erreurs, si ça ce n'est pas un signe d'immobilisme...
Commentaire n°27 posté par Salvatore le 17/02/2008 à 01h32
Par contre, les honneurs ne sont pas de rigueur, anti-catholiques. Celui qui se retire la vie volontairement est un damné, un lâche, un faible. Affaiblli par quoi? par qui? pourquoi? Ma tête s'abaisse toujours aux annonces funèbres. Pour cette fuite improbable de mes pensées. Oui, le suicide ronge les ongles, fait grossir les doigts, assombrit le tein, tire les traits du front. Femmes et hommes armés, luttez pour vous même, pour vos proches et ignorez le retour des vieux démons qui vous grattent................S.........................
Commentaire n°28 posté par stef le 17/02/2008 à 20h24
Je souhaiterai répondre au commentaire fort intéressant de Salvatore. En effet, les traumatismes du quotidien sont ceux qui ont sûrement le plus d'impact sur la vie des policiers. C'est le cumul de ces traumatismes, tout au long d'une carrière, qui peut fait sombrer une personne déjà fragilisée. Par contre, je trouve fort dommage l'avis sur le SSPO, service que je connais bien. Tout d'abord, les psys du SSPO sont spécialisés dans la clinique du Trauma, et peuvent y répondre par des interventions spécifiques (defusing, debriefing...). Donc dans la Police, il y a des "outils" pour tenter de diminuer les impacts liés au Traumatismes, tout comme dans la Gendarmerie, Pompiers, armée, etc. Concernant la confidentialité, c'est dommage que les "anciens" discréditent le rôle du psy à travers des propos erronnés. La condifentialité et le secret professionnel est respecté, cela fait partie de la déontologie de tous les psys. Cependant et selon la loi, on ne peut pas garder secret le fait qu'une personne veut tenter à sa vie ou à celle d'autrui, si nous sommes au courant. Que l'on soit psy ou non, cela ne change rien, on a TOUS notre responsabilité civile/ça. Si on ne fait rien, cela s'appelle "non assistance à personne danger." En dehors de cette situation, les psys sont soumis au secret professionnel et le respectent. Ils peuvent échanger avec la hiérarchie sur des situations générales, et d'ailleurs c'est souvent à la demande des policiers quand il y a un réel malaise dans tout un service. Attention à ce type de discours (psy= pas d'utilité) car c'est ce qui empêche les personnes qui en ressentent le besoin de se faire aider. Chacun ses idées / l'utilité des psys mais on ne peut pas à la fois reprocher à l'administration d'avoir mis en place ce service et reprocher de ne rien faire /suicide, stress post-traumatiques, etc.
Commentaire n°29 posté par lilou le 23/02/2008 à 00h25
Vous dites "nous" en parlant des psys, vous dites le SSPO (que vous connaissez bien), ça fait deux fois que vous intervenez ici sous 2 pseudos différents, vous êtes qui ??
Relisez ce qui est dit plus bas, les "anciens" ne discréditent pas les psys et leur éventuelle utilité, mais se méfient du SSPO et de ses (éventuels) comptes-rendus à la hiérarchie, ce n'est pas du tout pareil. 
Réponse de le flic le 23/02/2008 à 01h00
@ Lilou : Bénédicte a déjà en grande partie répondu sur l'intention de mon post. Je ne discrédite pas les psys eux mêmes et leur travail. Je me pose des questions sur leur lien plus ou moins direct avec notre hiérarchie. J'ai eu l'occasion de voir des fuites que je trouvais inadaptées et qui ont largement aggravé les choses. Mais je suis bien placé également en tant que flic pour comprendre que l'erreur ponctuelle (ou le choix difficile) d'un psy ne doit pas conduire à une généralité. Mais quand on le vit ça marque et ça ne s'oublie pas. Mais très franchement, le fonctionnement et le lien avec la hiérarchie du SSPO est pour moi une question anecdotique. Désolé si je suis dur avec votre service, semble-t-il, Lilou, mais quand un collègue en vient à se pointer au SSPO c'est de mon point de vue déjà trop tard. Pas forcément pour éviter le suicide mais sûrement pour éviter la mise à l'écart totale du fonctionnaire. Donc pour moi, les vrais enjeux de Poulaga ne sont pas là. Ce qui tue un flic, physiquement et/ou mentalement, c'est l'usure. Et contre l'usure, je pense qu'il n'y a rien de mieux que la mobilité, le changement de taffe et/ou de service. Hors seule une minorité est dans une dynamique de changement. L'immense majorité des flics commencent à la tenue et finissent à la tenue. Leur seul objectif est la mutation au pays pour rejoindre leur petite femme, leur mirza et la maison qu'ils se sont construite pendant leur exil à Panam. Donc s'ils ont la fibre "sergent de ville" et que la tenue ils aiment ça, tout va bien (c'est l'immense majorité des cas). Si après la mut' ils continuent à vivre l'enfer, à se laisser bouffer par les vieux démons du métier alors là, il ne faut s'étonner de rien s'ils deviennent alcoolos, dépressifs ou s'ils décident de se cramer la tête. Ca, c'est la forme classique du suicide lié à notre profession chez poulaga. Et la réponse adequate est à mon avis une réponse de management et non curative (mission du SSPO quoiqu'on en dise). Et niveau management, il faut avouer que Poulaga est à l'âge de pierre tant au niveau de la réflexion structurelle de notre institution qu'au niveau de la formation de notre hiérarchie. Ensuite, il est apparu de nouveaux types de suicides. Du moins, le nombre en est devenu plus significatif qu'avant. Ce sont les suicides, mais aussi les dépressions, des jeunes collègues. Là, l'usure on ne peut pas en parler. Certains sont encore stagiaires, d'autres n'ont que 3 ans de boîte. Là, à mon avis, il y a un gros problème au niveau du recrutement mais aussi de l'image décallée que donne Poulaga aux nouvelles recrues. Poulaga fait une communication largement orientée sur l'aspect spectaculaire de notre métier. Les reportages sont sur les BAC (mais largement filtrés du vrai quotidien du BACeux), le RAID, les GIPN, etc. On nous vend du flic avec un vrai pouvoir, avec un vrai impact sur la société. Or, ça c'est du mythe voire de la schizophrénie. L'immense majorité des flics seront en tenue, peu d'élus pour le RAID et le RAID n'est qu'une vitrine en matière de police. Le RAID ne représente que peu de choses faites par Poulaga. 90% du taffe fait par Poulaga, c'est de l'assistanat social, de l'écoute de gens irresponsabilisés, ce sont des différends à la con et de la petite délinquance qui n'est pas ou peu traitée ensuite par la Justice. Et schizo jusqu'au bout, Poulaga vend aussi la sécurité de l'emploi attirant de fait un tas de "ratés de la Poste" rêvant d'une planque. Sauf que si dans les textes, nous sommes effectivement des fonctionnaires, dans les faits, la révocation tombe plus souvent qu'à l'Inspection du Trésor. Et ça ne touche pas que les pourris, loin de là ! Cette schizophrénie administrative continue au recrutement quand ils prennent des "rambos" et des "ratés de la Poste". Ils envoient au casse-pipe des gens de plus en plus jeunes (maintenant 23/24 ans en moyenne) faire un métier dont ils ne supporteront pas le quotidien. Là aussi, c'est du préventif dont on a besoin, moins de curatif. Que notre Direction de Communication et que nos services de recrutement s'alignent sur la réalité du terrain. Quand on regarde les anciens chez Poulaga, la plupart avait eu une vie avant, beaucoup étaient rentrés un peu par hasard. Ils avaient donc une forte connexion avec la réalité sociale et pouvaient au pire partir refaire leur taffe. Maintenant ils sont recrutés à la sortie du bac ou de la fac et n'ont jamais connu le marché du travail et tout bonnement une autre vie que celle de flic. Si leur rêve de flic s'écroule, ils n'ont plus rien. Et Poulaga ne peut rien leur offrir en plus (formation continue inexistante). Ajoutons à cela ce que j'ai dit dans l'autre commentaire. Poulaga a une vieille tradition "paternaliste à la dure". Personnellement, à l'époque où je suis arrivé chez Poulaga, j'ai vite compris qu'un bleu restait une merde jusqu'à preuve du contraire. Respecter les aînés, ne jamais remettre en cause les paroles d'un plus ancien, prendre les coups sans broncher, c'était à peu près l'ambiance. Cette mentalité, heureusement ou pas, disparaît petit à petit mais il y a encore de bons restes. Alors imaginez un gamin de 20 ans, sorti du bac et de chez Papa Maman, qui se retrouve dans une brigade confrontée à la misère sociale, bouclier de la "Paix sociale" et qui ne peut surtout pas se plaindre ou montrer une faiblesse parce qu'un bleu-bite est dans le purgatoire des flics, il a intérêt à avoir une vie après le taffe solide sinon ça doit être difficile. On peut peut-être un peu changer la culture de Poulaga pour sortir de ce paternalisme à la dure. D'ailleurs, cela se fait de plus en plus non sans dommage sur la qualité du taffe. Mais on ne peut pas demander aux flics de gérer des personnes inadaptées à notre travail. Dans notre métier, c'est beaucoup trop risqué et pourtant, il y a de plus en plus de flics inadaptés. La faute à une politique de pseudo-insertion sociale qui ne devrait pas être le rôle de Poulaga. C'est certainement caricatural mon rapide croquis de Poulaga dans le malaise mais je pense que ce tout contribue très largement à la casse psychique de certains collègues. Poulaga subit une hémorragie, le SSPO est une perfusion. Ce n'est pas lui qui refermera la plaie. Or, à ce niveau là, nous avons de sacrées lacunes.
Commentaire n°30 posté par Salvatore le 23/02/2008 à 10h56
Salut, excuser moi pour mon francais qu'il n'est pas tres bon, je suis un collègue de la Police d'État Italienne, j'ai visité quelques site de la Police Française, j'ai lu différents commentaires et quelques post de ce blog. Mes amis, je peu vous dire que le monde est vraiment tres petit, parce qu'il change l'uniforme, il change les drapeau, nous passent les frontières d'un état, (heureusement entre nos État ils n'existent plus), mais je vois que les problèmes sont égaux partout ou nous allons. Ils sont 23 an que je fais ce boulot, je le fais encore avec passion, mais sans quelque expectative de la part des institutions ou des supérieurs, les satisfactions uniques je les obtiennent seulement dans le propre fond privé avec quelques, (rare), personne qu'il te dit merci. Il y a de quelques annee, un syndacat a demandé une surveillance du personnel avec des psycologues, mais presque personne a ecoutez le probleme. Personne ne considère le stress à lequel sommes soumis chaque jour malheureusement, ou mieux de nous nous ne pouvons pas nous permettre non plus de prononcer le mot "STRESS" parce que la première chose qu'ils font il est te prendre le pistolet, les menottes et ta plaque en te suspendant du service et t'envoyer périodiquement à l'hôpital pour faire visites psychiatriques en te prenant pour fou. Tout de même, en Police, aux vrais fous qu'ils se conduisent de manière absurde, personne n'a jamais le courage de dire rien, parce que "il faut les comprendre", ils disent. Ciao a tutti.
Commentaire n°31 posté par Walter Rossi le 26/02/2008 à 20h46
Salut à tous! Etant étudiant en master de droit, j'avais pour projet de passer les concours de la police mais je dois dire que je commence sérieusement à me poser des questions... J'ai lu "Flic" de Bénédicte Desforges et je parcours beaucoup de sites internet sur le métier. Malgré l'aspect très humain du métier je constate qu'il faut être très fort psychologiquement pour assumer de telles fonctions. Et je suis étonné du nombre de policiers faisant état de leurs désillusions. Que diriez vous à un étudiant qui veut rentrer dans la police pour se sentir utile à la société? qu'il se fout le doigt dans l'oeil? qu'il ne connaît pas la réalité du métier?
Commentaire n°32 posté par bidouille le 27/02/2008 à 12h29
Re-bonjour à tous, Je souhaite répondre à bidouille, le plus brièvement possible: Si tu veux exercer une activité dans laquelle tu te sentiras "utile à la société", ne gâche pas ton talent chez nous. Tu as apparemment un niveau d'étude élevé, je pense que tu regretteras amèrement d'ici quelques années, le choix de t'engager chez nous. Il faut que tu saches ceci: La police n'est plus un service public au service du public, mais une entreprise fonctionnant avec des objectifs ( prochaine étape, le chiffre d'affaire? le bénéfice net?...), et ces résultats sont largement utilisés aux seules fins de propagande politicienne. Un exemple pour illustrer ce constat: A la fin d'une vacation vont apparaitre le nombre de timbres-amendes, d'interpellations,...Si au cours de la même vacation, tu as évacué et mis en sécurité les occupants d'un immeuble en feu parce que tu es arrivé avant les pompiers locaux, ceci ne sera repris dans aucune statistique d'activité. Et pourtant qu'y-at'il de plus important entre un papillon sur un pare-brise et une personne mise en sécurité? A méditer...
Commentaire n°33 posté par flic de base le 28/02/2008 à 08h49
@ Bidouille : Vu ton niveau d'étude, il faut aussi prendre en compte quel concours tu veux passer dans la police. Avec un master de droit et beaucoup de travail personnel, tu peux prétendre à taulier. Or, taulier est de moins en moins un métier de flic. Il s'approche dans l'esprit du métier de manager doublé de notable local. Le taulier est un haut fonctionnaire en herbe. Du coup, de la satisfaction tu peux en trouver comme dans n'importe quel taffe. Sauf que tu ne connaîtras pas le métier comme nous le décrit si bien Bénédicte. Si tu souhaites devenir lieutenant, renseigne-toi bien parce que le métier est en pleine mutation en ce moment. Personne ne sait vraiment ce que les officiers vont devenir. Probablement seront-ils destinés à remplacer les tauliers dans leurs anciennes missions. Sinon je n'aurais pas un constat aussi noir que "Flic de base". Le métier, malgré toutes les dérives politiques que nous subissons de plein fouet, reste globalement le même sur l'essentiel. Paradoxalement, la rudesse du métier, le fait d'être confronté à la misère sociale, aux tragédies familiales, d'être confronté à la mort (celle des autres et plus rarement voir la sienne passer près), vivre des coups d'adrénaline que peu de métiers offrent, tout ceci est dur mais c'est ce qui te rend vivant. Même si je suis entré chez Poulaga un peu par hasard, je n'ai pas fait flic pour gagner du pognon. J'ai fait flic parce que certains événements rares te font sentir vivant, d'autres te font dire que tu es spectateur d'un monde que des millions de personnes ne peuvent même pas imaginer. Seul un flic peut pleinement en comprendre un autre. Mais il faut avouer également que si le métier est pour moi formidable, l'Institution est de plus en plus à côté de la plaque. Donc quand tu as le cul dans la patrouilleuse avec des collègues que tu apprécies, tu as une liberté rare. Mais de retour au commissariat, tu te confrontes à la connerie du système. De plus en plus, les collègues sont conditionnés à la politique du Chiffre (moi le premier), de plus en plus nous entendons un discours schizo où l'on voit un Président palabrait et déclarer son intransigeance face à la "racaille", à la "voyoucratie" mais sur le terrain, on nous musèle pour acheter la Paix Sociale. Nous sommes une meute de chiens de garde au service de politiques toujours contradictoires (au gré des alternances) mais jamais nous sommes considérés comme une police de professionnels. La sécurité des concitoyens n'a pas à servir des idéologies. Il y a des méthodes qui marchent et d'autres qui ne marchent pas. Aucun dogme là dedans, c'est de la gestion pragmatique. Et ça, ça n'existe pas chez Royco. Du coup, comme les idéologies changent mais les réalités restent les mêmes. Soit tu travailles en conformité avec l'Institution et tu fais du novlangue et de la police routière et tu chasses les infractions mythos. Soit tu décides de rester flic et là, tu bosses sans filet. Ca marche ? on te félicitera, tu collectionneras les images données par la maîtresse mais le jour où tu te plantes, on reprendra tes images et on te cassera comme aucun autre citoyen... La méritocratie à la Française. Donc en conclusion, flic c'est un des plus beaux métiers du monde. Si c'était à refaire, je le referais. Mais une chose est sûre, Poulaga je n'y resterai probablement pas plus de 10 ans. Et si la politique de sécurité actuelle continue, je rendrais ma carte de pêche dans moins de 3 ans. Mais n'oublie pas un truc Bidouille. Tu nous entends nous plaindre mais dis toi que l'herbe n'est pas forcément plus verte ailleurs. Je ne suis pas sûr que ce soit la joie d'aller taffer dans certaines entreprises du privé en ce moment. Il faut surtout que tu saches ce que tu veux trouver en entrant chez Royco. Si tu veux "servir la société", tu vas te faire mal. Si tu veux un métier avec un panorama unique sur la vraie vie, si tu veux bosser sur l'humain, tu trouveras alors ton bonheur.
Commentaire n°34 posté par Salvatore le 28/02/2008 à 13h39
Bon.
J'allais aussi répondre à Bidouille et rebondir sur le commentaire de Flic de Base, qui n'a pas complètement tort. Mais Salvatore m'a devancée (de façon magistrale, yep !) Donc en bref : si c'était à refaire, je le referais. Le tout est de faire la distinction entre "profession" (j'exècre) et "métier " (j'aime) et toujours se rappeler qu'on est à un poste d'observation de la société complètement unique.. Il y a des effets pervers à cet enrichissment permanent, mais ça vaut le coup. Il faut juste laisser illusions et fantasmes avant d'entrer :o)
Réponse de le flic le 28/02/2008 à 16h00
Salut à tous. Quelques mots... Je voulais témoigner....ou je ne voulais pas, peu importe j'y suis, j'y reste. Pourquoi ai-je commencé à boire, à cause du job ou buvais-je avant?.... Une chose est sure, le taf n'est pas une bonne thérapie. Déjà les mots marquent par trop et arretent trop d'idées... Ce ne sera donc pas un témoignage. Toujours est-il qu'une fois piègé, je me suis décidé à voir mon Doc, puis sur ces conseils et à ma demande un Psy... Le temps passe et rien ne s'arrange, pire... Je demande à ce que l'on m'arrette...c'est chose faite... Je reprends le boulot et toujours l'alcool...A la maison, l'enfer c'est moi, ma femme n'a rien vu venir... Mes potes au boulot, (mes potes....) pas plus ou à peine... En tout cas, personne dit rien. L'officier demande à ce que l'on me surveille, plus ou moins.... Plutot que le parapluie s'ouvre au cas ou... Et puis, malgré un seuil de confort frolant les 2gr 80..., le fil rouge ne casse pas,... Je retourne voir mon Doc, je retourne voir les AA ou qqe chose comme çà et j'entre en cure à ma demande... La toubib me dit que c'est encourageant, car j'ai eu , j'ai pris l'initiative de.... Je ne sais pas si je vais m'en sortir, je ne sais vraiment pas.... Là, je suis moi-meme, avec d'autres moi-meme, tranches de misères du monde...Tous, tout ceux que je connais sont, est là... Je me laisse aller, je suis au bord, meme pas une histoire de confiance, pas de rapport de force (j'ai passé l'age...)... Inch Allah!... Je ressort, est il trop tard, ai-je perdu mon fils...(Pensées pour ma Femme)...(grosse, très grosse pensée, pardon c'est trop tard)... Depuis, j'ai repris le boulot,je me suis mis à l'écart, plus rien à foutre, j'ai failli mourir alors.... Depuis, j'ai croisé des gars que j'ai connu en cure, cette fois j'étais en bleu, eux en délinquants.... Trop bourrés pour se rappeller vraiment, mon visage était flou, ils m'ont_vu rapido, et autre chose les a emportés... Une fois, une collègue m'a dit :"Tu connais ce gars?"... J'ai répondu; :"Oui.".. "Intimement?"..."Oui"....Demain?.. 2 fois à la roulette russe, et la deuxième mon fils qui se pointe.... La 3 eme, au Sig?....Va savoir... Toi qui me lis, qu'en penses-tu.... Te sens tu concerné?.... Cette histoire, c'est celle de monsieur tout le monde, alors passe ton chemin....Y a rien à faire.... Mon Doc, mon Psy... ma toubib, toute compétente gère qd meme un business.... Mon business à moi c'est mon business, tu vois ce que je veux dire.... Voilà, l'administration ma royal sucré les primes.... Qu'estce que t'en pense?... Tu me vois raconter cette histoire aux mecs et nanas du SSPO qq chose..... Tu vois, c'est çà le blème de l'administration, il y a des alcoolos dans la Police, ily a des etc...etc.... On peut le dire, pas les montrer... Je pense, que là, je rejoins la machine molle, juducieux.... Les autres, les en place qui pense porter la bonne parole, qui pense leur valeur de ceci ou celà reconnue ne sont ni utilisé, ni utiles, (ils servent au pire à dédouaner quelsque uns....) La vérité d'ame, l'ame... Flicards ou autre, ta responsabilité c'est d'en user, à bon escient, et si tu gravis les cretes, si rien ne t'arrette, tu peux juste continuer.... Attention, çà use à la longue.... Chacun pour soi et Dieu pour tous. Je mourrai pas avant l'heure.
Commentaire n°35 posté par noone le 13/03/2008 à 09h13
Petite réponse à Ren... Même si le commentaire date quelque peu, je ne peux pas m'en empêcher...Etant fraîchement engagé dans la police nationale, et ayant encore ma carte 12-25 SNCF :p, je te répondrais que certains s'engagent car ce sont des fous de la gâchette qui veulent jouer à Starsky et Hutch, d'autres car ils ont vu de la lumière donc ils sont entrés. Pour ma part, c'est une envie que je ne saurai expliquer, comme tous les collègues qui parlent sur ce blog, ainsi que son auteur. C'est un système, une administration dont on se plaint outre-mesure, mais c'est malgrè tout quelque chose que l'on adore et qui nous colle à la peau. Et on en retire aussi de nombreuses satisfactions. C'est donc sans doute un métier ingrat, mais nous l'aimons et, pour ma part, je n'ai pas d'explication rationnelle à cette passion que j'éprouve pour ce métier. Pourquoi j'aime ma fiancée et pas une autre, pourquoi j'aime les betteraves et pas les endives :p. Pourquoi suis-je passionné de ce métier. C'est dans ma nature, il ne faut pas chercher, certains sont nés avec, voilà tout. Pourquoi certains enseignants ont-ils encore cette passion d'apprendre aux autres alors que eux aussi ont des conditions de travail parfois déplorables... Mystères de l'âme humaine... SSPO venez m'expliquer cela SVP... COrdialement, Alex
Commentaire n°36 posté par alex le 18/05/2008 à 12h20
Je tiens à réagir à ce sujet. Ce soir je rentre de la fac et j'ouvre le 20minutes. Je tombe sur une brève. Une jeune gardien stagiaire s'est donnée la mort avec son Lundi soir au sein du commissariat central du XVème arrondissement de Paris. J'appelle le responsable de la formation du XV qui à été mon maitre de stage cet été qui me confirme. Cette fille je la connaissais de vue et j'avais surement déjà discutée avec elle lors de mon stage cet été. Elle avait à peine 25 ans. Elle était sortie de L'ENP depuis quelques mois... C' est triste... Le Chef et le Brigadier en charge de sa formation son abbassourdis. Probable qu'il n'aient rien vu venir. Mais le plus triste, c'est que in fine elle ne sera qu'un chiffre de plus sur un rapport que le ministère de l'interieur se bornera à enfuir le plus rapidement possible dans leurs archives... Que s'est il passé dans la tête de cette jeune gardien stagiaire? Est ce vraiment important (homis pour lmes proches qu'elle laisse derrière elle) ? Ce qui me parrait important c'est de signaler la gravité de la situation a des fonctionnaires du ministère qui auront les tripes de prendre en compte le problème de suicide dans la Police. Je fais partie de la future promo de l'ENP. Je souhaite que ce genre d'événement ne se produisent plus... Je sais pourtant que cela est impossible. Alors à tous les filles et les gars du XV qui m'ont acceuillis à bras ouvert cet été, je vous présente mes sincères condoléances. Roman, futur élève gardien.
Commentaire n°37 posté par Roman le 11/02/2009 à 19h31
Le suicide dans la police est frappant parce que nos concitoyens croient que ces fonctionnaires sont invulnérables et sont censés les protéger, alors qu'ils découvrent qu'ils ont leur fragilité humaine comme le commun des mortels. Dans les suicides des Policiers comme les autres cas, il ya une pathologie psychiatrique, souvent la désintégration sociale ainsi que des causes spécifiques et particulières.
Il faut l'avouer le passage à l'acte est facilité, en cas de résolution définitive, par le port d'arme. Mais on peut aussi se suicider par pendaison, empoisonnement...
Dans ce métier que j'ai assumé durant 33 ans, les facteurs à risque sont liés à la charge et la nature des missions, le stress, le dérèglements dans la gestion du temps et des relations y compris familiales, l'isolement psychologique et l'incompréhension.
A ce la s'ajoute dans certains cas, l'alcoolisme, souvent la peur ou la phobie devant les risques et les bavures
En Algérie, nous avons enregistré après la phase du post-traumatique, des collègues rescapés des attentats terroristes qui se sont suicidés
Le malheur et les causes sont résumés par Mr. BRIAN MULRONEY ex. Premier ministre du Canada, avec un courage exceptionnel, a reconnu en octobre 199O, lors de la 59eme assemblée générale de l'OIPC interpool "Les corps policiers qui coopérent par l'entremise d'interpool s'acquittent d'une très lourde responsabilité, que leur imposons nous mêmes. Nous leur confions les sales besognes et nous leur demandons d'être courageux, mais aussi de rester sensibles. et parfois, nous leur demandons de régler des problèmes dont les vraies solutions se trouvent en nous mêmes." Tout est dit,nos malheurs ont été autopsiés par ce courageux responsable politique.
Commentaire n°38 posté par kamel le 10/08/2009 à 21h34
Un reportage sur le tripoux aveyronnais dans le 13h est beaucoup plus porteur d'espoir que notre quotidien de vie.
Alors de grâce arrêtons de nous plaindre et laissons les gens rêver, merci.
La police c'est pas le suicide. C'est Julie LESCOT, c'est NAVARRO, c'est les Experts ami-amis, c'est RIS Police scientifique..... Ces gars là, ils font rêver. En 45 minutes ils règlent le problème à grands coups de mandats, de réunions au sommet avec un Directeur qui n'a que 10 minutes à leur accorder, ils bossent avec des juges, ils combattent le crime avec autant d'ardeur que Bayard, parce que des fois, oui c'est dur madame, mais pas pour eux. La Police triomphe toujours, avec ses voitures flambant neuves avec tout leur arsenal judiciaire gargantuesque, leur bureaux propres, et ces méchants qui finalement ne sont rien puisqu'ils craquent à chaque fois.
Les gens, qu'ils soient ménagère-de-moins-de-50-ans ou ouvriers crevés avant la fin du 1er film ne voient que ça.
Ils ne voient pas cette société à qui ils appartiennent et qui part en couille. Ils ne voient pas la misère sociale, les appartements crasseux, les tox qui te dégueulent dessus, les putes qui te crachent à la gueule, les zivas en puissance qui pavent notre passage non pas de pétales de roses mais de mollard aromatisé shit-sky-coca, ils ne voient pas les trous duc qui grillent un feu devant toi mais jurent qu'ils sont passés à l'orange et que si tu les empêchent, eux, de travailler tu va aller à la circulation, "parce que moi j'en connaît du monde "......
Ils ne voient pas ce côté obscur de la société dans lequel on baigne tous les jours, dans lequel on se noie.......
Ils ont leur vie, ils s'en foutent. On a la notre.
De grâce mettez une poche Leclerc autour de votre tête avant de vous la trouer avec votre SIG, pensez à ceux qui vont devoir nettoyer vos petits bouts de cervelle collés au mur après les "transport et constatations".
Avant de sauter du balcon de votre appartement de banlieue veuillez fermer la fenêtre avant de sauter, pensez aux courants d'air , aux économies d'énergie, la taxe carbone, les générations futures......des petits gestes qui épargneront un peu plus le vulgus quidamus face à la magnifique réalité bisounoursienne de notre pauvre petit quotidien.
Voilà, béné, en substance ma petite moquerie sur ce sujet qu'est le suicide chez les policiers.
2 de mes amis se sont suicidés. Il y a longtemps.....
Qui s'en souvient ? leurs familles, leurs collègues et moi.
Qui s'en soucie ? leurs familles, leurs collègues et moi.
A Pierre.N et Philippe.........
Commentaire n°39 posté par Stéphane le 21/09/2009 à 00h04
Merci Madame pour votre blog en général et cet article en particulier qui me permet d'entrevoir la réalité de votre métier.
Commentaire n°40 posté par Christine le 21/09/2009 à 15h44

C'est moi qui vous remercie de vous y intéresser :)

Réponse de le flic le 21/09/2009 à 17h39
Le suicide dans la police est probablement facilité par l'opportunité du passage à l'acte plus accessible et redoutablement efficace. Avoir une arme en période de crise suicidaire est malheureusement fatal.

Vous parlez d'indécence dans le terme contagion. Pourtant le suicide est, selon moi, une maladie contagieuse. Je tente de m'expliquer : le passage à l'acte est "encore plus sérieusement envisagé" (attention je ne fais vraiment aucune provocation) lorsque dans son entourage on a une ou plusieurs personnes qui sont déjà elles mêmes passées à l'acte. Beaucoup d'exemple malheureusement autour de moi, et des tendances suicidaires induites par celle de mon mari en ce qui me concerne.

Mon mari n'est pas policier. Il est suicidaire et s'il avait été flic il serait mort. Avoir une arme à feu est dramatique en cas de pulsion.

Il est vraiment navrant que les pouvoirs publics n'investissent pas plus en prévention pour les flics comme pour les autres. Le suicide en France c'est plus de 10 000 personnes mortes chaque année de trop souffrir. Parmi cette souffrance celle des policiers est d'autant plus dramatique que votre métier c'est de nous protéger. Nous, les citoyens, la population en cas de danger vous appelons. Vous vous mouillez pour nous. En cas d'agression, en cas de drame et au final on est même pas foutus de vous soutenir. Et bien moi cela me met en rogne.

En rogne de penser à ces vies foutues en l'air, celles des flics, celles des autres aussi car on a pas été capable de prendre soin, d'investir du temps de l'argent et des moyens humains pour justement que chacun d'entre nous puisse conserver son humanité et son intégrité physique.

Bref commentaire décousu désolée mais j'ai les idées confuses sur ce sujet.
Commentaire n°41 posté par Anne le 22/09/2009 à 16h25

Merci beaucoup Anne, pour vos remarques.
Si j'ai utilisé le terme de "contagion", c'est que je l'ai trop lu, et j'ai trouvé que ce diagnostic était un peu réducteur. Comme si l'idée du suicide ne venait à l'esprit que par mimétisme... excluant les responsabilités (ou implications) autres que celle de celui qui finit par passer à l'acte. Ceci dit, c'est vrai que cotoyer le suicide (de proches, ou d'inconnus, en ce qui concerne les policiers), étrangement, le démystifie. C'est un sous-entendu quand j'écris : L’intégrité physique est une entité fragile. Celle de "l'autre" puique ce métier implique de souvent le constater, et aussi la sienne. Vous avez dit suicide ?
Je vous souhaite de la chance et du courage, et que votre mari retrouve le goût à la vie qui vous la fera plus douce à vous deux.

Réponse de le flic le 22/09/2009 à 17h17
Pour rejoindre votre propos, sans vouloir faire de concurrence victimaire et développer un peu sur l'opération de comm' du ministre du travail.
www.gjarnot.blogspot.com/2009/09/galerie-funeste-le-suicide-dans-la.html
Cordialement
Commentaire n°42 posté par apollinaire le 30/09/2009 à 19h08

Merci pour le lien :)

Réponse de le flic le 30/09/2009 à 22h27
M'ouai, moi même j'ai été rappelé deux fois en trois jours récemment, et il y a deux ans, sur 20 jours de C.A.en juillet (quand je dis C.A., c'est tous repos habituels confondus), eh bin j'ai pas pu les faire ; j'ai encore été rappelé. Je ne suis jamais malade, ah si....la seule fois où ça m'est arrivé, (environ 4 ou 6 jours de CM si j'ai bonne mémoire), quand je suis revenu à la section, la seule et première parole du chef de section a été je le cite mot pour mot : --« j'ai pas apprécié l'ticket maladie qu'tu m'as foutu !!! »--. Eh oui ça veut tout dire, no comment. Pour moi, les suicides dans la police, enfin…disons en majeure partie, aller…sont d’avantage liés aux pressions, à la fréquentation professionnelle, au comportement et à l’incompréhension des gens avec qui on travaille que par le boulot lui-même. Un autre exemple : Il y a pas mal d’années de cela, dans le 14 ème arrdt de Paris, c’était le soir ou la nuit, je sais plus, alors que nous étions plusieurs à regarder un collègue traiter une affaire sur le PC, donc tous bien concentrés la tête tournée vers l’écran et moi derrière tout le monde, j’ai reçu deux coups particulièrement violents derrière la tête. J’étais complètement assommé, et mes yeux faisaient roulis. Je parviens toutefois à me retourner immédiatement et j’aperçois un brigadier de la section passant très furtivement la porte du bureau des chefs de sections qui se trouve environ à 6 m de là, et derrière nous, comme s’il voulait s’effacer. Il n’y avait personne d’autre que lui derrière nous. Ca ne pouvait être que lui. Il s’agissait d’un grand costaud qui ne pouvait pas me piffrer et qui me reprochait de régler les problèmes dans le calme en intervention, et qui a profiter de la position des collègues (aucun collègue derrière moi) pour me frapper violemment à la tête sans être vu ni entendu. Et il aurait tout nié car pas de témoin, la discussion avec lui était impossible de toute façon ; démarches inutiles ; trop con et la matière grise dans les biceps. Mais c’est certain, je ne l’oublierai pas celui là, et des fois j’y pense encore. Et je passe plein d’exemples comme ça. Tiens ! Un matin, un capitaine de la nuit sentant fortement l’alcool m’a agressé verbalement et limite physiquement pour une raison totalement dénuée de sens, et puis etc….plein…plein…de trucs comme ça. Alors bien sur, je vous entends dire –mais alors, te laisses pas faire…syndicat…. Officier de permanence…parquet… plainte….patati…patata…ect…C’est toujours sympa de se mettre à la place des autres quand on ne risque rien -- Rien de tel pour s’enfoncer dans la merde à vie et subir encore plus l’irresponsabilité mentale de ces gens là. Mais j’ai bien sur fait mes propres démarches de garantie. Enfin bref, c’est juste pour dire que quand tu vit tout ça, et le tout assaisonné de rappels en tous genres empêchant totalement un repos mental et moral, tu passes du dégoût au rejet total et bien sur tout le monde en aura rien à foutre. Donc pour le Gpx qui après tout ça est affaibli moralement et mentalement, une seule solution pour s’exprimer et être écouter de manière ultime : le suicide. Les raisons d’un suicide sont généralement difficiles à déterminer. Il est donc inconcevable d’entendre dire qu’il s’agit de raisons familiales. Reste à savoir dans la positive comment sont traduite les raisons du suicide d’un Gardien de la Paix auprès de la famille … ???
Commentaire n°43 posté par Ptiga45 le 21/10/2009 à 10h02
Les succides ne sont pas obligatoirement une cause familliale
J'ai une connaissance qui a essayé car les grands patrons le harceller .IL y avait abus d'autorité chez lui tous se passé à merveille,il ne pouvait rien faire sans qu' on lui fasse une remarque.Pour information il avait essayé de changer certaine chose et cela avait fortement deplus car il avait appuyer sur quelque chose qui risquait de d'exploser.
Je souhaite resté annoyme de risque de représaille par notre administration
Commentaire n°44 posté par annonyme le 01/11/2009 à 20h06
Mon époux policier s'est suicidé avec son arme de service en décembre 2009 C'est très dur à accepter, le pire est qu'on s'aimait énormément malheureusement le travail a pris le dessus, trop de pression, de harcèlement, de reproches gratuits et j'en passe. Aujourd'hui, la hiérarchie fait comme si rien ne s'était passé "aux oubliettes". Je suis déchirée, anéantie, mal, mon mari me manque tellement. Ce drame est inacceptable. Nous les concernés devons vivre avec ça et c'est inadmissible. Pourquoi en arriver là, pousser les personnes à l'irréparable? C est honteux,dégueulasse et j'en passe . Respecter l'être humain c'est pas difficile. Aucune écoute, aucune aide, la pression la pression et la pression... Bon courage aux personnes concernées...
Commentaire n°45 posté par anonyme le 07/04/2010 à 05h58
Bonjour, je suis actuellement en attente d'incorporation en école de police pour ma formation de gardien de la paix et ce sujet ne pouvait que me faire réagir.
Ce qui serait aberrant (et je crains que ce le soit) serait quand lisant ce sujet on ne soit pas choqué et surpris. Choqué et surpris parce que on en parle pas, et des gens qui tomberaient par hasard sur cet article se coucheraient moins c*n. J'avais beaucoup aimé une phrase de vous Bénédicte Desforges: "Le flic a les mains sales de la crasse sociale...." Il y a une profonde hypocrisie de la société à ne pas aimer la police. Mais bon je m'égare un peu, mais je ne peux m'empêcher, à chaque fois que je lis un de vos sujet, d'en revenir à se mépris des gens vis-à-vis de la police et qui me met hors de moi. Enfin voilà il aurait été plus simple que je laisse juste un message, simple mais sincère: Que ces Hommes reposent en paix maintenant.
Commentaire n°46 posté par valérie le 08/04/2010 à 15h41
Ben les flics... si peu compris chez eux, ailleurs... de leurs supérieurs aussi... Toujours dans le cru, ce jus, ce pu social... Se sentent seul souvent les flics... Alors marre des fois... C'est juste.
Commentaire n°47 posté par Nocif le 18/07/2010 à 22h48
voilà 4 ans (ce mois de juillet) que nous pleurons notre fille alors âgée de 25 ans....elle s'est donné la mort dans le commissariat (Paris) où elle exerçait (BAC). Depuis nous sommes dans une détresse permanente, un trou sans fond, un manque immense. POURQUOI ??. Nous sommes arrivés pour la voir derrière une VITRE (IML)et la ramener à la maison dans un cercueil.Ma petite ....mon enfant...
Commentaire n°48 posté par nelly jamin le 19/07/2010 à 01h37
Bonsoir, un de plus encore un ... chaque suicide de collègue me ramène un peu quelques années en arrière, mon mari fait parti des statistiques de janvier 2008, trois ans bientôt et toujours rien de mis en place pour la prévention des suicides dans la police, on m a contacter un an et demi après pour répondre à une étude sur le suicide des policiers pour sois disant palier au manque de prévention, deux rendez vous de trois heures pour retracer une vie, le caractére, sa vie de l enfance au jour j, ses sentiments, ses pensées par rapport au boulot.. mais ou en sommes nous de cette enquête ? rien ! aucun résultat rien de mis en place mais quand vont ils reagirent !!
Commentaire n°49 posté par lavie le 19/11/2010 à 21h24
En tant que psychologue de Police à Bruxelles, j'ose écrire que j'ai empêché des policiers de se suicider. A part toutes les causes essentiellement liées au boulot (et pas à la vie privée) que vous évoquez tous et qui sont tout-à-fait justes, il y a une qui m''est apparue majeure, c'est la perte du soutien de la hiérarchie. Dans une structure qui ne peut qu'être très pyramidale, le chef doit être très compréhensif et exprimer sa reconnaissance, par rapport à un travail qu'il sait très dur. Or, devient chef celui qui a réussi un concours à l'école de Police ou, pire, celui qui entre à la police avec un diplôme en criminologie et sans sélection psy comme dans le privée. Quand un policier coule, sa principale bouée, c'est pas le psy, c'est son chef. Le psy ne peut qu'être que médiateur entre les deux et si pas possible, conseiller de demander sa mutation.
Commentaire n°50 posté par speculoos le 18/02/2011 à 22h58

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

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