Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 02:09

 

 

Les jeux sont faits.
Il n’est plus complètement à moi.
Il est parti vers son destin de livre. Imprimerie.
« Lâche ton bébé, m’a dit Gilles, il en a besoin maintenant. Et toi aussi… »
Et il l’a emporté. Pour l’habiller, lui donner son nom, et annoncer son existence.
Il va mener sa vie de livre…
Il va emmener dans ses pages une tranche de ma vie.
Une tranche de ma vie envoûtée ou écorchée par les vies des autres.
Eux, elles, j’espère qu’ils se sentiraient bien dans ces pages. Sans trahison. Ils n’ont plus de nom, plus de date, ils sont de partout ou de nulle part, mais ce sont bien eux.
Nous, toi, toi qui t’es reconnu et je t’ai retrouvé. Oui, c’est vrai, on était comme deux cons inutiles, assis sur cet escalier à se demander où était passé le manche du couteau. Dans sa poche sûrement. Ou dans l’égout. Et la lame dans son cœur à elle. Et le commissaire de permanence qui nous filait ses cigarettes, on avait grillé les notres jusqu’à la dernière.
Toi que j’ai prévenu pour te faire rire. L’histoire, on l’a partagée. La cour d’assises. Le braqueur expert en métaux précieux… Et comment il s’appelait déjà ce brigadier ? Fou rire à se souvenir de sa trogne de faux méchant… Vous n’avez rien à foutre avec les gendaaaaarmes ! Et tu te rappelles quand on est sortis tous les trois après le délibéré, et qu’on a failli se retrouver en garde à vue ? J’ai rien vu, j’ai rien fait. Quand on a du le mettre par écrit... Là aussi on avait l’air con.
Toi, non vous, le chef, que j’aimerais que vous lisiez le souvenir que j’ai de vous. Mais je ne sais pas où vous êtes.
Mais je vous ai enchaîné à moi dans ces pages. Avec eux, elles, toi et toi. Avec nous.

A vous qui êtes passés par ici et qui avez aimé lire, encore merci.
Merci pour cette reconnaissance. Je ne sais pas y répondre, je n’ai pas reçu l’apprentissage pour ça. Je suis née là où on flingue l’ego à bout portant. Là où on dévalorise pour se sentir puissant. Là où il faut mieux se taire.
Là où on dit « On ne dit pas "moi-je" »…
Je ne sais pas parler de moi, je ne sais pas ce que je vais faire de ce blog.
Personne n’est venu dans ces lignes pour lire ça.
Je vais essayer.
Un exercice…
J’aime pas ça.
J’en sais rien…

Je souhaite bonne chance à mon livre.
Je lui dois déjà d’être capable de tourner une page.
Enfin.

 

 

Partager cet article

commentaires

riddick 03/06/2007 13:50

Non tu n'as pas tourné ta derniere page...et tu le sais! on a besoin d officier comme toi, des officier qui viennent de la plebe et non de la cuisse de JUPITER. Tes choix t appartiennent c est vrai ! mais toi qui aime construire, toi qui aime créer, toi qui a tellement de qualité, toi qui est à la fois forte, fragile et si humaine. Je pense trés honnetement que tu pourrais apporter à tous ces nouveaux collegues qui affluent dans nos services mois aprés mois, ces notions que tu porte jusque dans ton ame... transmet ce que tu sais, transmet les qualités que tu as et qu'elles se propagent aussi vite qu un rume. Je te l ai toujours dit "le don de soi" est ce qu il y a de plus noble et tes lettres de noblesses tu les as acquises pour moi.
Je suis content de te connaitre, tu es sacré bout de femme à bientot.
Ton ami RIDDICK

machin-chose 14/03/2007 12:59

j'ai entendu parler de ce blog en lisant un article paru dans le magazine "Jasmin" de cette semaine, alors jsuis venue faire un tour...et j'ai lu.Lu les derniers articles. Le regad d'une femme sur son métier, métier plutôt masculin. Un regard humain sur un métier qui ne doit pas être facile tous les jours, un regard de femme aussi, qui laisse transparaitre une sensibilité à fleur de peau et qui évite les détails sordides. Bravo

Roland 14/03/2007 08:37

Ma copine marithé ne m'avait pas mentie sur ton compte ! Super ton passage chez Fogiel hier au soir, au cours du quel j'ai découvert une femme responsable et une femme de coeur.Bon vent pour ton livre. Amicalement, Roland

bockler 08/03/2007 20:38

Enfin un "flic" qui ose écrire!!!
Et oui c'est le quotidien. il y a des bons comme des mauvais moments vécus dans ce dur métier.et je sais de quoi je parle...
Pour etre flic aujourd'hui il faut avoir le moral.
Alors a tous les jeunes qui débutent dans ce formidable métier de policier, croyez-y mais protégez vous.

merci a toi de nous faire revivre ou vivre toutes ces histoires. bonne chance pour la suite.

Florian 25/02/2007 09:37

Voila, moi je suis son frère à Coco.ok?
Les présentations étant faites,j'ai à ma mesure contribué à faire connaitre blog et livre.
Je t'avais dit un jour bravo et ne te laisse pas transformer par le succés, même si et c'est évident il est mérité.
Oui garde ta fraicheur et ton humanité, oui raconte nous que chez les flics il y a autant de cons qu'ailleurs mais pas plus si pas moins.
Raconte nous encore que trop souvent nous les "petits fonctionnaires, territoriaux", yo see, je t'assimile(comme dirait coco c une question de méthode)on sent bien que la réponse que l'administration nous convie à porter à ses administrés, n'est certainement pas celle dont ils ont le plus besoin à cet instant........
Moi comme je dis à mon toubib, j'assure votre SAV.(Conservateur de cimetières)mais quand je reçois les famille" a fin d'enregistrement et de bonne gestion..."évidamment que quand ils repartent, j'essaie qu'ils aient reçu une part d'humanité".
D'une part j'en ai en stock, d'autre part quand mon directeur(en même temp DRH) me dit que ce n'est pas ma mission, je me dis que dans un an ou deux sa mission et surtout sa "carrière l'entraineront plus loin alors...
Alors garde ta fraicheur continue de nous faire dresser les poils sur les bras(la bratitude...pardon), continue on a besoin de toi nous on t'aime, y a même des jours ou il faut des gens comme toi pour faire la différence entre la police de papon/pasqua et l'autre la vrai la nôtre.
Pour finir justement une suggestion: pourriez pas changer vos klaxon parce quand même papon, papon........bon!
Sans tomber dans Sarko, Sarko, ni Sego, Sego je ne sais si pour faire plaisir à mon frère Bayrou Bayrou serait plus classe

"Sans la police,
tout le monde tuerait tout le monde et il n'y aurait plus de guerre."

Henri Jeanson, pataphysicien

« Le Flic de Bénédicte Desforges séduit avant tout par sa sensibilité à fleur de peau, sa révolte et sa tendresse. »
Lire
« La révélation du printemps »
Le Nouvel Observateur
« Avec sa fougue guerrière, sa rectitude et sa grande gueule, on irait bien au feu avec elle. »
Les Inrockuptibles

Police Mon Amour

« B.Desforges [...] récidive avec Police Mon Amour, dévoilant le quotidien des flics de base. Au fait, qu'en pense son ministre de tutelle, Brice Hortefeux ? »
France-Soir février 2010
chronique du livre [lire]
par Philippe Sage
« B.Desforges a osé écrire tout ce qu'on n'ose pas dire dans la police... »
France inter
« Chroniques poignantes. Une femme flic qui raconte magnifiquement, et dans un style époustouflant, son quotidien. On est happé. »  Biba

FLIC-BD

Mis en images par Séra, Flic est une adaptation en bande dessinée du livre éponyme de Bénédicte Desforges, publié en 2007 et immédiatement devenu un succès de librairie. Dans cette série de récits courts directement inspirés de son expérience et de son parcours de policier, elle brosse un saisissant portrait de ce métier complexe, en prise directe avec toutes les expressions, souvent contradictoires, de la condition humaine... note de Casterman [lire]

France info  Le livre du jour :

rechercher

 

 

 

undefined

banner Banksy ©